Candyman (Bernard Rose - 1992)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Kevin95
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Re: Notez les films de mars 2009

Messagepar Kevin95 » 14 mars 09, 16:37

Candyman (Bernard Rose) Image

Je n'avais jamais vu ce slasher à la réputation encore bonne et je dois bien confesser qu'il s’agit bien là d'un des meilleurs de ce genre qui compte un paquet de daubes.
En fait, je crois bien que l'intérêt que beaucoup porte au film est dû en grande (très grande) partie grâce au boogeyman, cannibalisé par l'acteur Tony Todd et son pouvoir de fascination qui n'a pas besoin de long discours pour se faire sentir (comme via l'héroïne). Proche du docteur Lecter avec qui il partage un charisme fou, Candyman blablate (murmure en fait) tout le long du film, parfois se perd dans quelques digressions incompréhensibles mais on pourrait l'écouter des heures durant.
Les défauts du film résident dans les quelques clichés typiques du genre, que le réalisateur n'a pas réussit à éviter voir les utilise maladroitement. La blonde qui écarquille les yeux dès qu'un chat passe trop vite devant elle... dur à laisser passer !
Bon, cela mis à part, fichtre que ce bad guy a la classe ! 8)
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Re: Notez les films de mars 2009

Messagepar bronski » 14 mars 09, 17:04

Grands souvenirs de la façon dont il filme les projects (HLM) de Chicago :shock:
Et puis, comme tout le monde, je vais sortir le poncif de ce film: Virginia Madsen :o :oops:

mannhunter
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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar mannhunter » 2 août 09, 13:29

Je plussoie. :)
Virginia Madsen trouve là le rôle de sa carrière!

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Anorya
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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar Anorya » 2 août 09, 13:52

Je suis content de voir que mes topics trouvent généralement une utilité un à deux ans plus tard. :mrgreen:

(et la Madsen est effectivement magnifique dans ce film. Déjà sublime chez Lynch, elle est ici resplendissante. :D )
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julien
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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar julien » 2 août 09, 13:58

Les qualités du film :

Le générique d'ouverture en plongée verticale, la performance de Virginia Madsen et le score de Philip Glass.
Et pis c'est tout.


Et sinon t'as vu la suite ?
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar Anorya » 2 août 09, 15:04

julien a écrit :Les qualités du film :

Le générique d'ouverture en plongée verticale

:D

Rémy Julien(ne) a écrit :la performance de Virginia Madsen

:D :D

Julien : This is madness ! a écrit :le score de Philip Glass.

:D :D :D

Julien a écrit :Et pis c'est tout.

Meuh non, voyons. 8)

* La première apparition du Candyman dans le parking avec une actrice sous hypnose (véridique) !

* Juste après le générique d'ouverture en plongée, la petite histoire du couple confonté à Candyman.

* La fin, bien ironique où l'on transvase la malédiction du Candyman sur l'héroïne (il suffit de prononcer "helen" dorénavant pour qu'elle revienne d'entre les morts. D'ici à ce qu'on soit tous maudits en chantant "helen, je m'appelle Helen", il n'y a qu'un pas. :mrgreen: ).

* Le candyman qui enserre Helen dans ses bras en recrachant des abeilles.

* Les graffitis qui servent de background à l'ambiance (Helen qui ressort de la "bouche" d'un personnage au mur, la fin avec le tag iconique d'une Hélène en sainte sur le mur).

* La séquence des diapositives (avec un Candyman en agrandissement --bon ça c'est un peu le petit truc qui marche à chaque film d'horreur mais je suis bon public 8) ).

* Le doute subsitant à propos d'Hélène : est-elle folle ? Le Candyman existe t-il vraiment ? (a ce titre, la séquence chez le médecin est excellente perso).

Voilà, voiloù... :D

Mais je suis über d'accord pour dire que le score de Glass déchire du poney.
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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar bronski » 2 août 09, 20:39

Anorya a écrit :Le candyman qui enserre Helen dans ses bras en recrachant des abeilles.

