Notez les films Février 2012

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Anorya
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Anorya » 19 févr. 12, 16:45

Pardon Dunn mais voilà... :|


L'enfance du mal (Coussemacq - 2010).


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Céline, une gamine de quinze ans, a fui de chez ses tuteurs. Elle a élu domicile dans la dépendance d’une maison bourgeoise, à l’insu de ses propriétaires, le juge Van Eyck et sa femme. Découverte un soir, elle parvient à se faire accepter, et jour après jour, s’évertue à séduire ses nouveaux hôtes. Jusqu’à ce qu’une série de révélations les amènent à douter que sa présence ne tienne qu’au hasard…


"Quand y'a pas de confiance, y'a pas de confiance !" (Un des merveilleux dialogues du film. :mrgreen: :| )

"Et donc tu vas le chroniquer demain ? T'as bien du courage." (Ma mère qui a vu le film avec moi :oops: )


Effectivement.

Non pas que le film soit mauvais. Au contraire, il y a de bonnes choses et de bonnes intentions mais comme l'on sait, ça ne rend pas toujours une oeuvre meilleure qu'elle peut l'être et il est toujours douloureux de voir quelque chose qui a bien commencé se saborder complètement en son milieu pour déboucher sur une suite d'incohérences, de défauts et de prévisibilité qui laissent au final un mauvais goût en bouche. Retour plus détaillé sur l'ensemble du film.


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D'abord, il faut rendre à César ce qui est à César et disons le nettement, le trio de comédiens principaux s'avère des plus justes. Surtout la jeune Anaïs Demoustier qui fait preuve d'un talent plus qu'évident (je comprends pourquoi Dunn en est devenu fan au fond) et se place à jeu égal face au Rohmerien Pascal Greggory ainsi que Ludmila Mikaël. Il en est même évident que ces derniers sont si justes que malheureusement les autres comédiens ne peuvent supporter la comparaison tant dans leur jeu que le personnage parfois caricaturé qu'ils doivent incarner, mais les défauts, on va y venir, un peu de patience.


Sur le plan de la mise en scène, Olivier Coussemacq, dont c'est le premier film (de fiction puisqu'il a déjà pas mal travaillé dans le documentaire apparemment), s'en sort d'ailleurs remarquablement bien. Tourné grâce au soutien de plusieurs régions, dont la région Picardie, il a l'oeil pour mettre en valeur le décor de grandes maisons bourgeoises (Amiénoises ?) semblant échapper de la fin du XIXe siècle. Ainsi il utilisera à fond l'espace d'une chambre, la profondeur que peut donner un escalier majestueux sous plusieurs angles, sans oublier la lumière fournie dans ce même lieu qui permettra de donner un surplus d'ambiance non-négligeable.


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L'histoire en elle-même démarre bien et il est judicieux de placer une personne de haut-rang tel qu'un juge, dans l'engrenage que Céline va lentement déclencher par une manipulation subtile. Je ne sais si Coussemacq fait un clin d'oeil malicieux en la présence du nom Van Eyck en lui-même puisque les amateurs d'Art se rappelleront que Van Eyck était aussi à la base un peintre flamand célèbre pour sa toile des Epoux Arnolfini (1434, hop, photo ci-dessous). Allez, ouvrons une parenthèse, je n'y résiste pas. Dans cette fameuse toile, le peintre à peint des personnes de haut-rang dont la sobriété des visages, un peu en retenue ne permet pas de se rendre compte qu'il s'agit en fait d'êtres venant de se marier et qui vont consommer leur nuit de noces très prochainement (ça sert d'avoir eu des cours d'Histoire de l'Art, les amis). La toile est célèbre pour deux raisons. La première, évidemment picturale où la composition (espace, couleurs, traits des personnages) est d'une beauté et d'une justesse fabuleuse. Ce genre de portrait de couple a longtemps été repris et constamment modifié bien avant et bien après Van Eyck mais il est évidemment que ce dernier reste unique et des plus réussis.


