Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Jeremy Fox
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Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar Jeremy Fox » 14 janv. 11, 09:50

J'ouvre le topic pour ne pas avoir à chercher les avis disséminés ici et là :oops: Au vu des papiers lus dans la presse, j'en attend encore beaucoup malgré la déception de Profondo Rosso replacée ci-dessous.

Profondo Rosso a écrit :Arrietty de Hiromasa Yonebayashi

Franchement déçu c'est vraiment du Ghibli en pilotage automatique avec l'identité esthétique bien identifiable et la maîtrise technique irréprochable mais pour le reste c'est bien fade. Le scénario est de Miyazaki donc on repère tout les thèmes et aspect qui auraient pu rendre le spectacle autrement plus réussi s'il s'en était occupé lui même. Jeune héroïne forte et courageuse en quête d'émancipation et de maturité, relation d'amour/amitié entre deux personnages issus de peuples différents qui s'ignorent et se méfient les uns des autres comme dans "Princesse Mononoké" réflexion écologique sur la survie et disparition des espèces... Le problème c'est que Hiromasa Yonebayashi ne témoigne d'absolument aucune personnalité et se contente de singer le maître. La trame est assez intimiste et dépouillé et alors qu'un Miyazaki se régale dans cas là en brodant toute une féérie et poésie autour et en amplifiant thèmes et empathie pour les personnages, là c'est vraiment très léger surtout en ce qui concerne le héros masculin très fade
Spoiler (cliquez pour afficher)
à la fin il dit a Arriety qu'elle lui a redonné le goût de vivre seulement on ne l'a pas senti très déprimé jusque là juste mou.

Il y a tout de même des moments très réussis comme la première expédition de chapardage où on a droit à des perspective insensée lorsqu'on découvre l'immensité que représente pour les lutins l'univers des humains. Arriety est une héroïne très attachante mais son parcours n'ai vraiment pas tiré vers le haut par toutes les faiblesse du film. Adapté du même bouquin mieux vaut se revoir "Le Petit Monde des Borrowers" nettement plus débridé et entraînant. Ca pose vraiment le problème de l'après Miyazaki à Ghibli parce que là ça ne vaut même pas un "Royaume des chats" et malgré ses défauts "Les Contes de Terremer" était nettement plus intéressant, ce Arriety n'ayant ni la fantaisie du premier ni l'émotion du second. 3/6

ballantrae
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar ballantrae » 14 janv. 11, 11:44

J'irai le voir malgré tout car je l'ai promis à mon gamin de 4 ans: ce sera la deuxième séance au ciné de sa vie après la découverte (émerveillée) en décembre de Raiponce.
Il me semble important qu'il continue à comprendre l'animation comme diverse et pas seulement ricaine: il aime beaucoup totoro, ponyo,La prophétie des grenouilles tout autant que Happy feet, wall E, Le livre de la jungle ou Nemo.

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Jeremy Fox
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar Jeremy Fox » 14 janv. 11, 11:48

Oui moi aussi ; j'irais vendredi prochain avec mes filles qui ont grandi avec Disney, Kon, Laloux et Miyazaki. Jusqu'à présent, le seul Ghibli auquel je n'ai pas trop accroché a été le Royaume des chats même si c'était loin d'être mauvais.

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Jericho
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar Jericho » 14 janv. 11, 11:56

Le Royaume des chats je l'avais trouvé bien mauvais...
Et les Contes de Terremer très moyen.

Donc les Ghibli hors Isao Takahata et Hayao Miyazaki, ça me fait légèrement peur.

Mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas d'appréhension particulière pour Arrietty, si c'est sympa sans plus, ce sera déjà pas mal.
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar bruce randylan » 14 janv. 11, 16:10

Pour ma part j'ai adoré.
Je trouve au contraire que c'est le Ghibli le plus cohérent et réussi depuis longtemps (Ponyo possède des moments sublimes mais son scénario part dans tous les sens avec une fin baclée). Après c'est bien sûr plus "modeste" que les autres productions du studio.

