Les films de Kung-fu old school

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

C'est la fête aux projos 35 mm en ce moment ! :D

Chen, le caïd des sampans / Knight Errant / Dragon fist (Ting Shan-Hsi - 1973)
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Trois frères japonais sont entrainés depuis leur jeunesse par une experte en art-martiaux dans le but de se venger de la mort de ses parents qui se sont suicidé suite à l'évasion d'un prisonnier chinois durant la guerre. Il s'avère que l'homme qu'il cherche à lui aussi un fils expert en kung-fu, ce qui lui pose quelques problèmes financiers puisqu'il passe son temps à payer les réparations des dégâts causés par ses combats.

Ce kung-fu urbain fait partie de la période taïwanaise de Jimmy Wong Yu, soit pas nécessairement sa plus passionnante et réussie. C'est une petite production qui semble vouloir profiter du succès du premier Bruce Lee en nous ressortant un mélo des familles où Jimmy crée la honte de son père chaque fois qu'il se bat d'autant que cela cause des problèmes d'argent qui retarde l'opération de sa sœur aveugle. Ces rapports avec son père permettent quelques scènes involontairement saugrenues avec l'argent que dilapide le pauvre bougre, même quand il n'est pas responsable de la casse. A se demander comment un simple chauffeur de taxi arrive à gagner autant d'argent ! :mrgreen:

Malgré tout le côté mélo n'est pas trop envahissant heureusement (mais ralentissant toujours le rythme) mais la partie martiale est assez bâclée, surtout Jimmy Wang Yu qui ne bénéficie pas d'un chorégraphe digne de ce nom. C'est l'un des films où ses limites physiques sont les plus visibles et certains gestes sont vraiment ridicules comme son moulinet du pied. La réalisation essaie un peu de cacher ça avec quelques astuces dans le cadre pour une première demi-heure assez efficace comme lors le combat entre les conteneurs. La suite sera malheureusement très plan-plan, se limitant au bourre-pif hargneux de Wang Yu qui compense en bourrinant, parfois en accéléré.
En face de lui, on trouve pourtant Yasuaki Kurata en début de carrière qui reste le comédien qui possède la meilleure présence mais dont les capacités sont peu mises en valeur. Et toujours dans les jeunes débutant, il y a aussi Eddy Ko ! :)

Cela dit, celle qui leur vole tous la vedette est Chin-Ju Hsieh, actrice qui n'aura joué que dans 4-5 films dont la reine du Karaté où elle se faisait rouler sur le ventre par une charrette. Ici elle se surpasse puisque c'est rien de moi qu'une voiture qui met à l'épreuve ses abdos d'acier (cf à 1.50 dans la bande-annonce) ! Elle rigole d'ailleurs pas Hsieh et elle corrige violement le pauvre Jimmy qui est obligé de l'avoir en traitre pour la vaincre.
Je serai en tout cas bien curieux de connaître davantage son parcours car elle est pour le moins atypique dans le panorama du cinéma d'arts-martiaux.

Le film se vaut surtout pour sa dernière demi-heure qui enchaîne enfin les combats non stop avec un peu de punch : une scierie (Intérieur puis extérieur pour quelques morts bien violente) et le final Wang Yu Vs Chin-Ju Hsieh en deux actes (grâces à une technique magistrale d'infiltration dans le coffre d'une voiture).

Enfin, on va pas trop se mentir non plus, à l'instar de l'aveugle qui se fait opérer des yeux à la fin du film, on n'est pas mécontent de voir la fin arriver.




Et puisque je suis là, une annonce pour signaler qu'il y aura en février une soirée Bis à la cinémathèque avec un double programme Jimmy Wang Yu :D
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Kevin95
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Kevin95 »

KNIGHT ERRANT / Ying hung boon sik - Shan-Hsi Ting (1973) découverte

La vie est dure pour Jimmy Wang Yu qui, non content d'avoir une sœur aveugle, une fiancée difficile (mais réconfortée par un restau), des fins de mois difficiles, un métier harassant de chauffeur de taxi et un goût malheureux pour le coup de tatane qui lui vaut des dettes pas possible, Jimmy doit aussi faire face à trois méchants surentrainés venus chercher des noises à son paternel parce qu’il a fait deux trois trucs sympa pendant la guerre (me demandez pas le rapport, j'ai mis mes meilleurs gars sur le dossier). Pour nous, pauvres spectateurs, va falloir attendre près d'une heure avant que le film se bouge un peu, plombé par une intrigue incompréhensible (étonnant non ?) et un sens du bavardage accentué. La dernière partie redonne un peu la banane, Wang Yu s'excite quand il comprend enfin l'intrigue du film, se bat comme un sagouin, expédie en quelques minutes les trois méchants (alors que le film a mis une plombe à les présenter) et - la cerise - termine le boulot en se mangeant la "Reine du karaté" (une Lady Macbeth de la salle de sport version troisième âge) voir en lui roulant dessus en toute impunité. Rayon sample, nos amis taïwanais ont récupéré la musique de Gordon Parks (Shaft's Big Score !, 1972), celle d'Ennio Morricone (Le Casse, 1971) et de... Francis Lai (L'aventure c'est l'aventure, 1972). Longuet mais rigolo.
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Alexandre Angel
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Alexandre Angel »

