Notez les films juillet 2011

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Nestor Almendros
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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Nestor Almendros » 15 juil. 11, 12:24

J'AI RENCONTRE LE DIABLE de Kim Jee-woon

La critique française s'emballe, ce n'est pas trop mon cas. Ce nouvel opus de Kim Jee-woon confirme que son cinéma ne me touche guère malgré une maîtrise technique sufisante et un style potentiellement intéressant. En fait I SAW THE DEVILpropose du bon et du moins bon, développe des pistes prometteuses mais s'égare en cours de route, s'engouffre dans une certaine exagération ou démesure avec un sentiment de complaisance avec l'horreur qui finit par décrédibiliser les qualités et les tentatives d'originalité.
Le film trop long, suit la droite lignée des histoires de serial killer sans apporter sa propre pierre à l'édifice. Il prend le contrepoint de la suggestion (dans SEVEN par exemple la seule vision du résultat impressionnait durablement) en adoptant la mode de notre époque, celle où tout est montré (cf. la série SAW). Si J'AI RENCONTRE LE DIABLE ne va peut-être pas aussi loin dans l'horreur, certains moments de torture et de violence, franchements gores, paraissent déplacés si l'on recherche l'effet psychologique plutôt que le dégoût immédiat.
Visiblement un certain public appréciait: plus qu'une réaction réflexe devant le supplice, certains riaient à pleine dent devant la scène du talon, quand d'autres jouaient à Tetris sur leur iphone (véridique). Je me demandais alors si je faisais bien partie de la bonne cible...

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar monk » 15 juil. 11, 14:36

C'est l'impression que m'a laissé la bande annonce (internationale, au moment de la sortie du DVD coréen): un film très violent mais de premier abord totalement gratuit et convenu. Une sorte de film violent pour la violence, sans apporter quoi que ce soit au film de vengeance.
Après je n'ai pas vu le film, mais les premiers avis me confortent dans c ette impression. Pourtant j'ai toujours bien aimé ce que ce KIM a fait dans le passé, y compris A Bittersweet Life, pourtant déjà pas très original, mais au moins pas racolleur ni trop complaisant avec sa violence.

J'irais plutôt voir The Murderer (nom français pour The Yellow Sea !) de Hong-jin Na dont son The Chaser avait fait forte impression.

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Rockatansky » 15 juil. 11, 18:01

J'avais peur de voir un film trop violent, mais c'est loin d'être le cas, à part un moment que j'ai trouvé un peu superflu le film se tient, ça se tient mieux en tout cas que The Chaser qui avait ses moment gratinés lui aussi
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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Nestor Almendros » 15 juil. 11, 22:33

monk a écrit :J'irais plutôt voir The Murderer (nom français pour The Yellow Sea !) de Hong-jin Na dont son The Chaser avait fait forte impression.

Ah il me tarde de le voir celui-là, j'espère que je ne le louperai pas en salle.

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Colqhoun » 15 juil. 11, 22:40

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar monk » 16 juil. 11, 09:38

Rockatansky a écrit :J'avais peur de voir un film trop violent, mais c'est loin d'être le cas, à part un moment que j'ai trouvé un peu superflu le film se tient, ça se tient mieux en tout cas que The Chaser qui avait ses moment gratinés lui aussi


The Chaser était gratiné comme beaucoup de polars coréens acctuels, qui ne lésient pas sur les effets. Mais le film est solide et très maitrisé.
Merci pour ton avis sur I saw the devil, si j'ai l'occasion je me laisserais peut être tenter !

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Profondo Rosso » 16 juil. 11, 14:36

I'm still here de Casey Affleck
Un bien curieux objet que voilà. On se souvient que pendant la promotion de Two Lovers, Joachin Phoenix péta un plomb en et annonça arrêter sa carrière d'acteur pour se lancer dans le rap. Suivirent plusieurs apparitions consternantes et ridicules où Phoenix tentait réellement de s'essayer à son nouveau métier avec un talent tout relatif si ce n'est inexistant. On le sait aujourd'hui, tout cela n'était qu'un canular filmé par son beau-frère Casey Affleck où Phoenix souhaitait exprimer son ras le bol sur le show business et les affres de la célébrité. Le résultat final est aussi consternant que fascinant dans le spectacle de cette star égocentrique baignée dans ses illusion par un entourage de flatteur. Difficile de distinguer le vrai du faux mais le tout va assez loin dans les débordements bien gonzo et trash (une entrevue avec des call girls, des kilos de coke engloutis et une scène scato gratinée) et l'image du Joachin Phoenix tout en douleur intériorisée en prend un coup. Finalement ça en dit plus sur le grand public prêt à singer et ridiculiser le nouveau freaks médiatique du moment, voir cette scène lourde de sens où lors d'un concert lamentable les spectateurs hilares mitraille le pauvre Phoenix de leur portable pour être les premier à mettre ses exactions en ligne. Maintenant fini les bêtises Joachin revient ! 3/6

