Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Demi-Lune
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Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Demi-Lune » 15 nov. 10, 12:31

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SPOILERS. En 1975, Dario Argento est un cinéaste de genre reconnu. Ce jeune critique cinéma, co-auteur du scénario d'Il était une fois dans l'Ouest (1968) de Sergio Leone, est devenu en 1969, avec son premier essai cinématographique L'Oiseau au plumage de cristal, le maître d'un sous-genre transalpin qu'il a très nettement contribué à rendre populaire : le giallo. Le grand succès de L'Oiseau au plumage de cristal pose les bases de cette mouvance, à la croisée entre le film policier, le film à suspense, le film horrifique, avec une forte dimension érotique sous-jacente. S'il n'est pas l'inventeur à proprement parler du giallo (les encyclopédies s'accordent à attribuer la paternité des principales fondations du style à l'Italien Mario Bava, avec des films tels que La Fille qui en savait trop en 1963 ou Six Femmes pour l'assassin en 1964), Argento construit avec son premier film un univers déliquescent, violent et inquiétant, formellement très soigné et emporté par une maestria technique épatante, qui deviendra sa marque de fabrique. Hitchcock, pour ses séquences de suspense insoutenables, son art du découpage, ses twists tordus, et Leone, pour sa dilatation du temps, son art du tempo, du cadrage ample, constituent les deux influences majeures du cinéaste, qui avec Le Chat à neuf queues (1971) et Quatre mouches de velours gris (1972), affine son style, plus fluide, plus osé techniquement. Les audaces visuelles et les idées scénaristiques réjouissantes côtoient chez Argento un goût assez morbide pour le fétichisme, les femmes soumises au couteau phallique de meurtriers mystérieux gantés, les mises à mort violentes et esthétisées, et les coups de théâtre malins qui s'affranchissent de plus en plus de vraisemblance. Ce style très identifiable pourrait être comparé à un prolongement radical de ce que Hitchcock avait en germes dans Psychose (1960) : un meurtrier en proie à un traumatisme schizophrène, des meurtres brutaux qui, par la force de la mise en scène et du montage, deviennent des moments impressionnants, un suspense très entraînant quant à l'identité de l'assassin. Surtout, comme chez Hitchcock, on retrouve cette dualité entre la fascination pour la gent féminine, et cet espèce de plaisir sadique à malmener ses héroïnes, à les faire souffrir, jusque dans l'acte de mise à mort qui a une telle importance dans l'œuvre d'Argento (et une graduation de plus en plus brutale au fil des films) qu'on peut effectivement trouver cette obsession malsaine. Il faut reconnaître que la très forte personnalité qui irrigue les films de Dario Argento peut décontenancer, tant son esthétisation de la mort, son sadisme, sont récurrents et caractéristiques. Mais là encore, on peut voir ici un prolongement radical de Psychose : c'est en effet, à ma connaissance, le seul vrai exemple - si l'on excepte Frenzy dans lequel je ne ressens aucune tentative d'Hitchcock de glamouriser ses personnages féminins - d'un passage à l'acte d'Hitchcock, qui sacrifiait sournoisement (peut-on être vulnérable que dans une douche ?), en une scène enseignée maintenant dans toutes les écoles tant elle constitue un sommet de Cinéma, sa blonde obsessionnelle. Mais les premiers films d'Argento sont, progressivement, autant de prises de distance avec l'ombre hitchcockienne. Avec Quatre mouches de velours gris, Argento estime en avoir fini avec le giallo et se tourne vers un projet de comédie historique, Cinq jours à Milan, dont le bide l'oblige à revenir au genre qui lui a apporté la renommée. Il livrera par là ce qui est à mes yeux son chef-d'oeuvre : Les Frissons de l'angoisse.

