District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Le prisonnier
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Le prisonnier » 1 oct. 09, 17:52

Eusebio Cafarelli a écrit :la VO est en quelle langue ?

En anglais. Mais le "héros" a un accent à couper au couteau !

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Anorya
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Anorya » 2 oct. 09, 21:22

District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

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Voilà le genre de film dont j'attendais rien et qui se révèle une grosse tatane dans la tronche. Autant la première partie, documentaire, m'a passionné, autant la seconde, actioner pur sans temps mort, m'a carrément cloué au fauteuil. Et puis nous faire aimer un personnage comme Wikus, autant dire que c'était pas gagné dès le départ, pourtant, dès qu'on commence à suivre la transformation et tous ses effets (La mouche ? :mrgreen: ) qui s'opère chez le journaliste, on passe de l'autre côté du miroir, avec un personnage plus impliqué pour sa propre survie et qui arrive même sur la fin, lui l'égoïste de première qui ne cherchait qu'a les expulser pour le compte de la MNU, à s'attacher aux alien lors de l'énorme passage à l'exo-squelette (qui là m'a fait penser à celui d'Aliens de Cameron, bien plus que les bidules métalliques de Michael Bay :mrgreen: ) et du décollage du module.
On pourra néanmoins regretter des parti-pris qui mériteraient d'être plus poussés (d'autant plus que j'aurais aimé avoir l'avis des autres pays dans le film. Là, les aliens me font penser aux indiens parqués dans les réserves et qui en deviennent ensuite avec le temps des reliques intégrées au paysage alors que bon, des aliens, c'est quand même pas banal hein) notamment sur ces immigrés mais bon, ne boudons pas notre plaisir, pour moi District 9 s'avère le meilleur film SF de l'année mais aussi un des films de mon top, pas loin d'un certain Morse (Let the right one in). :D
6/6.
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Colqhoun
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Colqhoun » 28 nov. 09, 10:01

C'est sur les cendres encore fumantes de l'adaptation fantasmée du jeu Halo que Neill Blomkamp a monté son District 9. Et malgré un budget coupé en 4, le réalisateur nous livre ici un film de sf sévèrement burné, nous donnant une petite idée de ce qu'aurait pu être l'adaptation du célèbre jeu vidéo. Des extraterrestres ont débarqués à Johannesburg sans possibilité de repartir chez eux. Ils seront alors parqués dans un camp et laissés quasiment à l'abandon. Wikus van de Merwe est en charge d'organiser la délocalisation des immigrés extraterrestres dans un nouveau camp, à 200 bornes de la ville. C'est durant sa mission qu'il se retrouvera aspergé d'un produit qui, progressivement, le fera muter en e.t. (syndrôme La Mouche, mais pour le coup le décalque est plutôt bien géré). On est là face au classique récit du héros d'abord présenté comme une pourriture et qui devra morfler pour se réveiller et comprendre qu'il n'est qu'un pantin aux mains d'une corporation toute-puissante. Pour le coup, le truc intéressant c'est d'avoir gardé chez ce personnage cette ambiguïté qui le pousse à des réactions parfois intolérables, héritage du fonctionnaire puant qu'il était avant le début de sa transformation. De fait, une bonne partie de ses actions ne seront motivées que par l'éventualité de retrouver un jour son apparence originelle.

