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Critique de film
Le film

Zatoichi 9 : Adventures of Zatoichi

(Zatoichi sekisho yaburi)

L'histoire

Sur sa route vers le mont Mitsuyada, où il se rend afin d’y voir le soleil s’y lever, Ichi est accosté par un jeune homme, Shinsuke, qui lui demande de remettre un pli à sa sœur. Il se rend à l’auberge où celle-ci travaille et y fait la rencontre d’une jeune fille, Saki, à la recherche de son père, un chef de village disparu alors qu’il menait une pétition à Edo. Cette lettre mettait à jour une collusion entre l’intendant Kozima et un parrain local, Jinbei, dans le but de tirer toujours plus de profit des habitants du han, accablés par la pauvreté. Il s’avère que Shinsuke a été employé par les deux félons pour assassiner le chef du village. Alors que la célèbre fête de fin d’année s’organise dans le village, Ichi tente tant bien que mal de protéger les deux femmes, et de disculper Shinsuke en prouvant qu’il n’était que l’objet de Jinbei et Kozima. Gounosuke, le garde du corps de Kozima, entend bien empêcher Ichi d’arriver à ses fins.

Analyse et critique

« Ah, être insouciant comme un enfant. Les enfants sont les seuls à pouvoir se tenir face au soleil sans avoir honte ». Cette phrase prononcée par Ichi au début du film, alors qu’il rattrape un cerf volant emporté par le vent et le rend à un groupe d’enfants, est le programme du film. Ichi veut se tenir comme les enfants, sans honte ni remords, devant le soleil levant d’une nouvelle année.

Bien sûr, en face de lui, ce ne sont que corruption, quête du pouvoir et d’argent. Le Boss Jinbei et l’intendant Kozima saignent les villageois et les saltimbanques regroupés pour la fête. La philosophie du boss est que tout s’achète. Ichi entend bien s’opposer à leur veulerie et défendre les innocents. Shinsuke le fuyard est la première personne qu’Ichi veut aider, par amitié pour sa sœur certes, mais surtout par soif de justice. Lorsque celui-ci se révèle être un assassin, aveuglé par la soif de vengeance, arpentant la route du katakiuchi, les convictions d’Ichi s’ébranlent et s’affaissent. Mais Ichi n’est pas au bout de ses désillusions. Ainsi il pense avoir retrouvé son père en la personne d’un vieil ivrogne du village. Mais l’alcool, la peur et la pauvreté vont ternir l’image paternelle qu’il espérait découvrir. Les déceptions se poursuivent et Ichi, après avoir fait le deuil de la paternité et refusé l’amour, se voit contraint d’abandonner l’espoir d’être de nouveau un fils, un enfant.

La pureté de l’enfance va surgir en la personne de deux garnements qui vont aider Ichi, et lui-même va essayer de suivre tant bien que mal la voie de la loyauté et de la justice, espérant se tenir debout face au soleil embrasant le mont Mitsuyada. Le film se concentre sur les figures innocentes de l’enfance, mettant au premier plan les deux comparses espiègles d’Ichi. Les autres personnages sont peu développés, à l’instar de ceux féminins, peu approfondis, uniformes, uniquement présents pour faire avancer l’intrigue (à noter que Miwa Takada après avoir incarné Nobu dans Masseur Ichi, The Fugitive, joue ici le rôle de Saki). De même, la d’un duo comique, Daimaru et Rocket Nakata, n’apportent pas grand choses si ce n’est quelques scènes burlesques plus ou moins réussies. Le seul protagoniste un tant soit peu développé est Gounosuke interprété par Mikijiro Hira (Three Outlaw Samourai d’Hideo Gosha). Si ce dernier a l’âme d’un vrai samouraï, celui-ci de basse extraction, il ne peut appuyer sa renommée qu’en combattant Ichi. Toujours la même fatalité qui amène des êtres qui auraient pu en un autre temps devenir amis, à s’affronter pour des questions d’honneur.

Kimiyoshi Yasuda, déjà réalisateur de Zatoichi's Fighting Journey, n’apporte que peu d’ampleur à ce récit très conventionnel. Les combats ne sont quasiment pas découpés, et ne s’appuient que sur les mouvements de plus en plus saisissants d’un Katsu en état de grâce. L’affrontement final est par contre une indéniable réussite où les combattants engloutis dans la nuit semblent sortir d’un kaidan eiga. Une musique aux accents « carpenteriens », les apparitions fugaces d’un Ichi insaisissable, l’obscurité, le silence… un final inquiétant qui tranche avec le classicisme de l’épisode. Mais en dehors de ce morceau de bravoure, on ne peut décidément pas dire que Yasuda soit l’un des grands réalisateurs de la saga, et la suite de sa collaboration ne va pas arranger les choses…

Bref, voilà un épisode sympathique, qui fait du surplace, sans grande originalité. La violence des épisodes précédant est laissée de côté, les deux bambins et le duo comique allégeant le récit. La saga semble, après l’œuvre psychologique de Misumi, se tourner vers le grand spectacle, l’action pure. Les scénarios vont dès lors être plus répétitifs, le casting va se consacrer à trouver de vraies gueules de méchants, les combats vont se multiplier et les actrices vont faire leur grande apparition.

Introduction et sommaire des épisodes

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Olivier Bitoun - le 22 novembre 2005