Kevin95 wrote:KNIGHT ERRANT Longuet mais rigolo.
La bagarre avec la vieille, c'est mortel :D
bruce randylan
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Vendredi dernier, il y avait une nouvelle soirée Bis à la CF centrée sur Jimmy Wang Yu :)

Jimmy Wang Yu fait rougir le fleuve jaune / Karatéka aux poings d'acier / Fast Fists (Ting Shan-Hsi - 1972)

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La troupe de brigands "Les lanternes rouges" mettent à mal l'autorité de la police et des japonais tout en causant quelques désagrément à la population. Leur chef tombe sous le charme d'une artiste qui doit rallier sa prochaine salle de spectacle. Mais la belle n'a pas qu'un seul prétendant et plusieurs artistocrates corrompus lui tournent autour.

Passons sur un titre français qui n'a pas grand rapport avec le choux chinois pour profiter d'une bien chouette pelloche. Rien de révolutionnaire à première vue avec ce pure véhicule pour Jimmy Wang Wu (accompagné de son réalisateur attitré de cette période) sauf que le personnage féminin est l'occasion d'introduire une forte dose d'opéra de Pekin. Un retour aux sources bien exploitée ici avec un p'tit côté mise en abîme où non seulement on voit sur scène l'origine des films d'arts-martiaux mais en plus le personnage féminin est elle-même un parallèle à la pièce qu'elle interprète.
Ca permet d'avoir une actrice (la rare Gwok Siu Chong) qui ne joue pas seulement les utilités mais demeure le pivot de la narration tout en étant réellement active. C'est d'ailleurs le personnage le plus noble et intéressant du film là où les protagonistes masculins (Jimmy Wang Yu en premier) ne sont pas d'une grande intelligence. De bons gros beaufs qui tapent et discutent après alors que la damoiselle place tout en discrétion ses pions sur l'échiquier.

Mine de rien, ça donne un film assez respectueux de ses racines et avec un peu de plus d'enjeux dans les relation. La bonne nouvelle c'est que la version française n'a pas l'ait d'avoir beaucoup taillé dans les séquences de danses/Chant de l'opéra de Pékin.
Après, ça reste du bourre-pif dans les grandes largeurs avec un grand nombres de combats qui rythment allégrement les 90 minutes. Comme d'hab avec Wang Yu, les chorégraphies ne sont guères élaborés et sophistiquée étant donné les limites de son comédien qui compense avec sa teigne et sa hargne bien connues.
Les combats sont nombreux, nerveux et assez intenses avec pas mal d'intervenants dans le cadre pour des plans parfois relativement longs. La construction du récit (avec l'ajout de révolutionnaires en court de route) est une bonne excuse pour varier les ennemis, les décors et donc l'approche martial qui reste malgré tout sans grande surprise. Il y a quand même l'ajout de fusils pour quelques rebondissements amusants (la traque dans les hautes herbes ; les ressorts subtilisés).
En tout cas la dernière demi-heure défouraille à tout va avec une longue baston dans la prison bien épique et le final contre les boss qui ne manquent pas de punch.


Wang Yu et Miss Karaté se déchaînent / The lion's heart (Ting Shan-Hsi - 1972)

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Un chef d'un clan de trafiquants de drogue revient dans son village natal pour retrouver son grand frère après plus de 10 ans de contrebande. Les retrouvailles sont chaleureuses mais rapidement malmenées par un riche seigneur qui convoite sa belle-sœur.

Plus qu'une soirée bis Jimmy Wang Yu, c'était même un double programme Jimmy Wang Yu / Ting Shan-Hsi puisqu'on retrouve le même réalisateur (celui qui signa Chen, le caïd des sampans toujours avec Jimmy Wang Yu / Cf les deux posts au dessus).

Quand on enchaîne les deux films, on devine qu'ils ont du être plus ou moins tourné en même temps puisqu'on retrouve l=une partie du même casting et certain décor. On devine aussi que Wang Yu et Miss Karaté se déchaînent a dû être tourné sur le temps libre du précédent : le scénario n'a pour le coup aucune originalité, les décors peu variés et surtout les combats sont d'un niveau bien trop faible (en plus d'être moins nombreux). Il n'y a que le dernier tiers où l'on a enfin pour son argent avec quand même quelques échanges correctes, surtout l'affrontement entre Jimmy Wang Yu et son ancien ami, le chef des narcotrafiquant. La partie dans la maison du frère face à 3 adversaires est d'un assez bon niveau également. Dans l'ensemble, on est à des kilomètres de l'énergie du précédent.
A part ça, le personnage féminin est totalement bâclée et sacrifiée, loin de ce que le titre français laissait croire. En parlant de l'adaptation française, celle-ci est assez gratinée, laissant croire à un nanar délirant fabriqué lors de la post-synchro.
Et puis en fait pas du tout... malgré les retrouvailles entre les frères au début tout simplement hilarantes avec dialogues volontairement grotesques et un thème musical bien proche de celui d'amour gloire et beauté :lol:

Mieux aurait fallut inverser l'ordre de diffusion des deux films.