Blomkamp se révèle surtout être un réalisateur efficace, qui sait utiliser le moindre dollar pour nous immerger dans cette Afrique du Sud anticipée, où ce ne sont désormais plus les noirs qui subissent l'oppression (l'analogie est certes facile, néanmoins elle fonctionne relativement bien dans la mesure où cela sentirait presque le vécu). L'autre grande qualité du film, pour moi, c'est ce choix casse-gueule de la réalisation, qui passe constamment d'images d'archives télévisuelles à des images de cinéma. Et dès le début le concept est posé avec rigueur et à aucun moment le réalisateur ne s'en écarte ou donne l'impression qu'il ne sait plus ce qu'il fait. Le rapport entre le récit et la réalisation est d'ailleurs intéressant dans ce qu'il raconte. Les humains se racontent leur histoire via les caméra de reporters, via la réalité (biaisée) de leur quotidien, tandis que les extraterrestres ont le droit à la parole "grâce" au cinéma. Et progressivement, ce dernier contaminera le premier à mesure que Wikus mutte et change d'apparence. Le film propose alors une opposition constante, une bataille, entre les diverses images de reportages, de caméras de surveillance, de caméras embarqués sur les soldats de la MNU et les images cinéma. Si l'on veut vraiment creuser, on pourrait dire ici que le film nous livre le rude combat de la fiction contre la réalité. Du pouvoir de l'imaginaire contre la manipulation crasse de l'ordinaire quotidien. Mais bon, c'est vraiment si on veut creuser. En l'état, le travail de Blomkamp est réfléchi et livre un discours esthétique tout à fait censé (après, on adhère ou pas aux images caméra à l'épaule, ça c'est une autre affaire). Et lorsque le film s'emballe enfin, là encore, le travail est efficace, impressionnant et l'on se laisse porter pendant ces séquences d'action d'une violence infernale.

On pourra toujours trouver un peu à redire sur l'intégration des extraterrestres numériques dans l'image, qui parfois jurent un peu avec le décor, mais l'ensemble est maîtrisé et le film, sans jamais trop se laisser aller au spectaculaire gratuit, nous donne à voir quelques séquences mémorables. Enfin, la musique de Clinton Shorter, malgré une inspiration évidente du travail de Zimmer sur Black Hawk Down, reste somme toute bien adaptée à l'univers du film. Bref, j'ai énormément aimé et si l'on peut bien sur trouver quelques bricoles à redire sur l'ensemble (le père et le fils extraterrestres, un peu too much), Neill Blomkamp me semble tout à fait maître de son sujet en livrant une oeuvre de science-fiction plutôt imposante et intelligente. Un réalisateur à suivre.
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Watkinssien » 8 déc. 09, 17:27

Je rejoins sans problème l'avis de Colqhoun.

District 9 se révèle une jolie surprise dans la mesure où Blomkamp se sert de la dénonciation métaphorique pour nous asséner un vrai film de science-fiction, jouissif, poétique, réfléchissant le monde contemporain.

Son approche est constituée de plusieurs mélanges assez harmonieux, avec un style à la Watkins, puis à la Cuaron en passant même par Robert Wise, tout en étant bien autonome au final.

Réussite pour un cinéaste, du coup, prometteur.
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar ed » 8 déc. 09, 20:42

Watkinssien a écrit :poétique
Ah ben pendant une bonne heure, je l'ai pas vue moi la poésie. J'ai surtout vu des gros guns exploser des têtes en veux-tu en voilà... :?
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Colqhoun » 8 déc. 09, 21:12

C'est plein de poésie l'ultra-violence.
Tu n'as pas la sensibilité nécessaire ed, ce n'est pas grave.
Ce soir tu regarderas Starship Troopers pour prendre le pli.
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Anorya » 8 déc. 09, 23:48

Colqhoun a écrit :C'est plein de poésie l'ultra-violence.
Tu n'as pas la sensibilité nécessaire ed, ce n'est pas grave.
Ce soir tu regarderas Starship Troopers pour prendre le pli.


Suivi d'un bon petit Robocop 2. :o
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Jericho » 8 déc. 09, 23:56

ed a écrit :
Watkinssien a écrit :poétique
Ah ben pendant une bonne heure, je l'ai pas vue moi la poésie. J'ai surtout vu des gros guns exploser des têtes en veux-tu en voilà... :?


