Django Unchained (Quentin Tarantino - 2012)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

Modérateurs : Karras, Rockatansky, cinephage

riqueuniee
Mogul
Messages : 10077
Inscription : 15 oct. 10, 21:58

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar riqueuniee » 26 janv. 13, 13:24

Tout à fait d'accord. J'ajouterai que j'ai trouvé à ce film un côté roman-feuilleton ou (mélo)drame très XIXème siècle, entre les personnages hauts en couleur, les "méchants" bien méchants qu'on aime haïr, les péripéties qui s'enchaînent et le héros qui cherche à sauver sa belle. Sans oublier le sang qui gicle façon Grand-Guignol.

Avatar de l’utilisateur
Pat Wheeler
Assistant(e) machine à café
Messages : 241
Inscription : 6 janv. 13, 12:54

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Pat Wheeler » 26 janv. 13, 13:34

Oui bien vu ! Il y a en effet un esprit très roman-feuilleton dans ce film.
Image

Avatar de l’utilisateur
tenia
Le Choix de Sophisme
Messages : 21717
Inscription : 1 juin 08, 14:29

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar tenia » 26 janv. 13, 22:25

Vu.

Sans être aussi tranché que Père Jules, c'est vrai que Django souffre d'une 2e moitié loin d'être aussi rythmée et intéressante que la 1ere.
Globalement, c'est des lieues au dessus des 2 précédents QT. C'est fun, enlevé, et surtout rythmé.

Maintenant, y a quand même pas mal de problèmes de fond qui m'ont gêné. 1) Déjà, parce que comme 95% des films actuels de plus de 2h, rien ne les justifie. 2) Ensuite, parce que tout le passage chez Candie est quand même sacrément monté en épingle pour rien. 3) Enfin, toute considération morale superflue mise à part, il y a tout de même de gros problèmes de justification dans la dernière 1/2 heure.

Spoiler (cliquez pour afficher)
1) 2h45 ? Je choisis de plus en plus mes films sur la longueur, car je vois de moins en moins de films de plus de 2h les justifiant. Ici, ça ne rate pas : à partir de chez Candie, paie ton rythme qui tombe dans les choux. Heureusement que Samuel L Jackson m'a fait marrer avec ses blagues pourries à faire rire un gamin de 5 ans (j'ai été super bon public parce qu'en fait, le personnage est foutrement insupportable, tout ça pour imager le "en fait, y a des blacks, ils étaient un peu négriers eux mêmes, tout ça"), parce que sinon, c'est quand même un peu pas mal chiant.

2) Résumons. Schultz a l'idée d'aller amadouer Candie avec l'achat d'un combattant pour une somme folle. Soit. Mais vu le dénouement et le fait qu'ils étaient visiblement tout à fait prêts à réellement dépenser le pognon, pourquoi ne pas tout simplement payer cette somme folle pour Brünhild directement ? Ah oui : pour tirer 1h sur la corde. :x

3) En fait, c'est un peu le problème de toute la fin du film : pourquoi ?
Je passerai outre la stupidité ambiante des spectateurs qui, effectivement, ont éclaté de rire à la mort de Lara Lee, alors que je ne suis même pas sûr qu'il y ait réellement un gag dans ce passage, bien au contraire (alors que pour le moment où QT s'éclate littéralement, y avait personne qui bronchait, comme quoi). Pourquoi Schultz bute Candie, alors que, visiblement, celui ci n'avait pas particulièrement, semble-t'il, envie de les buter ? "Je n'ai pas pu résister" dit-il. Résister à quoi ? Buter gratuitement un esclavagiste sous couvert d'une morale soudain retrouvée ? Ou déclencher complètement gratuitement la fusillade ultra sanglante finale ?
Pourquoi Django revient ensuite buter tout le monde, alors qu'il a récupérer sa femme, et que ça ne changera visiblement rien s'il doit avoir des chasseurs de prime au cul ? C'est complètement gratuit, et toute considération morale à part (donc), ça manque franchement de justification / cohérence. Alors, certes, faut bien quelque chose pour remettre 2 balles dans la machine et relancer le film vers son final tonitruant (et inutilement gore, mais c'était marrant), m'enfin quand même.
Alors quoi ? Montrer qu'au final, les 2 compères passent en mode "vengeurs furieux" ? Bof. Franchement bof. C'est juste complètement con et gratuit, d'autant plus qu'on est chez Tarantino, et que ce sera donc absolument soutenu par un quelconque sous texte culturo-historique. A moins qu'il adapte la réponse qu'il avait donné pour IB "Quoi ? Vous me reprochez d'avoir été trop cruels avec les esclavagistes" ?
D'un côté, je m'en fous, remarquez. D'un autre, je trouve juste que, du coup, les personnages sont bien moins cohérents qu'ils ne l'avaient été jusque là. C'est dommage.