Sinon excellente nouvelle, il n'y aura pas besoin d'attendre longtemps la prochaine soirée Bis Kung-fu puisqu'elle aura lieu le 31 mars avec deux pièces de choix le délirantL'invincible Super Chan et le survolté psychédélique Holy flame of the martial world :D 8)
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Re: Les films de Kung-fu old school

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THE FAST FISTS / Da dao - Shan-Hsi Ting (1973) découverte

Soirée Jimmy Wang Yu à la Cinémathèque avec en première partie The Fast Fists. Production HK donc le service est au minimum respectable : décors agréables à l’œil, scope bien exploité, samples musicaux évités etc. Shan-Hsi Ting cherche l'épique et met en scène une grande histoire d'amour sur fond de Révolution, de Résistance et de trahisons en tous genres. Le scénario sent d'emblée le gros four-tous et bingo, c'est le cas. Toutes les demi-heures, un rebondissement et allons-y vers une autre direction, autant dire que la ligne claire narrative ce n'est pas ici. Mais si le réalisateur galère à raconter simplement son histoire, voir à dynamiser la partie "Hollywood classique" de The Fast Fists, il n'est en revanche pas manchot dans les scènes d'actions. Faut certes un poil attendre avant de se mettre à table, mais aidé de Wang Yu (aka mister je frappe comme un sourd), les castagnes remuent avec entrain et Shan-Hsi Ting sait toujours magnifier l'ensemble via des travellings discrets ou l'utilisation du format large. Une petite bande d'époque, pas inoubliable mais pas mal du tout.
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Re: Les films de Kung-fu old school

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THE LION'S HEART / Meng si hung feng - Shan-Hsi Ting (1972) découverte

Deuxième partie de la soirée Wang Yu à la Tek, même réalisateur que pour The Fast Fists (1973) mais péloche plus vieille d'un an et localisée à Taïwan. Ce dernier détail change toute la donne, là où The Fast Fists savait se tenir en public, The Lion's Heart accumule les coquilles des productions les plus cheapouilles de l'époque : décors fatigués, historiette finalisée en coin de table, seconds couteaux dispensables et surtout de bons gros samples des familles. Un petit point blind test puisque le film récupère du John Barry (les premières mesures du thème principal de Diamonds Are Forever [1971]), de l'Ennio Morricone un peu traficoté (Per qualche dollaro in più / Et pour quelques dollars de plus [1965]) et (mon chouchou) pour les séquences tristounes la musique du film Bless the Beasts and Children (1971), plus connue pour sa réutilisation télévisée avec Les Feux de l'amour. Sinon, The Lion's Heart narre les pérégrinations de Jimmy Wang Yu super méchant en début de film, tout mou face à son frère, carrément vénère lorsqu'on bute ledit frangin et finalement sympatoche une fois les mots "The End" sur l'écran. Intrigue lambda, la part mélo est tartiflette mais les combats valent le prix du billet (encore une fois, Wang Yu est extra lorsqu'il faut donner des coups de savates comme une brute et non comme un maitre martial). Notons tout de même une VF apocalyptique, si cheap qu'elle récite certains dialogues directement sur la bande originale (on entend donc quelques répliques en mandarin) et si je-m’en-foutisme qu'un des doubleurs confond l'accent asiatique (déjà limite dans les films de l'époque) et celui "petit nègre" (aie !) Commun mais sympa, The Lion's Heart est surtout pour moi la confirmation de ma passion Wang Yu, petit homme nerveux, arrogant, sans technique mais si furieux qu'il en devient fascinant. Je risque fort de mon plonger dans sa filmo d'ici peu.
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Kevin95 »

INVINCIBLE SUPER CHAN / Tian zhan - Yang Sun (1971) révision

Révision tout confort à la Cinémathèque mais en très légère baisse, car passée la surprise de la découverte, faut quand même se farcir un Invincible Super Chan fauché comme les blés et monté au mépris de l’œil humain. Z ok, mais toujours aussi amusant, ses bagarres à répétition (pas ou très peu de temps morts), ses idée dingos (le drapeau qui sert de surf, le sabre à ressorts, la femme crucifiée...) par des types qui n'imaginaient pas qu'on (re)verrait leur travail plusieurs années après et un comédien principal qui galère à lever la jambe. Ça sent bon le Taïwan des années 70, lorsqu'elle essayait de rivaliser avec Hong-Kong pour le prix d'un ticket de métro, en ne se faisant pas trop chier pour paraitre glorieux quitte à tourner dans un hagard une scène dramatique alors que les quatre murs sont on ne peut plus visibles et que le paysages sont peints par un stagiaire en Bac pro. Les sous-doués font du karaté, toute une époque !
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Black Jim l'impitoyable ninja aka Black Jim le magnifique aka Sun Dragon aka Hard way to die (Hua Shan - 1979)

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Une vraie curiosité que cette kung-fu comedy co-produite entre Hong-Kong et les Etats-unis pour une histoire où un jeune chinois fuit son pays pour se réfugier en Arizona (à l'époque de la constructions des chemins de fer) où il croise un adolescent noir désirant venger le massacre de sa famille par un trio de pilleurs de banque.

