Alain Jessua (1932 - 2017)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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mannhunter
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Re: Alain Jessua

Messagepar mannhunter » 26 juil. 09, 10:26

revu "traitement de choc",bon film,et l'une des plus étonnantes variations sur le thème du vampirisme...un film glaçant. :)

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Boubakar
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Re: Alain Jessua

Messagepar Boubakar » 26 juil. 09, 10:35

mannhunter a écrit :L'occasion d'ouvrir un topic sur ce cinéaste un peu rare et méconnu...pour ma part,je garde un souvenir assez impressionné du film testé ci-dessus,de "Traitement de choc" et "Armaguedon". :wink:

J'ai vu ce dernier il y a deux jours, très bon film en effet. :)

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Gerlando Stirner
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Paradis pour tous (Alain Jessua - 1982)

Messagepar Gerlando Stirner » 26 août 09, 12:31

Paradis pour tous

Un film qu'on retient surtout comme le dernier de Dewaere, mort un mois avant la sortie.

Il s'agit d'un film difficile à classer, une fiction, une anticipation sur le thème d'un médecin arrivant à "flasher" ses patients dépressifs pour les tranformer en êtres nouveaux, transis de bonheur, ne voyant jamais que le bon coté des choses.

Cela donne des choses intéressantes à voir, et l'on décèle ici le discours contestataire (anarchisant parfois) de l'auteur, les "flashés" deviennent :
- de très bons employés, dociles et performants, idéals pour le système capitaliste et l'entreprise qui est ici très caricaturée
- des êtres à la sexualité débridée, qui ne concoivent plus la pudeur ni la possession, et deviennent tous polygames, echangistes...
- des consommateurs assidus et passionnés, qui préfèrent la pub aux films et qui chantent les slogans, chansons, de pub crétinoides en déclarant que les produits qu'ils achètent sont comme des continuation de leur être.

Un film très critique donc, mais un peu handicapé par quelques pauvretés dans sa structure : les dialogues ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions du thème proposé et quelques acteurs sont à la ramasse (dutronc, principalement, complètement faux dans ce film). On verse aussi parfois un peu trop dans la démonstration simpliste.

Dewaere est impressionnant dans le rôle calme d'un gentilhomme bien peigné, c'est assez rare, lui qui pousse d'énormes colères dans chacun de ses films.

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avec... Patrick Dewaere, Jacques Dutronc, Fanny Cottençon, Stéphane Audran...

D'autres l'ont vu ?

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Roy Neary
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Re: Paradis pour tous (Alain Jessua - 1982)

Messagepar Roy Neary » 26 août 09, 23:36

Vu et considérablement ébranlé par ce film à ma première vision (depuis, en le revoyant, je trouve qu'il est desservi par une réalisation trop paresseuse et impersonnelle). Alain Jessua est une personnalité à part dans le cinéma français ; c'est un peu le cinéaste du dérèglement, chez qui nos comportements sociaux sortent des rails que la société leur a alloués pour tendre vers une absurdité et une violence qui pourtant les conditionnent en partie sans qu'on en ait vraiment conscience. Dans Paradis pour tous, qui est peut-être son œuvre la plus allégorique et dérangeante, l'être humain est le sujet d'une expérience utopiste censée le priver de ses instincts les plus primitifs tout en lui donnant une liberté d'action totale et surtout non de propagatrice de violence sociale. Or paradoxalement (mais l'est-ce vraiment ?), il devient la proie facile de toutes les aliénations et exploitations que notre société est capable d'engendrer. Patrick Dewaere porte le film sur ses épaules, et sa sérénité apparente est parfois plus inquiétante et troublante que l'intensité et la densité de jeu dont il a fait preuve dans ses autres films. Paradis pour tous souffre hélas d'un certain didactisme et d'une mise en scène loin d'être à la hauteur des ambitions de son scénario (qui lui aussi patine pas mal dès le milieu du film).
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Demi-Lune
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Re: Alain Jessua