La poésie ça s'incorpore par petites touches, ce qui est le cas dans District 9, même si c'est pas la chose la plus réussie (perso j'ai trouvé la fin un peu trop mièvre).
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Rupert Pupkin
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Rupert Pupkin » 20 janv. 10, 20:29

loué tout à l'heure (en DVD) ça m'a bien plu... très rafraîchissant... :mrgreen:
j'en profite, pour vous poser une question puisque beaucoup dans ce topic on vu le film en salles...
sur le DVD Metropolitan (je pense qu'il en sera de même pour le Blu-Ray) - j'ai vu le film en VO - en VO tout ce que les crevettes peuvent dire est sous-titré en français.
Alors que la plupart du temps ont ne les entend pas s'exprimer en anglais mais dans un dialecte E.T...
D'où une certaine perplexité par rapport au point de vue du spectateur qui aurait un traducteur en direct : si Wikus Van De Merwe, maîtrise visiblement son sujet, beaucoup de scènes au début du film semble utiliser le langage comme tension qui monte vite avec les militaires qui ne comprennent pas les crevettes (ou ne veulent pas les comprendre); le dialecte pour le marché noir, etc...
en plus vu que le film démarre avec sous un angle documentaire, l'aspect langage/traduction n'est pas du tout abordé...

http://www.imdb.com/title/tt1136608/faq#.2.1.10

alors je ne sais pas si il y avait des sous-titres systématique en salle (ça donnait quoi en VF? par ailleurs) ou bien s'ils ont merdé par excès de zèle avec le DVD et que je dois me tourner alors vers le Blu-Ray US...

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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Alligator » 21 janv. 10, 17:30

http://alligatographe.blogspot.com/2010/01/district-9.html

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District 9 est un film divertissant, dont la portée faussement philosophique est amenée avec de gros sabots (ou rangers, soyons modernes). Au pays de l'Apartheid, la métaphore alien contre le racisme est d'une subtilité inexistante pour tout dire alors laissons cela et profitons du rythme imposé par le scénario suffisamment agité, sans faillir pour autant à peaufiner la "lente" progression du phénomène qui tient de fil rouge. Je ne peux pas le commenter sans trop dévoiler ses enjeux. Aussi, un ange passe.

Le montage n'est pas syncopé et pourtant on a très vite la sensation que le film passe très vite grâce à l'urgence de la situation et la variété des formes du récit, d'abord résolumment faux documentaire -à la "Forgotten Silver", pas de doute Peter Jackson est aux commandes de la production- puis film d'aventure à la trame classique.

Les effets spéciaux n'ont rien de très marquant mais sont plutôt bien fichus dans l'ensemble : aucune grossiereté visuelle ne vient perturber l'attention du spectateur.

Sharlto Copley, le comédien principal, n'a pas un rôle évident et s'en tire fort bien. En règle générale, tous les comédiens font le boulot, même jusqu'à David James, un ersatz de Bruce Willis.

Bref un gentil pop-corn qui se contente du service minimum mais le fait bien, sur un tempo d'une rare efficacité.

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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar Demi-Lune » 2 juil. 10, 10:45