Mais qui dit co-production ne dit pas plus d'argent car le film est terriblement fauché avec des décors passe-partout désespéramment cheap, beaucoup d’anachronismes (il y a avait l'électricité dans les cabanons reculés à l'époque ?) et des acteurs américains à l'allure so 70's.
Curieusement, le film ne joue que très peu de l'imagerie Western et à part 1 séquence se déroulant devant le Grand Canyon, les paysages sont totalement anonymes et pourraient même avoir été tourné à Taïwan, ce qui est peut-être le cas...
Par contre, les USA ont apporté un certains nombres d'artistes martiaux locaux, oubliés depuis, mais qui étaient plus ou moins des pointures à l'époque comme Louis Neglia (champion de kickboxing), Joseph Jennings et surtout le jeune Carl R. Scott qui tournera 4 films et qui se révèle assez impressionnant ici. Côté hong-kong, c'est Billy Chung, lui aussi retourné dans l'anonymat, mais qui était à l'époque l'un des meilleurs acteurs du genre et dont la carrière ne dura malheureusement que quelques années.

Pour le film, en gros, tout le monde se contrefout du scénario et mise pour 90 minutes de kung-fiesta avec des combats omniprésents (au moins un toute les dix minutes) jusqu'au final quasi non-stop de 30 minutes, à peine ponctué par des scénettes de quelques dizaines de secondes pour faire avancer "l'intrigue".
Et bonne surprise, les chorégraphies sont d'un bon niveau. Durant la première partie, elles sont assez basiques et peu élaborées mais gagnent en technicité et en longueur en se rapprochant des derniers affrontements, ce qui est plutôt logique vu le scénario. Il y a toujours quelques accélérés et des artistes martiales US un peu raides mais dans l'ensemble ça enchaîne sévère en mode bourrin sans finesse ! :D
Les affrontement de la seconde moitié envoient du lourd avec quelques très bonnes phases (la baston dans un saloon de nuit, un indien munis de couteaux, un duel aux bâtons, un japonais muni d'un sabre, les derniers combats...).

Autre bonne surprise, contrairement à ce que pourrait laisser planer son scénario, le film ne s'engouffre pas dans le racisme et l'humour douteux. Tout le monde est logé à la même enseigne : un des méchants est chinois (et il sort avec une occidentale), il y a des américains bienveillants et d'autres moins comme il y a des asiatiques égoïstes. Là où tout le monde se retrouve, c'est quand il s'agit de se foutre sur la tronche !
Parmi les regrets, la partie purement "kung-fu comedy entraînement" est un peu légère et c'est vrai que les chorégraphies sont un peu répétitives quand elles ne possèdent pas d'accessoires.

Hua Shan fait ce qu'il peut avec son budget inexistant mais on voit que l'ancien artisan de la Shaw Brothers (Super Inframan ; soul of the sword) essaie par moment de travailler l'éclairage et la photo mais vu la qualité pourrie des copies en circulation, c'est presque de la spéculation.
Comme c'est libre de droit, c'est Bach Films qui nous sort ça en 4/3 letterbox en 1.85 (donc à priori recadré). VF only et donc assez gratiné, toujours mieux que les doublages ricains celà dit.

J'ai lancé le disque sans rien à attendre et je me suis vraiment bien amusé 75% du temps. 8)

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Re: Les films de Kung-fu old school

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Une p'tit découverte en 35mm :)

Yang Tze, la terreur de Bruce Lee aka Chinese Hercules aka Freedom Strikes a Blow (Huang Ta - 1973)
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Pour avoir tué son futur beau-frère lors par accident, un expert en arts-martiaux prend la fuite. Pour éviter de commettre à nouveau la même erreur, il se broie une main avec une pierre et trouve un emploi chez des dockers. Les navires qui accostent sont tenus des mafieux cherchant à se débarrasser de la main d’œuvres.

