Budd Boetticher (1916-2001)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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monk
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar monk » 20 sept. 12, 10:20

Alamo m'a remis en selle, j'ais repris un peu le western, laissé un peu coté ces derniers mois, avec Le traitre du Texas, un Boetticher que je n'avais toujours pas vu. J'ai beaucoup aimé, lui trouvant de nombreuses qualités, que Jeremy a - comme d'habitude - très bien exposées dans sa critique.
J'ai trouvé le film assez étonnant dans son approche du "méchant", qui est ici le personnage principal, le plus détaillé, le plus complexe du film. Robert Ryan, que j'apprécie souvent peu, m'a semblé parfait dans son rôle, assez tragique finalement: c'est un homme habité par l'amertume, qui après 4 ans de guerre (perdue de surcrois) rentre chez lui sans le sous. Il veut en découdre avec cette société qui s'est enrichie pendant qu'il était dans la boue. Il veut de l'argent, vite et va perdre pied, laissant finalement de coté toute morale. Le film décrit sa perte de repères, car il n'est pas mauvais, mais se laisse enivrer par le pouvoir et l'argent. C'est, je pense, ce bon coté qui a séduit le personnage de Julie Adams, elle sait qu'elle est en sécurité avec lui, bien plus qu'avec son actuel mari, vraiment pourri.
Un belle histoire, traité sans phare et comme le dit Jeremy, heureusement sans humour.
Coté mise en scène, c'est impéccable, et le film jouit de décors et de costumes vraiment superbes ! Il y a un certain coté B (dans son coté positif, j'aime les séries B !), qui est contrebalancé par le faste des décors.
J'ai juste des réserves sur deux scènes:

Spoiler (cliquez pour afficher)
* quand Dan prend son père en otage, Neal, alors schériff, lâche trop rapidement son arme. Ça manque un peu de tentative de discussion ou d’agressivité de la part de celui-ci.
* le plan final montre la famille heureuse, débarrassée du méchant de service, sauf que c'était leur fils, leur frère, et qu'il manque une pointe d'amertume face à ça.


Mais ça n'a pas entaché l’intérêt que j'ai eu pour le film. Ce sont des avis très personnels :wink:
Je garde !

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Flol
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Flol » 20 sept. 12, 11:50

Jeremy Fox a écrit :Ca me fait penser qu'il y a un film que tu devrais adorer avec Randolph Scott (en plus de la photo, la musique, le scénario, la mise en scène...), c'est le sublime Coups de feu dans la Sierra de Peckinpah :idea:

Déjà vu (en tant que fan de Peckinpah, obligé). :)

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Borislehachoir
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Borislehachoir » 20 sept. 12, 17:16

Je ne partage pas du tout les avis positifs lus ici et là sur L'aventurier du Texas, à mes yeux le moins réussi des Scott-Boetticher que j'ai vu. Plastiquement faible ( Boetticher filme bien mieux les grands espaces que les scènes en ville, le règlement de comptes final est terriblement mou ) et assez peu fourni dramatiquement, je n'y sauve que l'humour atypique et quelques scènes plus réussies en extérieur. Le fait que les méchants corrompus aient tous des noms typiquement juifs ( de mémoire : Simon, Amos et j'ai oublié le troisième ) m'a aussi un tantinet dérangé.

J'aime un peu mieux l'homme de l'Arizona qui est quant à lui d'une très grand beauté plastique ; le film démarre en trombe mais les personnages, Scott inclus, me semble beaucoup moins intéressants et profonds que dans les meilleurs Boetticher. Les méchants sont des psychopathes, le gentil est très gentil et le mari de Maureen O'Hara restera un gros lâche jusqu'au bout. Un sentiment mi-figue mi-raisin.

Decision at sundown ( je ne me souviens plus du titre français, rarement employé, un truc genre " le vengeur du crépuscule " totalement idiot ) est comme l'Aventurier du Texas un Boetticher plus urbain donc a priori moins susceptible de m'intéresser ( et d'ailleurs je le trouve lui aussi picturalement limité ). En revanche, dramatiquement il me semble largement plus intéressant. Scott y joue un personnage beaucoup plus ambigu que dans les autres films, le méchant ne l'est pas tant que ça et le non-règlement de comptes de fin est une très belle trouvaille. Son sidekick dans celui-ci est terriblement sympathique.

J'adore Comanche Station. Le final y est d'une incroyable force émotionnelle, les rapports entre Scott et les " méchants " sont très subtils et les gunfights irréprochables. Qualité qu'on retrouve dans La chevauchée de la vengeance qui fut le premier ou second Boetticher que je découvrais et qui m'a enchanté à l'époque. Mais mon préferé, le chef d'oeuvre absolu de la série que je revois environ une fois par an demeure Sept hommes à abattre sur lequel tout a été dit, de la prestation de Lee Marvin à la concision de sa narration en passant par le superbe duel final " Why ? " " Why not ? ".