Pour la petite histoire, ils ont utilisé des abeilles trop jeunes pour avoir un dard qui pique. Aujourd'hui l'infographiste ferait de la m.... Petit pléonasme pas taper

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar Demi-Lune » 4 nov. 10, 17:18

Image Image Image

Helen Lyle (Virginia Madsen) est étudiante à l'université d'Illinois à Chicago. Avec son amie Bernadette, elle rédige une thèse sur les légendes urbaines et les croyances populaires. Au cours de ses investigations, elle est interpellée par une histoire récurrente, celle du mythique Candyman qui terrorise les habitants du quartier défavorisé de Cabrini Green depuis des décennies, assassinant des femmes et des enfants principalement. Helen sentant qu'elle tient là l'occasion rêvée de pimenter son travail, convainc Bernadette d'aller enquêter sur les lieux mêmes des crimes, dans la cité sordide de Cabrini Green, un ghetto noir livré aux gangs et à la misère.

Candyman bénéficie d'une bonne réputation, mais je ne m'attendais pas à être si agréablement surpris (avec cependant un gros bémol sur lequel je vais revenir ensuite).
Nous sommes ici face à un film fantastique de qualité, sobre, soigné, souvent hypnotique. La première heure est excellente (les 30 premières minutes sont limite un chef-d’œuvre du genre).
S'appropriant une nouvelle du tourmenté Clive Barker, le réalisateur Bernard Rose dégaine un slasher atypique, imprégné d'une atmosphère incroyablement anxiogène et porté par la présence lumineuse de Virginia Madsen. Cette atmosphère étouffante et noire, qui s'insinue par tous les interstices de ce film aussi poisseux que ses décors de HLM, happe le spectateur dès les premières images, impressionnant plan-séquence en plongée verticale qui sillonne les avenues de Chicago au son des chœurs quasi religieux de Philip Glass*. Avec une science du tempo particulièrement efficace, le réalisateur met très vite en place son intrigue tout en parvenant à imposer sobrement un rythme étrange, posé et incertain, proche du (mauvais) rêve.
La limite indéterminée entre la réalité et le rêve occupe d'ailleurs une bonne place dans l'intrigue, qui se montre plutôt originale. Cette réflexion sur l'origine des légendes populaires et effrayantes, et leur place dans notre quotidien superstitieux, interroge habilement notre propre perception sur les évènements ambigus du film, tout en nous renvoyant plus largement à notre rapport vis-à-vis du genre fantastique (genre "improbable" s'il en est, nécessitant de croire), notamment au travers de la figure récurrente du miroir, outil réflecteur duquel émerge le surnaturel.
Œuvre auto-réflexive annonçant en quelque sorte les mises en abyme totales que seront L'Antre de la folie ou Freddy sort de la nuit, Candyman n'en oublie pas d'être avant tout un saisissant film de terreur. Je commence à être exigeant mais là, j'ai clairement eu les jetons plus d'une fois. Avec une économie de moyens et des tours qu'on pensait éculés (l'intrusion d'un chien qui aboie à une fenêtre, par exemple) mais qui fonctionnent diablement bien ici, le film tricote un climat de peur et de malaise aux petits oignons, faisant de la première heure pratiquement un modèle du genre. Peu de musique, peu de bruitages ; le malaise s'installe en silences. De visions effroyables (ils ne lésinent pas sur l'hémoglobine dans ce film !) en scènes repoussantes (le fameux "baiser aux abeilles"), Virginia Madsen évolue dans un monde décrépi, sale, tagué, s'apparentant de plus en plus à un inextricable cauchemar peuplé d'indices funèbres. Les HLM bien en dur du début se mutent progressivement en monde parallèle incertain, tandis que les repères d'Helen (et du spectateur) deviennent de plus en plus aléatoires. Que l'actrice ait été apparemment sous hypnose lors de scènes cruciales ne m'étonne pas tant cette impression de trouble comateux vampirise tout le film. L'horreur est là, Candyman fait peur, mais en écho à ce "désir de mort" qui envahit progressivement le personnage, il se dégage de cette atmosphère languissante et sacrée (les chœurs de Glass appuient cette filiation) une espèce de fascination morbide qui renverrait presque ce film à un autre conte macabre et somnambule : Phenomena.
Cependant, là où je m'avoue frustré, c'est au niveau de la dernière demi-heure. C'est nettement plus pataud, plus prévisible et l'ambiance s'affaiblit dès lors que le film cesse de privilégier la suggestion. La scène finale referme logiquement la boucle mais le potentiel romantique de l'histoire reste très inabouti, sans parler de la faiblesse de la séquence du "bûcher" un peu nanardesque. On est vraiment très en-deçà de l'inspiration dont avait fait preuve jusqu'ici le cinéaste. Dommage, donc, car comme je le disais, sur 1H30 de film il y a une grosse heure incontournable pour tout amateur de fantastique.

