La Harpe de Birmanie

Un régiment de l’armée impériale japonaise est en déroute au milieu de la jungle birmane plusieurs jours après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Parmi les soldats se trouve Mizushima, un joueur de harpe qui sert d’éclaireur grâce à son instrument. Lors d’une halte, le régiment est cerné par les troupes britanniques et se rend sans violence. Mizushima se voit alors chargé d’une mission, qui échoue. L’homme est porté disparu. Quelques jours plus tard, ses compagnons croisent un moine birman qui lui ressemble étrangement...

Kokoro

En se rendant sur la tombe d’un ami, Nobuchi, un professeur retraité, retrouve un étudiant admiratif avec lequel il se lie d’amitié malgré la différence d’âge. Compréhensive en apparence, son épouse est jalouse du temps passé par Nobuchi avec son élève...


Seul sur l'Océan Pacifique

E n 1962, Kenichi Horie, un jeune Japonais, s’embarque seul dans une aventure hors norme. Ayant construit en hâte un modeste voilier de 6 mètres de long, il quitte le port d’Osaka. Son objectif : traverser en solitaire l’Océan Pacifique pour se rendre à San Francisco...


La Harpe de Birmanie
(Biruma no tategoto)

Réalisé
par Kon Ichikawa
Avec Rentaro Mikuni, Shôji Yasui, Jun Hamamura, Taketoshi Naitô, Shunji Kasuga...
Scénario : Natto Wada d'après le livre éponyme de Michio Takeyama
Musique : Akira Ifukube
Photographie : Minoru Yokoyama
Montage : Masanori Tsujii

Une production Nikkatsu
Japon - 111 mn - 1956

Kokoro
(Kokoro)

Réalisé
par Kon Ichikawa
Avec Masayuki Mori, Michiyo Aratama, Tatsuya Mihashi, Shôji Yasui, Tanie Kitabayashi...
Scénario : Keiji Hasebe, Katsuhito Inomata d’après un roman de Soseki Natsume
Musique : Yasushi Akutagawa, Masao Oki
Photographie : Kumenobu Fujioka, Takeo Ito
Montage : Masanori Tsujii

Une production Nikkatsu
Japon - 122 mn - 1955

Seul sur l'Océan Pacifique
(Taiheiyo hitori-botchi)

Réalisé
par Kon Ichikawa
Avec Yûjirô Ishihara, Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka, Ruriko Asaoka, Hajimé Hana...
Scénario : Kenichi Horie
Musique : Yasushi Akutagawa, Tôru Takemitsu
Photographie : Yoshihiro Yamazaki
Montage : Masanori Tsujii

Une production Ishihara / Nikkatsu
Japon - 97 mn - 1963

LA HARPE DE BIRMANIE

Dire que La Harpe de Birmanie marque les esprits est un doux euphémisme. En effet, son lyrisme et l’intelligence du propos sont une véritable invitation à la tolérance et à l’optimisme. De quoi réjouir tous ceux qui cherchent un coin d’humanité où faire se reposer leur cœur l’espace d’un instant privilégié.

Après Feux dans la plaine, épuré et principalement axé sur la cruauté de la guerre, Kon Ichikawa nous offre une vision atypique d’un autre conflit meurtrier. Dans le cas présent, l’histoire se déroule sur le territoire birman, au moment de la capitulation du Japon, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais l’opposition avec les troupes anglaises ne sera pas le principal enjeu du récit. Celui-ci préférera se faufiler sur un chemin dérobé, pour nous emmener au-delà de toutes nos espérances.

S’il est des films pour lesquels un mot suffit à mettre en avant l’approche souhaitée par son réalisateur, celui-ci en fait indubitablement partie. Et quel terme pourrait-il mieux définir ce chef-d’œuvre que « Humanisme ». Par ce simple fait, un lien se crée avec un autre monstre sacré du cinéma japonais, Akira Kurosawa. Comme chez son compatriote, cette dominante n’est jamais surfaite, mais respire au contraire la sincérité. Parfois naïve, elle symbolise l’espoir et la volonté de se projeter vers l’avenir, même en temps de guerre. Continuer à vivre en restant soi-même, quelle que soit la situation, pour que ses idéaux et l’envie de voir renaître le monde survivent eux-aussi. La chose est claire, il est nécessaire de rester unis et solidaires. La reconstruction et l’étape difficile des débuts de l’après-guerre passent par là. Il est aussi nécessaire de penser aux autres, qu’ils soient morts ou vivants, et de ne jamais oublier ceux qui sont loin. Proches ou inconnus, tout le monde est dans le même bateau, et la souffrance, si elle diffère, n’épargne personne.