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La seconde raison, c'est ce fameux miroir au fond où le peintre s'est dessiné lui-aussi, immortalisant par la peinture aussi bien le couple en présence que lui-même, dégageant par la mise en abîme une sorte d'autoportrait caché.

Je ne sais si Coussemacq est conscient de toute la richesse insoupçonnée que le nom Van Eyck peut apporter.
On décèle pourtant là aussi la même ambition de dépeindre (par la caméra), un couple de notables de son époque (la nôtre) mais cette fois, où la flamme du mariage s'est totalement éteinte. C'est peu dire que cette adolescente étrange et trouble va mettre du piquant dans le couple, puisqu'ils vont quasiment l'adopter comme leur fille après quelques réticences... Malheureusement, l'histoire qui avait si bien commencée choisit de se saboter d'elle-même en plein milieu. Déjà, le personnage de Céline qui ne permet pas totalement une profonde empathie avec le spectateur. Bien sûr l'on comprends très vite la raison de ses actes, qu'elle-même est fragilisée à l'extrême et que sa posture souvent dédaigneuse ou méprisante adoptée en telles et telles circonstances cachent un profond mal-être (que l'on va découvrir par la suite).

Mais ses actes n'en restent pas moins moralement discutables et imposent une mise à distance vis à vis du spectateur. Mise à distance que ne semble plus comprendre notre juge qui va finir par tomber sous le charme de cette Lolita frenchy (mouais ok) jusqu'à s'enfoncer littéralement (et les dialogues n'aident hélas pas toujours, voir plus haut). Etrange pour un personnage si bien construit, certes replié sur lui-même mais pourtant pas dénué en même temps d'ouverture et de sensibilité. Non seulement il est musicien mais il partage avec la jeune fille le goût des livres, notamment des intrigues policières. Or, il s'enfonce sans jamais tenter de prendre du recul.


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Ce qui handicape le plus le film est ce personnage de jeune, soit-disant petit-ami de Céline, simili-punk au rabais, garçon perdu, en fait une victime manipulée de plus. Je comprends la volonté du réalisateur de montrer le charme vénéneux et quasi-innocent qu'incarne le personnage joué par Anaïs Demoustier, mais fallait-il pour autant s'attarder sur lui au risque de perdre toutes notions de rythme d'une part, d'amener des clichés et du prévisible d'autre part ? Au milieu du film, quand ça commence à s'emberlificoter menu, je chuchote à la moman : "Aie, j'ai peur de deviner la fin à l'avance, j'espère sincèrement qu'il ne tombera pas dedans". Quand la fin est arrivée, j'étais consterné : C'était ce que j'avais prévu à l'avance, malheureusement, nous délivrant quelque chose de déjà vu et revu aussi bien dans le cinéma français que dans la bande dessinée ou les téléfilms.


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Je me pose aussi la question.



Et n'oublions pas les incohérences et oublis du film dans cette seconde partie. J'en livre une qui n'a pas manque de me consterner, en adorateur des animaux que je suis avec du spoiler dedans.

Spoiler (cliquez pour afficher)
Les époux Van Eyck ont un chien. Soit. Ils s'en occupent peu mais il sert quand même à quelque chose puisqu'un plan le montre en train d'aboyer parfois derrière la grille qui entoure la propriété. Bon, on ne le vois pas toujours mais à ce stade, on est indulgent, on se dit que le juge et sa femme doivent le rentrer de temps en temps, ce genre de détails. Et puis arrive notre escogriffe, notre djieunz dont on a appris plus tôt que l'un de ses hobby est d'attaquer des chiens (sans doute pour montrer le peu de virilité qu'il a encore, lui qui ne se rebiffe aucunement envers Céline ou trop tard), les tuer et voler les colliers. Pour décorer son mur, voyez-vous. Il faut bien montrer qu'il est malade le pauvre, qu'il tourne pas rond hein, même en utilisant des gros sabots. Bref à un moment, notre djeunz passe devant la maison des époux.... Je vous laisse imaginer la suite.

