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Actualités - Cinéma

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin

En véritable amateur du cinéma d’exploitation japonais et hongkongais, notamment de la Shaw Brothers, John Carpenter rend hommage avec Les Aventures de Jack Burton à tout un pan de la culture populaire. Le résultat est détonant, d’une inventivité folle et d’un respect total pour le genre qu’il investit. Carpenter s'immerge dans ce cinéma, en assumant la naïveté et le kitsch, refusant d’en américaniser la forme. Porté par les ballets aériens, la magie et le mystère de la mystique chinoise, le cinéaste se libère totalement, se débarrasse de tout complexe "auteurisant", se lâche comme jamais. Il s’amuse à opposer la pesanteur du héros américain, génialement incarné par un Kurt Russell, à la légèreté des chorégraphies martiales. Les Aventures de Jack Burton se révèle une comédie aussi critique envers la société américaine - ses idées arrêtées, sa suffisance - qu'elle est d’un respect total pour la mythologie chinoise. Cette immersion dans le sujet se ressent aussi au niveau des décors et des effets spéciaux. Richard - Star Wars - Edlund réalise un travail admirable, mêlant blue screens, rétroprojections, créatures mécatronics et trucages des premiers temps du cinéma. Il s’inspire de la picturalité chinoise, en s’imprégnant par exemple de sa calligraphie pour dessiner la forme des éclairs qui parsèment le film, ou encore en utilisant une symbolique des couleurs héritée de l’Orient.

Les influences ne s’arrêtent pas au wu xia pian et Carpenter rend un magnifique hommage aux serials de sa jeunesse (Fu Manchu), au chambara (les trois guerriers de l’orage tout droit sortis de Baby Cart.), au western, sans jamais que le poids de ces multiples influences ne se fasse ressentir. Tout coule de source dans ce fabuleux voyage, drôle de bout en bout, virevoltant, surprenant, constamment jouissif. Le montage très rythmé ne craint pas de passer du coq à l’âne, de perdre le spectateur qui se trouve aussi perdu que l’est Jack Burton dans les quartiers de Chinatown et ses légendes ancestrales. Deux heures de concentré de bonheur, d’action ininterrompue, de dialogues savoureux, et au final un troisième échec commercial pour Carpenter après The Thing et Starman. Voilà ce que c’est que d’avoir à chaque fois dix ans d’avance sur tout le monde...

DANS LES SALLES

les aventures de jack burton
UN FILM DE john carpenter (1986)

DISTRIBUTEUR : SPLENDOR FILMS
DATE DE SORTIE : 31 JANVIER 2018

La Chronique du film



Jack Burton, camionneur ordinaire, accompagne son ami Wang Chi à l'aéroport de San Francisco afin d'accueillir Miao Yin, la fiancée de ce dernier. Mais lorsque Lo Pan, un puissant sorcier désincarné, se met en tête d'épouser Miao Yin pour récupérer son enveloppe charnelle, Jack se voit transporté au cœur des luttes mystiques de Chinatown, où le Bien et le Mal s'affrontent déjà depuis des siècles... (lire la suite)

Par Olivier Bitoun - le 30 janvier 2018

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