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Test blu-ray

L'Homme de nulle part

BLU-RAY - Région B
Sidonis / Calysta
Parution : 23 / 3 / 2017

Image

L'excellent L'Homme de nulle part rejoint la fameuse collection western de Sidonis dans sa dernière restauration en date, supervisée par Grover Crisp et les laboratoires Sony, qui était sortie en Blu-ray chez Criterion il y a tout juste quatre ans. Le film a d'abord été scanné en 4K à partir du négatif original, puis restauré en 2K. Niveau précision, l'image est simplement exceptionnelle, avec une très belle définition et un niveau de détail impressionnant. Un grain fin intact texture admirablement des images immaculées et stabilisées. Le format Cinémascope "extra-large" est encore une fois respecté, gagnant même un tout petit peu plus d'informations par rapport à la précédente édition DVD, initialement sortie aux USA en 2005 (2007 en France). Voilà pour les (très) bons points. Un cran en deçà, la gestion des contrastes s'avère moins carrée, d'abord à cause d'un défaut de pellicule qui n'a pas été corrigé (de fréquentes pulsations plus ou moins sensibles dans les noirs) ainsi qu'un niveau de contraste irrégulier, parfois peu homogène dans une même séquence, d'un plan à l'autre. Cette restauration respecte simplement l'étalonnage d'origine, à destination des salles de cinéma, tout comme le scan HD reprend la colorimétrie qui est celle du film et qui ne manquera pas de susciter des interrogations. En effet, malgré des plans régulièrement de bonne tenue, la gamme chromatique de L'Homme de nulle part apparaît assez réduite, souvent peu saturée et tendant parfois à une sorte de monochrome orangé/marron, avec des visages jaunes et une nature qui manque de flamboyance et de vivacité, des arbres ou des plaines qui sont comme desséchés, jaunis au soleil. La raison est toute simple, ce n'est pas un défaut du négatif, une détérioration chimique qui aurait dénaturé les teintes avec le temps, mais une conséquence des caractéristiques de la pellicule utilisée par Charles Lawton Jr., visiblement peu sensible aux couleurs primaires. Le rendu semble donc imparfait sur ce point mais il est, en fait, typique de nombreux westerns Columbia de cette période et sans doute très fidèle aux contraintes techniques des années 50. Cette tendance se sentait déjà en DVD, fabriqué à une époque où l'on n'hésitait pas à changer les dominantes colorimétriques de la photographie (plus bleutées, plus froides en DVD) pour les conformer au standard vidéo :

DVD Sony Fr (2007) vs. Blu-ray Sidonis (2017) :         #1            #2            #3             #4             #5

On remarque ainsi que, malgré des réserves sur l'aspect jauni de la photographie dans sa nouvelle restauration, le scan HD se révèle beaucoup plus nuancé que ce que nous connaissions jusque-là en DVD. Cet autre comparatif montre que Sidonis reprend l'exacte image du Blu-ray Criterion, respectant ainsi la qualité du grain, avec cependant une très légère différence de contraste mais un encodage amélioré :

Blu-ray Criterion (2013) vs. Blu-ray Sidonis (2017) :             #6                 #7                #8

Son

Alors que le DVD ne proposait que des pistes en mono, cette édition permet désormais de voir la VO de L'Homme de nulle part dans son mixage stéréo original, restauré à partir des bandes magnétiques des pistes séparées et du master stéréo 35mm. Si les dialogues et les effets sonores sont peu spatialisés, essentiellement frontaux, la musique de David Raksin bénéficie en revanche d'une très belle amplitude, avec une dynamique palpable et un rendu cristallin. La version française reste, elle, en mono, avec un spectre un tout petit peu plus couvert, moins ample malheureusement. L'ensemble est cependant très propre, sans souffle. On signalera un petit souci avec les sous-titres qui apparaissent à plusieurs reprises sur trois lignes (cf. la dernière capture de la galerie d'images). Un affichage peu agréable mais heureusement exceptionnel.

Suppléments

Présentation par Patrick Brion (14 min - 1080i)
L'historien et créateur du Cinéma de minuit s'attarde sur la carrière de Delmer Daves, grand réalisateur de western qui apportait beaucoup de soin à l'écriture des personnages, montrait une "volonté de comprendre" leurs actions, ce qu'il a pu faire avec Glenn Ford qu'il dirigera dans un trio de westerns en lui permettant d'approfondir son personnage. Brion souligne les similitudes de Jubal avec Othello ou le dramaturge Tennessee Williams, évoque l'osmose entre le réalisateur et son directeur de la photographie Charles Lawton Jr., explique comment Daves filme ses scènes, en prenant de la hauteur dans tous les sens du terme.

Présentation de Bertrand Tavernier (38 min - 1080i)
Tavernier revient longuement sur L'Homme de nulle part, "un film très important", "premier d'une longue série de chefs-d'oeuvre". Il parle de ses conversations avec Delmer Daves, explique ses méthodes de travail dans le western, "son genre de prédilection", l'attention apportée aux décors et au scénario, qu'il a intégralement repris et qui serait une variation d'Othello (il pense comme Brion, Guérif n'est pas tout à fait d'accord). Tavernier en loue les qualités ("mutisme du passé qui respecte l'imagination du spectateur") et analyse le thème de la rédemption, comment arriver à la paix ("primordial chez Daves"), montrant un héros qui a besoin du soutien de la collectivité : c'est la "croyance humaniste" chère à Delmer Daves, malgré la présence de personnages comme celui de Rod Steiger"le traitre par excellence", dont Tavernier a réévalué le jeu (sa "méchanceté animale" très bien rendue). Il y a en contrepoint les rôles féminins qui prennent "l'initiative des sentiments", le personnage de Charles Bronson ("très bien écrit") ou la présence d'Ernest Borgnine"absolument remarquable""précis et juste". C'est aussi le film de plusieurs rencontres : Glenn Ford (une entente à la manière de James Stewart avec Anthony Mann), Felicia Farr ("accord absolu", son personnage annonce ceux de 3h10 pour Yuma et de La Dernière caravane) ou le directeur de la photographie Charles Lawton Jr. : "beauté visuelle""intelligence des extérieurs", travail sur les paysages, les pentes...

Présentation par François Guérif (12 min - 1080i)
Le critique et romancier parle de cette "tragédie intimiste" à travers le regard de Delmer Daves, son approche documentaire sur le quotidien du travail dans un ranch. Il apprécie l'humanisme de Daves qu'il retrouve dans cette "histoire généreuse, méditative et sereine" où l'on retrouve des personnages de femmes "jamais passives". Il parle du casting, notamment Rod Steiger, "un salopard intégral", au jeu subtil et décalé, empreint d'un Actor's Studio qui "amène la violence de la ville dans cet espèce de paradis perdu", un personnage qui s'isole lui-même et devient "l'étranger du film".

On termine par une galerie d'affiches (26 s - 1080p), la bande-annonce (1 min 56 - SD - non sous-titrée) et des extraits des futures sorties "western" de l'éditeur.



En savoir plus

Taille du Disque : 38 621 311 696 bytes
Taille du Film : 24 703 002 624 bytes
Durée : 1:41:17.696
Total Bitrate: 32,52 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 26,69 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 26690 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1797 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2078 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,024 kbps
Subtitle: French / 30,958 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 1 avril 2017