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Test blu-ray

Les Salauds dorment en paix

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution : 3 / 5 / 2017

Image

La conservation du cinéma japonais étant une affaire plutôt compliquée, les masters HD de qualité sont encore rares. Nous étions curieux de découvrir ce qu'allait proposer Wild Side pour ce film dont la seule édition Blu-ray était sortie au Japon... en 2009. Pas de miracle, malheureusement, puisque c'est sans doute le même matériel que l'éditeur français a récupéré ici, un master qui fait douloureusement son âge. Ce probable télécinéma HD analogique apparaît très limité techniquement, les machines de l'époque n'étaient pas aussi performantes qu'aujourd'hui. Ainsi, la définition est moyenne, avec un trait qui manque de finesse (problème accentué par un défaut de pellicule dans le tiers droit de l'image pendant une partie du film) et un niveau de détail qui peine à convaincre : textures et nuances mériteraient davantage de précision. Il y a bien du grain, en quantité non négligeable, mais il est comme filtré, passé à la moulinette numérique : une conséquence à la fois de l'ancienneté technique du master et d'un probable dégrainage effectué par Wild Side. L'image manque surtout de dynamique, la palette de gris restant décevante : les noirs comme les blancs sont vite dépourvus de précision, ces derniers frôlant parfois très vite la surexposition.

Il s'agit donc ici d'un rendu dépassé mais qui semble être la seule source HD existante (pas certain, cependant, qu'elle le reste encore longtemps...). Relativisons tout de même un peu cette déception car, par ce rapide comparatif avec le DVD sorti chez Wild Side en 2006, on note quand même un net gain de définition par rapport à ce qui était disponible jusqu'à présent...

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Son

Si le mixage d'origine en Perspecta Stereophonic Sound n'est pas proposé ici, l'éditeur a sans doute procédé à un nettoyage de la bande son. On peut entendre, dans les suppléments, des extraits du film avec un souffle assez prononcé qu'on ne retrouve pas dans ce mixage en DTS mono, au débit conséquent. Néanmoins, l'éditeur n'a pu faire de miracle avec le son qui lui a été fourni, restauré en 2009 de la même manière que l'image, c'est à dire avec quelques faiblesses. On notera ainsi des saturations ponctuelles, des sifflantes récurrentes, mais une ouverture honnête, des dialogues très clairs et des ambiances respectées. 

Suppléments

Comme pour toute la collection "Kurosawa, les années Toho", le film est proposé en Blu-ray et en DVD (sans les suppléments) dans un très beau digibook. Est également inclus un livret de 66 pages contenant un texte (de 18 pages seulement !) écrit par Frédéric Albert Lévy, ancien journaliste à Starfix et auteur de livres sur le cinéma. Celui-ci présente le projet dans ses grandes lignes, une sorte de Hamlet version Kurosawa qui avait la volonté de montrer la corruption, "un acte socialement significatif", mais qui fut malheureusement limité par la menace "d'ennuis sérieux". Lévy s'interroge sur l'appartenance des Salauds dorment en paix au genre du film noir, analyse la mise en scène volontairement déséquilibrée, la recherche d'une "identité incertaine", ou se focalise sur certaines récurrences de style dans la filmographie du réalisateur, comme le thème du dédoublement. Evoquant un film hanté par l'ambiguité, il parle aussi du caractère théâtral prégnant comme un "moyen de faire surgir la vérité".


Wild Side a également repris les suppléments de ses éditions DVD de la collection "les Introuvables" :  

Kurosawa s'attaque à la corruption (33 min - SD)
Comme tous les films de cette collection, on trouve un module produit par la Toho il y a une dizaine d'années, uns sorte de making of qui évoque Les salauds dorment en paix, de la longue gestation du scénario aux nombreux souvenirs du tournage par une partie de la distribution et quelques techniciens.


Dans l'ombre du guerrier (27 min - SD)
Un entretien avec Masahiko Kumada qui explique comment, à partir du film Ran, il devint l'assistant personnel de ce réalisateur "inaccessible". Sans rapport avec le film qui nous intéresse, c'est surtout l'occasion de raconter de manière plus intime Kurosawa au travail, sa manière d'être, son caractère colérique ("il me terrifiait") : un travail au rythme "éprouvant" mais qui pouvait aussi être fait de "moments très précieux".

En savoir plus

Taille du Disque : 43 861 211 816 bytes
Taille du Film : 38 673 137 664 bytes
Durée : 2:30:54.336
Total Bitrate: 34,17 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 30,43 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 30433 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1983 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 22,482 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 29 mai 2017