Abdellatif Kechiche

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Flol
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Flol » 23 juil. 14, 16:01

Jeremy Fox a écrit :
Blue a écrit :
Jeremy Fox a écrit :D'autres amateurs de cet excellent premier essai ?

Un amour de film

:D Et Sami Bouajila est superbe n'est-ce pas ?!

Tu veux parler de Tahar Rahim, je crois.

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Jeremy Fox
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Jeremy Fox » 23 juil. 14, 16:02

Ratatouille a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Blue a écrit :
Jeremy Fox a écrit :D'autres amateurs de cet excellent premier essai ?

Un amour de film

:D Et Sami Bouajila est superbe n'est-ce pas ?!

Tu veux parler de Tahar Rahim, je crois.

:lol: N'empêche que je l'ai attendu plus de 48 heures celle-là.

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Flol » 23 juil. 14, 16:04

Oui pardon, j'étais moins dispo ces derniers jours.
Préparez-vous à voir remonter plein de vieux topics.

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Anorya » 23 juil. 14, 16:39

Ratatouille a écrit :Oui pardon, j'étais moins dispo ces derniers jours.
Préparez-vous à voir remonter plein de vieux topics.

Combien Manny t'a t'il payé ? :|
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Randolph Carter » 15 déc. 14, 11:04

Je viens de voir Vénus Noire sur une chaîne de CanalSat et je dois dire que peu de films m'ont à ce point scotché dans mon fauteuil.On connaissait le talent de Kechiche dans sa direction d'acteurs,mais ce qu'il a obtenu de sa jeune comédienne ,Yahima Torres,est absolument sidérant,sans parler d'Olivier Gourmet et Andre Jacobs,tous deux remarquables dans des rôles à la limite du supportable.Mon plaisir a été gâché par les scènes de bordel de la fin qui plombent le film et le font basculer dans un univers digne de youporn.Kechiche ne sait-il pas qu'il existe une figure de style qui s'appelle l'ellipse,qui est l'art de tout dire sans rien montrer?Dommage,mais le film reste impressionnant par la performance des comèdiens,malgré une affabulation qui dénature un peu le propos de l'auteur.
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Johnny Doe
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Johnny Doe » 17 déc. 14, 10:39

Découvert il y a deux semaines j'en garde assez peu de souvenir. Si je retrouve la mise en scène de Kechiche, pour la première fois celle-ci n'est jamais parvenu à m'impliquer dans le destin de son personnage principal. Avec ses 2h45, sa crudité extrême et ses nombreuses scènes de malaise je suis resté constamment extérieur, voyant bien cette "fièvre" Kechichienne, la douleur, les larmes, mais il y a quelque chose de trop profondément détestable là-dedans, il manque clairement pour moi quelque chose qui créé l'empathie, un lien avec le spectateur.

Le spectacle est parfois impressionnant, d'autant que Yahima Torres est fantastique dans ce rôle (la direction d'acteur chez Kechiche c'est quelque chose, même si je suis plus réservé pour Gourmet que j'aime beaucoup d'habitude), mais j'avoue que passé la première heure et demi, j'avait un peu envie d'en finir, toute cette horreur, toute cette misère, c'est plombant et, encore une fois, je n'y ai vu pratiquement aucune éclaircie qui aurait permis, peut-être, de recréé une certaine implication.

Assez déçu même si le film reste bourré de qualités.
- Errm. Do you want to put another meeting in?
- Any point?
- May as well. Errm. And then when nothing comes in, just phone you up and cancel it.

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Jeremy Fox
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Jeremy Fox » 17 déc. 14, 10:40

Johnny Doe a écrit :Découvert il y a deux semaines j'en garde assez peu de souvenir. Si je retrouve la mise en scène de Kechiche, pour la première fois celle-ci n'est jamais parvenu à m'impliquer dans le destin de son personnage principal. Avec ses 2h45, sa crudité extrême et ses nombreuses scènes de malaise je suis resté constamment extérieur, voyant bien cette "fièvre" Kechichienne, la douleur, les larmes, mais il y a quelque chose de trop profondément détestable là-dedans, il manque clairement pour moi quelque chose qui créé l'empathie, un lien avec le spectateur.