Un médiocre production qui serait totalement passé sous les radars si on ne trouvait pas au générique Bolo Yeung dans le rôle du méchant le plus redoutable à affronter (et qui aime broyer la tête de ses adversaires). Un autre nom encore plus connu s'est glissé au générique : Jackie Chan qui officie comme chorégraphe et fait de la figuration très fugace. Si on n'a pas réussi à le repérer à l'écran, on peut plus "facilement" reconnaître Yuen Biao. Corey Yuen, Yuen Bun ou Stephen Tung sont aussi parmi les jeunes débutants noyés dans la masse. Et Yuen Woo-ping y fut aussi assistant !
En 1973, Jackie Chan commence tout juste comme chorégraphe et ça n'est pas avec ce titre qu'il a du attirer l'attention. C'est totalement basique, y compris pour l'époque. Du bourre-pif bête et méchant mais qui défoule un peu si on est en manque. Et Bolo Yeung enchaîne tout de même des coups qui ne manquent pas de puissance et de hargne. On a pas trop envie de se frotter à ses muscles.

Ce qui est absurde en revanche, c'est de donner le rôle principale à une "pointure" qui passe tout le film à refuser de se battre et à pleurnicher sur son sort. On a bientôt envie d'aider les sbires des mafieux à lui broyer l'autre main. Il faudra donc le laisser regarder ses collègues dockers se faire régulièrement démonter en long, en large et travers. Niveau baston, ça a pris un vrai coup de vieux et s'est plutôt frustrant et répétitif.

A la réalisation on trouve l'obscur Huang Ta qui n'aura à priori signé que 2 réalisations. A voir ce Freedom Strikes a Blow, on comprend pourquoi sa filmographie est si peu étoffée : ce n'est pas un Kung-Fu, c'est un Kung-flou. Il passe plus de temps à placer des objets/végétation au premier plan qu'à faire la mise au point sur les acteurs. Et le découpage est du même acabit avec des plans improbables, souvent trop longs... et pas trop nets donc. Pour le défendre, on pourra dire aussi que c'est pas avec le budget qu'on lui propose qu'il peut briller : 80% du film se déroule sur le chantier/quai au bord de mer. Et il est obligé de zoomer très rapidement au moindre panorama pour éviter qu'on voit trop les immeubles hong-kongais anachroniques dans l'arrière plan. :mrgreen:

A noter tout de même que le scénario possède une dimension sociale assez rare dans le genre avec les travailleurs se mettant en grève pour protester contre une sorte de délocalisation de leur activité. Reste que la VF n'aide pas du tout à prendre cette histoire au sérieux.

Quant à la référence du titre français à Bruce Lee, une semaine après avoir vu le film on ne l'a toujours pas comprise.

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Re: Les films de Kung-fu old school

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Et encore une découverte en 35mm ! 8)

Dragon noir contre dragon blanc aka Black and White Swordsmen aka One Man's Vengeance (Min-Hsiung Wu - 1971, sorti en France en 1976)

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Résumé : VENGEAAAAAANCEEEEEE !

Première réalisation solo pour Min-Hsiung Wu, auparavant chorégraphe (notamment pour Joseph Kuo), qui signe un Wu Xia-pian hong-kongais tourné à Taïwan. Et on voit rapidement que ce sont les combats qui intéressent le cinéaste/chorégraphe/acteur davantage que raconter une histoire. Celle-ci se limite à une succession de vengeances qui entrainent de nouveaux désirs de représailles. Il ne faut pas non plus chercher à voir à une critique de la loi du talion comme a pu en faire Chu Yuan, c'est uniquement un prétexte pour multiplier les affrontements. Durant la seconde moitié, ça vire même au running gag surréaliste : le héros veut se venger du méchant, deux héroïnes veulent se venger du méchant qui en a violé une et a cherché à assassiner l'autre mais elle veulent aussi se venger du héros injustement accusé de la mort de leur père (en fait causé par le méchant). La dernière demi-heure, c'est vraiment :
Héros Vs méchant
Héroïne 1 Vs méchant
Héroïne 2 Vs méchant
Héroïne 1 Vs héros
Héros Vs sbires du méchant
Héroïnes 1 & 2 Vs méchant
Héros & héroïnes vs méchant.
Et non stop s'il vous plaît ! Les explications sont réduites à vraiment quelques dizaines de secondes (le temps de crier Vengeance pour ainsi dire).

L'enthousiasme finit par prendre le pas sur les réserves de la première moitié avec un héros un peu fade, un scénario inconsistant, des chorégraphies à l'armes blanches approximatives qui accusent leur âge, des acteurs moyennement convainquant d'un point de vue martial ou les décors/paysages (bien choisis cela dit) qui reviennent inlassablement en boucle et qui laisse penser que le film a du être tourné en quelques dizaines de jours.
Parmi les bons points, la réalisation de Min-Hsiung Wu fait preuve d'un certain classicisme, voire d'une élégance, avec un désir de bien utiliser les paysages (falaise, plage accidentés avec d'énormes rochers, gorge, ruelle de village médiéval) et donc le scope. La photo tient bien le coup, et la copie 35 mm était encore très belle avec des couleurs impeccables.
Enfin, il est difficile de ne pas louer la générosité du Min-Hsiung Wu car en plus de la prédominance de l'action, il vire parfois dans le délire bis avec des câbles sur-utilisés : les héros marchent sur des parois pratiquement à l'horizontale (en plan large et sans coupe), les sauts ressemblent au vol plané de Superman (couvrant de large distance), certains bonds sont de la pure téléportation. Et trouve un moment surréaliste avec le combat sur la rivière où le héros s'envole avec une énorme barque.
Cet aspect déjanté et trépidant est renforcé par de nombreuses ellipses qui condensent encore plus la narration, sans doute des coupes du distributeur français. A noter d'ailleurs que ce distributeur se fend du générique le plus fauché du genre. Même pas un insert du titre français sur fond noir, juste une voix-off qui cite la société de distribution, le titre du film et la traductrice. Un hommage à Guitry sans doute. :mrgreen:

