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Test blu-ray

Coffret Alec Guinness

BLU-RAY - Région B
Studiocanal
Parution : 7 / 10 / 2014

Image

Les quatre films du coffret apparaissaient dans le coffret So British ! (9 DVD), déjà édité par StudioCanal en 2004, et dont la qualité globale avait, selon les standards SD, largement de quoi satisfaire. Depuis, les films ont toutefois fait l'objet d'un nouveau scan (voir chaque film pour les détails) ainsi que d'une restauration soignée, et le résultat est assez bluffant : le gain qualitatif de la haute-définition est flagrant, tant en termes de définition que de piqué, et chaque film ressort exalté par cette remise en valeur incontestable.

Notons que, pour les trois premiers titres, les masters (et les suppléments) sont de toute évidence les mêmes que ceux utilisés pour les Blu-ray britanniques édités par Optimum Home Entertainment en 2011.


Noblesse Oblige

Numérisé à 2K à partir d'un négatif 35mm original, le film a ensuite été restauré en profondeur pour enlever toutes les saletés, griffures ou taches, ainsi que pour résoudre les problèmes de stabilité ou de photogrammes manquants. Le résultat est admirable, à tous points de vue. La copie est exemplairement propre, la définition considérablement rehaussée (le module consacré à la restauration donne l'impression qu'un voile de fumée a été enlevé), les contrastes requinqués sans excès. On ne déplore par ailleurs aucun abus de lissage numérique ou de dégrainage, et le film pétille ainsi à nouveau de tout son lustre rétro.

De l'or en barres

Même constat : le film a été numérisé à 2K à partir d'éléments originaux 35 mm, et a à son tour bénéficié d'une restauration visant à éliminer les défauts éventuels ainsi qu'à homogénéiser le rendu. Le rendu est général est là aussi particulièrement satisfaisant, avec peut-être un contraste un peu appuyé lors des séquences les plus ensoleillées. Notons tout de même des plans de qualité moindre, comme ceux faisant intervenir des trucages (à la Tour Eiffel ou lors du trajet final en voiture) ou quelques séquences un peu plus voilées.

L'Homme au complet blanc

Là aussi, la numérisation à 2K a donné des merveilles, et la profondeur des séquences nocturnes comme la qualité de certains gros plans sont particulièrement remarquables. Aucun souci de dégrainage n'est à mentionner ici non plus, mais, assez curieusement, la restauration quasi-exemplaire sur l'intégralité du film se relâche un peu dans les derniers plans, avec notamment des stries verticales assez marquées sur les images finales (voir galerie)

Tueurs de dames

Seul film en couleurs - et seul film déjà édité en Blu-ray à l'unité par StudioCanal (en février 2010) - le film est peut-être, en comparaison, le moins bien loti des quatre, et l'on ne dit pas cela uniquement parce que nous aimons assez peu le rendu général "pastel" du film. Le master a été certes remarquablement nettoyé (là encore, un module consacré à la restauration le prouve), mais la manière dont les contrastes auront été "boostés" et l'éclaircissement général (il est vrai que le DVD était particulièrement sombre) nous auront parfois semblé excessifs, ayant tendance à "cramer" les blancs ou à surexposer un poil les couleurs. Soyons honnêtes tout de même : le film n'aura jamais paru aussi jeune, mais il n'est peut-être pas impossible d'affiner encore un peu le curseur.

Mentionnons enfin un "demattage" du DVD, qui présentait un format de 1.66:1, vers le format original en 1.37:1. Conséquence principale ? Plus d'image en haut et en bas, comme en témoigne l'exemple ci-dessous :


DVD "matté"                                                                                   Blu-ray "dématté"
 

Son

Faisons un tarif de groupe : les pistes LPCM 2.0 sont tout à fait convenables, malgré un léger manque de dynamisme ou de profondeur compréhensible compte tenu de l'âge des films.

Pas de bruits parasites, de souffles ou de distorsion à signaler : un travail spécifique semble avoir été entrepris, avec succès, sur ce point lors de la restauration des pistes sonores. Les dialogues se détachant avec une belle clarté, on aura particulièrement aimé entendre comme on ne les avait jamais entendus les feulements de Joan Greenwood dans L'Homme au complet blanc ou dans Noblesse oblige.

Notons sur le disque de Tueurs de dames des pistes DTS-HD en français mais aussi en allemand et en espagnol, alors que les autres titres proposent uniquement VO et VF.

Suppléments

Comme mentionné plus haut, les suppléments sont, pour l'essentiel (il manque par exemple les introductions aux films de Martin Scorsese ou John Landis), ceux qui figuraient sur les éditions Blu-ray britanniques, et l'on ne retrouve ainsi pas les bonus figurant au sein du coffret So British ! de 2004. C'est parfois dommage car, sans faire insulte aux intervenants divers apparaissant au sein de ces suppléments, les présentations de Bertrand Tavernier permettaient par exemple d'établir une belle continuité dans l'approche historique des studios et des films.