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Les Frissons de l'angoisse (Profondo Rosso) est écartelé entre rupture et continuité. En effet, il y a continuité car on retrouve toutes les figures du giallo qu'on trouvait déjà dans les films précédents d'Argento, que le cinéaste compile ici magistralement. Argento se répète et se surpasse. Ses motifs favoris (l'assassin au chapeau, manteau de cuir et gants, l'étranger témoin d'un meurtre dont il a vu inconsciemment un indice déterminant dont il ne parvient pas à se souvenir, l'inventivité macabre des meurtres, etc.) sont tous là, mais sont subtilement compressés dans un scénario policier très bien construit, voguant de rebondissements en rebondissements au fil d'un rythme soutenu et palpitant, loin des petites faiblesses d'un Chat à neuf queues, dont le whodunnit était peu intéressant. C'est à L'Oiseau au plumage de cristal que l'on pense surtout, mais Argento va plus loin que le simple exercice de best-of virtuose. En effet, Les Frissons de l'angoisse marque une rupture assez nette dans sa progression cinématographique, rupture qui deviendra une véritable fracture avec son film suivant, le sauvage Suspiria et son Technicolor pétaradant. Comme las du genre (qui a donné pléthore de films depuis L'Oiseau au plumage de cristal), Argento le pousse dans ses retranchements. La dimension fantastique distillée est plus prégnante, par touches discrètes et inquiétantes. Le film suit un déroulement policier, mais on sent déjà le goût de plus en plus prononcé du cinéaste pour le décalage, l'intrusion de l'étrange, du "grotesque". Un automate d'enfant effrayant, une villa abandonnée et fantomatique, un assassin omniscient, sont autant de touches fantastiques de ce giallo hors normes. Le fantastique est d'ailleurs au point de départ de l'intrigue, avec cette prémonition de la parapsychologue Ullmann. Mais la rupture passe également l'affinement du style Argento. Jusqu'ici associé au mythique Ennio Morricone (nous renvoyant à l'influence de Sergio Leone), le cinéaste, déjà désireux de passer à quelque chose de différent pour Quatre mouches de velours gris, fait cette fois appel à un jeune groupe de rock promis à une belle réputation parmi les fans du genre : Goblin. Alors que les partitions de Morricone étaient mêlées de douceur et expérimentations sonores (voix de femmes lascives, percussions stressantes...), les Goblins achèvent, en quelque sorte, de créer le cinéaste : mélodies plus contemporaines, plus "pop" et répétitives, atmosphères musicales effrayantes en totale alchimie avec le tempo et la photographie ténébreuse. Un travail sonore qui annonce par moments celui, ovniesque, de Suspiria. Symboliquement, cette volonté de rupture s'exprime dès le générique d'ouverture, qui s'interrompt brutalement pour nous montrer un meurtre hors champ qui sera évidemment la clé du film, avant que les cartons de générique reprennent, pour s'interrompre à nouveau de manière abrupte. Jean-Baptiste Thoret note également, dans le livret d'analyse qui accompagne le dvd, ce qui peut potentiellement constituer une autre rupture symbolique, vis-à-vis d'Hitchcock : lorsque Amanda Righetti se fait agresser chez elle, dans le noir, Thoret remarque que la menace ne vient pas de l'oiseau (= Hitchcock ?) comme le personnage le croit instinctivement, mais bien derrière elle, la silhouette caractéristique du tueur façonnée par Argento. Cependant, cette volonté de distanciation, même si elle existe, s'accompagne dans le même temps d'une digestion visible des acquis hitchcockiens, que cela soit dans la gestion du suspense, le montage : cf. Hemmings jouant au piano chez lui.