Et en fait ça ne sert à rien ou sinon à choquer complètement le spectateur. Vu que le chien a peu d'importance, et ben, ça sert à rien mais faut quand même le mettre dans le film, voyez-vous. Même les époux n'en ont rien à carrer de leur chien. On serait chez Haneke et dans Funny Games où l'on se doute qu'une chose horrible est arrivée et terrée sous la voiture mais même là, on ne sait si Céline a caché le corps ou si elle s'en fout elle-même. C'est formidable. A ce stade j'ai eu presque des envies légitimes de meurtre, vous savez.


Et voilà, toute la seconde partie du film fait dans le nawak prévisible. Nous étions consternés ma mère et moi de voir le naufrage en direct d'un navire qui avait si bien pris le large.

Dommage.

Reste la ptite Demoustier très convaincante et sur ce point elle a tout d'une grande actrice en devenir.

2/6.
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Dunn
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Dunn » 19 févr. 12, 18:28

Très bonne analyse mais pour ma part même si j'avais vu la fin (un peu) venir, j'ai trouvé l'ensemble plutôt tétanisant et impressionnant dans les intentions du personnage d'Anaïs Demoustier qui, par la force et l'élégance de son jeu, m'a fait oublié le classicisme de l'intrigue.Je m'explique, on se doute qu'elle va retourner sa veste face à ce couple qui l'accueil mais elle "joue" tellement avec eux, que le "jeu" a fonctionné sur moi en tant que spectateur.Cela étant, je suis d'accord, le film a ses faiblesses: le personnage du petit ami (sous exploité, mal écris au contraire du couple et de la jeune fille), certains dialogues "trop faciles" et une intrigue finale vite expédiée sûrement mal écrite comparée au reste du métrage.
Le film a tout de même une bonne ambiance à la Chabrol (le charme bourgeois, la jeune fille qui d'ailleurs m'a fait penser au film "la cérémonie"), une bonne interprétation (surtout Anaïs Demoustier épatante encore et toujours comme tu le soulignes très bien) et une intrigue sous forme de thriller peu commun dans le cinéma français.Dommage que le film ne pousse pas plus loin les vices du personnage pour se démarquer des autres films de ce genre.
PS: j'adore ce tableau, merci pour la minute culturelle :)
PS 2: Tu aurais pu mettre plus de capture d'Anaïs :fiou:

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar monk » 19 févr. 12, 22:02

Katatsumori (94), See Heaven (95) et Hi wa katabuki (96), 3 documentaires de Naomi Kawase.

Katatsumori est uniquement centré sur sa grand mère Uno Kawase, qui semble l'avoir, au moins en partie, élevée et hébergée. Pas de fil conducteur, d'explications, juste des petites tranches de vie, des bouts de conversations et quelques expérimentations. Kawase ne semble pas toujours maitre de ce qu'elle fait ni bien savoir où elle va, mais on sent un vrai plaisir/besoin à/de filmer; ainsi qu'un profond amour pour sa grand mère. Amour apparement un peu obsessionel, dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs. Kawase semble fascinée par cette vielle dame, très charmante au demeurant, ne cessant de lui demander de fixer l'objectif alors qu'elle est occupée, la filmant en plans souvent très, très rapprochés. La grand mère se prête somme toute gentillement au jeux, un peu fascinée de son coté par cette petite fille très artiste.
Du film - heureusement assez court: 40' - ressort un sentiment de proximité et d'intimité très fort, comme si Kawase partageait avec nous un peu de cette dame qu'elle aime tant, exposant leur amour réciproque, même si se mèle un peu de taquinerie.
Très touchant.

See heaven est un court documentaire (10') beaucoup plus expérimental où, passé quelques jolis plans éthérés, Kawase superpose à sa grand mère en train de bruler des herbes au ralenti le son de se répondeur où elle effasse ses messages (!). Très abscon sur le papier, le film dégage au final une ambience funèbre assez étrange, comme un dernier hommage à un être cher disparu. Pas facile masi assez étaonnant.