Noblesse oblige

De nombreux suppléments - de pertinence variable - éclairent cette édition :

Commençons par le commentaire audio, dans lequel Peter Brashaw, critique pour The Guardian, passe les plats entre le réalisateur Terence Davies et Matthew Guinness, fils de. Le registre est plutôt anecdotique, et parsemé de temps morts parfois entrecoupés de "ah, regardez comme il a jeté l'allumette dans la cheminée"... On exagère un peu, mais ce n'est pas le supplément le plus passionnant.

Plus concis et plus dense est l'extrait de l'émission de la BBC Radio 3 "The Essay : Episode 4", dans lequel Simon Heffer, du Daily Telegraph, revient sur le contexte de la production et les singularités de Noblesse oblige. Il y évoque notamment le livre Israel Rank, source d'inspiration du film, qui fut longtemps méconnu, et qu'il qualifie d'assez profondément antisémite. On aura par ailleurs particulièrement bien entendu, par exemple, la formule (peut-être un tantinet excessive, et encore) : "Oubliez If ou Orange mécanique : c'est bien Noblesse oblige le film britannique le plus subversif de l'histoire." Curieuse pratique, par contre, de proposer sur un Blu-ray un supplément uniquement sonore sans le moindre effort d'enrobage : pendant les 14 minutes du supplément, il faudra se contenter d'une seule et unique affiche, quand un montage de photogrammes ou d'images d'archives aurait été plus dynamique...

Un module entier est consacré à l'acteur Dennis Price (Autour de Dennis Price, extrait de l'émission Those British faces, 26 minutes), souvent oublié au profit d'Alec Guinness quand on évoque Noblesse oblige, et permet de mesurer la totale "britannicité" de ce comédien plein de distinction et de malice. Des extraits de films, parfois assez méconnus de ce côté-ci de la Manche, permettent d'apprécier ses performances, souvent dans le registre élégant et pince-sans-rire qu'il incarne, à la perfection, dans Noblesse oblige, mais aussi parfois, dans un registre chantant ou dansant (comme dans The Dancing Years en 1950 ou Charley Moon, en 1956).

Mentionnons également l'ajout très intéressant de la fin alternative, américaine, du film, dans laquelle un plan final a été ajouté, montrant que le manuscrit de Louis a été retrouvé, et qu'il sera donc inévitablement puni. Vaguement compréhensible compte tenu du public visé, on ne peut s'empêcher que cela affadit l'exceptionnelle impertinence morale du film.

Nous l'avons évoqué dans la partie "image", un module consacré à la restauration (6 minutes) permet notamment de mesurer la qualité du travail fourni, notamment en termes de définition ou de gestion du contraste.

Evoquons enfin une bande-annonce (non restaurée) et une galerie de photos.

De l'or en barres

Il s'agit du disque le plus chiche en suppléments, puisqu'il faut se contenter d'une bande-annonce originale. C'est un peu surprenant, dans la mesure où le Blu-ray Optimum proposait, lui, plusieurs modules, dont un entretien avec Charles Crichton.

L'Homme au complet blanc

Dans un module intitulé Redécouvrir L'Homme au complet blanc (13'20''), plusieurs intervenants (dont un Stephen Frears un peu débraillé) reviennent sur le propos du film ou sur la personnalité d'Alexander Mackendrick. Plutôt pertinent et monté de manière assez dynamique, le résultat paraît toutefois un peu succinct.


Là aussi, un module consacré à la restauration (5 minutes) permet de mesurer le gain de la haute-définition.

On trouve enfin des photos des coulisses du film, ainsi qu'une bande-annonce originale (de bonne qualité).

Tueurs de dames

Les suppléments sont ceux, copieux, de l'édition simple du film :

  après une introduction au film par Terry Gilliam, on peut opter, pour enrichir sa connaissance du film ou des studios, soit pour un commentaire audio de Philip Kemp, soit pour le documentaire Forever Ealing d'Andrew Snell (49 minutes).

Plusieurs intervenants sont également interrogés pour donner leur point de vue sur le film dans des entretiens avec Allan Scott (10 minutes, consacré au film), Ronald Hardwood (7 minutes, qui évoque sa collaboration avec Mackendrick sur Cyclone à la Jamaïque) ou Terence Davies (13 minutes, qui évoque les années d'enseignement d'Alexander Mackendrick)

Là encore, un module est consacré à la restauration du film (6 minutes), mais ce n'est pas celui où le travail réalisé est le plus spectaculaire. En exagérant un peu, on dira volontiers qu'on s'est parfois demandé quelle partie de l'écran est censée représenter la version restaurée...

Evoquons enfin, là encore, la présence d'une bande-annonce originale, en haute-définition.

Par Antoine Royer - le 9 octobre 2014