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Si ses scènes de meurtres sont violentes, et dénotent une imagination macabre malaisante, Les Frissons de l'angoisse est peut-être, avec L'Oiseau au plumage de cristal, le film de Dario Argento qui est le plus susceptible de plaire à ceux qui n'aiment pas le cinéma de Dario Argento. Nous sommes ici, en effet, encore relativement loin des outrances qui caractériseront les œuvres futures, que cela soit des outrances picturales (Suspiria, Inferno) ou sanguinolantes (Ténèbres, Phenomena). Non, ici, nous sommes dans ce qu'on pourrait nommer la tradition hitchcockienne, avec une construction policière très attrayante, une intrigue à tiroir qui promène brillamment le spectateur de suspects en indices. Pas de délire esthétique à proprement parler : la photographie privilégie au contraire une certaine sobriété blanchâtre (annonçant presque le visuel de Ténèbres), même si certaines séquences (l'exploration de la villa abandonnée, par exemple), sont presque des hommages à l'horreur gothique. En revanche, la mise en scène ne se refuse aucune folie. Nanti d'une histoire particulièrement habile et macabre, le réalisateur italien déploie toute son époustouflante maestria technique dans un maelström ininterrompu de cadrages alambiqués, de découpages audacieux, et de séquences mémorables. C'est à mon avis la meilleure réalisation d'Argento, avec celle d'Opéra (1987) : très inventive et audacieuse, mais aussi fluide, travaillée. Des films comme Inferno ou Ténèbres possèdent des scènes fabuleusement filmées, mais sont affaiblis, à mon sens, par un manque de rigueur ponctuelle. D'aucuns trouveront d'ailleurs que cela trahit le manque d'implication du cinéaste au-delà de ces scènes-pivot, entre lesquelles on peu trouver le temps un peu long (je pense notamment à Inferno ou Ténèbres). Dans Profondo Rosso, l'inspiration du cinéaste est continue. Je pense d'ailleurs que c'est avec ce film qu'a pu naître la comparaison (et rivalité) avec Brian De Palma : on retrouve effectivement cette exubérance technique commune, ce soin apporté au Scope. En ce qui me concerne, la comparaison s'arrêtera là ; De Palma est un cinéaste bien plus cérébral et profond qu'Argento, qui a de bonnes idées, un talent certain mais ne parvient pas toujours à gérer cela correctement. En l'occurrence, en résulte ici un film survolté, soigné, fou et palpitant, mais également terriblement angoissant (les séquences de suspense lorsque l'assassin pénètre dans la demeure de ses victimes sont toutes prodigieuses et éreintantes pour le spectateur) car Argento parvient à installer continuellement une atmosphère de danger permanent, même dans des lieux apparemment inoffensifs, comme la bibliothèque. Enquête policière, Les Frissons de l'angoisse a également une dimension réflexive, illustrée symboliquement par la figure centrale et déterminante du miroir, et notamment avec la participation de David Hemmings, échappé du Blow Up d'Antonioni, qui se retrouve, là encore, à devoir interpréter des images (dessins, photo, souvenirs) foncièrement trompeuses. Comme son personnage, on se fait piéger par la mise en scène : comme dirait Sherlock Holmes, nous avons vu, mais nous n'avons pas observé. Cet artifice s'inscrit dans la droite lignée de celui de L'Oiseau au plumage de cristal et devient plus frontal, car Argento montre clairement (même si subrepticement) le visage de l'assassin, là où les cadrages et le montage de L'Oiseau au plumage de cristal empêchaient la découverte du fin mot lors de la scène elle-même. Là encore, éventuellement distanciation avec Hitchcock : dans Sueurs Froides, par exemple, la mise en scène est telle que les coulisses de la duperie restent hors-champ. Ici, Argento court le risque que le spectateur regarde dans la bonne direction lors du plan du miroir et sache tout de suite qui est l'assassin, mais donne également toutes les clés en main au spectateur, qui se retrouve exactement dans la même position frustrée que le personnage : j'ai eu l'impression de voir quelque chose d'important, mais je n'en suis pas sûr. Je serais d'ailleurs presque tenté de voir dans cette tricherie, qui n'en est pas vraiment une, une réflexion sur le Cinéma lui-même, art de l'artifice visuel. Les interprètes s'acquittent honorablement de leur tâche même s'ils ne sont pas particulièrement excellents, quoique je trouve l'espèce de nonchalance à toute épreuve de Hemmings, sorte de Droopy pré-Bill Murray, assez savoureuse. Seuls, au final, la réalisation de malade et le scénario impriment durablement la mémoire.

Le triomphe - mérité - de ce chef-d'oeuvre de suspense (le film le plus théorique de son auteur, un film à gratter, à l'image de ce dessin important dissimulé derrière le revêtement en plâtre) amènera Argento vers d'autres chemins, plus tourmentés encore, et plus colorés.
Dernière édition par Demi-Lune le 15 nov. 10, 12:59, édité 2 fois.

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Major Tom
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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Major Tom » 15 nov. 10, 12:57

Bel article, encore une fois. Bravo encore pour tes participations fort intéressantes! ;) Je ne réponds pas toujours, mais je les lis toutes.

Je porte de moins en moins ce film aux nues, mais il est clairement pour moi le meilleur d'Argento. Je l'ai d'ailleurs plus souvent vu (et dans sa version longue) que les autres. Les nombreuses références, de Blow-up au Nighthawks d'Hopper, de Hitchcock à Tintin même (peut-être involontairement, paraît-il), y contribuent. C'est clairement un des films les plus inspirés qu'il ait fait.
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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Demi-Lune » 15 nov. 10, 13:02

Major Tom a écrit :Bel article, encore une fois. Bravo encore pour tes participations fort intéressantes! ;) Je ne réponds pas toujours, mais je les lis toutes.