Frustration. La première demi-heure se révèle absolument excellente. On entre de plein pied dans cette histoire délirante de vaisseau extraterrestre en panne au-dessus de Johannesbourg et d'aliens visqueux, accros aux pâtés pour chat, et parqués par les autorités sud-africaines dans des bidonvilles où règnent trafic d'armes et prostitution. La métaphore sur l'immigration et l'apartheid n'est pas des plus subtiles mais elle reste quand même très bien vue, originale et corrosive, et le procédé filmique mi-documentaire mi-reportage en direct, pas forcément très reposant pour la rétine (montage ultra cut, shaky-camera) mais globalement bien géré par Neil Blomkamp, évoque tout de suite le style rentre-dedans et transgressif d'un Paul Verhoeven. Les incrustations et la finition numérique des créatures aliens ne sont pas très convaincantes pour ma part (et l'humanisation comportementale des aliens me fait quand même un peu tiquer dans la mesure où l'on n'est pas ici dans de la SF à la Star Wars), mais le fourmillement d'idées et de détails tordus et réjouissants que le film offre alors aide à l'indulgence. Puis les choses se gâtent. La contamination de l'anti-héros fait rentrer le film, jusqu'ici très inventif, dans un schéma bien plus classique de mutation inexorable et de chasse à l'homme d'autant plus regrettable que les références deviennent parallèlement énormes : si le début du film rappelait lontainement du Verhoeven dans le maniement d'un second degré provocateur, la personnalité de Blomkamp s'efface presque derrière des influences mal digérées, convocant lourdement Cronenberg et sa Mouche, le Verhoeven de RoboCop pour la multinationale sans scrupule, ainsi qu'un certain héritage infographique (scènes d'action très démonstratives et à la limite de l'illisibilité, plans caractéristiques comme la caméra fixée sur l'arme). Du concept novateur, malin et poil à gratter, on passe finalement à un "simple" film d'action qui n'exploite plus du tout son postulat politique, mais s'enfonce par contre dans la lourdeur : désintégrations graphiques (c'est rigolo deux minutes mais la répétitivité devient un peu pénible), musique pompière que l'on croierait sortir d'un film récent de Ridley Scott, et le clou, cette loooongue séquence guerrière avec un méca, croisement qui fait mal au crâne entre Aliens, RoboCop, Power Rangers et Transformers. Le grand amateur de SF que je suis a quand même pris plaisir à voir cette oeuvre qui se hisse au-dessus de la moyenne, et offrait un excellent pitch, mais reste frustré par la tournure que prend le film au bout d'une demi-heure et par l'impression persistante que tout ce que fait le sel de cette entreprise (la "dénonciation métaphorique", pour reprendre Watkinssien) n'a pas été exploité.
Dernière édition par Demi-Lune le 18 févr. 11, 16:37, édité 1 fois.

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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar » 8 août 10, 19:24

Colqhoun a écrit :C'est sur les cendres encore fumantes de l'adaptation fantasmée du jeu Halo que Neill Blomkamp a monté son District 9. Et malgré un budget coupé en 4, le réalisateur nous livre ici un film de sf sévèrement burné, nous donnant une petite idée de ce qu'aurait pu être l'adaptation du célèbre jeu vidéo. Des extraterrestres ont débarqués à Johannesburg sans possibilité de repartir chez eux. Ils seront alors parqués dans un camp et laissés quasiment à l'abandon. Wikus van de Merwe est en charge d'organiser la délocalisation des immigrés extraterrestres dans un nouveau camp, à 200 bornes de la ville. C'est durant sa mission qu'il se retrouvera aspergé d'un produit qui, progressivement, le fera muter en e.t. (syndrôme La Mouche, mais pour le coup le décalque est plutôt bien géré). On est là face au classique récit du héros d'abord présenté comme une pourriture et qui devra morfler pour se réveiller et comprendre qu'il n'est qu'un pantin aux mains d'une corporation toute-puissante. Pour le coup, le truc intéressant c'est d'avoir gardé chez ce personnage cette ambiguïté qui le pousse à des réactions parfois intolérables, héritage du fonctionnaire puant qu'il était avant le début de sa transformation. De fait, une bonne partie de ses actions ne seront motivées que par l'éventualité de retrouver un jour son apparence originelle.