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar semmelweis » 11 nov. 12, 13:56

La chute d'un caïd

Mon premier Budd Boetticher m'aura montré à quel point les cinéastes des années 70 n'ont cessé de revenir sur le cinéma classique américain. Si on devait faire un rapprochement, la chute d'un caïd fait penser à un pré-Sacarface de Brian de Palma. Le film nous fait suivre l'ascension et la chute d'un voyou impulsif, charmeur et ambitieux. Budd Boetticher suit donc une ligne narrative vue mille fois depuis des décennies sur le film de gangster. Ray Danton campe ce personnage intrépide à la fois félin et dangereux , synthèse des figues des films noirs. Les personnages féminins sont tour à tour des maitresses et recèlent un caractère maternel et protecteur (dont la disparition sera fatale pour Legs Diamond). Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé mais finalement le film ne recèle aucune surprise. Boetticher signe une mise en scène assez sèche avec réussite particulière des scènes de gunfight mais l'ensemble reste du déjà vu. Le film n' a pas la portée de reflexion sur la mythologie américaine qu'a le Sacarface de De Palma (je n'ai pas vu celui de Hawks). Le dvd offre des moments superbes en terme de rénovation et d'autres plus hasardeux avec des taches à l'image. On peut regretter la présence d'ellipses (sans doute due à un faible budget) qui font que le film est trop court. En même temps, on a le droit à un rythme assez soutenu qui empêche l'ennui. Je reste donc sur ma faim et préfère dans le genre ce que j'ai vu d'Anthony Mann. Un film inégal qui reste une découverte surprenante sur son influence sur le film de gangster en particulier ceux de De Palma. Il faudra sans doute que j'essaie un western de ce cinéaste . 6/10

PS : vous me conseillez quels autres film de Boetticher ?

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Rick Blaine » 11 nov. 12, 14:02

semmelweis a écrit :PS : vous me conseillez quels autres film de Boetticher ?


Tout Boetticher/Scott! Disons en particulier peut-être La Chevauchée de la Vengeance et Sept Hommes à Abattre, deux titres qui font habituellement l'unanimité.

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar semmelweis » 11 nov. 12, 14:03

Rick Blaine a écrit :
semmelweis a écrit :PS : vous me conseillez quels autres film de Boetticher ?


Tout Boetticher/Scott! Disons en particulier peut-être La Chevauchée de la Vengeance et Sept Hommes à Abattre, deux titres qui font habituellement l'unanimité.


Merci. Et toi, Rick Blaine, t'en pensais quoi de ce film de gangsters de Boetticher ?

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 11 nov. 12, 14:10

semmelweis a écrit :
Rick Blaine a écrit :
semmelweis a écrit :PS : vous me conseillez quels autres film de Boetticher ?


Tout Boetticher/Scott! Disons en particulier peut-être La Chevauchée de la Vengeance et Sept Hommes à Abattre, deux titres qui font habituellement l'unanimité.


Merci. Et toi, Rick Blaine, t'en pensais quoi de ce film de gangsters de Boetticher ?


Pareil que Rick pour le conseil. Quant à La chute d'un caïd, je ne l'ai pas vu ou alors il y a très longtemps

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Rick Blaine » 11 nov. 12, 14:11

semmelweis a écrit :Merci. Et toi, Rick Blaine, t'en pensais quoi de ce film de gangsters de Boetticher ?


Je ne l'ai pas encore vu! :D

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar semmelweis » 11 nov. 12, 14:16

Rick Blaine a écrit :
semmelweis a écrit :Merci. Et toi, Rick Blaine, t'en pensais quoi de ce film de gangsters de Boetticher ?


Je ne l'ai pas encore vu! :D


Ah, je croyais que tu l'avais vu :mrgreen: .

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Rick Blaine » 11 nov. 12, 14:20

semmelweis a écrit :
Rick Blaine a écrit :
semmelweis a écrit :Merci. Et toi, Rick Blaine, t'en pensais quoi de ce film de gangsters de Boetticher ?


Je ne l'ai pas encore vu! :D


Ah, je croyais que tu l'avais vu :mrgreen: .



J'ai dit qu'il fallait que je le vois, et il attend chez moi, mais parfois entre l'annonce et la réalisation, il se passe de nombreux mois!! :mrgreen:

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar bruce randylan » 27 déc. 12, 14:23

Y-a pas que les westerns dans la vie ! :D

les conducteurs du diable (Red ball express - 1952)

En France, les troupes de Patton avancent trop rapidement sur le front allemand pour que les unités puissent être ravitaillé en essence et munitions, ce qui ralentit leur progressions. un convoi spécial est donc mis en place pour sillonner sans fin les routes : le red ball express.

