Léonide Moguy (1899-1976)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

bruce randylan
Mogul
Posts: 11496
Joined: 21 Sep 04, 16:57
Location: lost in time and lost in space

Re: Léonide Moguy (1899-1976)

Post by bruce randylan »

Commissaire Juve wrote: D'une manière générale, j'aime bien les films de Moguy. Mais Lucien Baroux, euh, oué... de loin. Je préfère Pierre Larquey.
Bah, je suis pas forcément un aficionados de Baroux mais là, je l'ai trouvé épatant. J'ai vu que tonton René l'a sorti :fiou:

L'empreinte du dieu

Image

Une jeune campagnarde épouse un brasseur, gérant d'un bistrot qui lui sert de façade pour ses activités de contrebande. Il ne tarde pas à se montrer brutal, autoritaire et n'hésite pas à la rabaisser devant son ancienne maîtresse qu'il séduit à nouveau. Face à cette situation, la malheureuse trouve un peu de réconfort avec une amie d'enfance plus âgée, désormais mariée. Le couple lui propose de venir vivre chez eux.

Un autre scénario que je redoutais pour être au final largement satisfait.
La encore, Moguy fait preuve d'humanisme et de compréhension avec des personnages bien moins lisses et manichéens qu'il n'y parait. Les différentes relations sont complexes, plutôt bien écrit pour un atmosphère assez lourde et pesante que la photographie, les décors et les cadrages accentuent bien (ombre, diagonales, perspectives, contrastes). Sans être aussi virtuose que chez Gréville, il y a une indéniable réussite dans la direction artistique qui compense un casting plus inégal comme Pierre Blanchar un peu lisse face à des Jacques Dumesnil et un certain Pierre Larquey (coucou Juve) davantage dans leur élément.
la progression du récit - malgré quelques conventions mélodramatiques et tragiques - restent dictées par la psychologie, surtout dans la seconde moitié où l'histoire gagne des enjeux supplémentaires. De cette manière Moguy parvient à rendre son récit plus ouvert, plus humain voire plus universel dans les évolutions des protagonistes.
Pour le coup les 2 heures sont justifiées et bien exploitées étant données la structure et la richesse du scénario même si on a du mal à voir si toutes les sous-intrigues vont se rejoindre dans une même finalité.

On est souvent le fil du rasoir et beaucoup trouverait ça artificiel mais pour ma part, c'est une belle réussite qui a réussi à m'émouvoir.


Intrigue à Damas (Action in Arabia - 1943)

Image

Un journaliste débarque à Damas et ne tarde pas à être mêler dans le conflit entre nazis et alliès.

C'est pas ce film qui va me réconcilier avec Tarantino, y compris le cinéphile dont je comprends rarement les délires enthousiasmes.
ici, il délire sur un plan en particulier : « c’est la meilleure séquence d’action que j’aie jamais vue… le film est formidable même sans ce passage, mais quand il arrive à cet instant, il devient si fascinant que vous vous demandez ce que vous êtes train de voir »
Bon, en fait, c'est juste un mouvement de grue qui George Sanders traverser le hall d'un hôtel et grimper les escaliers pour arriver au premier étage. Alors, oui, le plan est pas mal, plus vif que la moyenne et frôlant les pales d'un vaste plafonnier, mais il n'a strictement rien d'inédit et ce n'est pas absolument pas une séquence d'action.
Surtout, c'est pour ainsi la seule séquence marquante du film qui brille par son invraisemblance permanente. C'est consternant d'idiotie et de raccourcis au point d'être incompréhensibles et navrant. En plus d'être cheap.
C'est simplement une petite série B vite produite et rapidement oubliable avec un Georges Sanders fidèle à lui-même, pas mal de péripéties stupides, se fait arrêter et s'échappe, des personnages désincarnés et quelques bons dialogues. Rien de plus.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
User avatar
Commissaire Juve
Charles Foster Kane
Posts: 22835
Joined: 13 Apr 03, 13:27
Location: Aux trousses de Fantômas !