J'en avais fait une critique sur 1kult après sa découverte au avant-première au forum des images
http://www.1kult.com/2010/12/03/arrietty-hiromasa-yonebayashi/
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar Alcade » 14 janv. 11, 18:15

J'ai trouvé ça très bien. Il est évident que l'ambition de certains Miyazaki n'est plus là, mais il signe le scénario, et l'histoire reste très simple. Ce n'est pas pour me déplaire, vu que je n'avais rien compris au dieu-cerf de Mononoké, ou encore au magicien-oiseau du Château Ambulant.

Le reste, c'est du Ghibli. :D
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar Best » 15 janv. 11, 14:08

Arrietty le petit monde des chapardeurs (Hiromasa Yonebayashi)

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Sous influence, certes, mais tellement beau, attachant et intime que le plaisir est immense et la réussite à hauteur de mes espérances. On n'atteint pas le génie d'autres œuvres du studios, mais peu importe. Il n'y a pas d'obligation d'égaler ses prédécesseurs pour avoir sa place dans les cœurs :D

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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar Jericho » 17 janv. 11, 19:49

Ce n'est probablement pas ce que le studio Ghibli nous a offert de mieux, néanmoins Arrietty est un animé agréable à suivre et joli à voir. En raison du passif du studio, je ne sais pas si je peux dire que j'ai été émerveillé par l'aspect visuel (et sonore) du film, mais il y a des détails assez hallucinants. Les décors sont de véritables peintures, c'est superbe.
Le hic viendrait plutôt de l'histoire, qui n'est pas mauvaise en soit, ça ressemble clairement à du Miyazaki. Mais ça m'a semblé un peu léger pour garder un rythme parfait sur 1h30.
Et même si la relation entre Arrietty et Shô tarde à se montrer, je l'ai trouvé assez touchante en fin de compte.
Bref, à défaut de nous faire partager un grand moment avec son oeuvre, Hiromasa Yonebayashi, fait le boulot correctement. J'en attendais pas mieux.
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar nobody smith » 22 janv. 11, 10:47

Sans être aussi inquiet que Profondo Rosso, la vision de ce Arrietty m’a bien fait comprendre que le studio Ghibli ne sera définitivement plus le même lorsque Miyazaki aura disparu. Bon le film est loin très mauvais mais l’excellence des œuvres du studio est nivellé vers le bas de manière spectaculaire. Bien que signé par Miyazaki himself, le script m’a incroyablement étonné par une teneur bancal allant même jusqu’à se vautrer dans des défauts que je ne lui soupçonnais pas (la ménagère vieille et moche est méchante... ben parce qu’elle est méchante et qu’il fallait meubler l’intrigue ). Le pire est surement atteint avec la discussion entre les deux personnages principaux sur l’extinction des espèces. Ça m’a fait le même effet que sur avatar où dans une scène, le héros vocifère contre les manigances des puissants sur les faibles dans un esprit très pilier de comptoir. L’instant d’une scène, leurs auteurs passent pour les écolo neuneu que voient certains critiques pas très réveillés. C’était très embarassant. Ça me fait noircir le tableau d’une œuvre qui reste agréable. Il y a eu divertissement moins recommandable que cette œuvre drôle et touchante où le réalisateur exploite habilement la différence d’échelle entre les personnages. Mais le film est plus efficace que poétique, cherchant à aller droit au but plutôt que de véritablement réussir à construire une ambiance particulière. Il n’y a qu’à voir l’introduction servant de transition entre un milieu urbain et la maison de campagne où se situera le reste du film. Avec un Miyazaki à la réal, ça aurait surement donné une belle et mélancolique séquence façon voyage de Chihiro. Ici c’est du pur fonctionnel avec juste un plan appuyé sur un portail pour bien faire comprendre qu’on entre dans un autre univers. Bon allez j’arrête de me torturer et je le reverrais tranquillement sans attente pour pouvoir apprécier ce sympathique moment pour ce qu’il est.
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar riqueuniee » 22 janv. 11, 10:58

A noter (en ce qui concerne l'histoire) qu'il ne s"agit pas d'un scenario original,mais de l'adaptation d'un roman anglo-saxons,qui avait déjà donné lieu à un film "live" : le Petit monde des Borrowers (Peter Hewitt,1998),avec -entre autres- John Goodman.

