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Test blu-ray

Coup de tête

BLU-RAY - Région A, B, C
Gaumont
Parution : 5 / 11 / 2014

Image

L'image de Coup de tête en Blu-ray est plutôt satisfaisante, elle est en tout cas dans la continuité du récent travail effectué par le laboratoire Eclair et Gaumont sur ses films des années 70. On retrouve en effet les mêmes caractéristiques techniques, qu'elles soient positives ou négatives. Sans surprise, la copie est totalement nettoyée des impuretés éventuelles et de l'usure du temps. Côté définition, hormis certains plans à la mise au point incertaine au moment du tournage (comme à 43 min 20 s) le trait est précis avec quelques gros plans assez réjouissants. Il est toutefois dommage d'avoir voulu supprimer à ce point le grain, l'ensemble perdant sensiblement la texture argentique de la pellicule (à l'exception de quelques plans moins touchés dont le niveau de grain devait être assez dense au départ).

Comme sur de nombreux Blu-ray Gaumont, les noirs sont régulièrement trop clairs et possèdent parfois une légère dominante de couleur. Il arrive également qu'un plan au contraste insuffisant précède un plan aux noirs plus denses, plus sombres. Ce cas de figure répété (par exemple à 12 min 43 s) illustre de façon extrême un niveau de contraste irrégulier sur l'ensemble du film - comme le montrent les captures ci-dessous :

Si nous avons retrouvé une colorimétrie fortement teintée de bleu et de vert, sans doute assez fidèle à la pellicule utilisée à l'époque, elle ne choque absolument pas pendant le visionnage, l'ensemble gardant une certaine cohérence. Il est toutefois très intéressant de comparer les partis pris esthétiques choisis pour les restaurations, d'une décennie à l'autre :


dvd vs. blu-ray

Son

Aucun souci particulier n'est à signaler sur cette piste mono très propre, sans souffle, avec des dialogues clairs et des ambiances bien équilibrées. Le rendu semble très fidèle au mixage d'origine.

Suppléments

Gaumont a l'heureuse initiative de proposer sur ce Blu-ray l'ensemble des suppléments de l'édition DVD sortie en 2004. Plusieurs d'entre eux ont bénéficié de la participation de Jean-Jacques Annaud, un très bon client de ce genre d'exercice, dont l'enthousiasme, la passion et la sympathie sont extrêmement communicatifs. Annaud officie tout d'abord dans un commentaire audio absolument passionnant. S'il redécouvre le film avec nous (il ne l'avait pas revu depuis plusieurs années), on reste surpris et admiratif de sa prodigieuse mémoire, le réalisateur rappelant parfois avec nostalgie de nombreux détails du tournage et de l'époque, parlant des différents intervenants au projet (Patrick Dewaere, Francis Veber, Alain Godard ou le producteur Alain Poiré). Il peut aussi évoquer des souvenirs plus personnels comme la rencontre avec sa future femme, scripte remplaçante sur le film. A écouter sans modération.

La rencontre avec Jean-Jacques Annaud se poursuit avec La revanche du primate (51 min - SD - 4/3), un formidable documentaire de François-Régis Jeanne, récit à plusieurs voix qui raconte évidemment l'histoire de Coup de tête mais surtout le début de carrière d'Annaud au cinéma. Ce fut une époque pleine de rebondissements pour lui : échec de son premier film, succès surprise aux Oscars, rapports avec Claude Berri, choc de deux tempéraments forts (Annaud et Veber) et difficulté à trouver le bon angle du scénario "pour avoir un mordant plus à l'italienne", etc. Un supplément très riche, notamment grâce au talent de conteur de Jean-Jacques Annaud que l'on suit chez lui, au milieu de ses archives.

Nous retrouvons ensuite le réalisateur dans Les fiches de Jean-Jacques Annaud (17 min - SD - 4/3) qui dévoile certaines de ses méthodes de travail : il élabore des centaines de fiches qu'il remplit de renseignements en tous genres lui permettant de fixer un cap et de le tenir jusqu'à la fin du projet. On le savait très méthodique, ce complément prouve également qu'Annaud aime s'immerger dans des univers qui lui sont inconnus (ici le monde du football).

La méthode Veber (8 min - SD - 4/3) est une conversation avec Francis Veber, le scénariste du film qui s'était déjà fait un nom et allait devenir l'un des incontournables de la comédie hexagonale. Il nous livre quelques-uns de ses "trucs" pour composer un bon scénario, élément qu'il place très haut dans le processus artistique d'un film. Rapidement passé à la réalisation pour mieux contrôler la finalité de son travail - comme l'une de ses idoles, Billy Wilder, dont il parle un peu ici - il semble avoir des idées très arrêtées sur la mise en scène. Derrière un ton enjoué et sympathique, on sent quelqu'un de très déterminé, extrêmement travailleur et intransigeant.

La meilleure façon de siffler (6 min - SD - 4/3) est une rencontre avec Pierre Bachelet, compositeur de la musique du film. A l'époque il n'était pas encore le chanteur populaire que l'on sait : il était illustrateur sonore, ce qui lui avait permis de rencontrer Jean-Jacques Annaud sur des films publicitaires. Bachelet revient sur ses choix de composition pour le film, une musique qui rappelle le contexte social avec un fil conducteur optimiste.

Plusieurs modules sont axés sur le monde du football avec des rencontres de plusieurs personnalités qui racontent leur point de vue sur la réalité du terrain par rapport à celle du film. Guy Roux, entraîneur de l'A.J. Auxerre et conseiller technique (11 min - HD) parle de Jean-Jacques Annaud comme d'un "très bon entraineur" et évoque le tournage à Auxerre (le match, le tour d'honneur dans la ville) ainsi que la "meilleure mi-temps" de sa carrière. C'est aussi l'occasion de revoir un sacré personnage, tel qu'on le connaît : humain, chaleureux mais très strict quand cela concerne son équipe et son métier. Lucien Denis, la doublure (6 min - SD - 4/3) Interviewé par Pierre Menes, Lucien Denis était un joueur d'Auxerre, à l'époque du tournage, qui a remplacé Patrick Dewaere sur certains plans. Des souvenirs plutôt anecdotiques. Noël le Graët, président de l'En Avant Guingamp (5 min - SD - 4/3) Toujours questionné par Pierre Menes, Le Graët raconte son quotidien de président de club. Un module là aussi peu intéressant.

France Dougnac, la mascotte (7 min - SD - 4/3) permet de revoir la comédienne qui a surtout oeuvré à la télévision et dont le rôle qu'elle tient dans Coup de tête reste le plus connu. Visiblement très séduite par Jean-Jacques Annaud, elle raconte comment elle a dû passer son permis de conduire en une semaine pour pouvoir jouer dans le film. Elle évoque également son travail face à Patrick Dewaere.

Nous trouvons enfin la bande-annonce originale du film (1 min 37 s - HD)

En savoir plus

Taille du Disque : 29 787 443 224 bytes
Taille du Film : 22 155 786 240 bytes
Durée : 1:28:42.000
Total Bitrate: 33,30 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,62 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29620 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 941 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 927 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 16-bit)

Par Stéphane Beauchet - le 24 novembre 2014