Blomkamp se révèle surtout être un réalisateur efficace, qui sait utiliser le moindre dollar pour nous immerger dans cette Afrique du Sud anticipée, où ce ne sont désormais plus les noirs qui subissent l'oppression (l'analogie est certes facile, néanmoins elle fonctionne relativement bien dans la mesure où cela sentirait presque le vécu). L'autre grande qualité du film, pour moi, c'est ce choix casse-gueule de la réalisation, qui passe constamment d'images d'archives télévisuelles à des images de cinéma. Et dès le début le concept est posé avec rigueur et à aucun moment le réalisateur ne s'en écarte ou donne l'impression qu'il ne sait plus ce qu'il fait. Le rapport entre le récit et la réalisation est d'ailleurs intéressant dans ce qu'il raconte. Les humains se racontent leur histoire via les caméra de reporters, via la réalité (biaisée) de leur quotidien, tandis que les extraterrestres ont le droit à la parole "grâce" au cinéma. Et progressivement, ce dernier contaminera le premier à mesure que Wikus mutte et change d'apparence. Le film propose alors une opposition constante, une bataille, entre les diverses images de reportages, de caméras de surveillance, de caméras embarqués sur les soldats de la MNU et les images cinéma. Si l'on veut vraiment creuser, on pourrait dire ici que le film nous livre le rude combat de la fiction contre la réalité. Du pouvoir de l'imaginaire contre la manipulation crasse de l'ordinaire quotidien. Mais bon, c'est vraiment si on veut creuser. En l'état, le travail de Blomkamp est réfléchi et livre un discours esthétique tout à fait censé (après, on adhère ou pas aux images caméra à l'épaule, ça c'est une autre affaire). Et lorsque le film s'emballe enfin, là encore, le travail est efficace, impressionnant et l'on se laisse porter pendant ces séquences d'action d'une violence infernale.

On pourra toujours trouver un peu à redire sur l'intégration des extraterrestres numériques dans l'image, qui parfois jurent un peu avec le décor, mais l'ensemble est maîtrisé et le film, sans jamais trop se laisser aller au spectaculaire gratuit, nous donne à voir quelques séquences mémorables. Enfin, la musique de Clinton Shorter, malgré une inspiration évidente du travail de Zimmer sur Black Hawk Down, reste somme toute bien adaptée à l'univers du film. Bref, j'ai énormément aimé et si l'on peut bien sur trouver quelques bricoles à redire sur l'ensemble (le père et le fils extraterrestres, un peu too much), Neill Blomkamp me semble tout à fait maître de son sujet en livrant une oeuvre de science-fiction plutôt imposante et intelligente. Un réalisateur à suivre.

Je m'économiserai une tartine en citant l'avis de Grouhmglhoumhn, qui reflète parfaitement ce que je pense de ce film, exception faite du passage sur l'intégration numérique des extra-terrestres que je trouve au contraire sans faille (comme le reste des sfx), et de ses considérations sur la BO parce que je n'en sais rien.
Le travail de narration m'a, moi aussi, beaucoup impressionné.

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tenia
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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar tenia » 8 août 10, 20:43

Sans épiloguer, j'ai trouvé la 1ere 1/2h (puis le reste) assez banale, sautant de facilités en facilités, à commencer par le côté reportage de guerre. Bah oui, pas besoin d'asseoir un background quelconque, on balance le spectateur directement dedans sans se poser de questions, il se démerdera avec ! D'ailleurs, le background, à part servir des Africains découpant des carcasses à la machette (j'en ri encore) et permettre de casser les barrières de la langue sans en aborder une fois le sujet (Stargate Staïle), il sert pas à grand chose.
Et puis (même si on me sortira que c'était, en vrai, la même chose dans les camps en 40), le côté "on refourgue de quoi faire péter la Terre entière pour 3 boites de Kwiskas", c'est d'un ridicule sans nom.
Sans compter qu'une fois passé en mode actioner primaire, ça embraie sur tous les clichés du genre, du sidekick qui reste figé au beau milieu d'une fusillade sans prendre une balle, jusqu'à l'exosquelette protégé des mitrailleuses lourdes par une bête porte de voiture, etc etc etc.

L'avantage étant que, du coup, on a à la fois les clichés dans le fond, puis dans la forme.

C'est dommage car, dans la forme, District 9 est la preuve vivante qu'on peut faire de très jolies choses sans avoir $200M.

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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar » 8 août 10, 20:47

tenia a écrit : l'exosquelette protégé des mitrailleuses lourdes par une bête porte de voiture

Faux.

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Re: District 9 (Neil Blomkamp - 2009)

Messagepar tenia » 8 août 10, 21:35

Mµ a écrit :
tenia a écrit : l'exosquelette protégé des mitrailleuses lourdes par une bête porte de voiture

Faux.


Certes, mais encore ?