Au final, je suis donc un peu mitigé. C'était bien, indéniablement. Ultra racé aussi, malgré une mise en scène que j'ai trouvé un peu sage (là dessus, j'ai trouvé IB au dessus), et je suis tout à fait pour la BO complètement inattendue mais qui, au final, colle parfaitement au film. Et j'abonde aussi : QT doit arrêter de se donner des rôles, aussi courts soit-ils.

Dans l'ensemble, je recommande. Mais c'est trop long, et parfois trop gratuit dans les ressorts utilisés pour faire avancer le film.

8/10

Avatar de l’utilisateur
Père Jules
Quizz à nos dépendances
Messages : 14740
Inscription : 30 mars 09, 20:11

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Père Jules » 26 janv. 13, 22:44

Du coup, j'avoue avoir du mal à comprendre le 8/10. :D

Avatar de l’utilisateur
tenia
Le Choix de Sophisme
Messages : 21717
Inscription : 1 juin 08, 14:29

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar tenia » 26 janv. 13, 23:33

Père Jules a écrit :Du coup, j'avoue avoir du mal à comprendre le 8/10. :D

Parce que je me suis grandement amusé malgré les problèmes pointés du doigt. Seulement, il m'est plus facile de parler de ce qui me parait des limites parce que ça se raccroche au reste du topic que ce que j'ai aimé.

Avatar de l’utilisateur
Rick Deckard
Accessoiriste
Messages : 1924
Inscription : 6 janv. 08, 18:06
Localisation : Los Angeles, 2049

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Rick Deckard » 26 janv. 13, 23:53

tenia a écrit :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Schultz a l'idée d'aller amadouer Candie avec l'achat d'un combattant pour une somme folle. Soit. Mais vu le dénouement et le fait qu'ils étaient visiblement tout à fait prêts à réellement dépenser le pognon, pourquoi ne pas tout simplement payer cette somme folle pour Brünhild directement ? Ah oui : pour tirer 1h sur la corde. :x


C'est pourtant clair il me semble :

Spoiler (cliquez pour afficher)
La réputation de Candie fait qu'il ne vendra pas un de ses vulgaires esclaves même pour une somme folle (et surtout un esclave bien précis, Candie étant très méfiant). De là tout ce plan compliqué d'acheter un combattant, seul moyen d'approcher Candie. L'idée étant de fortuitement demander à acheter Brünhild. Mais je ne crois pas qu'ils étaient prêts à dépenser la somme folle pour le combattant : Schultz dit bien lors du repas qu'ils doivent revenir quelques jours plus tard avec un avocat pour conclure l'affaire ! Je pense que si ça s'était bien passé, ils seraient repartis avec Brünhild payée une somme raisonnable, et ne seraient jamais revenus...
Image

David Huxley
Stagiaire
Messages : 9
Inscription : 11 déc. 05, 23:49
Localisation : paris

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar David Huxley » 27 janv. 13, 03:38

Les admirateurs du film pourraient-ils expliquer le début : 1858 deux ans avant la guerre civile ??????
La guerre de Sécession (qui a cessé c'est sûr) débuta en 1861. J'ai fait le calcul de tête, vérifié sur ma calculatrice et il apparaît bien que 1858 + 2 = 1860.
Est-ce un gag montrant que Tarantino se contrefiche du contexte historique (et là je préfère ô combien l'anachronisme du Ku Klux Klan) ? Une preuve de je-m’en-foutisme total vis-à-vis de l'esclavage? Où un moyen, fort efficace, de dégoûter les amateurs d'Histoire dès le début du film ?