Messagepar Demi-Lune » 27 août 10, 12:49

En toute innocence (1987)
Paul, un notable bordelais, doit rejoindre son fils Thomas pour affaires à Genève. En route, il s'aperçoit qu'il a oublié quelque chose. Il fait donc demi-tour et surprend sa bru Catherine en situation compromettante avec Didier, collaborateur et ami de Thomas. Il fonce alors pour rejoindre son fils, mais sa voiture s'encastre dans un 36 tonnes. Il se retrouve avec les deux jambes cassées. Il feint également une perte de la voix. S'ensuit une longue guerre psychologique entre Paul et Catherine.
SPOILERS. J'aime bien ce film, qui sans que je sache trop pourquoi, m'avait marqué dans mon enfance. Je ne dirai pas que c'est un grand film, car malgré une bonne interprétation de Michel Serrault et Natalie Baye, la mise en scène me semble trop académique et sage pour pleinement convaincre ; mais son suspense indolent, la férocité psychologique qui se dégage de l'affrontement Serrault/Baye renvoyant presque à Chabrol (le cadre provincial accentue cette filiation), la pertinence de l'étude sur la confiance trahie et l'enfermement contraint derrière des masques d'hypocrisie, la complexité de ce portrait féminin demeurant au final insaisissable et brillamment campé par Baye, font de ce film une réussite à mon sens, dont j'aurais presque aimé plus d'ambiguïté encore. Si l'on peut se demander pourquoi Serrault, au dernier moment, veut bizarrement épargner sa bru (la vision du corps nu de Baye réveille-t-il en lui un désir enfoui et non assumé vis-à-vis de sa bru ?), Alain Jessua aurait amené son film vers des pistes intéressantes s'il avait maintenu le doute sur les intentions néfastes de la bru envers son beau-père, doute qui faisait tout le sel de la première heure, avant que la découverte de la fausse lettre de suicide vienne établir la nature perverse de la jeune femme (et donc, "légitimise", en quelque sorte, la vengeance de Serrault).

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Re: Alain Jessua

Messagepar Nestor Almendros » 2 mars 11, 11:28

TRAITEMENT DE CHOC (1972) - TV5 monde

Habitué à traiter des sujets de société contemporains camouflés derrière des films de genre, Alain Jessua ne déroge pas à la règle avec ce thriller teinté de fantastique aux thématiques pertinentes mais au résultat un peu chiche. Sa cible préférée est ici l'élite de la société, des nantis influents (industriels, préfets, etc.) qui plutôt que d'oeuvrer pour le pays et le monde sécurisent d'abord leurs territoires, s'occupent de leurs intérêts, de leurs propres vies. Ils savourent leur réussite à travers leurs semblables, les seuls qu'ils acceptent et traitent avec respect. Jessua arrive assez bien, malgré un rapprochement un peu cliché, à les identifier dans leur quête commune et leur futilité. Ce groupe ressemble à s'y méprendre à une sorte de secte dont les membres aveuglés par leur confort sont comme dans une bulle, hors du monde. Après la récente époque du Flower Power, le réalisateur donne à ces bourgeois des comportements presque hippies, tournés vers une utopie (sauf que la leur est égoïste) et se complaisant dans une nudité étrange qui renforce cette impression d'appartenance cloisonnée.
L'argument de la jeunesse éternelle, en toile de fond (car sous-exploité), cristallise une sélection de l'Humanité qui se fait par l'argent, écratant de tout rêve ceux qui n'en ont pas les moyens (rejoignant ainsi certains thème du récent 2012 de Rolan Emmerich). Cette population soumise de force et réduite au rang d'ouvrier docile et corvéable est personnalisée dans le film par ces employés portugais/brésiliens. La métaphore est assez bien vue puisqu'elle apporte une dimension supplémentaire: "les étrangers, on en aura toujours besoin" (dernière réplique). Les sphères privilégiées, dans TRAITEMENT DE CHOC comme dans la réalité, utilisent cette main d'oeuvre anonyme, puisent leurs effort ou leur force (dans le film: sang ou organes) pour leur seul intérêt.