Le spectacle est parfois impressionnant, d'autant que Yahima Torres est fantastique dans ce rôle (la direction d'acteur chez Kechiche c'est quelque chose, même si je suis plus réservé pour Gourmet que j'aime beaucoup d'habitude), mais j'avoue que passé la première heure et demi, j'avait un peu envie d'en finir, toute cette horreur, toute cette misère, c'est plombant et, encore une fois, je n'y ai vu pratiquement aucune éclaircie qui aurait permis, peut-être, de recréé une certaine implication.

Assez déçu même si le film reste bourré de qualités.

Tout pareil ; sauf que je n'ai pas tenu plus d'une heure. Trop éprouvant et sombre pour ma petite nature. Le seul Kechiche que je n'apprécie pas du coup.

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Amarcord » 28 mai 15, 14:10

Pas cher (9,99€), qui plus est dans une offre où il peut revenir à 7,50€, en plus c'est du région B... Bref : bonne opportunité d'avoir La Graine et le mulet (aka Couscous !) en Blu-ray (toujours rien chez nous, de ce côté-là, pour rappel... :roll: ), sous-titres amovibles et plein de bonus (qui viennent pour la plupart de chez Criterion)... chez Zavvi.
[Dick Laurent is dead.]

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Amarcord » 12 avr. 17, 23:24

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Thaddeus » 13 avr. 17, 19:13

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


La faute à Voltaire
France, terre d’écueil. En débarquant sur le territoire, le héros tunisien préfère pourtant y croire, et les obstacles glissent sur un optimisme qu’il a vissé au ventre. Le film est à son image, vagabond, refusant de décliner facilement son identité, tirant de son errance et de ses liens occasionnels mais forts avec des hommes et femmes de rencontre quelque chose de tout à fait cru et inconfortable. Kechiche décline ainsi la clandestinité au singulier, loin des manifestes salutaires mais globalisants : mis à nu la candeur du déraciné, la solidarité indéfectible d’un pote de galère, la faille tragique d’une jeune mère aussi volcanique que cabossée par l’existence, les toqués sympathiques d’un nid de coucous parisien. De ces parcours d’exclus émerge une œuvre sincère, abrupte, parfois très drôle, toujours juste. 4/6

L’esquive
Voici, claquant comme un coup de semonce, la première véritable baffe d’Abdel Kechiche. Derrière l’acuité humaniste du regard, il y a l’art de saisir une ère de la vie qui ne dure que le temps d’un souffle. En organisant un va-et-vient permanent entre le théâtre et la vie, le texte et les intrigues sentimentales de ses interprètes, le cinéaste signe un grand film social sur le pouvoir du langage, arme autant que défense immunitaire qui scande son propre flow, tour à tour hésitant, doux, ordurier ou tonitruant, quitte à faire tout exploser (vocabulaire, narration, jeu d’acteurs), et qui se fait le vecteur de tous les embrasements. Au-delà des jeux d’une communication complexe et codifiée, faite de quiproquos, de méprises et de préjugés, il saisit en une série de blocs compacts, incroyables d’intensité, les vérités et forces vives de la jeunesse. 6/6
Top 10 Année 2003

La graine et le mulet
Montée en puissance, deuxième chapitre. Si Renoir, Pagnol et Pialat associaient leurs talents et leurs sensibilités, cela donnerait peut-être ça : un film-fleuve proprement épuisant d’énergie solaire, d’effervescence émotionnelle, de vérité humaine, instantané bouleversant de la France immigrée d’aujourd’hui. La durée y fait s’engouffrer la vie à l'écran en une litanie poétique de langue et de texte ourlé, en d’immenses bouffées d'affection ardente, de tendresse rugueuse ou de rage éclatée qui provoquent à chaque instant l’imprévu, la surprise, la rupture. Porté à incandescence par une mise en scène tumultueuse et sensualiste, une oralité de feu, des comédiens d’exception, cette grande saga collective et populaire, quelque part entre néoréalisme italien et conte utopique à la Capra, est le miracle qu’on n’attendait plus dans le cinéma français. 6/6
Top 10 Année 2007

Vénus noire
Si la méthode formelle reste la même, elle s’applique ici à un propos sans doute plus retors, plus complexe à saisir dans l’ambigüité du regard que choisit d’adopter le cinéaste. Kechiche dissèque la notion même de monstration en passant la frontière qui sépare l’objet de celui qui le voit, en désignant les hurlements et la peur d’un public insatiable comme des attitudes de circonstance, en scandant le récit de "spectacles" qui font l’effet d’une lente progression vers l’horreur et l’éviscération de l’héroïne. Très malaisant, refusant d’un bout à l’autre de conforter la position du spectateur et de susciter son émotion, ce film peu aimable sur le rapport au racisme culturel, l’humanité déniée et le processus pervers de réification dans notre civilisation est un objet singulier, difficile à appréhender. 4/6