Il convient d’ailleurs de souligner une caractéristique majeure de cette Harpe de Birmanie. Durant toute l’histoire, la philosophie bouddhiste tient une place prépondérante, et s’exprime jusque dans ses moindres recoins. Elle nous apporte sa sagesse et transmet les messages qui lui sont chers avec une sensibilité rare. A ce titre, les personnages sont toujours touchés par un optimisme et une sincérité débordante, même si ceux-ci ne masquent jamais la souffrance du monde qui les entoure. Des rapports allant au-delà de la franche camaraderie, pour se transformer en une véritable union sacrée. Car le régiment japonais dont nous suivons le parcours, constitué de personnes toutes différentes, ne forme qu’une seule et même âme, soudée par les épreuves passées, présentes, et futures. L’impact est saisissant et il en découle une empathie mêlée à un fort attachement envers ces êtres débordants d’humanité.

Mizushima, respecté de tous pour son intégrité, son courage et sa gentillesse, est le symbole de ces militaires japonais, et sa harpe en est le cœur. Un instrument essentiel, véritable acteur du film, constituant un sublime fil rouge. En apparence si fragile et futile, cette harpe fera office de moyen de communication, de signal et de catalyseur d’émotions. Chaque fois que sa mélodie s’élève, un bonheur immense envahit toute présence, qu’elle soit birmane, japonaise ou anglaise. Véritable lien entre les peuples, elle touche au plus profond de l’être, et il est impossible de rester insensible à ces sonorités, qui donneraient la larme à l’œil à un char d’assaut. La composition d’Akira Ifukube est à ce titre une merveille à se passer en boucle tellement le bonheur est immense à écouter ces musiques.

Alors que ses compatriotes se retrouvent dans un camp de prisonniers, Mizushima se voit confier une mission dont dépend la vie d’une poignée de résistants japonais. Suite à l’échec de l’opération, il est porté disparu. A partir de ce moment, son parcours différera, le menant à une longue réflexion sur ses devoirs et la nécessité de suivre la ligne de conduite imposée par son cœur. Son périple solitaire au milieu d’un chaos éprouvant, les rencontres effectuées et l’impact qu’auront ses multiples visions d’horreur seront déterminants dans ses décisions. Ainsi, Kon Ichikawa nous livre les doutes et les hésitations d’un homme devant le choix de sa destinée.

S’il est le personnage clé de l’histoire, aucun des protagonistes n’est négligé, et l’unité à laquelle il appartient tiendra elle aussi un rôle majeur. L''ensemble de ses membres nous est montré comme autant d’êtres sensibles et attachants, marqués par les craintes mais surtout portés par un indicible espoir. Parmi les autres personnages, on retiendra la « petite mère » avec laquelle les prisonniers font du troc, et dont les rapports amicaux seront une véritable ode au respect, à la gentillesse et à la bonté. Il ne faudrait pas oublier non plus le jeune bonze avec lequel Mizushima se lie d’amitié après s’être lui-même destiné à une vie de privations. Il se fond parfaitement dans l’esprit du film et apporte avec lui toute la justesse de son interprétation. L’occasion de tirer un coup de chapeau à tous les acteurs ; ils réalisent une performance de haute tenue, donnant ainsi une réelle ampleur au récit.

Pour que le tableau soit complet, il fallait pouvoir compter sur une belle réalisation. Elle y est magnifique. L’espoir de rencontrer une mise en scène de qualité et un traitement en beauté des images était lui aussi présent. Tout est au rendez-vous. Quand aux décors, ils sont merveilleux. Ce chef-d’œuvre intemporel de Kon Ichikawa, primé à Venise, m’aura transporté et ému comme jamais. Il représente à mon goût sa réussite la plus marquante et un film à placer au panthéon du cinéma mondial. Pour cela, il n’y a qu’un mot à dire. Merci.

 

KOKORO

Se lancer dans une adaptation n’est jamais chose aisée. Outre le risque de souffrir de la comparaison, éternelle épée de Damoclès prête à influer sur la critique, ce choix peu évident de prime abord nécessite un réel talent et beaucoup de maîtrise formelle. Concernant l’histoire tirée de l’œuvre de Natsume Soseki « Le Pauvre cœur des hommes », il aurait été facile d’alourdir un matériau de base résolument pessimiste et d’étouffer le spectateur. Mais en l’occurrence, sans connaître l’œuvre originale, je dois reconnaître de nombreuses qualités et un savoir-faire bienvenu à la réalisation de Kon Ichikawa.