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Rockatansky » 16 juil. 11, 16:12

monk a écrit :
Rockatansky a écrit :J'avais peur de voir un film trop violent, mais c'est loin d'être le cas, à part un moment que j'ai trouvé un peu superflu le film se tient, ça se tient mieux en tout cas que The Chaser qui avait ses moment gratinés lui aussi


The Chaser était gratiné comme beaucoup de polars coréens acctuels, qui ne lésient pas sur les effets. Mais le film est solide et très maitrisé.
Merci pour ton avis sur I saw the devil, si j'ai l'occasion je me laisserais peut être tenter !


Même si j'ai bien aimé, disons que l'enquête policière de The Chaser ne manque pas d'incohérence qui ont quelque peu nuit à mon plaisir
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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar nobody smith » 16 juil. 11, 17:11

LA TRAQUE d’Antoine Blossier
Encore un film de genre français à la distribution consternante (30 copies en salles et un DVD déjà disponible outre-Atlantique !). Le résultat est pourtant assez convaincant, surtout par rapport aux autres essais sortis cette année (je me suis toujours pas remis du ronflant derrière les murs). Je dirais même que la première moitié est absolument brillante. Comme trop souvent, c'est pas l’originalité qui étouffe (rien que la scène d’ouverture est une reprise de signs et la suite applique le petit cahier du fan de McTiernan) mais c’est sacrément bien rodé. L’exposition est d’une précision brillante, arrivant à concilier efficacement la description de la cellule familiale et sa critique écologique en devenir. C’est un petit bonheur à suivre pendant quarante minutes. Puis la nuit tombe et la meute passe à l’attaque. Et là ça se gâte au niveau de l’action. N’ayant pas le budget pour dévoiler ses bêtes, Blossier doit user de stratège pour construire sa mise en scène. Jusqu’à lors fort attentif à son visuel, il sort malheureusement la pire option imaginable : la shakycam dans l’obscurité. Inutile de dire qu’on comprend alors parfois plus grand chose à ce qui se passe à l’écran. C’est assez regrettable puisque beaucoup de passage prenne soin de construire le suspense par rapport aux positionnements géographiques des personnages. En soit, il reste de bonnes de choses dans cette deuxième moitié (un camouflage à la predator version gore, le piège dans le cabanon) pour maintenir le sentiment d’une série B fort fréquentable.

LE MOINE de Dominik Moll
Retour à la mise en scène pour la réalisation de Harry, un ami qui vous veut du bien. Le sujet était intriguant (un moine inflexible contre le pouvoir du mal) et le résultat m’a séduit sur bien aspects. Enfin je retiens tout particulièrement la réalisation très soignée et chargée jusqu’au trognon de symbolisme sur la tentation ou le péché. Cela tend le film à devenir une belle démonstration de fantastique malgré une conclusion qui se prend les pieds dans le tapis. Difficile en même temps d’assumer son parti pris jusqu’au bout à l’image du personnage principal (excellent Vincent Cassel, masquant sans peine la maigreur du reste du casting) qui va voir ses convictions ébranlées par une série d’événement le conduisant à une fin prévisible. C’est le piège naturel du symbolisme forcené que de nous faire comprendre rapidement à quoi s'en tenir. Celui-ci constitue la force du film mais l’emprisonne dans une impression de belle mécanique figée même si l’émotion n’y ait pas complètement absente (on partage aisément les doutes du personnage principal).
"Les contes et les rêves sont les vérités fantômes qui dureront, quand les simples faits, poussière et cendre, seront oubliés" Neil Gaiman
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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Rockatansky » 16 juil. 11, 17:54