Re: Léonide Moguy (1899-1976)

Post by Commissaire Juve »

bruce randylan wrote: ... un certain Pierre Larquey (coucou Juve) ...
:lol: Bon, après, je ne suis pas un fan hardcore, hein. Mais je l'aime bien.

A propos de Baroux : je repense au coffret "Clouzot avant Clouzot"... c'était plutôt -- comme l'avait signalé un collègue -- un best-of de Lucien Baroux. Et, euh, voilà quoi !

Mais je le tolère tout à fait (pas comme Elvire Popesco ou Tino Rossi, par ex ! :mrgreen: )
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
bruce randylan
Mogul
Posts: 11496
Joined: 21 Sep 04, 16:57
Location: lost in time and lost in space

Re: Léonide Moguy (1899-1976)

Post by bruce randylan »

Commissaire Juve wrote: A propos de Baroux : je repense au coffret "Clouzot avant Clouzot"... c'était plutôt -- comme l'avait signalé un collègue -- un best-of de Lucien Baroux. Et, euh, voilà quoi !
Mine de rien, j'aimerai bien l'avoir ce coffret. Bon, peut-être pas acheter neuf mais en occas' why not...

Les hommes veulent vivre (1961)

Image

La police vient d'arrêter un scientifique qui vient d'assassiner un de ses collègues et anciens amis. Refusant d'expliquer son geste, sa femme demande à un autre confrère d'aller le voir pour le convaincre de s'expliquer à la justice. Or tous trois ont travaillé ensemble sur l'énergie nucléaire.

En évoquant la peur du nucléaire, les craintes sur le manque de moralité dans la recherche scientifique et les élans pacifistes, le sujet était sans aucun doute personnel pour Moguy. Et comme on sait, les bonnes intentions ne font pas les bons films, même au moment de sa sortie. Si le cinéaste pose quelques bonnes questions sur l'éthique, la responsabilité et les convictions personnelles, le résultat est extrêmement didactique avec les 3 amis qui composent chacun une facette de l'approche scientifique : le cynique assoiffé de pouvoir, le passionné attiré par la stricte théorie et celui plus médian qui se base également sur la religion. Et comme si cela ne suffisait pas, les dialogues sont médiocres, les acteurs transparents et la mise en scène inexistante et sans la moindre valeur ajoutée esthétique ou visuelle, quoique le film a tout de même était tourné aux USA semble-t-il.
La maigre construction en flash-backs ne parvient même pas à dynamiser le récit mollasson et très répétitif, y compris dans ses scènes familiales.

Dommage de finir sa carrière la dessus.


Sur arté, j'ai aussi pu découvrir Donnez moi ma chance qui est en effet une œuvre assez virulente sur le monde du cinéma avec plusieurs moments d'un étonnante noirceur, sans que le trait ne paraisse forcé. On a l'impression que la description est assez juste et lucide, à commencer bien-sûr par ce que subissent les aspirantes, totalement broyées par une industrie machiste et narcissique. Ca pourrait être mieux mis en scène et avec des acteurs plus investis mais le script - tout en restant classique - parvient à balayer habilement les différents aspects du parcours des débutantes. Et la maladresse des jeunes comédiennes sert plutôt bien leur personnage.

J'avais prévu de voir aussi Demain est un autre jour mais c'est tombé le soir des manifestations entre pro et anti Fally Ipupa et la séance fut annulé au dernier moment.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
Music Man
Assistant opérateur
Posts: 2288
Joined: 16 Feb 06, 21:23

Re: Léonide Moguy (1899-1976)

Post by Music Man »

Vous avez raté les films de Léonide Moguy qui se sont joués à guichet fermé en février dernier, en raison de l'affluence constatée pour cette rétrospective et des salles complètes?
La cinémathèque va rediffuser en septembre presque tous ses films!
Music Man
Assistant opérateur
Posts: 2288
Joined: 16 Feb 06, 21:23

Re: Léonide Moguy (1899-1976)

Post by Music Man »

Léonide Moguy poursuit son come-back, à la cinémathèque de Nice du 3 au 7 novembre, avis aux amateurs de la région PACA !
https://www.cinematheque-nice.com/cycle ... nide-moguy