Hi wa katabuki semble se détacher de sa relation avec sa grand mère grace à une première partie très réussie où elle lit sa correspondance avec une amie sur des images variées, mais très jolie. Il s'en dégage un ambience assez mélancolique et intime où elle parle de sa relation avec la pluie. Mais sans raison apparente (en tout cas je n'en ai pas vu), le film se recentre sur sa grand mère, à la manière de Katatsumori. Mais deux ans ont passé, et si la mémé sourit toujours devant la caméra, on sent l'agassement poindre. Les gros plans successifs interminables semblent commencer à la déranger plus qu'à l'amuser et leur relation ne semble plus aussi bonne qu'avant. Certains passages en sont même un peu gênants.
Kawase maitrise un peu mieux sa caméra malgré tout, il y a de nombreux beaux moments, mais son obsession pour les plans rapprochés tourne un peu au ridicule avec les tomates, filmés plein cadre, en file indienne, devant, derrière, puis dans l'eau, puis dans le noir...
Techniquement plus abouti et maitrisé (toutes proportions gardées: on encore parfois l'impression de voir une successions de rushs) que les deux précités, celui-ci reste moins agréable sur sa petite longueur (47'). Mais quelque chose semble se construire. Interessant.

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Anorya
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Anorya » 20 févr. 12, 21:56

Dunn a écrit :Très bonne analyse mais pour ma part même si j'avais vu la fin (un peu) venir, j'ai trouvé l'ensemble plutôt tétanisant et impressionnant dans les intentions du personnage d'Anaïs Demoustier qui, par la force et l'élégance de son jeu, m'a fait oublié le classicisme de l'intrigue.Je m'explique, on se doute qu'elle va retourner sa veste face à ce couple qui l'accueil mais elle "joue" tellement avec eux, que le "jeu" a fonctionné sur moi en tant que spectateur.Cela étant, je suis d'accord, le film a ses faiblesses: le personnage du petit ami (sous exploité, mal écris au contraire du couple et de la jeune fille), certains dialogues "trop faciles" et une intrigue finale vite expédiée sûrement mal écrite comparée au reste du métrage.
Le film a tout de même une bonne ambiance à la Chabrol (le charme bourgeois, la jeune fille qui d'ailleurs m'a fait penser au film "la cérémonie"), une bonne interprétation (surtout Anaïs Demoustier épatante encore et toujours comme tu le soulignes très bien) et une intrigue sous forme de thriller peu commun dans le cinéma français.Dommage que le film ne pousse pas plus loin les vices du personnage pour se démarquer des autres films de ce genre.
PS: j'adore ce tableau, merci pour la minute culturelle :)
PS 2: Tu aurais pu mettre plus de capture d'Anaïs :fiou:


Oui cette intrigue finale... Je continue de penser qu'on aurait pu éviter d'y tomber.
Chabrol j'y ai pensé un peu mais c'est quand même largement en dessous, on a pas la critique presque jouissive de la bourgeoisie made-in-Claude, plus quelque chose qui tient de l'ordre du constat ici. :)
Pour Anaïs j'ai pensé mettre une image de son dos encore plein de mousse quand elle sort du bain mais ça aurait fait... déplacé ? :mrgreen:
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar monk » 21 févr. 12, 14:04

Panique sur Florida Beach de Joe Dante

Bel hommage aux 60's, au Cinéma au à son mode de consommation de l'époque, avec de bonnes idées et des détails croustillants mais c'est terriblement mou du genou, dans une facture très téléfilm. On sent qu'il s'est fait plaisir le Joe, on reconnait sa patte, mais j'ai quand même trouvé le temps un peu long.
je ne garde pas.

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Flol » 21 févr. 12, 16:56

monk a écrit :je ne garde pas.

Si tu parles du Blu Ray, ça m'intéresse.