mannhunter a écrit :revu "traitement de choc",bon film,et l'une des plus étonnantes variations sur le thème du vampirisme...un film glaçant. :)

:shock: Effectivement ça se tient, je n'avais pas du tout pensé à ça (on voit ainsi que je ne suis pas vraiment calé en film de genre :fiou: ). Le rapprochement n'est pas idiot mais, encore une fois, Jessua ne l'utilise qu'en toile de fond, sans trop en profiter, je trouve.
Les revendications du film sont intéressantes mais le résultat s'essouffle rapidement. Outre la rapide évidence des activités secrètes de la clinique (le spectateur n'obtient que des confirmations) le film ne propose pas grand chose de réellement efficace, le récit évoluant de façon un peu répétitive ou sans assez d'intérêt.

Aux côtés d'un Delon plus beau gosse et épanoui que jamais, on retrouve la regrettée Annie Girardot, alors au milieu de sa vie, bientôt la quarantaine épanouie, ici pleine de conviction et de simplicité. Régulièrement ancrée au cinéma dans une réalité contemporaine (qu'elle symbolisait), elle semble comme dans le film en terrain étranger, toujours dans une approche naturelle et quotidienne (idéale pour l'empathie). On retiendra son monologue, pendant le premier entretien avec le Dr Deviler (Delon) sur la vieillesse et la mort: avouant les fêlures de son personnage, l'émotion est contenue et digne, la sincérité évidente.

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Re: Alain Jessua

Messagepar Federico » 3 juil. 11, 00:30

Portrait et interview d'Alain Jessua dans la dernière émission Tracks d'Arte :
http://videos.arte.tv/fr/videos/tracks-4006258.html (lire à partir de 14')
Je n'ai jamais été très attiré par le cinéma de Jessua (que l'horripilante voix-off de l'émission qualifie - sic - de "trésor caché du cinéma français") mais l'homme a l'air sympathique et il explique très bien sa vision désenchantée du monde.
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Re: Alain Jessua

Messagepar Addis-Abeba » 24 sept. 11, 18:18

Roy Neary a écrit :Alain Jessua est une personnalité à part dans le cinéma français ; c'est un peu le cinéaste du dérèglement, chez qui nos comportements sociaux sortent des rails que la société leur a alloués

Oui c'est exactement ça, et c'est aussi le sujet du film la vie à l'envers. Beau film, intelligent, plein de finesse, qui narre les aventures de Jacques Valin (Charles Denner formidable) petit agent immobilier de Montmartre qui s’ennuie. Et qui se pose plein de questions, et si le bonheur ne passait pas par son travail, par sa femme ? Toutes ses "obligations" qu'on peut s'imposer, ces faux miroirs de nos vies actives.
Allain Jessua questionne, on peut ne pas adhérer à ce personnage un peu lunaire, ou s'y retrouver même infimement (car le personnage est très radical dans son refus de toute vie sociale) mais en tout cas c'est fait avec tact, pudeur, et ce sujet me semble assez rare au cinéma pour ne pas l'évoquer.
Quelque part on peut un peu le rapprocher du phénomène Hikikomori au Japon.
Le film n'est certes pas parfait, il pâtit d'un rythme un peu trop lénifiant par moment, mais Alain Jessua est vraiment un réalisateur à redécouvrir, un cinéaste qui bouscule les conventions, avec un cinéma qui mine de rien va loin dans ses interrogations.
"On va voir King-Kong au cinéma avec les collègues, tu viens avec nous ? Non j'aime pas les films Chinois..."

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Ben Castellano
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Re: Alain Jessua

Messagepar Ben Castellano » 16 déc. 13, 10:18

Jeu de Massacre

J'ai un peu eu le sentiment d'être devant le prototype de nombreux exercices scénaristiques "méta" qui ont fait florès deux décennies plus tard, c'est assez virtuose mais souvent un peu trop théorique à mon goût, surtout dans le traitement de l'univers de la bande-dessinée qui se résume à des vignettes pop-art assez grossières et un éditeur caricatural. Plus humble je préfère ce qu'un divertissement plus classique comme Le Magnifique fait de ce postulat personnellement, avec le pulp SAS/San Antonio/OSS. Plus intéressant ici est le décor suisse plutôt original, théâtre de l'entre-soi nihiliste de ce quatuor qui met en place son petit système de jouisseurs néo-nobles, où le créateur et sa créature sont tous deux détestables. Tant de cynisme est quand même un peu agaçant et clinquant, et je n'ai pas été convaincu par Cassel (horrible voix off) et Duchaussoy ici. La sexy Claudine Auger est la seule qui a droit à un semblant de variable dans ce théorème.