Merci ! :D :oops:
Major Tom a écrit :Je porte de moins en moins ce film aux nues, mais il est clairement pour moi le meilleur d'Argento. Je l'ai d'ailleurs plus souvent vu (et dans sa version longue) que les autres. Les nombreuses références, de Blow-up au Nighthawks d'Hopper, de Hitchcock à Tintin même (peut-être involontairement, paraît-il), y contribuent. C'est clairement un des films les plus inspirés qu'il ait fait.

Personnellement, je ne regarde que la version cinéma, plus courte et mieux rythmée, je trouve, même si on perd quelques scènes amusantes entre Hemmings et Daria Nicolodi. Pour moi aussi, c'est le travail le plus inspiré du réalisateur. Ce qui suit est plus casse-gueule... perso, j'aime aussi. Mais pas toi. :mrgreen:

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Akrocine » 15 nov. 10, 19:58

Demi-Lune a écrit :avec son premier essai cinématographique L'Oiseau au plumage de cristal


Il me semble que son 1er film est "Quatre mouche de velours gris" le seul qu'aucun éditeur n'a réédité dans une copie remastérisée :cry:

Je lirais ton article plus tard j'ai hâte!
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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Demi-Lune » 15 nov. 10, 20:32

Akrocine a écrit :
Demi-Lune a écrit :avec son premier essai cinématographique L'Oiseau au plumage de cristal


Il me semble que son 1er film est "Quatre mouche de velours gris" le seul qu'aucun éditeur n'a réédité dans une copie remastérisée :cry:

:?:
Son premier film, c'est L'Oiseau au plumage de cristal, en 1969. S'ensuivent Le Chat à neuf queues et Quatre mouches de velours gris. Par contre, comme toi je suis frustré de ne pas pouvoir le découvrir. Il n'a jamais fait l'objet d'une quelconque édition dvd en France à ma connaissance, et le zone 1 qui est sorti l'an dernier, avec copie nettoyée, ne propose pas de sous-titrage me semble-t-il. J'ose espérer que les Argento qui sont récemment sortis constituent une très bonne opération de vente pour Wild Side, ce qui encouragerait ainsi l'éditeur à nous offrir, pourquoi pas, ce fameux et rare Quatre mouches de velours gris (pour le coup ce serait vraiment un Introuvable :lol: ) et, au passage, l'électrisant et souvent grandiose Opéra, autre film maudit de par chez nous (alors que les Britanniques ont des tas d'éditions).

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Akrocine » 16 nov. 10, 20:47

Effectivement très beau texte qui me donne furieusement envie de le revoir (vue une seul fois lors de l'achat il y au moins 3 ans) surtout que ma culture cinématographie a grandi et que d'autre Argento on été vue depuis.

Mea culpa concernant "Quatres mouches.." je ne sais pas pourquoi j'ai cette idée en tête :roll:
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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Anorya » 16 nov. 10, 22:15

Un des meilleurs giallos (le meilleur ?).
Un des meilleurs Argento (le meilleur ?).
Demi-Lune a bien résumé tout ce qu'il y avait à dire sur ce passionnant film, la messe est dite. :wink:
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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Outerlimits » 17 nov. 10, 13:36

Demi-Lune a écrit :
Major Tom a écrit :Bel article, encore une fois. Bravo encore pour tes participations fort intéressantes! ;) Je ne réponds pas toujours, mais je les lis toutes.

Merci ! :D :oops:
Major Tom a écrit :Je porte de moins en moins ce film aux nues, mais il est clairement pour moi le meilleur d'Argento. Je l'ai d'ailleurs plus souvent vu (et dans sa version longue) que les autres. Les nombreuses références, de Blow-up au Nighthawks d'Hopper, de Hitchcock à Tintin même (peut-être involontairement, paraît-il), y contribuent. C'est clairement un des films les plus inspirés qu'il ait fait.

Personnellement, je ne regarde que la version cinéma, plus courte et mieux rythmée, je trouve, même si on perd quelques scènes amusantes entre Hemmings et Daria Nicolodi. Pour moi aussi, c'est le travail le plus inspiré du réalisateur. Ce qui suit est plus casse-gueule... perso, j'aime aussi. Mais pas toi. :mrgreen:


La version courte est certes plus rythmée, mais l'histoire pour le coup devient totalement incohérente...

