Le Convoyeur (Nicolas Boukhrief - 2004)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Guest

Post by Guest »

yeah j ai bcp aimé aussi. 8)

vu les tartines postées par roy, je n ai pas grand chose à rajouter..

si ce n est que j aime bcp la noiceur de ce film.
dupontel est vraiment tres bon et dujardin et berleand ne sont pas mal non plus.
Bob Harris

Post by Bob Harris »

trotinette wrote:yeah j ai bcp aimé aussi. 8)
Normal...

Tu ne pouvais qu'aimer un film sur un con voyeur... :)

:arrow:
Guest

Post by Guest »

Bob Harris wrote:
trotinette wrote:yeah j ai bcp aimé aussi. 8)
Normal...

Tu ne pouvais qu'aimer un film sur un con voyeur... :)

:arrow:
attends moi dehors, on va regler ça entre 4 z yeux... :twisted:

:lol:
Swan
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Post by Swan »

Roy Neary wrote:ma défense va bientôt virer à la campagne politique tant c'est le type de cinéma français qui me fait "triper" !
Je signe. Soutenir Le Convoyeur est un acte politique.
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Beule
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Post by Beule »

Complètement époustoufflé pour ma part !

Je conçois que ceux qui en attendaient avant tout un film d'action canonique, teigneux et tiré au cordeau puissent en ressortir fortement déçus. Et j'estime même que les rapprochements effectués avec le récent Nid de guêpes, dont la maîtrise formelle m'avait au demeurant très favorablement impressionné, ne rendent pas justice à l'entreprise de Boukhrief, tant il me semble évident qu'il existe un gouffre entre les ambitions de Siri et celles de l'ancien fer de lance de Starfix.

Adoptant une démarche référentielle il me semble que le premier tendait à administrer la preuve qu'il existe un ferment de compétences techniques qui ne demandent qu'à s'affirmer au sein de notre patrimoine cinématographique pour proposer une alternative viable au cinéma d'action populaire venu d'Outre-Atlantique ou d'Asie du Sud-Est. Je ne vois rien de tel transparaître dans la démarche de Boukhrief. En tout cas ça me paraît une lecture très réductrice de ses objectifs, dont je ne connais rien de la teneur cela dit, n'ayant rien lu de ses propos.

Car que propose Boukhrief en définitive, sinon investir le cinéma de genre pour s'exprimer en tant qu'auteur à part entière et ce faisant, le revitaliser de fond en comble. Ce n'est pas là la démarche adoptée - pour ce que j'en connais, car j'ai de grandes lacunes en la matière- par les meilleurs artisans illustrateurs du genre dans les années 60-70, en tout cas dans le cinéma français (Verneuil, Deray, voire même Corneau?), ni même celle des meilleurs peintres de milieu des décennies précédentes (Becker, Dassin etc.). Assimiler l'essai à un pseudo-documentaire sur le quotidien des convoyeurs de fonds tient pour moi de l'aberration la plus totale tant il est patent que l'art du cinéaste se situe en opposition au travail d'un enthomologiste. Non qu'il ne puise quelque caution dans un enracinement réaliste, Boukhrief s'est de toute évidence méticuleusement documenté, mais cette inspiration réaliste n'est qu'un prétexte pour faire saillir les stigmates de l'alliénation résultant de la déliquescence
sociale contemporaine à travers une mosaïque de laissés pour compte aux très hautes vertus synthétiques.

Ces vertus de synthèse sociale sont telles que je me suis surpris à
me demander, particulièrement après la révélation des origines traumatiques du personnage de Dupontel, si cette danse macabre n'était pas que le fruit d'un fantasme obsessionnel nourri par le personnage, un peu sur le modèle d'All that jazz, par exemple.

Sans doute est-ce pousser le décryptage un peu loin, j'en conviens. Quoi qu'il en soit je ne peux m'empêcher d'appréhender ce microcosme comme une sorte d'antichambre de la mort, projection sociale où végéteraient quelques condamnés sociaux en sursis, donnant libre cours, qui de sa perversion naturelle (Berléand), qui du ressentiment d'avoir été refoulé exprimé par la transgression (le descendant d'une lignée de flics transformé en dealer), qui encore de son vain attachement à quelque réflexe social presque pavlovien et rendu totalement obsolète dans un environnement social si délétère que même la fonction des RH semble dévitalisée et se réduit à un soutien psychologique d'une incompétence absolue: ainsi du personnage de Gilles Gaston-Dreyfus (géniale résurrection de ces acteurs de composition qui firent la richesse d'un certain cinéma populaire français) réitérant sans foi le rituel de la contestation sociale, ou de ce bouleversant insert sur Dupontel surpris à prendre mécaniquement connaissance des derniers rapports de l'évolution des taux directeurs de la BCE.