Kokoro axe sa réflexion sur les rapports humains et la complexité des sentiments. Il ausculte l’âme humaine et en révèle les ambiguïtés en allant toujours plus loin dans ses recoins, là où se terre le ressenti. En approfondissant les innombrables tourments propres à l’esprit de chacun, Kon Ichikawa mène à bien une entreprise difficile. D’autant que son approche résolument, pessimiste et emprunte de souffrance, imprègne chaque centimètre de la pellicule. L’une des principales raisons de ce désespoir ambiant tient à ce que les personnages vivent et racontent. Bien souvent, ils ressemblent à des âmes en peine flottant dans un monde privé d’air, et dans lequel toute bouffée d’oxygène semble impossible. Des sentiments rendus palpables par une caméra affairée à saisir l’instant, par l’intermédiaire d’un regard ou d’une attitude mal dissimulée.

L’histoire débute en avril 1912, 45ème année de l’ère Meiji. Elle tourne autour de la relation entre Shizu et son mari Nobuchi, un ancien professeur. Leur histoire d’amour et son cheminement miné par un facteur incontrôlable sera à l’origine du profond mal-être des protagonistes, et donnera le ton à l’ensemble des événements. Alors que le bonheur ne demandait qu’à battre sa pleine mesure, la souffrance guidera la destinée du couple. Tous les ingrédients nécessaires à un épanouissement rapide étaient pourtant réunis, mais la valse du ressenti aura progressivement eu raison de la logique, pour finir d’effacer la simplicité apparente de la situation de départ. Tout au long du film, l’incompréhension symbolisera ce couple composé de deux âmes sœurs séparées malgré elles par un traumatisme à la trace indélébile sur l’âme de Nobuchi. Face à son incapacité à faire sauter les verrous du passé, la perdition profitera des moindres opportunités de se jouer de ses émotions. Pourtant, il est évident qu’un amour profond lie cet homme et cette femme, créant un regret infini dans le cœur de l’un et de l’autre.

L’élément déclencheur de ce gâchis trouvera sa source dans l’amitié entre Nobuchi et Kaji, sur la tombe duquel commence le mystère ayant influé sur ces destins croisés. L’ami en question, sûr de lui en apparence, cache en son for intérieur de multiples doutes et autant de questions sans réponses. Depuis longtemps, le paraître domine son caractère et influe sur son comportement. Mais au fil du temps, il se heurtera aux barrières érigées par l’inlassable quête d’une « vérité » à laquelle son subconscient s’accroche tant bien que mal.

Entre admiration et volonté d’aller au bout de son amitié, Nobuchi fera son possible pour apporter une aide à celui qu’il tient en haute estime. Un sentiment ébranlé lorsque la force mentale de Kaji se décomposera pour laisser place à un flot d’émotions humaines trop longtemps enfouies. Son courage et sa conviction envolés, Kaji dévoilera des failles jusqu’alors inconnues et deviendra « comme tout le monde », troublant par la même les sentiments de Nobuchi. Un doute passager dont l’impact sera déterminant sur de proches événements. Ces mêmes instants fragiles à l’origine de la mort de Kaji et du changement de cap de la destinée d’une union alors en devenir.

Hanté par ce souvenir douloureux, Nobuchi se mettra en quête du repos de son âme. Une part de lui-même refermée pour cause d’un désespoir suspendu à ses multiples interrogations. Car depuis la disparition tragique de son ami, un conflit intérieur le ronge. Entre perte de confiance en soi et doutes vis-à-vis de son entourage, dont sa femme souffrira en premier lieu, il cherche désespérément le chemin de la rédemption. Se sentant coupable, il se dévalorise et marque une distance avec son épouse, comme s’il n’avait pas le droit au bonheur et devait se punir pour sa trahison. Le poids de ce secret empêche également la confiance mutuelle indispensable à toute relation de voir le jour. De ce fait, il entraîne Shizu sur sa pente savonneuse et lui inflige sa propre souffrance. L’impossibilité de crever l’abcès accentuant toujours plus le chaos inerte de cette relation, l’amertume et un sentiment de jalousie s’empareront d’elle, pour bloquer toute porte de sortie. Peu à peu, ils laissent filer leur vie sur les sillages du malheur, délaissant un bien-être ne demandant qu’à éclore. Une vérité dont la force révèle l’impact du passé sur notre attitude présente, mais également sur nos vies futures.

