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Test dvd

Le Miroir

DVD - Région 2
Potemkine
Parution : 15 / 11 / 2011

Image

Si dans les copies du Miroir disponibles jusqu’à présent les passages en noir et blanc tiraient vers une teinte sépia, ce n’est plus du tout le cas dans cette édition Potemkine où ils sont beaucoup plus désaturés. L’image paraît donc plus propre, et préférer une variante à l’autre est affaire de goût de chacun (il nous semble personnellement que le sépia ajoute à ces scènes un cachet "proustien", une valeur de souvenir). Le travail de restauration des passages en couleur rend justice à une photo belle comme peu d’autres peuvent se targuer de l'être.

Son

On nous propose le choix entre la V.O 5.1 ou la bande-son mono d’époque. La piste multicanale fait ressentir le souffle qui traverse les souvenirs d’enfance avec une vraie puissance.

Suppléments

Commentaire de Pierre Murat (11 min)
Le critique parle du caractère de transition du Miroir, réalisé alors que Tarkovski pressent la nécessité qui va s’imposer à lui de l’exil. Il relie l’œuvre à ces deux géants du XXème siècle que sont Proust et Bergman, en insistant au passage sur le caractère spécifiquement russe de son histoire et de sa problématique (mises en parallèle avec le travail de Nikita Mikhalkov). L’épisode de la coquille lui sert à illustrer en quoi le film est « à la fois très simple et très compliqué pour nous. » Comme toujours avec Murat, la présentation est claire, documentée, plaisante à suivre.

Entretien avec le scénariste Alexandre Micharine (33 min)
Celui qui fut le scénariste attitré de Tarkovski (et un cerveau dans l’ombre dans son immense œuvre) revient en détail sur sa rencontre avec le cinéaste, alors qu’il était déjà plein d’admiration pour l’auteur de L’Enfance d’Ivan, son apport à Andrei Roublev. Il nous parle du caractère vif et exigeant du metteur en scène, de leurs discussions sans fin durant la nuit, de la rigueur d’un homme qui ne buvait plus, de l’admiration réciproque mais jamais exprimée sans pudeur, de la différence d’âge (21 ans pour le scénariste, 28 pour Tarkovski) qui n’était pas sans signification au début de leur collaboration. Sous ses allures de dandy (canne à pommeau, porte-cigarette, lunettes à verre teintés) se dessine un personnage certes jovial, charmeur, mais plein aussi d’une tenue germanique (sa seconde nationalité), d’une exigence face à la vie qui ne pouvait que correspondre à celle de Tarkovski. Il se dit fier « d’avoir été à l’école d’une des plus grandes figures du XXème siècle. »

Entretien avec l’acteur Anatoli Solonitsyne (8 min)
Ce qu’il faut ici entendre par "entretien", c’est un documentaire promotionnel datant des années 80 constitué d’extraits de films tournés par Solonitsyne avec d’autres metteurs en scène que Tarkovski (dont Mikhalkov). Rappel utile que ce comédien au charisme rare n’a pas tourné que chez le plus célèbre des réalisateurs russes. Ce que l’on y entrevoit de ses rôles (une discussion où il s’oppose à la « manière forte », un rôle de tortionnaire dans L’Ascension de Larissa Chepitko, où il moque les aspirations idéalistes d’un prisonnier) peut laisser penser à un engagement de l’acteur pour une certaine forme de dignité.

Hommage du compositeur Edouard Artemiev (9 min)
Un montage d’images du film (et de quelques autres issues de Nostalghia et Solaris) avec une composition de celui à qui l’on doit les nappes électroniques novatrices du film.

Par Jean Gavril Sluka - le 6 mars 2012