Traitement de choc

Pour revenir sur la discussion sur le vampirisme entre Nestor Almendros et manny, je crois que le personnage du policier l'évoque littéralement à la fin :wink: Sujet audacieux en effet, mais le film malgré une excellente utilisation de son décor peine un peu à vraiment entrer dans le genre, qui agit toujours par petites touches (les portugais sans papiers zombiesques, le laboratoire et le final assez dantesque et gore dans une telle prod de luxe avec stars...). Reste que le film va au bout de sa logique et c'est appréciables... Je regrette toujours cette tendance au bon mot et aux monologues servis sur un plateau typique de ce cinéma français, qui alourdissent notamment tout ce traitement de "l'élite" et le thème de l'hypocrisie... après c'est quand même très régulièrement bien barré, notamment ces scènes de saunas et bains naturistes enjoués et délirantes à dans lesquelles on imaginerait pas Jean Dujardin et Audrey Tautou aujourd'hui. Delon et Girardot sont bien dirigés et le film reste toujours très lumineux malgré son côté glauque, il retourne l'évasion comme un gant (le vol en avion), même s'il aurait pu être plus percutant. Niveau bande-son, Jessua reste amateur d'une certaine expérimentation, mais ça a un peu vieilli quand même. Mon préféré du réal jusqu'ici en tout cas.

Les chiens

Jessua a vraiment ses thèmes de prédilection, puisqu'en soit on retrouve beaucoup de similitudes ici entre les personnages un peu gourou de Delon et Depardieu, leurs emprises sur les élites dont ils sont en quelque sorte le "sorcier" des temps modernes. La première partie du film est franchement envoutante dans ses décors et architectures de Banlieue dont le réalisateur tire parfaitement partie, grâce aussi à une photo très classe, on se croit parfois dans du Argento type années 80. Les habitants qui se dédoublent de leurs chiens proposent un environnement assez inquiétant et légèrement surréaliste, plutôt inédit. Après je trouve le film très théorique et didactique dans son cheminement, ses personnages... Lanoux ressemble à l'un de ces héros de fiction télé mitterrandien (le seul à copiner avec les populations immigrées mises au ban et les petits délinquants), le tout contre un Depardieu en pur baron giscardien dont les névroses peinent à intéresser je trouve (les scènes un peu ridicules où il s'ébroue avec son compagnon canin au ralenti dans des paysages bucoliques...). Nicole Calfan également fait figure de personnage un peu prétexte, victime d'un viol et sujette à opter pour ces mesures de "sécurité" radicales, et à la fois prise dans une romance avec Lanoux, aller-retour entre deux camps... Malgré la noirceur ambiante à la base le mouvement final m'a paru paradoxalement plus "positif", faible et démago que celui de Traitement de choc, on sombre aussi dans certaines fautes de goût comme ces flash-back à gros filtres violets peu ragoutants.


J'ai un souvenir très médiocre de sous chabrolerie pour En toute innocence, mais je vais continuer sa filmo. Un peu l'impression que le gars aurait pu être le successeur de Clouzot devant ces films et leurs sujets, mais il ne propose que du Boisset décalé au finish, c'est un peu frustrant, avec des qualités quand même... Le gars dans les différentes interviews a l'air très chouette en tout cas. A suivre.