Poignante est la mise à nue de cette société à deux, voire à multiples vitesses, où non seulement les "nantis" et les laissés pour compte s'ignorent jusqu'à réfuter toute interaction (cf les deux séquences jumelles de l'humiliation lors du chargement) mais où, pire, l'aveuglement et le replis social sont tels qu'ils opposent ceux qui ont encore l'instinct de rebellion le plus primaire (les délinquants des banlieues défavorisées) à ceux qu'ils assimilent grossièrement aux forces exploitantes, les convoyeurs. Et implacable est la démonstration de l'hermétisme le plus total, puisque ces derniers refusent en définitive de dissocier les tenants du grand banditisme des responsables de leurs brimades quotidiennes, jusqu'à la catharsis dans la violence la plus abjecte.

Au regard de cette logique d'acceptation les partis-pris d'opacité véhiculés par les choix de mise en scène de Boukhrief m'apparaissent d'une cohérence de tous les instants. Nul besoin d'éclairer plus précisément les circonstances de sa reconstruction, puisque de reconstruction il n'y a pas, qu'il n'est qu'un mort-vivant investiguant un univers hermétique et déshumanisé dans lequel il a versé comme mu par une force primale assimilable à la vengeance. Ses collègues emmurés dans leur résignation
se souciant comme d'une guigne, aux deux exceptions près des deux personnages plus humains de Dujardin et de l'incandescente Claude Perron à qui Boukhrief a la générosité, malgré certains de leurs errements, d'accorder des traitements plus différenciés à l'heure de l'implosion finale, il ne serait pas cohérent d'offrir au spectateur plus d'éclaircissements. Sauf à vouloir cultiver une fibre mélodramatique dissonnante avec la tonalité hagarde qui sourd de la mise en scène, et dont rend admirablement compte le traitement visuel du massacre final,
dépourvu de toute affêterie, de toute la virtuosité esthétisante d'un John Woof par exemple.

Les quelques vignettes relatives au drame ou à la catatonie de l'épouse suffisent à différencier le personnage de Dupontel, à lui conserver cette flamme vacillante d'humanité qui en fait un outsider dans cette communauté privée d'aspiration à vivre. De la même façon il me semble que la décision d'introduire la séquence du flashback traumatique en parallèle de la réunion presque fusionnelle de la communauté des convoyeurs participe de cette même nécessité de distinction quant à la perte des repères sociaux.

Ce sont d'ailleurs quelques éclairs de vie, mieux de plaisir, le plus souvent balayés dans l'instant mais que leur découverte presque impromptue rend d'autant plus vibrants, tel l'attachement de ce mécano à la restauration de son cabriolet qui éveille l'espace d'un instant comme un sentiment d'empathie chez Dupontel et qui trouve un prolongement apaisé et sublime dans le plan final, qui sauvent la vision du cinéaste, que d'aucun pourrait trouver excessivement pessimiste si ce n'est même cynique.

Et si je me suis un moment interrogé moi aussi quant à la justification des séquences mettant en scène le personnage d'Aure Atika, c'est pour me rendre à l'évidence que c'est par son entremise que s'exprime la foi profonde du cinéaste en la nature humaine. Non seulement parce qu'elle permet, après l'une des séquences les plus insoutenables du film (la description glaçante de l'apathie de Dupontel confronté à la spontanéité ludique de ce gamin pourtant chargée de tant de réminiscences parentales), de souligner les élans de sensibilité refoulée du personnage principal mais aussi et surtout parce que le regain de fierté de ce personnage de femme et de mère, dont on devine malgré les non-dits et les ellipses qu'elle aussi a connu son lot de compromissions et de renoncements, synthétise en fait toute la vision morale du cinéaste sur la condition humaine.

Au sortir de la projection, je me suis empressé de lire la courte mais
élogieuse notule consacrée au film par Pascal Sennequier dans Positif. C'est avec intérêt que j'ai relevé une interprétation possible des motivations initiales du personnage de Dupontel, que je n'avais nullement envisagées mais qui tend à ancrer davantage l'intrigue du film dans le courant du film policier. Ce qui m'ammène à penser, comme Roy Neary,
que les niveaux de lecture de ce film sont décidément d'une richesse hors du commun pour un film de genre, et qu'il devrait être en mesure de combler les attentes des publics les plus variés. Pour moi en tout cas, ni plus ni moins qu'une date à marquer d'une pierre blanche dans le renouvellement du polar français: intense (je me suis rarement surpris à tressaillir d'émotion sous le choc de chaque détonation), brutal, asphyxiant mais aussi poétique et bouleversant.
Tuck pendleton
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Post by Tuck pendleton »

et bien Beule tu m'as donné envie
Jordan White
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Post by Jordan White »

Superbe éloge Beule !
Le film n'a t-il pas d'avance une étiquette "film de genre" alors qu'il est sans doute, de ce que j'ai vu de la bande-annonce un film qui se veut plutôt fédérateur et grand public, pour renouer avec le cinéma populaire des années 70 ?
Jake Scully
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Post by Jake Scully »

Putain de sa race, je hais le 'Majestic' de Douai sur ce coup-là!!! :evil: ils ont changé les horaires de diffusion des films!!! :x J'ai du coup raté le début du CONVOYEUR. Je suis arrivé c'était la scène où Dupontel est dans le bureau du gars qui le fait entrer en tant que convoyeur. J'ai raté beaucoup??