nobody smith a écrit :
LA TRAQUE d’Antoine Blossier
Encore un film de genre français à la distribution consternante (30 copies en salles et un DVD déjà disponible outre-Atlantique !). Le résultat est pourtant assez convaincant, surtout par rapport aux autres essais sortis cette année (je me suis toujours pas remis du ronflant derrière les murs). Je dirais même que la première moitié est absolument brillante. Comme trop souvent, c'est pas l’originalité qui étouffe (rien que la scène d’ouverture est une reprise de signs et la suite applique le petit cahier du fan de McTiernan) mais c’est sacrément bien rodé. L’exposition est d’une précision brillante, arrivant à concilier efficacement la description de la cellule familiale et sa critique écologique en devenir. C’est un petit bonheur à suivre pendant quarante minutes. Puis la nuit tombe et la meute passe à l’attaque. Et là ça se gâte au niveau de l’action. N’ayant pas le budget pour dévoiler ses bêtes, Blossier doit user de stratège pour construire sa mise en scène. Jusqu’à lors fort attentif à son visuel, il sort malheureusement la pire option imaginable : la shakycam dans l’obscurité. Inutile de dire qu’on comprend alors parfois plus grand chose à ce qui se passe à l’écran. C’est assez regrettable puisque beaucoup de passage prenne soin de construire le suspense par rapport aux positionnements géographiques des personnages. En soit, il reste de bonnes de choses dans cette deuxième moitié (un camouflage à la predator version gore, le piège dans le cabanon) pour maintenir le sentiment d’une série B fort fréquentable.


Les distributeurs ne sont pas suicidaires non plus, si le film fait 200 000 entrées ça sera le bout du monde et 30 salles de plus n'y changeront rien
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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Kevin95 » 19 juil. 11, 13:43

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I'm Still Here (Casey Affleck) Image

On peut pas dire que je ne l'ai pas attendu le film d'Affleck, sitôt son annonce ma curiosité a atteint son niveau maximum. Aussi à la vu de sa sortie difficile dans nos contrés et le peu de salles le jouant (ça sent bon la sortie technique en plein mois de juillet) je me suis empressé de le voir avant sa disparition inévitable.
Quel étrange film que ce I'm Still Here, un documenteur aussi fascinant que malsain, aussi percutant que bordélique. Le long métrage d'Affleck laisse un gout amer en fin de projection, comme l'impression d'avoir participé à une blague potache qui aurait échappée à ses créateurs au point de se transformer en une thérapie d'un acteur génial tout en étant une caricature féroce du système médiatique actuel. Un film sur le fil donc, y compris dans sa construction et sa mise en scène, l'inégalité de l'ensemble est quasiment brandit comme un partis-pris par les auteurs, comme un défaut inévitable à une telle entreprise (quelques moments de pur ennuie se font sentir malgré la fascination qu'exerce Phoenix) mais qu'importe, l’intérêt réside dans la "performance artistique" et non sa narration. Cette performance artistique que d'aucun trouve inexistante, réside dans l'aura qu'exerce le comédien et dans le plaisir sadomasochiste de voir cet aura trainé dans la boue aux yeux de la masse, laquelle se délecte de voir une célébrité perdre peu à peu sa crédibilité. Si le film se contentait de filmer Phoenix faire n'importe quoi, nous n'aurions qu'un mix entre Jackass et Surprise surprise mais I'm Still Here, sans surinterpréter, va nettement plus loin. C'est bien le regard de l'autre qui ici est au cœur du film, celui d'un monde médiatique régit à des normes et qui marginalise et ridiculise quiconque ne répondrait pas à ses mêmes normes. Et au milieu de cela, Joaquin Phoenix oscille entre le doux rêveur appelant l’empathie et la star capricieuse et mégalo permettant au comédien de se foutre de lui même et de ses pairs (élément indispensable pour éviter toutes formes d'hypocrisies et un ton moralisateur). Pour le reste je ne se sais pas quoi dire, où est le vrai du faux, qui était prévenu ou encore quand Phoenix joue ou non, toutes ses questions se posent et trottent dans votre esprit longtemps après la fin du long métrage. Le résultat est le même, Puff Daddy apparait comme un connard prétentieux, Ben Stiller comme une victime revancharde, Casey Affleck comme un faux cul pas tenté et enfin Joaquin Phoenix comme un bouffon pathétique. Et il y a tout les autres, les shows TV insultant le comédien tout en terminant sur "mais on se fout de lui" (alors pourquoi tout ce battage ?), un public planqué derrière un mobile trop heureux de voir une célébrité se tirer une balle ou encore ses différentes mosaïques représentant les différentes parodies internet qui se multiplient pour finalement s'annuler (tout cela n'est qu'un flot de bruit selon la mise en scène d'Affleck). Tout est à l'image de cet illustre inconnu qui face webcam, juge et moralise le comportement de Phoenix en toute impunité. Certes I'm Still Here ne dévoile rien, mais cette vue de l’emballement général suite au canular de Phoenix montre de manière claire et efficace dans quel aveuglement se trouve le système médiatique occidental (car la même chose aurait pu de dérouler dans notre beau pays).
Quand à l'acteur Phoenix, il est évident que ce désir de (faux) suicide médiatique partait d'un vrai malaise personnel, d'un sentiment de déprime perceptible dans son "jeux" jusqu'au-boutiste un peu comme lorsque Gainsbourg devient Gainsbarre et alimente le monstre medium, se joue de lui comme en devient sa victime. Ces deux artistes (le lien m'est apparut comme évident à l'issu de la projection) traduisent une réelle tristesse par une schizophrénie feinte, par un Mister Hyde qui très vite va être accaparé par une audience en quête d'hors norme pour mieux se rassurer et consolider sa "norme" (voir analyse par exemple du fait divers par Roland Barthes). Impossible de ne pas se faire une introspection personnel après un tel film.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Colqhoun » 20 juil. 11, 16:24