A priori uniquement disponible en Angleterre sous le titre One Man's Vengeance dans une copie à la Bach Films (pas de VO, recadré on dirait) ou sur amazon prime US.
De Wu Mun Hsiung, on trouve en France dans des éditions au rabais Le bon, la brute et le traître (médiocre) et La Furie du maître de kung-fu (un peu plus sympa).
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Re: Les films de Kung-fu old school

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En 35 mm :)

Les 13 coups mortels du kung-fu aka 13 Styles Strike aka 8th Wonder of Kung Fu etc... (Cheung Ying - 1979)

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Énième production martiale produite à Taïwan et qui fait pâle figure face à ses homologues hong-kongais, surtout en cette fin 70's où la Kung-fu comedy amenait le genre à un niveau supérieur. Autant dire qu'on a l'impression que le film est 5 ans plus vieux avec ses combats qui tiennent davantage du bourre-pif bourrin que des chorégraphies millimétrés. Et on presque envie de se dire que c'est le cas avec un réalisateur sorti de sa maison de retraite après 10 ans d'inactivité et qui y retournera dans la foulée. Cela-dit, Cheung Ying a l'air revigoré d'être sur un tournage et semble vouloir montrer qu'il a encore de l'énergie. Peut importe donc son budget inexistant, un tournage de quelques jours, un casting constitué d'inconnus (et qui le resteront comme le héros qui n'aura fait que deux films) et des chorégraphies très approximatives qui ont l'air de n'avoir jamais été répétées, le cinéaste s'en donne à cœur joie et multiplie les plans tournés à l'épaule, les lieux de tournages et les scènes d'action.
C'est le genre de projet où tout le monde à du se dire "bon, les gars, on a 5 jours pour écrire et faire un film. Ca sera peut-être notre dernière occasion de (re)faire du cinéma. Alors on y va tous à fond !".
Et effet, malgré ses énormes lacunes, ce petit film sans la moindre prétention a fini par me convaincre à force de générosité et de ferveur. Le film doit donc durer 80 minutes pour cumuler facilement 65 de baston. Et quand l'histoire se finit au bout de 70 minutes, l'équipe a du se rendre compte qu'il restait encore assez de temps et de pellicule pour en remettre pour 10 minutes bonus où la copine du héros se fait kidnapper.
Il y a même quelque chose d'émouvant dans cette candeur, une sorte de baroud d'honneur des productions fauchées qui se rendent compte qu'elles ne pourront plus bientôt suivre l'évolution du genre (le chorégraphe prit sa retraite dans la foulée). Du coup, on retrouve un peu tout le charme de ses films qui alimentaient les cinémas de quartier : des coiffures improbables, des méchants qui ricanent, des femmes qui savent botter des culs, des boxeurs thaï, un bruiteur sous coke, des idées mal copiées sur les succès HK (un survêt' de combat - mais pas jaune -, le héros qui s'inspirent d'animaux pour élaborer son style de combat), une musique disco (qui groove carrément !), des gweillos moustachus...

Pour ceux qui n'aurait pas une copie 35mm en VF ( :P ) le film n'est pas très dur à trouver sur le net. Mais qu'en version américaine.

Et pour faire le grand écart qualitatif, j'ai vu récemment aussi - numériquement - The master strikes (Kao Pao-Shu & Lim Won-Sick - 1980)
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Les réalisateurs sont assez obscurs, même s'il faut souligner que Kao Pao-Shu fut l'une des rares réalisatrices hong-kongaise (qui passa derrière la caméra après une carrière d'actrice pour la Shaw Brothers), par contre les chorégraphies sont de Tony Ching Siu-Tung. Comme ce dernier n'avait pas encore trouvé son style virevoltant, ultra-cablé et très découpé, il se contente de faire dans les chorégraphies très "opéra de Pékin" qui sont d'une précision et d'une fluidité remarquable. C'est souvent réglé comme du papier à musique et d'une inventivité redoutable.
Heureusement qu'elles sont là d'ailleurs ces chorégraphies car le reste est plutôt lourdingue avec un scénario décousu qui greffe mal des petits escrocs malchanceux à une histoire de vengeance plus sombre, agrémenté de maître taquin (façon Drunken master). Assez opportuniste d'autant que l'humour et l’interprétation sont immédiatement usant pour un concours de cabotinage catastrophique où Casanova Wong est pénible à supporter. De plus, (et contrairement au film précédent), le film se déroule souvent dans les mêmes décors ce qui particiepent à rendre les scènes de dialogues répétitives.
Mais comme les combats sont nombreux et plutôt longs, on prend facilement son mal en patience jusqu'au prochain combat. Le final est à ce titre forcément un gros morceau de bravoure, assez original en plus avec un des personnages imprévisible, pouvant attaquer en même temps gentils et méchants.