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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar ballantrae » 23 janv. 11, 09:40

Je dois avouer mon plaisir face à ce nouvel opus des studios Ghibli même si nous ne sommes pas dans la surprise constante des Miyazaki et son inventivité bluffante: on ne peut enlever au film son sens visuel (les différences d'échelles pour la première sortie ou lors des ascensions du mur)et sa sensibilité discrète (qu'il s'agisse des rapports entre chapardeurs-espèce en voie d'extinction?- ou du héros cardiaque).
On ne peut en faire une oeuvre médiocre décemment même si ce n'est pas un opus majeur qui ouvre des voies comme les (je dis "les"pour aller vite car il y bien sûr des réussites majeures à distinguer) Miyazaki, les Takahata, les Satoshi Kon, les Oshii ou les Otomo ou le cas isolé -à ma connaissance (je ne suis pas un spécialiste!)de Jin roh .
Et mon petit bonhomme a été enthousiaste donc cela influe forcément sur mon regard...

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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar 2501 » 23 janv. 11, 21:04

Un film du studio Ghibli, quel qu’il soit, est toujours un événement. Mais il faut l’avouer, quand il n’est pas l’œuvre d’un des deux fondateurs du studio, on y va toujours un peu à reculons. Et à raison, car depuis des années le besoin d’une relève est l’inquiétude principale d’un studio qui domine désormais une animation japonaise un peu moribonde. Autant abréger le faux suspense tout de suite, ce n’est pas ce premier film de Hiromasa Yonebayashi qui va couper court au dilemme. Pourtant Arrietty, le petit monde des chapardeurs n’est pas un spectacle déshonorant. Bien au contraire c’est une belle petite bulle bucolique supérieure aux rares faux-pas du studio comme Terremer ou Le Royaume des chats. Tout simplement trop assujetti à l’imaginaire de Miyazaki, jusqu’aux références visuelles du maître, le film ne décollera jamais vraiment tout en gardant tout juste assez de poésie et de savoir-faire pour faire tout de même passer un bon moment.

Difficile de succéder à deux génies de l’animation mondiale. Comme si le studio était condamné à court terme par l’excellence de ses pères. Car hors Miyazaki, le seul véritable auteur de Ghibli (c’est-à-dire qui a un univers personnel, et un point de vue) c’est son compère Isao Takahata, lui aussi vieillissant. Malgré tout, la situation ne serait pas inéluctable si la quête de talents sortait du giron nourricier... Que ce soit avec un fils, Goro Miyazaki, pour lequel la pression et l’influence paternelles ne pourront jamais lui laisser la voie libre pour s’exprimer, ou avec des émérites techniciens du studio, excellents artisans mais trop corporate pour s’imposer avec un premier film en interne, la recherche est vaine car tuée dans l’œuf. Hormis peut-être avec le talent d’un Yoshifumi Kondo (Si tu tends l’oreille, 1995), disparu trop tôt, jamais Ghibli n’a eu une lueur d’espoir quant à un possible renouvellement. Il leur faudra bien un jour sauter le pas de la confiance, céder sur un protectionnisme un peu trop présent, pour laisser une véritable personnalité venir chambouler cette belle institution, pour son bien, pour sa survie tout simplement.