The Incredible Hulk | Louis Leterrier
Sympa.
J'aime beaucoup toute la partie en amérique du sud.
Après ça devient beaucoup trop conventionnel.
Mais les scènes d'actions sont efficaces, notamment la poursuite à pieds dans les favelas et la baston dans les rues.
Je préfère quand même la version de Ang Lee.
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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar monk » 21 juil. 11, 14:56

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The Murderer de Na Hong-Jin

Gu-nam est un "Joseonjok", chinois d'origine coréenne vivant dans la préfeture autonome Coréenne de Yanbian. Il s'est endetté auprès des mauvaises personnes pour payer un visa à sa femme pour qu'elle puisse vivre en Corée avant de la rejoindre. Nerveux et passablement violent, un parrain local lui propose de lui payer ses dettes en échange de quoi il doit aller tuer un inconnu à Séoul.

Film noir très coréen dans son approche désespérée de la condition humaine et des rapports de force, Na réussit quand même à faire un film entier, complet et passionant. Le thème et le genre imposent certains passages obligés mais Na s'en sort à merveille en proposant de très belles scènes (l'observation de la victime, l'entrainement) ou en imposant une dynamique toute particulière aux scènes d'action qui semblent peu lisible dans un premier temps mais qui rendent en fait très bien la confusion de ce genre d'événements pour un personnage non professionel (l'assassinat, la poursuite avec la police qui s'en suit, la poursuite avec d'autres ennemis, à pied sur le port plus tard). La violence va crescendo, mais toujours à la coréenne: sèche, brutale, frontale. Na évite l'abus grace à quelques élipses bienvenues, au regard des bains de sang de la fin (très old school, les combats ne se font qu'à l'arme blanche ! C'est moins bruyant, mais beaucoup plus salissant...).
L'intrigue surprant par son ampleur, en découvrant au fur et à mesure les dégats que l'assassinat provoque dans les mileux mafieux coréens. L'histoire ne s'arrête effectivement pas à l'assassin et à sa victime.
Enfin, Na parle d'une population ignorée dans le cinéma coréen: ces enfants de Coréens émmigrés en Chine depuis l'invasion Japonaise, aujourd'hui visiblement mal traités dans un pays qui n'est plus vraiment leur pays d'origine. Ce qui ma fait dire à quel point le titre français (en anglais !) est inadapté au film: Gu-nam n'est pas un Assassin, mais d'abord un taxi qui doit le devenir parce qu'il n'est pas facile pour un Joseonjok de rentrer dans sa "patrie". Le titre originale (et international) est "La Mer Jaune", la mer comprise entre la Corée et la Chine, qui sépare donc des population pourtant d'une même origine, qu'il faut traverser clandestinement. Le film parle aussi de ça, et donne une vraie dimension sociale au film.
Et comme souvent: excellente peformance des acteurs, photo léchée, mise en scène maitrisée.

