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Test dvd

L'Homme tranquille

DVD - Région 1
Artisan
Parution : 22 / 10 / 2002

Image

Une édition zone 2 de ce merveilleux John Ford est distribuée depuis 1999 par les éditions Montparnasse. Cette édition, totalement dépourvue de suppléments, comme la grande majorité des titres de la collection Diamant n’est certes pas une hérésie, mais attendu que le film a fait l’objet d’une restauration complète il y a une dizaine d’années de cela, on était en droit d’attendre mieux au niveau de l’image. Au passif du zone 2, une copie tirant un peu trop sur le jaune, des couleurs qui ont tendance à baver (le rouge notamment et de façon générale toutes les couleurs dans les plans larges), une définition approximative dans les arrières plans. Néanmoins, la compression est satisfaisante, les défauts de pellicule (points blancs, saletés) restent nombreux mais finalement assez discrets et peu pénalisants pour un bon confort visuel. L’édition zone 1 sortie en novembre par Artisan remédie t-elle à ces menus problèmes ? A première vue, oui, mais... Ah les couleurs sont belles, éclatantes, presque trop parfois. L’image fait preuve d’un surcroît de luminosité appréciable sans sacrifier pour autant les contrastes. La palette de couleurs est nettement plus riche : prenons par exemple cette scène où Sean Thornton se recueille devant la chaumière de son enfance. Les nuances de vert de la prairie sont infiniment plus riches, la rivière en amont fait montre de reflets plus variés, du bleu au violet, les murs de pierre gris de la chaumière ressortent distinctement alors que dans l’édition zone 2 ils se noyaient un peu dans la verdure. De même, le rouge des lèvres de Maureen O’Hara ne bave plus, les reflets des flammes sur sa chevelure ne lui confèrent plus cet étrange aspect doré, les cieux sont d’un bleu immaculé, les noirs de la nuit d’orage sont bien plus profonds, et les blancs des pierres de la ferme des Dannaher n’ont plus cet aspect un peu brûlé qu’ils affichaient sur le zone 2. Côté propreté de la copie, il n’y a aucune différence notable, ici les points blancs laissant bizarrement place à quelques points...rouges. Alors, hallelujah, victoire du collector Artisan par KO dès la première reprise ? Non ! car la compression est dé-sas-treu-se ! Les arrière-plans fourmillent et pixelisent, même les plans fixes : une vraie purée de pois, particulièrement pour les scènes d’extérieur...C’est que le DVD 9 avec son long métrage de 130 minutes, ses deux longues featurettes d’une demi-heure, son menu d’accueil animé sinon musical, ses clips promotionnels, ses diverses pistes audio est plein à craquer, il n’y a pas d’autre explication possible, Artisan ayant récemment prouvé avec le Pursued de Walsh que ses techniques de mastering digital ne devaient rien à personne. Mais pourquoi diable n’avoir pas opté pour une édition double DVD ?

Son

Au niveau du son, l’édition Artisan ajoute à la piste originale mono du DVD Montparnasse une piste restaurée et dite ‘’enhanced ‘’, qui n’apporte pas grand chose en soi mais ne dénature rien non plus. Disons que l’ouverture musicale se fait sur les trois frontales, ce qui élargit un peu le champ sonore, et permet d’isoler un peu mieux les dialogues. Néanmoins la version mono originale s’avérait déjà très claire. En revanche, si vous optez pour le zone 1 vous devrez faire votre deuil de la version française, ce qui en soit n’est pas grave, mais aussi et ceci sera rédhibitoire pour la grande majorité, de tout sous-titre, qu’il soit français ou même anglais.

Suppléments

Vous l’aurez compris, si vous favorisez l’acquisition du zone 1 c’est que vous privilégiez les suppléments. Et de ce côté Artisan nous gâte, avec deux documentaires passionnants, quoique quelque peu redondants, d’abondantes notes de production, un clip commémoratif, des biographies, quelques trailers et last but not least, un commentaire audio.


Commençons par ce commentaire audio. C’est Mary Kate Dannaher elle-même qui s’y colle, j’ai nommé Maureen O’Hara. A 82 ans la mythique comédienne, toujours bon pied bon œil, dispense nombre d’anecdotes passionnantes sur le tournage, évoquant notamment la conduite volontiers dictatoriale et paternaliste de Ford, mais avec respect et tendresse, ses relations avec le Duke (où l’on apprend que la violence de leurs rapports n’était pas feinte, la comédienne s’étant brisé les os de la main en le giflant lors de leur première confrontation dans la chaumière) et éclaire de ses lumières de native Irlandaise les repérages topographiques. Certes la comédienne est un peu courte sur la longueur et le commentaire n’a rien de très technique, mais il se suit néanmoins avec intérêt.

The making of the quiet man est un documentaire de 28 minutes, initialement tourné pour la télévision en 1992, et présenté par l’ineffable Leonard Maltin. Il s’attache plus précisément à la genèse du film : versions du scénario, constitution du casting, accueil critique et commercial, ainsi qu’aux rapports de travail entre Ford et John Wayne, son interprète fétiche. Ce document est découpé en douze chapitres.

Le second documentaire, The quiet man : the joy of Ireland (30’) fait quant à lui la part belle aux anecdotes de tournage, via des interviews de Maureen O’Hara, encore elle, et d’Andrew Mac Laglen qui fit ses débuts comme second assistant sur le film. L’une et l’autre témoignent de la spontanéité du style de Ford (ou de son mythe, O’Hara nous apprenant que dans un certain nombre de cas elle répétait ses scènes en cachette avec Wayne, Ford y étant opposé et ventant les mérites de l’improvisation une fois la scène tournée !), et témoignent notamment des conditions de vie et de l’accueil des villageois de Cong le temps du tournage.

Pour les plus paresseux, l’essentiel des informations dispensées par ces deux documentaires sont synthétisées dans seize pages fixes de notes de production, en Anglais of course. Une mine d’informations.

Pour en savoir plus sur l’équipe technique et les comédiens, direction la traditionnelle section Cast and Crew. Il ne s’agit pas de simples filmographies ici, mais de notes bibliographiques détaillées concernant John Wayne (Sean Thornton), Maureen O’Hara (Mary Kate Dannaher), Barry Fitzgerald (Michaeleen Flynn, le bookmaker et entremetteur), Victor Mac Laglen (Red Will Dannaher), Ward Bond (Père Lonnergan), John Ford et le co-fondateur d’Argosy pictures, co-producteur et ex-réalisateur (King Kong et Les Chasses du comte Zaroff) Merian C. Cooper.

Remembering the quiet man : montage est un clip musical de trois minutes d’un intérêt plus que discutable. Les images du film sont égrainées sur fond d’une musique vaguement new age, Irish Meadows, composée par Michael Kroos. Une bien étrange association...

Restent les trailers au nombre de trois. Attention, il ne s’agit pas de bandes-annonces originales mais de clips publicitaires pour les éditions collector de L’homme tranquille, de Rio Grande et du Train sifflera trois fois... Pour les amateurs, la bande-annonce originale de L’homme tranquille est néanmoins incluse dans le Making of the quiet man.

Par Otis B. Driftwood - le 21 avril 2003