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar frédéric » 21 févr. 12, 22:39

monk a écrit :Panique sur Florida Beach de Joe Dante

Bel hommage aux 60's, au Cinéma au à son mode de consommation de l'époque, avec de bonnes idées et des détails croustillants mais c'est terriblement mou du genou, dans une facture très téléfilm. On sent qu'il s'est fait plaisir le Joe, on reconnait sa patte, mais j'ai quand même trouvé le temps un peu long.
je ne garde pas.



Beaucoup aimé de revoir ce film que j'avais pas revu depuis sa sortie (le film est visiblement assez rare). C'est avant tout un hommage au cinéma sur fond de crise des missiles cubains. C'est un film plutôt touchant qui n'est pas aussi débridé que certains Joe Dante.
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar monk » 27 févr. 12, 16:15

Ad-lib night de Lee Yun-KI

Séduit par My Dear Enemy, je me suis donc procuré dans l'urgence deux autres film de Lee Yoon-Ki. Ici Ad-lib night précède et ça se sent un peu. Moins abouti aussi bien formellement que scénaristiquement, le film s'en sort quand même très bien, nous emportant là où on ne l'attend pas vraiment et montrant une très bonne gestion des personnages et des situations.
A séoul, une jeune fille se fait acostée par deux jeunes hommes qui la prenne pour une vieille connaissance, qu'ils recherchent parce que son père qu'elle n'a pas vue depuis 10 ans est sur le point de mourir. Assurant que ce n'est pas elle, ils réussissent quand même à la convaincre de jouer le rôle de la fille qu'ils recherchent et l'emmenent avec eux à la campagne.
Outch. Et si c'était des violeurs ? La question est finalement posée et réduite à néant. On peut alors accepter l'histoire telle qu'elle. Là elle va découvrir la famille, les histoires et forcément les tensions qui ressortent dans ce genre de réunions. Rythme posé, plans longs, beaucoup de non dits, pas trop de parlote ni de rêglement de comptes évitent le mega-drame familliale et on se laisse s'immerger dans cette étrange soirée qui mélange étrangement retrouvailles et deuil.
Pas sur que je me serais précipité sur le reste de la Filmo de ce Lee après ce film, mais il m'a quand même fait bonne impression et vieilli très bien.
Je garde.

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar monk » 28 févr. 12, 16:01

Come rain, come shine de Lee Yun-Ki

Dernier film en date, Come rain, come shine poursuit dans la thématique du réalisateur: les rapports humains rapprochés. On suit ici la dernière journée d'un couple dont la femme quitte le mari pour un autre. Ce dernier jour où elle emballe ses affaires et doit partir le soir même. C'est la mousson, il pleut à verse et son départ sera retardé.
Lee tend ici vers plus d'abstraction que dans ces précédents films, rappelant Hou Hsiao-Hsien ou Hiroshi Ishikawa pour l'utilisation de longs plans silencieux, scrutant les détails de leurs habitudes. Sans discours ni explications, on comprend pourquoi elle part.
A noter un formidable plan en contre plongée sur un escalier où le couple rêgle un détail et lui descend et elle monte avec un symétrie tourblante et un léger retrait au même moment, illustrant sans mots leur séparartion et leur point de vue respectif.
Un réalisateur à suivre donc, dont je suis impatient de voir le prochain métrage.
Je garde !

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Eusebio Cafarelli » 29 févr. 12, 00:03

monk a écrit :Panique sur Florida Beach de Joe Dante

Bel hommage aux 60's, au Cinéma au à son mode de consommation de l'époque, avec de bonnes idées et des détails croustillants mais c'est terriblement mou du genou, dans une facture très téléfilm. On sent qu'il s'est fait plaisir le Joe, on reconnait sa patte, mais j'ai quand même trouvé le temps un peu long.
je ne garde pas.