Sinon, bin j'ai bien aimé ce film. Du très bon cinéma, avec certes, une référence quand même appuyée à TAXI DRIVER :wink: mais c'est très bien géré! Le réalisateur s'en sort super bien. Dupontel est très bon, Aure Attika n'a pas le grand rôle auquel je m'attendais et tant mieux :roll: (je l'aime pas, c'est tout) et elle est bien dirigée. L'histoire tient bien la route, le twist marche... c'est du bon cru. :D

5/6
Requiem
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Post by Requiem »

Jake Scully wrote:Putain de sa race, je hais le 'Majestic' de Douai sur ce coup-là!!! :evil: ils ont changé les horaires de diffusion des films!!! :x J'ai du coup raté le début du CONVOYEUR. Je suis arrivé c'était la scène où Dupontel est dans le bureau du gars qui le fait entrer en tant que convoyeur. J'ai raté beaucoup??
Une intro du feu de dieu qui trouve son importance plus tard dans le film. :?
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Reine du bal masqué saison 11
Jake Scully
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Post by Jake Scully »

Requiem wrote:
Jake Scully wrote:Putain de sa race, je hais le 'Majestic' de Douai sur ce coup-là!!! :evil: ils ont changé les horaires de diffusion des films!!! :x J'ai du coup raté le début du CONVOYEUR. Je suis arrivé c'était la scène où Dupontel est dans le bureau du gars qui le fait entrer en tant que convoyeur. J'ai raté beaucoup??
Une intro du feu de dieu qui trouve son importance plus tard dans le film. :?
'fait chier!!!!!! :x
Bob Harris

Post by Bob Harris »

Jake Scully wrote:Putain de sa race, je hais le 'Majestic' de Douai sur ce coup-là!!! :evil: ils ont changé les horaires de diffusion des films!!! :x J'ai du coup raté le début du CONVOYEUR. Je suis arrivé c'était la scène où Dupontel est dans le bureau du gars qui le fait entrer en tant que convoyeur. J'ai raté beaucoup??
A ta place, j'aurais attendu une autre séance...

Je devais voir 800 Balas à 19h, mais je suis arrivé un peu trop tard, donc, j'y suis allé à 21h30. Faut pas se gâcher des séances de ciné comme ça ! :)
Requiem
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Post by Requiem »

Bob Harris wrote:
Jake Scully wrote:Putain de sa race, je hais le 'Majestic' de Douai sur ce coup-là!!! :evil: ils ont changé les horaires de diffusion des films!!! :x J'ai du coup raté le début du CONVOYEUR. Je suis arrivé c'était la scène où Dupontel est dans le bureau du gars qui le fait entrer en tant que convoyeur. J'ai raté beaucoup??
A ta place, j'aurais attendu une autre séance...

Je devais voir 800 Balas à 19h, mais je suis arrivé un peu trop tard, donc, j'y suis allé à 21h30. Faut pas se gâcher des séances de ciné comme ça ! :)
Je suis aussi comme ça "syndrome Annie Hall" ?), si je manque 15 secondes de générique, je laisse tomber et je reviens une autre fois.
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Bob Harris

Post by Bob Harris »

Requiem wrote:Je suis aussi comme ça "syndrome Annie Hall" ?), si je manque 15 secondes de générique, je laisse tomber et je reviens une autre fois.
"- C'est le générique, et en suédois!!!"
"- Je sais, mais moi, faut que je vois un film de la première à la dernière image!"
:lol:
Swan
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Post by Swan »

Jake Scully wrote:J'ai raté beaucoup??
Gros spoiler.

Le film s'ouvre sur une une discussion entre trois convoyeurs roulant sur une route en forêt. Ils s'interrompent lorsqu'une voiture trente de les doubler et notent son numéro d'immatriculation. Survient une explosion qui laisse la place au générique. C'est bien sûr la séquence du braquage qui coûtera la vie au fils de Dupontel.
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Swan
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Post by Swan »

Bob Harris wrote:"- C'est le générique, et en suédois!!!"
"- Je sais, mais moi, faut que je vois un film de la première à la dernière image!"
:lol:
Tu as oublié "Je suis anal". ;)

Mais j'avoue que c'est aussi mon cas.
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