Il existe un dvd anglais letterbox en version anglaise uniquement. Mieux vaut donc se tourner vers les copies qui se trouvent (facilement) en VOST anglais/chinois incrustés.
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bruce randylan
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

La légende de l'Himalaya / The himalayan (Huang Feng - 1976)

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Le petit spécialiste des films de kung-fu made-in Golden Harvest s'associe une nouvelle fois avec Angela Mao (et Samo Hung aux chorégraphies) pour une oeuvre plus ambitieuse que la moyenne qui semble vouloir sortir de la facilité : une durée de 2 heures, un tournage entre la Corée et Katmandou au Népal, Ni Kuang au scénario ménageant une longue mise en place pour présenter les personnages et le drame à venir.
Et au final, ce n'est qu'un simple film de vengeance dont la première heure n'en finit plus par ses circonvolutions inutiles autour d'un complot à la limite de l'abstrait tant il est interminable à se mettre en place. Tout cela pourrait tenir très facilement en 20 minutes d'autant que ce n'est pas avare d'invraisemblances parfois idiots comme le héros courant plusieurs jours derrières Angela Mao jetée dans une rivière et attachée à une planche en bois.
De plus les combats sont plutôt rares et d'un niveau basique. La deuxième moitié est plus satisfaisant de se côté, notamment un long final découpé en plusieurs actes qui mérite le coup d’œil avec un Dorian Tian déchainé, aux jeux de jambes redoutables, au milieu de chorégraphie d'un bon niveau (pour l'époque) où Samo joue une nouvelle fois les sbires.
La où le film est en fait vraiment décevant est dans son tournage au Népal qui n'aboutit sur pas grand chose alors que les 10-15 premières laissaient espérer une approche originale, intégrant les magnifiques paysages aux combats en extérieurs ou s'attardant sur le folklore et les coutumes locales. Tout cela disparait assez rapidement malgré un fantastique combat sur déroulant au pied d'une pagode et d'un temple au coeur de Katmandou qui est brillamment découpé et joue à merveille sur l'architecture.
L'autre fait notable est le recours à un entrainement au sein d'une lamasserie où le couple de héros apprend des techniques d'énergie intérieure. C'est pas encore de la Kung-fu comedy mais ça apporte un peu de fraîcheur quand même.

Le film est sorti dans la collection Hong-Kong boulevard en double programme avec Lady tourbillon. La copie est correcte mais recadré en 1.85.

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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Flyer & magic sword / Hooded Swordsman (Chan Lit-Ban - 1971)

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Entre 3 Chang Cheh pour la Shaw Brothers, Liu Chia-liang chorégraphia cette production indépendante dont la production semble un peu obscure puisque conçu en partie pour le marché thaïlandais et connu deux tournages parallèle, histoire d'avoir des comédiens locaux comme Petchara Chaowarat.

Totalement inédit en France, il existe pourtant une copie 35mm française en VOSTF que mon pote projectionniste et collectionneur a acquis ( 8) ). Souci, il manque au moins les dix premières minutes et plusieurs scènes sont l'air incomplète rendant la continuité régulièrement incompréhensible (mais très fun dans son port-nawak du dernier tiers). Enfin, très mal conservée, la copie n'avait pratiquement plus de couleur, et était par moment sacrément flou.
Pas facile de toujours comprendre le scénario qui propose pourtant quelques petites originalités comme l'intrigue tournant autour d'une mine de sel que convoitent plusieurs clans, sans oublier des formules plus conventionnelles comme une histoire de vengeance, un peu d'amour et un mystérieux mercenaire qui ne joue pas collectif. Dommage que les conditions n'étaient pas réunis car le film n'avait pas l'air honteux avec un cinéaste consciencieux derrière la caméra, des relations plus approfondis que d'habitude, une ambiance assez sombre et pessimiste... et accessoirement pas mal d'action. Après évidement, les combats ont un peu vieilli et ce n'est certainement pas ce que Liu Chia-liang a fait de mieux dans sa carrière, y compris dans cette période, malgré un combat plus original où le mercenaire affronte une horde dans une auberge. C'est surtout que le chorégraphe n'a pas l'air à l'aise dans ces combats câblés et bondissants. Pour le coup, c'est davantage le cinéaste qui sauve les meubles avec une certaine efficacité et un bon sens du mouvement.
Ca n'empêche pas d'avoir quelques moments délicieusement kitsch qui culminent dans le face à face attendu avec des bottes aimantées et un héros battant des ailes pour échapper à la gravité.