Tout pareil...
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Dunn » 29 févr. 12, 00:43

Triangle: 7,5/10
Voilà un film fantastique très malin qui fait penser aux meilleurs épisodes de "Twilight Zone".L'intrigue mais le mécanisme surtout est franchement bien mené et prenant à tel point que certaines incohérences passent inaperçues. La réalisation est plutôt très soigné même avec ce petit budget qui se ressent dans les SFX mais c'est tout à fait pardonnable vu l'ampleur du scénario et la qualité de l'interprétation.Vraiment une très bonne surprise que j'ai hâte de revoir pour en apprécier encore plus la mécanique.

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar cinephage » 29 févr. 12, 01:51

Voyage au centre de la Terre 2 : L'ile mystérieuse (Brad Peyton, 2012)
Bon autant le reconnaître, je ne pensais pas le voir, celui-ci. C'est suite à une séance ratée que je me suis résigner à y aller, et je n'ai pas été déçu. Je ne crois pas avoir vu beaucoup de films aussi stupides au cinéma. Invraisemblable au possible, absurde et souvent redoutable pour quiconque a un sens logique, ce film se contente d'aligner une intrigue grotesque (exemple : je prends trois livres qui parlent d'iles, et en collant les quatrièmes de couvertures des trois, ben j'obtiens les coordonnées de l'ile mystérieuse), des personnages caricaturaux joués façon guignol (ahlalalala, les enfants, que je suis inquiet, il est où le méchant gendarm, heu, lézard ?), des effets spéciaux ratés et toujours repris d'un autre film, mais en moins bien (en vrac, ça va de Chérie, j'ai rétréci les gosses à The Day after, mais jamais une seule idée originale), et des décors bidons alternant matte painting banal et intérieurs mal fichus.
Visuellement, la charte se réfère aux téléfilms Disney, catégorie Hanna Montana ou Zach & Cody, plutôt les sorciers de Waverly Place, en fait, puisqu'il y a des effets spéciaux (mais cette dernière référence, quoique médiocre, écrase Voyage au centre de la Terre à plate couture au niveau de la dramaturgie et de la construction des personnages). Le découpage s'aligne sur ce style, de même que la mise en scène, plus pauvre que vraiment mauvaise, du coup, sauf lors des redoutables effets spéciaux.
Au final, on est surtout consterné par l'accumulation d'aberrations d'une minute sur l'autre, et bien vite, on s'aperçoit que chercher les absurdités ou une trace de cohérence au sein du film est peine perdue. Bref, il est bon de constater combien on use souvent de mots comme "débile", "naïf", "navet", pour des films qui en réalité sont très loin au dessus de ce qu'est capable de commettre le cinéma américain quand il décide de niveler par le bas. Voyage au centre de la Terre 2 a le mérite de remettre les choses en place, au point qu'on s'interroge vraiment sur le cynisme des auteurs, leur bêtise ou leur ignorance selon les facéties du film, le fun n'étant même pas ici le prétexte de la bêtise du film. Même la BO est bien médiocre, je ne trouve vraiment rien à sauver ici.
0,5/10 (un demi point pour l'ouverture, qui laisse espérer un film valable pendant les 20 premières secondes, jusqu'au moment où le héros prend un drap sur la figure tout en faisant du deux-roues...)
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Kevin95 » 29 févr. 12, 23:10

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Poupoupidou (Gérald Hustache-Mathieu) Image

