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Test dvd

Bel Ami

DVD - Région 2
Wild Side
Parution : 25 / 4 / 2012

Image

Un carton, en ouverture du film, nous indique que la version proposée a été restaurée par l’UCLA Film and Television Archive avec, entre autres, le soutien de Martin Scorsese. Le résultat est globalement convaincant. La copie est d’une belle propreté. Quant au noir et blanc, aux nuances nombreuses et subtiles, il est pour l’essentiel fort bien restitué. Quelques plans manquent parfois de netteté. Mais ils sont rares. Et Wild Side permet au spectateur d’accéder à une œuvre peu diffusée en France - sa première sortie en salles remonte à 1989 - dans des conditions visuelles satisfaisantes.

Son

La même qualité prévaut quant à la bande-son. Elle rend aussi bien justice à la partition symphonique composée par Darius Milhaud qu’aux trilles de George Sanders lorsque celui-ci siffle Auprès de ma Blonde, ou bien encore à la chanson - façon "caf’conc" - scandant le film. Et intitulée, comme il se doit, My Bel-Ami.

Suppléments

Hormis des filmographies et une galerie de photos, Wild Side propose une intervention de Patrick Brion. Son intervention est d’autant plus érudite que celui-ci est l’auteur d’un ouvrage sur le réalisateur de Private Affairs of Bel Ami, Albert Lewin : Un esthète à Hollywood. En une douzaine de minutes, le critique présente la carrière d’Albert Lewin de manière à la fois précise et synthétique. Patrick Brion rappelle ainsi que le cinéaste fut d’abord un des proches collaborateurs d’Irving Thalberg à la tête de la MGM. On apprend aussi dans ce bonus qu’il était un homme de grande culture, notamment amateur éclairé de peinture. Un goût dont il n’a cessé de témoigner dans ses films. Son premier film, The Moon and Sixpence (1942), s’inspire ainsi de la vie de Gauguin. Et sa deuxième réalisation, l’adaptation du Portrait de Dorian Gray (1945), lui a offert l’occasion de collaborer avec le peintre Ivan Albright.

Ce dernier, comme l’explique Patrick Brion, a pris part au concours qu’Albert Lewin organisa à l’occasion de Private Affairs of Bel Ami. Désireux d’intégrer dans le film une œuvre contemporaine, le réalisateur proposa à onze peintres américains et européens de réaliser une toile ayant pour thème la tentation de Saint Antoine. Le jury, comptant entre autres membres Marcel Duchamp, eut à départager des artistes tels que Salvador Dali, Paul Delvaux, Dorothea Tanning, Leonora Carrington ou encore Max Ernst. (1) C’est ce dernier qui l’emporta. Et sa Tentation de Saint Antoine apparaît à l’occasion de l’unique et étonnant plan en couleur de Private Affairs of Bel Ami, film par ailleurs intégralement en noir et blanc. Un effet dont Albert Lewin avait déjà usé, ainsi que l’indique Patrick Brion, dans The Moon and Sixpence.

(1) On ne manquera pas de constater la forte présence d’artistes liés au Surréalisme parmi ceux pressentis par Albert Lewin pour collaborer à son Private Affairs of Bel Ami. Étant donnée la tonalité psychanalytique du film, ainsi que nous le montrons dans notre critique, pareil choix est des plus logiques. On se rappellera en effet que le Surréalisme puisa une large partie de son inspiration dans la pensée freudienne.

Par Pierre Charrel - le 19 avril 2012