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À
la suite d’une partie de cartes qui tourne mal, des gangsters
assassinent un immigré clandestin suspecté de tricherie.
En examinant le corps le lendemain, le docteur Clint Reed découvre
que l’homme était porteur du virus de la peste pulmonaire.
Assisté du capitaine de police Tom Warren, il doit retrouver les
malfaiteurs et tous ceux qui l’ont approché afin d’éviter
que l’épidémie ne se répande. 48 heures pour
pister des criminels qui se terrent sans déclencher la panique.
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L’une
des erreurs trop souvent commises lorsque l’on étudie
la carrière d’Elia Kazan est de considérer avec dédain
ses films antérieurs à Viva
Zapata !, autrement dit tout ce qui a précédé
son témoignage devant la tristement célèbre Commission
des Affaires Anti-Américaines. Pour caricaturer, ceci reviendrait
à écrire que Kazan n’a commencé à livrer
des œuvres intéressantes qu’après y avoir intégré
la thématique de la délation - Sur les Quais
étant l’exemple le plus probant. C’est bien entendu
une vision très partielle - et partiale - de la filmographie d’Elia
Kazan, même si certaines de ses déclarations tendent à
aller dans ce sens : ‘Il est bien évident que je me suis
mis alors à faire de bons films, des films de vraie critique sociale
réellement profonds, et cela seulement après cette époque’
(1). Pourtant, non seulement la première partie de sa filmographie
comprend des œuvres intéressantes, mais de plus certains films
n’ont pas à rougir face aux chefs-d’œuvre à
venir. C’est le cas de ce ‘24 h Chrono’ avant la lettre
sur lequel nous nous penchons aujourd’hui.
Kazan admet toutefois une tendresse particulière pour ce Panique
dans la Rue. Comme Michel Ciment lui fait remarquer que c’est
le premier film marqué du sceau de sa personnalité, il
répond : ‘J’avais décidé de ne
pas être esclave du script et c’est la première fois
que je l’ai laissé tomber. […] Nous avons tourné
dans les rues à bordels, dans les bars louches, sur les quais.
J’ai préservé la créativité d’un
bout à l’autre du processus de fabrication du film au lieu
de pratiquer une dévotion rigide à un scénario.
Personne au studio ne contrôlait notre travail.’ (2)
Mais Panique dans la Rue est aussi un film dans lequel
Elia Kazan met en valeur ses acteurs. Il se repose essentiellement sur
le tandem formé par Richard Widmark et Paul Warren - Kazan avait
déjà dirigé Widmark au théâtre, ainsi
que Barbara Bel Geddes. Loin des rôles très noirs qui avaient
marqué le début de sa carrière, Richard Widmark
campe ici un fonctionnaire intègre, mari aimant et bon père
de famille, désargenté – une facture d’épicerie
devient source de problème -, mais d’un dévouement
sans faille. Face à lui, Paul Warren incarne l’archétype
du policier de terrain un peu bourru, rendu amer et cynique par les
années passées à battre le pavé. Deux caractères
bien évidemment opposés, Faut-il chercher un message à tout prix dans Panique dans la Rue ? La tentation est forte : les deux héros sont des américains anonymes, serviteurs de l’Etat, face à une épidémie montrée comme le mal absolu, invisible, susceptible de se répandre comme une traînée de poudre, et qui plus est venue de l’étranger. Il n’est pas difficile d’y lire une parabole sur la propagation de l’idéologie communiste, mais chaque spectateur se fera sa propre opinion – il serait néanmoins exagéré à mon sens d’y voir une dénonciation du maccarthysme. Ajoutons que parmi les ennemis intérieurs se mettant en travers du chemin de nos deux héros se trouvent les journalistes en quête de scoop, qu’ils n’hésitent pas à séquestrer pour les museler – l’apologie de l’état d’urgence n’est pas loin. Mais Panique dans la Rue peut tout simplement se voir pour ce qu’il est aussi, un excellent film noir à l’esthétique réaliste particulièrement séduisante, porté par des interprètes brillants. (1) Michel Ciment, Kazan par Kazan, p. 146 |
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Son : Le film est présenté
dans sa version mono d’origine, claire, sans souffle, équilibrée,
en un mot tout à fait satisfaisante. En option est également
proposée la version française d’époque, aux
qualités identiques.
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- Bande-annonce – 2 mn 11 : cette bande-annonce du film est en assez bon état si ce n’est qu’elle souffre d’un problème de définition. - Bande-annonce de la collection – 2 mn 50 :
de très courts extraits des sept films que Carlotta sort dans sa
collection « Films Noirs ». |
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