Suite à l’enthousiasme de Johell et profitant d'une diffusion sur Canal plus, je me suis penché sur un film que j'ai gentillement ignoré en début 2011.
Poupoupidou est un film assez étrange dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. Étrange car il y a comme deux films en un, deux ambiances, deux univers qui s'imbriquent sur près de deux heures sans réellement fusionner. Il y a d'une part un film d'auteur dramatico-ironique autours d'un village du Juras où règne la médiocrité et de l'autre un film quasi onirique où un écrivain en panne d'inspiration tombe peu à peu sous l'emprise et la fascination d'une starlette locale décédée. Ce tiraillement entre un traitement "réaliste" et un traitement irrationnel, plombe peu à peu le film et l'intrigue tant le réalisateur ne sait lequel choisir à un moment où la forme ne doit plus (et ne peut plus) être hésitante et se doit de laisser vivre le fond (c'est à dire aux 3/4 du film). Hormis ce léger problème de point de vue, Poupoupidou est une œuvre intéressante, avec une vraie proposition de cinéma dans un cinéma français connu pour être timoré (enfin en caricaturant) et va jusqu’à américaniser son décors paumé pour mieux immerger le spectateur dans l'intrigue. C'est un film sous influences qui loin d’être écrasé par celles-ci (et elles sont nombreuses) s’arrange pour faire d'elles une force. Si les références à la vie et l’œuvre de Monroe semble évidentes, Poupoupidou tisse aussi des liens avec des films aussi divers que Laura (enquête et fascination autours d'une disparue), All About Eve (portrait en puzzle d'une femme connue de tous) ou encore Fargo (paysage paumé et enneigé ainsi que des personnages bernés par leurs fantasmes). Toute cette influence ne dessert pas le film, bien au contraire, elle participe à cette thématique principale que Poupoupidou développe c'est à dire des personnages mettant tous en scène leurs existences, aveuglés par un rapport fictif à la réalité où la culture populaire remplace la rationalité. Comme pour le film des Coen, tout le monde dans Poupoupidou court après une vie qui n'est pas la sienne, vers une vie recréant des icônes. Ainsi l'écrivain veut devenir Ellroy, la starlette Marilyn, le flic agent du F.B.I., la réceptionniste amante, on dialogue en se faisant passer pour James Bond ou l'on pavoise à l'idée d'être un personnage de roman. Tout se beau monde fuit une réalité tout sauf sexy, quitte pour cela à rejeter toute forme de cartésianisme.
Reste un film qui dégage l'impression de ne pas être aboutit que se soit via des petites idées qui n'aboutissent à rien (l'hyper-audition, l'homosexualité du policier) ou par un dernier acte bâclé là où je rêvais d'une fin plus ouverte, plus fantastique (en l'état on écope d'une résolution type téléfilm assez décevante). Mais Poupoupidou a au moins le mérite d'avoir un univers bien à lui et rien que pour cela, le film mérite d'être vu (voir pourquoi pas, soutenu).
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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar riqueuniee » 29 févr. 12, 23:22

Le film fourmille en effet de références au cinéma américain (relativement) récent. L'hôtel à l'atmosphère un peu bizarre peut rappeler celui de Barton Fink, et le t-shirt jaune du jeune homme interrogé vers la fin du film vient tout droit de Elephant. Des référénces bien digérées et bien utilisées (ne pas saisir l'allusion n'empêche pas de suivre le film). Par contre, le parallèle entre la vie de cette starlette locale et celle de Marylin Monroe est un peu trop appuyé : ce n'est plus un hommage ou une allusion, c'est un décalque (en même temps, sans ce décalque, le film n'existerait pas)

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Re: Notez les films Février 2012

Messagepar Kevin95 » 29 févr. 12, 23:43

riqueuniee a écrit :Le film fourmille en effet de références au cinéma américain (relativement) récent. L'hôtel à l'atmosphère un peu bizarre peut rappeler celui de Barton Fink, et le t-shirt jaune du jeune homme interrogé vers la fin du film vient tout droit de Elephant. Des référénces bien digérées et bien utilisées (ne pas saisir l'allusion n'empêche pas de suivre le film). Par contre, le parallèle entre la vie de cette starlette locale et celle de Marylin Monroe est un peu trop appuyé : ce n'est plus un hommage ou une allusion, c'est un décalque (en même temps, sans ce décalque, le film n'existerait pas)


Justement je me faisais cette remarque lorsque le personnage de Rouve expose sa théorie. Ça aurait été plus intéressant et plus fin de ne pas justifier ce parallèle dans le film et de laisser le spectateur faire le lien avec la star de lui-même. Après la boite de camembert avec le style Warholien c'est peut être un peu too much ! :mrgreen:
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