Bien sur le film a aussi ses limites. Le scénario aux multiples ramifications donne de l'ampleur au film mais porte parfois à la confusion. Tout celà n'était peut être pas nécessaire, d'autant qu'il amène le film à 2H20 (qui quand même passent très bien). La violence est toutà fait suportable, mais il faut avouer que les bains de sang s'enchainent de manière frénétique dans la seconde partie du film et on a droit à toutes les combinaisons possibles. Et un dernier plan sans doute un peu inutil.

Mais au delà de ça, voilà un excellent film qui mérite d'être vu (et même REvu, acr si j'en avais l'occasion, j'y retournerais bien ! Hélas les éditions coréennes ne proposent étonnement pas de sous titres anglais. Mais c'est au moins une vente d'assurée pour Wild Side)

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar frédéric » 21 juil. 11, 15:54

Mr Popper et ses pingouins

C'est relativement sympathique, Jim Carrey est drôle sans en faire des tonnes, mais les vraies vedettes ce sont des pingouins vraiment bien fichus, drôles et attachants (je pense qu'il y en a de vrais et des numériques). L'histoire est cependant très américaine, famille divorcée etc., période fêtes, mais l'ensemble demeure plutôt une bonne surprise.
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Blogs Perso, Cinéma de Minuit : http://cineminuit.fr.over-blog.com/

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Re: Notez les films juillet 2011

Messagepar Profondo Rosso » 23 juil. 11, 03:39

Dead Man's Shoes de Shane Meadows (2004)

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Richard revient à Midlands, un petit village, son village natal, à la fin de son service militaire. Il n'a plus qu'une chose à l'esprit : prendre une revanche. Il veut rendre la monnaie de sa pièce aux brutes locales qui ont maltraité son frère.

Les quelques films diffusés de Shane Meadows diffusés en France comme l'excellent This is England (l'escalade criminelle d'une petite frappe skinhead paumée) le désignait comme un digne successeur des grands réalisateurs sociaux anglais comme Ken Loach ou Mike Leigh. Pourtant sous cette facette engagée on pouvait entrevoir chez lui un certain attrait pour le cinéma de genre, ce que confirme ce Dead Man Shoes film de vengeance des plus déroutant.

Le postulat est simple. Richard (Paddy Considine), militaire désaffecté revient dans son village natal en compagnie de son jeu frère attardé qui durant son absence a subit les maltraitances multiples des malfrats locaux. On croit voir venir la suite vengeresse implacable mais le scénario tout en suivant cette ligne attendue désamorce constamment toute la teneur potentiellement "exaltante" de la chose. Si les adversaires s'avèrent être des ordures répugnantes et indéfendables (ce que souligne les éprrouvants flashback où on voit les mauvais traitements subits par le frère du héros) ce sont aussi des minables dont ont devine rapidement qu'il ne feront pas le poids face à un Richard adepte des méthodes guérilla brisant psychologiquement l'ennemi. Paddy Considine tout en rage contenue et le regard dément de celui qui n'a plus rien à perdre est absolument terrifiant. En deux lignes de dialogues lourde de menace son invulnérabilité ne fait plus aucun doute et ses cibles perde de leur assurance pour ne plus être que des poids apeurées. Meadows évite tout emphase aux exactions de son héros, l'atmosphère rurale est absolument glaciale, les éclairs de violence fulgurants et cliniques. Richard a dépassé les monstres qu'il a voulu éliminer et n'a plus rien d'humain.

L'émotion qu'on attendait plus finit par surgir de manière bouleversante quand survient une saisissante révélation qui fait lorgner le film vers le fantastique et c'est carrément au Eastwood de L'Homme des Hautes Plaines qu'on pense. Meadows partage ce même goût du mystère et du non dit et la direction inattendue qu'il choisit ne nous apparaît que sur la toute fin. Plus qu'aux agresseurs de son frère, c'est sans doute à lui-même que Richard en veut le plus d'être parti de l'avoir laissé à leur merci, comme le souligne un final implacable et parfaitement logique. Une sacrée claque que voilà et qui hante longtemps. 5,5/6