Un autre personnage tiendra un rôle majeur. Il s’agit de l’élève du « maître » Nobuchi. Considérant son professeur comme un véritable exemple, il cherchera à comprendre les raisons de son mal-être, ainsi que de l’apparente froideur qu’il dégage. Ce besoin vital de compréhension, fil conducteur et désir profond de tous les protagonistes, sera un moyen d’approfondir les thèmes abordés, et de mener à bien le dévoilement progressif d’un passé indélébile. Alors que le thème de l’homosexualité est mis de côté, l’évocation du suicide est omniprésente et plane en permanence. En procédant ainsi, Ichikawa ne laisse pas de place à l’espoir et alimente cette veine pessimiste. Croire à nouveau semble impossible, d’autant que le passé n’est pas le seul obstacle. Il faut aussi affronter le présent et les changements liés à leur époque. Un début pour beaucoup, mais une fin pour certains.

La sobriété de la réalisation et la mise en scène toute en discrétion sont en parfaite adéquation avec le récit. Ces deux éléments participent à créer une ambiance réaliste et dénuée de la traditionnelle part de rêve synonyme d’espoir. La force des sentiments, ainsi que leur nature improbable et pourtant tellement authentique, donne à Kokoro une dimension humaine essentielle, mais qui peine à survivre face au désespoir ambiant. Au final, une indéniable réussite et un film marquant, mais à ne pas regarder en phase de déprime, sous peine de se plomber définitivement le moral.

Le mot de la fin ? « Heureux celui dont le cœur est capable de choisir le bonheur. »

 

SEUL SUR L'OCEAN PACIFIQUE

En compétition au Festival de Cannes de 1963 et lauréat du Geijutsu sai (prix artistique) la même année, Seul sur l’océan Pacifique, douceur acidulée de Kon Ichikawa, justifie pleinement cet intérêt à priori inattendu. Le récit, tiré de l’histoire vraie de Kenichi Horie, nous est conté sous la forme d’un carnet de voyage entrecoupé de flash-back précédant l’embarquement de notre aventurier. Il dépeint un monde dans lequel ce jeune étudiant ne se reconnaît pas. L’occasion d’émettre une critique envers une société restrictive et formatée, où l’incohérence côtoie un bond en avant difficile à appréhender. Les retours en arrière nous montrent une famille guidée par la peur et souhaitant à tout prix ne pas sortir d’un cadre bien défini. Dans un même temps, le scénario profite de ce contexte particulier pour dévoiler les raisons ayant poussé Kenichi à entreprendre ce périlleux voyage.

Membre d’un club de voile, Kenichi n’a de plus profond désir que de réaliser son rêve. Une démarche marquée par un égoïsme caractérisé et clairement assumé. Peu importe qu’il ne soit pas compris, son objectif n’est pas là. A aucun moment il ne se projette vers l’avenir, ou alors sans inquiétude majeure. Comme si son futur lui importait peu. Confiant en ses capacités, il souhaite simplement se prouver qu’il peut réussir. Réaliser un rêve tout en vivant une expérience unique, dans le but de trouver une satisfaction personnelle, et non la gloire ou l’admiration de son entourage. Le dépassement de soi comme adrénaline, mais aussi et surtout une porte de sortie, seule susceptible de le mener loin de ce monde oppressant. Solitaire dans l’âme, il trouvera dans cet isolement l’oxygène nécessaire pour que vivent enfin des émotions trop longtemps étouffées.

Si une bonne humeur ambiante règne sur ce périple, l’enthousiasme forcené et communicatif de Kenichi y est pour beaucoup. Attachant et authentique, il ne cherche pas à jouer sur les apparences et reste égal à lui-même en toute circonstance. Il en résulte un humour ravageur, plein d’autodérision et de finesse d’esprit. Son caractère indéboulonnable apporte lui aussi son lot de sourires sincères, et ajoute au plaisir de le voir transgresser les règles établies. Au gré du vent et des péripéties, il convoie ses désirs de liberté vers un horizon nouveau, et nous avec. Toutes ces petites choses habilement mélangées rendent ce parcours intimiste attendrissant en de nombreuses occasions, et lui confère une humanité bienvenue.