Voilà, un étonnant film de guerre (le seul que je connais du cinéaste pour le moment).
Doté d'un budget sans doute plus que modeste, Boetticher apporte sa sécheresse à la narration qui résume l'essentiel de son histoire aux incessants va-et-vient de ces chauffeurs. Il sait rendre vivant une séquence en passant d'un personnage à un autre, en suivant en un plan des soldats dans leur environnement, un injectant un détail, en accélérant le tempo, en ne cherchant pas à s'attarder (la mort frappe toujours pas surprise)
Peu de gras et les quelques séquences obligées du genre (l'histoire d'amour avec la Française) sont souvent détournées de leur tonalité récréative et stéréotypée pour glisser vers une approche bien plus réaliste. Ainsi la séquence où la famille française invite un GI à manger abandonne rapidement l'humour pour évoquer avec subtilité les problèmes qu'ont les civils à subsister en temps de guerre. En quelques plans, on découvre le désarroi d'une enfant affamée et la gêne des parents à sacrifier leur maigre pitance pour la donner à leur "sauveur". De plus les acteurs sont de véritables français sans le moindre accent (si ce n'est celui du terroir).

Le sentiment d'authenticité est vraiment marqué et Boetticher n'est pas loin du documentaire. Sans doute imposé par des contraintes budgétaires, il en fait la force du film. D'ailleurs, il n'y a pas de générique de début, seulement le titre qui apparait au bout de 7 minutes. Les images d'archives sont admirablement bien intégrées aux images de fiction et il est parfois très délicat de différencier les deux (ce que renforce la copie en 16mm de la cinémathèque). Mais au delà de la forme, Red ball express aborde aussi la question raciale au sein de l'armée. La véritable unité était composée à 75% d'afro-américain parce que leur intégration se passait très mal dans les autres corps de l'armée.
Avec une intelligence et une honnêteté extrêmement rares pour l'époque, le film traite non seulement des soldats noirs mais le fait en plus avec une sobriété dans le traitement qui évite tout esprit didactique, superficiel ou appuyé. Jamais le film ne sombre dans le film à thèse. Cette "minorité" est filmée immédiatement comme faisant partie naturellement de l'armée et ils sont filmés exactement de la même manière que n'importe quel autre soldat. Le racisme n'est abordé que via le personnage de Sidney Poitier quand celui-ci se fait prendre à parti par un militaire d'une autre unité et qu'il doute de son chef.
Les auteurs sont plus fins que ça et ils font de l'unité de Red ball express une parabole même du racisme. Ces soldats sont méprisés par ceux qu'ils aident tout en étant véritablement exploités comme des esclaves. A chaque (dé)chargement qu'ils effectuent, ils entonnent tous d'ailleurs un négro spiritual comme on pouvait le faire un siècle plus tôt le long de chemin de fer.
Mais encore une fois, tout est abordé sans militantisme, sans jamais pointer du doigt. Le résultat n'en est que plus efficace et pertinent.

Ca donne énormément de poids à ce petit film qui par ailleurs est loin d'être exempt de tout défaut : l’interprétation est très aléatoire, les choix de réalisation de Boetticher ne permettent pas de masquer la modestie du budget (la reconstitution est vraiment fauchée) et certains clichés sont toujours présents comme la relation tendue Jeff Chandler et son subalterne que le destin va mettre dans la même situation à l'origine de leur brouille.
Mais l'originalité du sujet, l'audace et le traitement de la question racial et la réalisation dynamique de Boetticher en font un film à redécouvrir. Il repasse d'ailleurs à la cinémathèque le samedi 2 février :wink:
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 27 déc. 12, 14:29

Comme ça donne envie !!!! 8)

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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 4 janv. 13, 08:36


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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar onvaalapub » 4 janv. 13, 09:07

Jeremy Fox a écrit :malgré la déception annoncée, nous nous retrouvons néanmoins devant un film plaisant et concis dont la noblesse du propos fait un peu oublier le manque de force et de conviction

:D Très content que tu le réévalue, je l'avais trouvé très honorable à la première vision et notamment grâce à la qualité de la copie qui met parfaitement en valeur le technicolor, les costumes et les paysages. Bref, c'est loin d'être un grand film mais ça se voit avec plaisir.
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Re: Budd Boetticher (1916-2001)

Messagepar Jeremy Fox » 4 janv. 13, 10:00

onvaalapub a écrit :et notamment grâce à la qualité de la copie qui met parfaitement en valeur le technicolor, les costumes et les paysages.


:shock:
Tu l'as vu à partir de quelle copie ?