Bordélique en l'état mais j'ai vu bien-pire pour l'époque.

Si vous n'avez pas la copie 35 mm ( :mrgreen: ), il existe un VCD comprenant les deux versions parait-il.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Sinon, vous avez youtube avec la version HK doublée en thaï :o
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by cathyz29 »

hellrick wrote:Beaucoup aimé ce BROKEN OATH...C'est même un des mes Angela Mao préféré, juste derrière HAPKIDO qui est son classique incontournable. LEGENDARY STRIKE est correct aussi (sorti sous le titre Kung FU Fighter chez Ceinture noire pour une bouchée de pain) et TWO GREAT CAVALIERS vaut bien le coup d'oeil aussi Rachat de crédit hypothécaire. Par contre j'ai très peu apprécié DANCE OF DEATH pourtant considéré comme un de ses classiques et pas trop aimé non plus le fameux WHEN TAEKWONDO STRIKES...
(plus d'infos sur mon site ==> http://asia.cinemaland.net)

Il m'en reste 3 ou 4 sous le coude dont le réputé The Hymalayan avec aussi le trio Jackie Chan - Sammo Hung et Yuen Biao...
Les deux premiers films, je kiffe grave. Mais les autres sont juste une réplique je trouve.
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Les 5 Foudroyants de Shaolin aka 5 Pattern Dragon Claws (Kim Si Hyeon - 1982)

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Quand on lance le film, on ne s'en doute pas forcément (surtout avec les flying cover de Bach Film) mais il s'agit d'un kung-fu coréen récupéré par Godfrey Ho qui n'a pas l'air de l'avoir trop remanié. Peut-être même pas du tout, à part un nouveau doublage. En VF, on bascule dans une intrigue tout ce qu'il y a de plus basique en tout cas avec un méchant qui veut régner sur le monde des arts-martiaux et qui tabassent tout le monde, sur fond de temple Shaolin (même si on reconnait l'architecture coréenne).

Bonne surprise : c'est d'un bon niveau martial ! :D
On ne trouve que des artistes coréens, dont Hwang Jang Lee (en méchant forcément) et Dragon Lee (en gentil), d'où pas mal de chorégraphies qui mettent l'accent sur les jeux de jambes. Et certains échanges ou coups sautés ne manquent pas d'allures ni de puissance. J'avais un peu peur que ça manque de variété et de technicité mais on trouve 3-4 très bons combats qui sortent du lot en variant les plaisirs, même s'il faut regretter quelques échanges accélérés un peu inutilement. On trouve également, et un peu trop brièvement, un peu de kung-fu comedy avec un entraînement plutôt spectaculaire autour de cordes.

La mise en scène assure le spectacle avec ce qu'il faut de plans larges et suffisamment long pour profiter des chorégraphies. Sans qu'on soit du niveau de Liu Chia-Liang bien-sûr.
Alors face à la concurrence hong-kongaise, le film a quelques années de retard et n'apporte rien de neuf, mais au moins on ne s'ennuie pas et ça défoule généreusement avec des combats nerveux et violents.



Le dvd français Bach film est dans la veine du lot habituel : format respecté mais letterbox pour une copie mal définie et compressée. Un avantage, il y quasi pas de scènes nocturnes donc ça reste plus que visible.


The Cheeky Chap (Lee Wing Cheung - 1980)

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Un jeune homme arrogant et expert en arts-martiaux s'amuse à provoquer différents bagarres ou à narguer des gangs locaux. Ce qui conduit à quelques conséquences lourdes inattendues.

Pour une fois, un film de kung-fu qui essaie de raconter une histoire originale et propose un anti-héros pas toujours très glorieux. Wei Pai est en effet un personnage égoïste, narcissique, imbu de lui-même, vulgaire et prétentieux qui n'hésite pas à regarder un homme âgé se faire assassiner pour mieux séduire sa petite-fille, désormais sans défense ni famille, sans lui cacher son stratagème avec un cynisme ahurissant.
Pas facile de s'attacher à lui dans ces conditions et comme la première heure développe ce scénario au détriment de l'action (qui ne compte que deux scènes sans spécificités particulières), j'ai eu tout le "loisir" de pester contre ce héros agaçant. Le dernier tiers redresse tout de même le niveau avec une tentative de donner une réelle intensité dramatique et présenter des péripéties assez pessimistes et violentes. Les combats sont également plus présents et de meilleur qualité même si aucun ne m'a semblé remarquable.
Comme je n'ai pas réussi à adhérer au héros présenté, je n'ai pas pu rentrer dans l'histoire et ses enjeux. Mais certains amateurs ont été plus réceptifs à ses partis-pris et le considère comme un œuvre à redecouvrir.


Le DVD HK fortune star est forcément en VOSTA dans un master 16/9 non restauré qui commence à piquer les yeux niveau compression. Il a l'air épuisé sur yesasia mais on y trouve encore le VCD.
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