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Ben Castellano
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Re: Alain Jessua

Messagepar Ben Castellano » 16 janv. 14, 10:53

Armaguedon

Jessua rentre dans un type de récit plus classique, mais assez bien mené malgré une dimension internationale ici très superficielle. En Mr tout le monde sociopathe en pleine crise de mégalo, Jean Yanne est épatant comme à son habitude, mais Delon et Duchaussoy en face sont un peu aux abonnés absents, grosse faiblesse du film (Jessua dit dans les bonus que Delon a beaucoup changé entre ce tournage et celui de "Traitement de choc", devenant impossible à diriger). Je retiens du film surtout une scène de meurtre en plein ébat rès étonnante et sophistiquée (voir une deuxième plus tôt dans le film dans une douche), et le final qui renvoi un peu tout le monde dos à dos de manière assez dérangeante.

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Re: Alain Jessua

Messagepar Jeremy Fox » 29 mars 14, 22:29

Je rajoute ici l'avis de Harkento que je partage à la virgule près sur Paradis pour tous que je viens de découvrir. Il s'agit sans aucn doute d'un des films les plus cyniques que j'ai pu voir ; à la fois très drôle et fortement dérangeant. Un film étonnant, assez jubilatoire en fin de compte même s'il fait froid dans le dos, et un dernier rôle inoubliable pour mon acteur préféré. Certains séquences sont anthologiques comme la soirée pub ou le "suicide" de Philippe Léotard !

Harkento a écrit :1. Paradis pour tous de Alain Jessua :
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L'interview carrière d'Alain Jessua dans le dernier MadMovie en date a attisé ma curiosité sur ce réal français que je ne connaissais pas du tout. Et bien on peut dire que je n'ai pas du tout été déçu par ce film. C'est surement la première fois ou, dans un film d'anticipation, on rigole autant qu'on est choqué et le film parvient à développé quasiment tous les thèmes de la SF mais pas que (déshumanisation, aliénation, quête du bonheur, la réussite professionnelle et familiale, utilisation de nouvelle technologie et ses conséquences, etc) sur un ton cynique et décalé étonnamment maîtrisé. L'interprétation des acteurs est un peu déroutantes car assez inégal (je pense au jeux plus qu'hésitant de Jacques Dutronc), excepté Patrick Dewaere qui lui est absolument parfait. A noter qu'il s'agit de son dernier rôle à l'écran .... quelle belle sortie d'artiste j'ai envie de dire !

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Re: Alain Jessua

Messagepar Mangus » 30 mars 14, 00:51

Addis-Abeba a écrit :Oui c'est exactement ça, et c'est aussi le sujet du film la vie à l'envers. Beau film, intelligent, plein de finesse, qui narre les aventures de Jacques Valin (Charles Denner formidable) petit agent immobilier de Montmartre qui s’ennuie. Et qui se pose plein de questions, et si le bonheur ne passait pas par son travail, par sa femme ? Toutes ses "obligations" qu'on peut s'imposer, ces faux miroirs de nos vies actives.
Allain Jessua questionne, on peut ne pas adhérer à ce personnage un peu lunaire, ou s'y retrouver même infimement (car le personnage est très radical dans son refus de toute vie sociale) mais en tout cas c'est fait avec tact, pudeur, et ce sujet me semble assez rare au cinéma pour ne pas l'évoquer.
Quelque part on peut un peu le rapprocher du phénomène Hikikomori au Japon.
Le film n'est certes pas parfait, il pâtit d'un rythme un peu trop lénifiant par moment, mais Alain Jessua est vraiment un réalisateur à redécouvrir, un cinéaste qui bouscule les conventions, avec un cinéma qui mine de rien va loin dans ses interrogations.

Revu il y a quelques jours, j'en avais fait mon film du mois. Un retrait que j'ai mis en pratique il y a déjà fort longtemps. L'internet n'étant finalement qu'une bulle proche de ce refus de toute vie sociale.

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Re: Alain Jessua

Messagepar mannhunter » 21 avr. 14, 17:52


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Re: Alain Jessua

Messagepar AtCloseRange » 12 avr. 17, 12:42

Interview du réalisateur dans Télérama
http://www.telerama.fr/sortir/alain-jes ... 156686.php
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Re: Alain Jessua

Messagepar mannhunter » 13 avr. 17, 10:56