La vie d’Adèle
La locomotive Kechiche plonge dans le même bain jeunesse contemporaine et chronique au long cours d’un amour fusionnel : c’est une immense bourrasque de vie et d’exaltation, de sentiments et de sexe, de joies et de pleurs, trois heures houleuses qui mettent une grande claque dans la gueule. Du brasier de la passion à son étiolement inéluctable, de la cristallisation aux turbulences et aux contrariétés sociales, l’œuvre fait crépiter mille questions, invite à peser la valeur de la culture et de la transmission, télescope le naturalisme cru de sa facture et l’amplitude d’une narration gloutonne, à la faveur d’une mise en scène radicalement tournée vers l’intime qui filme l’émotion en gros plan. Quant à Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, renversantes de puissance et d’abandon, elles forment un inoubliable couple de cinéma. 5/6
Top 10 Année 2013

Mektoub my love : canto uno
Être transporté par un film qui s’affranchit de toute pesanteur discursive et de la moindre ossature dramatique est un sentiment suffisamment rare pour qu’on le chérisse. Avec ce marivaudage ardent branché sans dérivatif sur le pouls incandescent du désir, le cinéaste atteint à la plénitude d’une méthode ne cherchant plus à capter la vie que comme une danse libre, radieuse et dyonisiaque, un abandon total à la consomption de la chair et des mots. La lumière brûlante de la Méditerranée, l’embrasement volcanique des jeux sentimentaux auxquels se livrent ces jeunes gens beaux comme des dieux, l’extrême patience d’un regard d’artiste apte à recueillir et à exalter l’épiphanie des jours et des nuits participent d’un même épuisement voluptueux, de la même jouissance d’un monde toujours plus accordé à nos émois et à nos sens. 5/6
Top 10 Année 2017


Mon top :

1. La graine et le mulet (2007)
2. L’esquive (2003)
3. La vie d’Adèle (2013)
4. Mektoub my love : canto uno (2017)
5. La faute à Voltaire (2000)

Abdellatif Kechiche est sans doute le cinéaste français le plus important apparu dans les années 2000. Couvert en seulement six films de prix et d’honneurs, il ne cesse d’explorer toujours plus hardiment un art du portrait intime et de la sensation qui s’inscrit dans une perspective beaucoup plus large (celle de la société dans son ensemble), et qui accuse avec superbe l’héritage terrien et humaniste de Jean Renoir. Sa conception vibrante du cinéma populaire, la générosité de son regard et la puissance émotionnelle de son expression me sont infiniment précieux.
Dernière édition par Thaddeus le 22 janv. 19, 18:39, édité 2 fois.

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Jeremy Fox » 13 avr. 17, 19:35

Thaddeus a écrit :Abdellatif Kechiche est sans doute à mes yeux le cinéaste français le plus important apparu dans les années 2000 : il est à cette décennie ce que Desplechin était à la précédente. Sa conception vibrante du cinéma populaire, son humanisme généreux et la puissance émotionnelle de son expression me sont infiniment précieux.

:D

Presque pareil que toi concernant cette conclusion ; à cette nuance près que durant cette période je place Laurent Cantet au même niveau.

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Rockatansky » 3 mai 17, 10:21

Amarcord a écrit :Le retour de Kechiche... et déjà, les ennuis commencent !

>>> http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2017/04/07/abdellatif-kechiche-se-dit-prive-de-cannes_5107306_766360.html



ça sent surtout la vague histoire de gros sous
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Supfiction » 24 mai 19, 15:05

Le Point - « Mektoub my love : intermezzo » : Kechiche mérite une bonne fessée

Dans le second volet de « Mektoub my love » présenté en compétition à Cannes, le réalisateur se vautre dans les paires de fesses et les corps moites. Affligeant.

https://www.lepoint.fr/tiny/1-2314825

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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar Watkinssien » 24 mai 19, 17:08

Je ne vois pas cette critique parler de cinéma quelque part, c'est ça qui est affligeant.
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Re: Abdellatif Kechiche

Messagepar 20thCenturyBoy » 24 mai 19, 17:35

Grosse attente de l'année.

Espérons que le film ne soit pas trop coupé pour pouvoir se permettre une sortie en salles.
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