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Demi-Lune » 17 nov. 10, 18:28

Anorya a écrit :Demi-Lune a bien résumé tout ce qu'il y avait à dire sur ce passionnant film, la messe est dite. :wink:

Amen ! :mrgreen: :oops:

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar mannhunter » 18 nov. 10, 21:57

Demi-Lune a écrit :D'aucuns trouveront d'ailleurs que cela trahit le manque d'implication du cinéaste au-delà de ces scènes-pivot, entre lesquelles on peu trouver le temps un peu long (je pense notamment à Inferno ou Ténèbres).


plus dans "Inferno" que dans "Ténèbres" à mon sens :)...

Demi-Lune a écrit :De Palma est un cinéaste bien plus cérébral et profond qu'Argento


mouais :mrgreen: ...plus théorique probablement :wink:

Major Tom a écrit :mais il est clairement pour moi le meilleur d'Argento.


je pensais que c'était "Suspiria" ton favori? :wink:

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar mannhunter » 2 janv. 11, 11:05

Ciné-concert "Profondo Rosso" à Evreux (27):

http://www.scene-nationale-evreux-louvi ... u&id_mot=9

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar Mama Grande! » 3 janv. 11, 00:57

mannhunter a écrit :Ciné-concert "Profondo Rosso" à Evreux (27):

http://www.scene-nationale-evreux-louvi ... u&id_mot=9

C'est toi qui es à l'origine de l'événement?

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar mannhunter » 3 janv. 11, 10:20

non,car moi j'aurais viré le concert et la lecture de Pasolini pour juste projeter le film :lol: :arrow:

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar El Dadal » 5 sept. 12, 13:08

J'ai enfin comblé une lacune cinématographique, le pont entre classicisme et modernité dans la carrière d'Argento. Mais quand bien même le film est impressionnant techniquement (audiovisuellement, c'est un plaisir de chaque instant), je ne peux m'empêcher d'y mettre un bémol: je me suis sérieusement ennuyé.
Il faudra peut-être que je regarde la version courte (possiblement mieux rythmée?), mais en l'état, le director's cut est trop long, encombré d'un nombre de scènes sans grande importance narrative, souvent sabordé par ces séquences à l'humour un peu vaudevillesque entre Hemmings et Nicolodi (pas mauvaises en soi, mais les ruptures de ton me semblent mal gérées dans le grand ensemble).
Et puis surtout, on ressent ce tiraillement constant entre le giallo à l'ancienne et l'orientation future que prendront les films d'Argento, bannissant petit à petit logique narrative au profit de l'expérience sensitive: en tant que giallo, l'histoire est nébuleuse, avec son explication psychanalytique simplette et son whodunit ténu, les personnages insuffisamment caractérisés. Tout le côté parapsychanalytique est sympathique, mais assez vite expédié. Les nombreux travellings sur les bouts de corridors vident, les éléments de tension subconscients (les chiens se mordent sans raison, les oiseaux attaquent etc...), tout ce système déployé par Argento ne se renouvelle pas assez à mon goût. Ce ne sont que des variations des mêmes figures initiales qui se rejouent jusqu'au finish. Autant dire que si ça fonctionne au début, sur la 2e moitié on commence à le voir venir.

Bon, je ne vais pas mentir à moi-même, j'ai tout de même apprécié certains passages (l'exploration de la maison en particulier, annonçant en grande partie Inferno) et il est vrai que le film est un plaisir pour les yeux et les oreilles. Peut-être ai-je découvert ce film trop tard dans ma vie de cinéphile, mais en l'état, je préfère de loin ce qu'Argento produisit avant (L'Oiseau au plumage de crystal) et produira après (Inferno et Phenomena surtout).

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Re: Les Frissons de l'angoisse (Dario Argento - 1975)

Messagepar hellrick » 5 sept. 12, 13:31

El Dadal a écrit :Il faudra peut-être que je regarde la version courte (possiblement mieux rythmée?), mais en l'état, le director's cut est trop long, encombré d'un nombre de scènes sans grande importance narrative


Oui, la version longue est nettement moins convaincante que la courte bien plus rythmée. Cela dit ça n'a jamais été ni mon Argento préféré ni mon giallo préféré, même si celà reste un grand film et un jalon important du genre que je me reverrais bien une nouvelle fois d'ailleurs .
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