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Test dvd

Sur la Riviera

DVD - Région 1
20th Century Fox
Parution : 22 / 5 / 2007

Image

Des couleurs magnifiquement restaurées, une image parfaitement nettoyée et un transfert d’excellente qualité dans l'ensemble font de ce DVD un véritable plaisir pour les yeux.

Son

Son et musique sont bien restitués par la piste anglaise stéréo, claire etdynamique, et les sous-titres sont agréables et discrets, même trop discrets sur la séquence Poppo The Puppet.

Suppléments

Cette édition condensée sur un seul DVD regorge de bonus assez courts mais plutôt instructifs.

Tout d’abord The Riviera Story : a remarkable impersonation est un documentaire de 10 minutes sur le film construit autour des interviews de trois historiens spécialistes de la Comédie Musicale, Larry Billman, Scott McIsaac et Miles Kreuger, ce dernier étant président de l’Institut de la Comédie Musicale Américaine. De ces trois sommités, nous apprenons que la Fox a utilisé ce scénario tant de fois car Zanuck l’adorait. C’est lui qui aurait, le premier, mis de l’argent pour obtenir les droits cinématographiques de la pièce, puis ensuite favorisé l’éclosion de remakes dont il était friand. John Cork et Lisa Van Eyssen, les réalisateurs de cette featurette s’amusent ensuite à alterner, pour une même scène, les 3 différentes versions du film, une façon d’enchaîner les séquences qui permet à la fois d’étudier les différences de chaque version et de se rendre compte de l’évolution du style Fox sur trois décennies. On apprend d’ailleurs que dans That Night in Rio, il existe une scène absente de On the Riviera, une scène très importante puisqu’il s’agit de la confrontation entre le mari et sa femme qui croit d’abord être avec l’acteur, après la soirée, puis comprend que c’est son vrai mari qui l’a rejointe, scène très vaudevillesque entre Don Ameche et Alice Faye. Dans On the Riviera, la scène est seulement évoquée le lendemain. Pour revenir à la comparaison entre les trois films, selon Miles Kreuger, c’est Danny Kaye qui offre la meilleure performance car il donne le plus de contraste entre les deux personnages qu’il interprète, Maurice Chevalier faisant du "Chevalier" dans les deux rôles et Don Ameche restant inférieur à Kaye malgré son talent inné pour incarner les bellâtres. Comme l’indique son titre (que l’on peut traduire par "L’histoire de la Riviera, une extraordinaire imitation", faisant allusion à l’aspect remake du film mais aussi à son sujet basé sur l’imitation et l’imposture), ce court document est donc une introspection au cœur des similitudes et différences des trois différentes versions de ce film, avec des anecdotes érudites et des analyses de séquences plutôt bien faites.

Le deuxième supplément est un portrait de Danny Kaye de 26 minutes, A portrait of Danny Kaye, qui revient très rapidement sur son œuvre de comédien pour s’appesantir longuement sur sa carrière d’ambassadeur à l’UNICEF et ses différents hobbies comme le baseball et la cuisine chinoise. On retrouve les trois précédents intervenants (Billman, Kreuger et McIsaac) ainsi que sa fille, Dena Kaye qui nous explique ô combien son père était un touche-à-tout de génie qui n’avait eu besoin d’aucune formation pour être un danseur génial. On entend également un ancien représentant de l’UNICEF qui nous certifie que Danny Kaye a été le premier artiste à s’engager pour une cause humanitaire, drainant derrière lui une foule innombrable de stars au grand cœur, le tout sous un déluge d’images d’archives du bienfaiteur parmi des nuées d’enfants reconnaissants. Mais le "meilleur" moment du document reste l’anecdote concernant ses dons en matière de cuisine chinoise et admonestant ses invités pour qu’ils commencent à manger avant que tout le monde ne soit servi. On l’aura compris, ce document sur Danny Kaye est décevant, ne comportant aucune image de ses films mais regorgeant de témoignages inutiles sur les détails de ses engagements personnels et de ses hobbies.