*J'ai trouvé d'ailleurs que ce thème, au sein d'une composition envoûtante, évoquait le "Herr, unser Herrscher" de la Passion selon Saint-Jean de Bach. :idea:
Dernière édition par Demi-Lune le 7 déc. 13, 11:16, édité 2 fois.

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar jacques 2 » 4 nov. 10, 17:44

Un film "fantastique" pour toutes les raisons déjà évoquées : Virginia Madsen, Philip Glass, Bernard Rose et ... Clive Barker . Le scénario est une adaptation de l'une de ses nouvelles figurant dans un de ses "Livres de sang"
Je ne lui trouve, quant à moi, pas de faiblesse : un film élégant, évitant le racolage facile et le "happy end"

Bref, un "must" ... :)

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar Demi-Lune » 4 nov. 10, 18:02

J'ajoute que le film est aussi très fort dans son procédé d'effacement des frontières dans la mesure où je suis dissuadé, à tout jamais, de prononcer cinq fois le nom de Candyman devant un miroir ! :lol: Et c'est là que je me rends compte que Bernard Rose a parfaitement réussi son pari : faire réfléchir en profondeur le spectateur sur ses superstitions, et sur le lien entre rationalité et filtre cinématographique comme vecteur lui-même de croyance et de doute.

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar jacques 2 » 4 nov. 10, 18:11

Demi-Lune a écrit :J'ajoute que le film est aussi très fort dans son procédé d'effacement des frontières dans la mesure où je suis dissuadé, à tout jamais, de prononcer cinq fois le nom de Candyman devant un miroir ! :lol: Et c'est là que je me rends compte que Bernard Rose a parfaitement réussi son pari : faire réfléchir en profondeur le spectateur sur ses superstitions, et sur le lien entre rationalité et filtre cinématographique comme vecteur lui-même de croyance et de doute.

Oui, mais justement : cette dimension supplémentaire est aussi à attribuer au grand talent d'écrivain de Clive Barker ... :wink:

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar jacques 2 » 30 sept. 11, 23:29

Blu ray dispo en Belgique : je suis très tenté mais vais quand même attendre sagement une review ... :|
C'est pourtant un de mes films fantastiques préférés avec une de mes actrices "charnelles" préférées : Virginia Madsen ... :oops:

Et ce n'est pas du tout un "slasher" comme je l'ai lu ci dessus ... :?

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar El Dadal » 1 oct. 11, 13:07

Un de mes films fantastiques préférés également, distillant un sentiment de malaise quasi constant, doublé d'un propos plus malin que la moyenne.
J'espère vraiment qu'Universal va pas foirer le BR, sinon, je vais juver!

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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar Jericho » 1 oct. 11, 13:32

Candyman, je ne connais que le 3ème opus qui est sacrément mauvais...
Du coup, je n'ai même pas cherché à savoir ce que valait les précédents opus.
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Re: Candyman (Bernard Rose - 1992)

Messagepar jacques 2 » 1 oct. 11, 13:33

El Dadal a écrit : ... sinon, je vais juver!

Voilà un néologisme qui mériterait de passer à la postérité, au moins dans le petit monde des cinéphiles ... :uhuh:

Jericho a écrit :Candyman, je ne connais que le 3ème opus qui est sacrément mauvais...
Du coup, je n'ai même pas cherché à savoir ce que valait les précédents opus.

Eh bien, c'est une erreur mais, si tu as lu ce qui précède, tu devrais commencer à en être convaincu : le premier est beaucoup plus que recommandable et ce qui a suivi sans intérêt, notamment le 3e ... :|