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Test blu-ray

Exodus

BLU-RAY - Région B
Opening
Parution : 18 / 1 / 2012

Image

L'attente pour pouvoir enfin regarder cette superbe fresque dans les meilleures conditions possibles, et avec l'apport de la Haute-Définition, était particulièrement longue. Grâce à l'éditeur Opening, nous pouvons enfin espérer apprécier Exodus avec tout le confort de visionnage en théorie nécessaire. Hélas, si l'écart avec l'ancienne édition DVD MGM - parfaitement innommable - se mesure en années-lumière, nous sommes forcés de constater qu'il s'agit d'une relative déception. Celle-ci provient essentiellement du fait que ce film de Preminger n'a pas été convenablement restauré, et le résultat s'en ressent principalement au niveau de la propreté du master présenté. Le générique fait craindre le pire  avec sa panoplie de points blancs, rayures et poussières. Cela s'arrange heureusement très vite par la suite et progressivement, mais force est de constater que l'ensemble de la pellicule est régulièrement constellée de points blancs et autres poussières, même à petite échelle ce qui n'est donc pas forcément rédhibitoire. Ce qui est fort dommage car ce Blu-ray présente généralement une belle image, à la définition très satisfaisante (avec cependant un peu de Edge Enhancement) et aux très beaux contrastes. On observe aussi une belle luminosité d'ensemble, surtout dans les scènes claires, et une séduisante palette de couleurs fidèle aux teintes des lieux parcourus (Israël et Chypre). La compression est d'une qualité correcte ; il n'y a aucune mouvances, seulement un léger fourmillement dans les quelques séquences de nuit. Enfin, quelques rares plans subissent des variations de définition, mais l'authoring n'apparaît pas en cause, on parierait plutôt sur un problème de pellicule. En conclusion, pour le cinéphile amateur d'Exodus, l'achat de cette édition s'impose sans hésitation ; mais celle-ci ne constitue en rien un Blu-ray d'exception. NB : il faut savoir que le film a été tourné au format Panavision 70mm - donc au ratio 2.20 - et qu'il a été également projeté dans des copies au ratio 2.35 dans les salles non équipées (les plus nombreuses). C'est ce dernier ratio propre au format très large, le plus communément rencontré pour Exodus, qui a été retenu pour ses éditions vidéo.

Son

Le Blu-ray, comme le DVD, propose les pistes sonores originales et françaises en stéréo HD. La bande-son anglaise s'en sort bien mieux au niveau du mixage voix/ambiances, c'était couru d'avance, mais les deux pistes présentent des caractéristiques assez proches (de plus, le doublage est de bonne qualité), même si la version générale est plus "aérée" et bénéficiant d'une meilleure dynamique.  La stéréo est honorable, même si un peu étouffée, et il est inutile d'espérer une spatialisation efficace même en "forçant" le codage original. Il faut néanmoins relever la présence de souffle dans les scènes calmes. Enfin, le sous-titrage connaît quelques problèmes avec des phrases de dialogue non traduites ; mais cela ne gêne en rien la compréhension du film pour les non anglophones.

Suppléments

Première remarque, on retrouve les même suppléments sur les DVD et Blu-ray édités par Opening. 

Exodus 1947 (56')
Ce documentaire américain, réalisé en 1996, se propose de raconter la véritable histoire du navire Exodus. En effet, le film d'Otto Preminger adopte un point de vue romancé - parfois bien éloigné de la véracité historique - et se prolonge au-delà du fait lui-même pour embrasser des événements plus généraux qui annoncent la création de l'Etat d'Israël. Ainsi ce documentaire constitue le complément parfait de la fiction et s'attache uniquement aux péripéties vécues par le bateau, son équipage et ses passagers, depuis les Etats-Unis jusqu'au Moyen-Orient et l'Allemagne. Les non initiés apprendront que cette formidable aventure maritime et humaine est en fait l'histoire d'un échec si l'on se base uniquement sur la mission en elle-même, mais qu'elle constitue en fait une victoire éclatante sur le plan symbolique et - déjà - médiatique. D'autant que les réalisateurs mettent particulièrement en valeur la politique contreproductive du ministre des Affaires Etrangères britannique alors que son pays, l'Angleterre, sera vite dépassé dans la gestion de son mandat palestinien. Exodus 1947 est bâti autour d'une narration en voix off, d'extraits d'archives (très parlantes et intéressantes) et de témoignages croisés de survivants de l'équipage (des Juifs américains, en liaison avec les agents de la Haganah). Si le film n'évite pas quelques effets dramatiques faciles (sur le plan sonore, en particulier), il est le plus souvent très documenté, bien prenant et parfois très émouvant (le périple douloureux des survivants de la Shoah, les souvenirs des membres de l'Exodus). Du travail de professionnel, même s'il fait garder à l'esprit que son identité fait aussi sa limite puisque seul le conflit opposant les Anglais aux Juifs de Palestine est évoqué.

A propos d'Otto Preminger (29')
Christophe Champclaux, historien du cinéma, nous parle du cinéaste durant près d'une demie heure. Ce documentaire est surtout construit autour d'extraits de films et de bandes-annonces de quelques œuvres d'Otto Preminger, ponctués par les interventions de Champclaux (on y trouve aussi des extraits d'une interview du compositeur Elmer Bernstein). Celui-ci brosse à gros traits la personnalité de Preminger, évoque ses origines, son parcours professionnel de l'Autriche aux Etats-Unis, ses démêlés avec les producteurs et la censure. L'ensemble n'est pas inintéressant, et il est toujours agréable de contempler des images de grands films, mais le commentaire reste le plus souvent à la surface des choses alors que de nombreuses pistes d'étude sont lancées. Ce format court n'est pas l'idéal pour analyser une œuvre d'une telle importance dans l'histoire hollywoodienne, mais il permet de se promener agréablement dans l'univers d'Otto Preminger et il donnera sans doute à certains l'envie d'en savoir plus par leus propres moyens.

Bande-annonce originale (2'43''). Dernier bonus de cette édition, la bande-annonce très abîmée d'Exodus souffre de nombreux défauts (poussières, points blancs, points noirs, rayures).

Par Ronny Chester - le 19 janvier 2012

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