La galerie photo est bien plus convaincante, très fournie et tout à fait passionnante si on peut se permettre de les imprimer, notamment les coupures de presse. La galerie est découpée en cinq parties : Un "pressbook interactif" composé d’un dossier de presse d’époque, de coupures de journaux et de divers articles autour du film, les affiches originales, hélas en noir et blanc, des photos de plateau, des portraits glamour de Danny Kaye, Corinne Calvet et surtout Gene Tierney réalisés sur le tournage et plusieurs clichés des différents numéros musicaux de Sur la Riviera.

The Jack of clubs : Choreographer Jack Cole est une featurette de 10 minutes sur le chorégraphe Jack Cole, beaucoup plus passionnante que la bio expresse de Danny Kaye car illustrée par de nombreux extraits de films. Les historiens des précédents suppléments (Miles Kreuger, Larry Billman), mais également quelques unes de ses danseuses (Valentina Oumansky, les sœurs Earl) reviennent sur sa brillante carrière de chorégraphe. On apprend que Jack Cole débute à la Columbia avec Harry Cohn où il sera à l’origine de la célèbre scène du gant dans Gilda, quand Rita Hayworth interprète Put the Blame on Me. Véritable nabab de la danse à Hollywood, il réclame des danseuses sous contrat, des salles de répétition, veut s’occuper des costumes et des décors sur chacune de ses chorégraphies. Quand il arrive à la Fox, il emmène avec lui son égérie Gwen Verdon (la meneuse de revue dans Sur la Riviera) qu’il impose dans de nombreux films, transforme Betty Grable en vraie danseuse, et devient l’unique chorégraphe des numéros musicaux de Marilyn Monroe avec notamment Diamonds are the Girl’s Best Friends. Sa marque de fabrique sera l’orientalisme (à l’œuvre dans Kismet, David & Bathsheba et dans le numéro Rythm of a New Romance de On the Riviera), sa signature esthétique : un goût prononcé pour les descentes d’escaliers (Danny Kaye en parcourt plusieurs dans au moins deux numéros de On the Riviera).

Dans le court document Restoration Comparison, une explication textuelle du procédé de remasterisation (Transfert HD, nettoyage plan par plan, restauration numérique), au total 93 heures de restauration numérique et 178 heures de travail pour restituer les couleurs. Un exemple du travail nous est fourni par la comparaison de quelques séquences avec une limite verticale pour séparer le film avant/après. La comparaison se fait sur deux copies dont les couleurs ont déjà été restaurées. On ne peut donc que remarquer le travail de nettoyage des rayures et points blancs, pour la restauration du Technicolor, le mieux étant de comparer le film à la bande-annonce proposée comme supplément.

La bande-annonce d’époque est donc très différente du film car ses teintes n’ont pas été restaurées : les bleus sont pâles et sans nuances, les rouges trop discrets et les jaunes trop peu lumineux. La présentation du film est lancée par Gwen Verdon, égérie de Jack Cole et meneuse de revue dans le film : toute la promotion est centrée sur les numéros musicaux cités un par un, sans aucune allusion à la vraie nature de l’oeuvre, une comédie sur l’adultère et un éloge de l’imposture.

Le livret de 6 pages est composé de 10 paragraphes reprenant une mini bio de Danny Kaye, quelques lignes resituant le film en tant que remake, un survol rapide sur la vie et les films de Gene Tierney, un court passage sur Corinne Calvet, une liste détaillée des chansons du film, une présentation des principaux seconds rôles, un paragraphe trop expéditif sur le réalisateur, une partie inutile sur l’utilisation du français sur le plateau, quelques anecdotes de tournage et un retour sur les principales récompenses du film.

Dernière offrande, une enveloppe contenant quatre cartes postales de… Pigskin Parade avec Judy Garland. Authentique erreur ou volonté de promouvoir un autre titre de la collection Marquee Musical ? La question reste ouverte. Au demeurant, les photos sont très belles.
Par Sélim Gharbi - le 13 avril 2008