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Test dvd

M. Butterfly

DVD - Région 2
Warner
Parution : 26 / 5 / 2009

Image

Unique édition existante à ce jour de M. Butterfly, le DVD Warner - disponible en Zone 1 ou en Zone 2 - est aujourd'hui difficilement trouvable. L'édition testée ici nous vient d'Espagne, mais ses caractéristiques valent pour les différentes versions DVD.

Le master est d'excellente qualité, la copie ne présentant aucun défaut. L'authoring sert parfaitement ce matériel et la qualité d'ensemble est irréprochable. La définition est excellente, tout comme le rendu des couleurs. L'image possède ainsi un beau piqué, avec un respect du grain argentique, des couleurs éclatantes et parfaitement dosées ainsi que des contrastes solides. Tout ceci nous permet de goutter pleinement le magnifique travail du chef opérateur Peter Suschitzky, notamment la façon dont la lumière et la palette de couleurs rendent fantasmatiques les prises de vues réelles effectuées en Chine. Un sans faute éditorial qui ne fait regretter qu'une chose : que seule une version SD - aussi excellente soit-elle - existe alors que le film mériterait cent fois de s'épanouir en haute définition...

Son

Une version originale très propre, sans souffle ni parasites. Elle manque cependant de relief et de dynamique et le résultat se révèle la plupart du temps plat et étouffé. Ce défaut est encore renforcé dans la version française lors des phases de dialogues où les ambiances sont gommées. On évitera également la version doublée tant la voix du personnage interprété par John Lone se révèle exaspérante...

Suppléments

David Cronenberg parle M. Butterfly (15 min 55 - 2009)
Dans ce module qui est plus une présentation du film qu'une analyse, Cronenberg revient sur ce qui l'a conduit à se proposer comme réalisateur alors que David Geffen de la Warner ne l'avait même pas contacté. Le producteur le considère encore comme un réalisateur de science-fiction et de fantastique et ne comprend pas immédiatement l'intérêt que porte le réalisateur à ce drame intime. Mais ce dernier lui explique - à la manière de ce qu'il nous propose dans cette intervention - ce qui fait écho entre le scénario de David Henry Hwang et son propre univers, notamment la façon dont un être (ou un groupe) est capable de créer sa propre réalité.

Cronenberg est toujours aussi clair et précis sur ses intentions et comme à son habitude il se plaît à souligner l'importance de l'apport de ses fidèles collaborateurs (Howard Shore, Carol Spier, Peter Suschitzky). Il raconte le tournage entre la Chine et l'Europe, le travail de Jeremy Irons et de John Lone et revient enfin sur l'incompréhension de la critique, perturbée par la sortie concomitante de The Crying Game et Adieu ma concubine et qui juge que le choix de John Lone est particulièrement peu judicieux, le spectateur ne pouvant que deviner d'entrée de jeu sa véritable identité sexuelle. C'est pourtant là que se niche le discours même d'un film qui mériterait d'être enfin réhabilité !

Bande-annonce originale (2 min 02)
Proposée au format 4/3 et dans une qualité très moyenne, cette bande-annonce originale ne présente pas un grand intérêt sauf celui de montrer l'embarras qui a dû saisir le distributeur face à ce film. En effet, comment vendre un mélodrame signé par un maître de l'horreur ? En ne mettant surtout pas en avant l'univers singulier de Cronenberg ; en faisant défiler tout le film à l'écran pour faire croire en une grande fresque opératique (voir la place qu'occupent les scènes de rue de Mai-68 dans la BA par rapport à leur importance dans le film...) et enfin placer là dessus une voix off emphatique évoquant la puissance et l'aveuglement de l'amour.  Du travail de publicitaire qui ne rend en rien justice à la singularité du film.

Par Olivier Bitoun - le 12 mars 2013