Durant son épopée, la souffrance physique sera de mise, les efforts étant à la hauteur de l’exploit. Mais c’est bel et bien le facteur psychologique qui se taillera la part du lion. L’usure mentale fera tanguer son esprit et ce dernier mettra à rude épreuve, provoquant une lutte intérieure indispensable à sa survie. Kenichi passera ainsi par différentes phases, mais sans pour autant que cet aspect devienne un enjeu majeur de l’histoire. En effet, il ne se départira jamais de sa bonhomie caractérisée et gardera un moral d’acier. Le meilleur moyen pour y arriver ? Plaisanter et jouer de son esprit moqueur. L’occasion pour nous de sourire à nouveau face à quelques pointes d’humour corrosives. Car si le fond est ouvertement pessimiste, la forme est pour sa part toujours axée sur une note plus légère. Ainsi, le voyage se passe tout en douceur pour le spectateur, alors qu’en parallèle, les traditionnels imprévus se mêlent aux aléas propres à un tel parcours du combattant pour tenir éveillé notre anti-héros. Ces instants espérés autant que redoutés le forceront à trouver les ressources nécessaires à la bonne marche de son entreprise. Pour que survive son rêve.

La musique du film est entraînante et les images, mises en valeur par le format cinémascope, se révèlent douces et chaleureuses. Sans révolutionner le genre, la réalisation est efficace, et le montage dynamique de Tsujii Masanori permet d’imprimer une tension supplémentaire à cette traversée. A noter la superbe interprétation de Yûjirô Ishihara, plus vrai que nature dans ce rôle atypique. Porter un film sur ses épaules n’est pas chose facile, et il s’en tire avec maestria. Bravo l’artiste !

Avoir rendu cette histoire, pessimiste en son for intérieur, aussi plaisante et chaleureuse s'avère un véritable tour de force. La simplicité de l’ensemble, le ton résolument léger et les multiples touches d’humour m’auront permis de passer un agréable moment en compagnie de ce personnage pas comme les autres. Un vrai coup de cœur.




Image
: Issue du master HD Criterion, l’image de La Harpe de Birmanie est de bonne qualité. On remarque néanmoins quelques rayures (à 9 mn) et des fins de bobines en moins bon état que le reste. Mais globalement, le résultat est bon. La définition est correcte, la palette de gris bien nuancée, les contrastes au rendez-vous. Côté masterisation, on ne relève aucun défaut de type pixellisation ou autre. Le grain cinéma est bien respecté. Les deux autres films bénéficient également d’une restauration de qualité avec quelques défauts de pellicule ici ou là, mais au final un beau travail de restauration marqué par un respect évident du matériau d’origine.

Son : Pas grand-chose à signaler de ce côté-là. Les pistes mono japonaises sont de bonne qualité. Aucun défaut de type souffle ne vient perturber les films. Sur La Harpe de Birmanie, on remarque notamment une excellente gestion du mixage dialogues/musique avec une belle ouverture sur les morceaux de harpe. Les sous-titres sont blancs, discrets et parfaitement lisibles (détourés de noir).
Carlotta
111 mn / 122 mn / 97 mn
Zone 2
DVD 9
Chapîtrage fixe et sonore
Format cinéma : 1.33 : 1 (La Harpe... / Kokoro)
2 .35 : 1 (Seul sur l'Océan Pacifique)
Format vidéo
: 4/3 et 16/9 compatible 4/3
Langues : Japonais Mono
Sous titres : Français non imposés

Préfaces de Diane Arnaud
Dans ses préfaces, Diane Arnaud donne un point de vue passionné, étoffé par une connaissance certaine de son sujet. Cette maîtrise rend les minutes passées en sa compagnie fort intéressantes, d’autant que son expression est claire et ses propos riches en informations. Un complément appréciable.

L’Histoire d’un soldat (analyse de Claire-Akiko Brisset, Maître de conférences à l’université Paris VII)
Retour historique sur les origines de cette guerre, L’Histoire d’un soldat constitue un supplément de qualité. Détaillé et illustré de nombreuses images d’archives, ce documentaire passionnant axe son déroulement sur l’histoire du soldat ayant inspiré le personnage de Mizushima. Un destin unique conté avec intelligence, qui insiste sur l’influence d’une vie ponctuée de nombreux messages humanistes et pacifistes. Il en décline également quelques comparaisons et prolonge la réflexion sur un pan de l’histoire cinématographique. Seront notamment évoqués La Condition de l’homme de Masaki Kobayashi, l’autre « humaniste de l’après-guerre. » Il est également question de l’importance de la spiritualité dans l’approche voulue par Ichikawa ; et pour finir, un retour sera effectué sur le rôle majeur joué par la musique et son universalité. Complète et sans lourdeurs, cette analyse apporte un petit plus non négligeable.

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Guillaume Magique

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