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 86230
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Jeremy Fox » 27 janv. 13, 09:36

David Huxley a écrit :Les admirateurs du film pourraient-ils expliquer le début : 1858 deux ans avant la guerre civile ??????
La guerre de Sécession (qui a cessé c'est sûr) débuta en 1861. J'ai fait le calcul de tête, vérifié sur ma calculatrice et il apparaît bien que 1858 + 2 = 1860.
Est-ce un gag montrant que Tarantino se contrefiche du contexte historique (et là je préfère ô combien l'anachronisme du Ku Klux Klan) ? Une preuve de je-m’en-foutisme total vis-à-vis de l'esclavage? Où un moyen, fort efficace, de dégoûter les amateurs d'Histoire dès le début du film ?

Oh my God :!: :!: :shock:

Amis chipoteurs, bonjour !

Tarantino, non seulement un grand con immature mais inculte. M'enfin, si tu cherches bien, tu trouveras que l'évènement déclencheur de cette guerre eut lieu en avril 1861 (l'attaque de Fort Sumter) alors qu'elle couvait déjà depuis un moment. Mettons que Django débute en décembre 1958, soit 2 ans et 4 mois avant. Le générique aurait précisé 2 ans et 4 mois que le film aurait été un chef-d'oeuvre ! ?

J'admets parfaitement qu'on puise être contre le film et même le trouver ignoble mais de là à aller chercher n'importe quelles excuses pour l'enfoncer... surtout connaissant Hollywood et l'histoire.

Et je précise que j'aurais dit la même chose à propos de n'importe quel film y compris ceux que je n'aime pas.

Avatar de l’utilisateur
monk
Décorateur
Messages : 3594
Inscription : 21 juin 05, 09:55

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar monk » 27 janv. 13, 10:42

Pour ma part, ce Django est une belle réussite, que j'ai beaucoup plus appréciée que Inglorious Basterds (qui ressemblait plus à une suite de scènes plus ou moins forte qu'à un tout homogène).
J'y ai vu un film de vengeance rythmé, fun et violent, et un film grave et sérieux sur l'esclavage, parfois inconfortable; l'un n'empiétant pas trop sur l'autre mais le tout restant entier et cohérent. J'ai apprécié que l'humour ne vienne jamais désamorcer la tension du propos. J'ai trouvé les dialogues particulièrement bien écrits, les personnages fort bien caractérisés (et interprétés !), et les situations assez justifiées. Sans se hisser dans le top 5 de Tarantino, Django est incontestablement réussi.

tenia a écrit : Pourquoi Django revient ensuite buter tout le monde, alors qu'il a récupérer sa femme, et que ça ne changera visiblement rien s'il doit avoir des chasseurs de prime au cul ? C'est complètement gratuit, et toute considération morale à part (donc), ça manque franchement de justification / cohérence.

Il retourne récupérer sa femme, il est là, armé, assuré et particulièrement remonté, pourquoi ne pas finir le boulot ? Franchement, ils seraient paris en catimini, j'aurais trouvé ça incohérent par rapport aux personnages et à l'histoire.

tenia a écrit :Pourquoi Schultz bute Candie, alors que, visiblement, celui ci n'avait pas particulièrement, semble-t'il, envie de les buter ? "Je n'ai pas pu résister" dit-il. Résister à quoi ? Buter gratuitement un esclavagiste sous couvert d'une morale soudain retrouvée ? Ou déclencher complètement gratuitement la fusillade ultra sanglante finale ?

Evidemment qu'il faut un élément déclencheur, mais Shultz n'a jamais été pour l'esclavage, il découvre que l'horreur du concept va beaucoup plus loin que ce qu'il pensait, il est choqué et à envie d'en découdre avec Candie quand celui-ci le provoque. Et peut être, oui, est il un peu mauvais perdant :)

tenia a écrit :au final, les 2 compères passent en mode "vengeurs furieux" ? Bof. Franchement bof. C'est juste complètement con et gratuit

Pas du tout ! Shultz n'est pas un vengeur, mais Django, oui. Shultz se laisse entraîner et...va plus loin que ce qu'il avait prévu. Je ne vois pas où est le problème.

tenia a écrit :2h45 ? Je choisis de plus en plus mes films sur la longueur, car je vois de moins en moins de films de plus de 2h les justifiant. Ici, ça ne rate pas : à partir de chez Candie, paie ton rythme qui tombe dans les choux.

C'est assez vrai, le film a un défaut de rythme à partir de là. Celà dit, je ne me suis pas ennuyé une seconde.
La durée est aussi un problème pour moi, et j'ai un tas de classiques qui font plus de 2H dans mes sacs, qui pourraient eux aussi avoir été plus concis.