Dans ce cadre restrictif Arrietty s’inscrit cependant comme une heureuse parenthèse. Pas de celles qui laissent perplexe et un poil amer à la sortie, comme avec l’étrange et complètement inabouti Terremer. Non, ici le programme est rempli, l’éventuelle déception pouvant se situer dans le potentiel inexploité d’une histoire que l’on connaît tous. Il ne faut en effet pas s’attendre à l’inventivité, à l’humour et à la vivacité d’une série comme les Minipouss, qui a en commun la même œuvre matrice, The Borrowers de Mary Norton. Sur cette confrontation entre deux mondes, sur l’infiniment petit utilisant, imitant, évitant, l’infiniment grand, le spectacle, la narration, le récit d’Arrietty resteront minimaux. De la simplicité apparente de Ponyo émanait une maîtrise, une évidence, une grâce, résultant d’années d’expérience pour construire en un plan un regard un raccord une couleur (etc...) des moments de magie que d’autres s’escriment à obtenir en brassant de l’air. Le minimalisme d’Arrietty témoigne, lui, plus d’une fois, d’un manque. Si l’histoire, classique, est assez bien menée, elle est plus d’une fois mise à mal par une mise en scène molle qui à plusieurs reprises passe à deux doigts de provoquer l’ennui au lieu du suspense escompté.

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un premier film, par un réalisateur ancien technicien qui a hérité d’un scénario du maître. On peut lui pardonner quelques errements, et avec un peu d’indulgence, le charme opère franchement, certes par intermittence, lorsqu’on est débarrassés de l’incompréhensible hystérie du personnage de la mère ou de trop longues virées contemplatives pas forcément très réussies. Le rythme bancal du film, et son refus du manichéisme (avec cette servante plus bête que méchante), lui donne un ton particulier, apaisé, qui apparaîtra pour certains comme un manque d’enjeux et de dramaturgie handicapant. Les séquences entre Shô et Arrietty sont les plus réussies. Leur relation est réellement touchante, leur collaboration (notamment sur le travail du son perçu différemment selon l’échelle du personnage) est enthousiasmante, mais malheureusement trop peu développée, comme beaucoup d’autres points intéressants du film, comme le passé des deux familles à peine évoqué, ou l’existence d’un monde extérieur représenté par un jeune sauvage à la portée comique limitée.

Si certaines rares séquences, comme celle du corbeau, rappellent les grandes heures du studio, Arrietty est avant tout soutenu par une facture technique impeccable. Le cadre bucolique est magnifié par les décors, et si plus d’une fois nous sommes en admiration devant un plan, c’est davantage le résultat des travaux des « petites mains » que par leur somme, c’est-à-dire le film lui-même, sa mise en scène. On se laisse porter sans problème par cette histoire un peu simpliste aussi car elle recycle tant bien que mal les thématiques écolo-humanistes du studio, avec l’éternelle héroïne courageuse. En bref, tous ces éléments concourent, sans génie mais sans réelle fausse note, à cette sensation confortable de se retrouver à la maison avec des amis. Arrietty c’est un peu le Ghibli charentaises. Dont la seule surprise réside dans le choix d’une musique celtique composée par la française Cécile Corbel. Pas toujours bien utilisée par le novice réalisateur, elle transcende souvent ce spectacle un peu trop timoré. La chanson est un somptueux tire larmes mélancolique. Comme quoi on peut se passer d’un pilier comme Joe Hisaishi. Espérons pour l’avenir du Ghibli que nous aimons tant que cette même audace s’orientera vers le choix de cinéastes aussi talentueux et affirmés que cette jeune musicienne.

7,5/10
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monk
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Re: Arrietty (Hiromasa Yonebayashi - 2010)

Messagepar monk » 2 déc. 11, 21:48

Enfin vu, vaguement à reculons car je fais parti des déçus des dernières productions du studio. Mais là, le charme a totalement opéré ! Fasciné par cette animation incroyable et par la présence physique de la Nature, et cette longue sortie silencieuse, très odacieuse dans le paysage de l'animation d'aujourd'hui. J'aime beaucoup ces personnages humains, avec leurs bons et mauvais cotés. Je n'ai par contre pas du tout adhéré à la musique, bien trop légère lors du dernier tiers pourtant bien tendu. Finalement, pour moi, le seul point faible, c'est la musique.
Mais c'est un film gagnant. Je garde !