Avatar de l’utilisateur
Borislehachoir
Machino
Messages : 1345
Inscription : 17 févr. 06, 14:34

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Borislehachoir » 27 janv. 13, 10:50

Je préfère ne pas imaginer ce que David doit penser de ce nanar qu'est La Flèche brisée, film qui doit dégoûter tous les amateurs d'histoire puisque accumulant les contre-vérités historiques, la moindre n'était pas de présenter Cochise comme un chef pacifiste là ou au contraire il a toujours été l'un des apaches les plus bellicistes de son temps, particulièrement après la mort de Mangas Coloradas.

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 86230
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Jeremy Fox » 27 janv. 13, 10:52

Borislehachoir a écrit :Je préfère ne pas imaginer ce que David doit penser de ce nanar qu'est La Flèche brisée, film qui doit dégoûter tous les amateurs d'histoire puisque accumulant les contre-vérités historiques, la moindre n'était pas de présenter Cochise comme un chef pacifiste là ou au contraire il a toujours été l'un des apaches les plus bellicistes de son temps, particulièrement après la mort de Mangas Coloradas.

Tout en sachant que Delmer Daves fut le chantre pro-indien numéro 1

Avatar de l’utilisateur
Demi-Lune
Bronco Boulet
Messages : 13032
Inscription : 20 août 09, 16:50
Localisation : Avec Dr. Jones dans une pièce qui se rétrécit à vue d'oeil

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Demi-Lune » 27 janv. 13, 10:55

monk a écrit :Il retourne récupérer sa femme, il est là, armé, assuré et particulièrement remonté, pourquoi ne pas finir le boulot ?

C'est comme avec le boucher... "y m'en reste encore un peu, j'vous l'mets ma bonne dame ?"
Pardon d'être ironique, mais encore une fois, à vouloir défendre toute cette catharsis finale, les défenseurs ne font que signer tout ce qu'elle a pour moi de problématique (moralement ou non). Mais voilà que je recommence, je suis incorrigible... Merci quand même à ténia d'avoir soulevé l'étrangeté de la pulsion de Shultz : c'est comme si Tarantino forçait les choses contre leur cohérence interne (car Shultz sait qu'il signe son arrêt de mort en faisant ce qu'il fait) pour amener ce grand bain de sang où il peut enfin se lâcher.

Avatar de l’utilisateur
Père Jules
Quizz à nos dépendances
Messages : 14740
Inscription : 30 mars 09, 20:11

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Père Jules » 27 janv. 13, 11:00

Demi-Lune a écrit :Merci quand même à ténia d'avoir soulevé l'étrangeté de la pulsion de Shultz : c'est comme si Tarantino forçait les choses contre leur cohérence interne (car Shultz sait qu'il signe son arrêt de mort en faisant ce qu'il fait) pour amener ce grand bain de sang où il peut enfin se lâcher.

Tous mes reproches au film (et plus largement au cinéma de Tarantino - exception faite de Jackie Brown, chef-d'œuvre) peuvent être concentrés là-dedans en effet. Tout est prétexte à balancer du sang à grandes giclées.

Avatar de l’utilisateur
Borislehachoir
Machino
Messages : 1345
Inscription : 17 févr. 06, 14:34

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Borislehachoir » 27 janv. 13, 11:01

C'est quoi le problème avec le fait que Schultz sache ce qui l'attend ?

Vous trouvez ça con quand Gabin tue Jules Berry dans Le Jour se Lève alors qu'il sait que ça lui apportera que des emmerdes ?

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 86230
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Messagepar Jeremy Fox » 27 janv. 13, 11:02

Père Jules a écrit :
Demi-Lune a écrit :Merci quand même à ténia d'avoir soulevé l'étrangeté de la pulsion de Shultz : c'est comme si Tarantino forçait les choses contre leur cohérence interne (car Shultz sait qu'il signe son arrêt de mort en faisant ce qu'il fait) pour amener ce grand bain de sang où il peut enfin se lâcher.

Tous mes reproches au film (et plus largement au cinéma de Tarantino - exception faite de Jackie Brown, chef-d'œuvre) peuvent être concentrés là-dedans en effet. Tout est prétexte à balancer du sang à grandes giclées.

Faites vous les mêmes reproches à Peckinpah ? Un bain de sang peut-être assez cinégénique pour ne parler que cinéma.