Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Chip
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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C'est drôle ! beaucoup changent d'avis ou découvrent aujourd'hui Audie Murphy, tant mieux.
Federico
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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Tragique rendez-vous (Whistle stop) 1946 - Léonide Moguy

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Je l'ai pris en cours de route dans une copie très moyenne et j'ai décroché avant la fin donc mon avis vaudra ce qu'il vaut... mais le hasard ayant fait que j'aurai donc vu deux Léonide Moguy en quelques jours, faudra que le père Tarantino m'explique pourquoi il semble autant apprécier ce cinéaste né en Russie qui fit carrière en France, à Hollywood et en Italie...

Il y a pourtant du beau linge, outre la distribution : scénario de Philip Yordan, photo de Russell Metty, musique de Dimitri Tiomkin...

D'après ce que j'ai compris, ce film à petit budget devait servir de rampe de lancement à l'encore débutante Ava (évidemment en femme fatale éclatante de beauté et partagée entre deux hommes) mais heureusement, six mois plus tard sortira un certain film de Robert Siodmak. George Raft, en joueur invétéré, semble passablement absent et Victor McLaglen joue une fois de plus (et assez mal) la brute sympathique.
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Pour donner une idée : le film abonde en séquences de poursuites automobiles sur-accélérées et d'à-peu-près à effets comiques involontaires. Abattu de deux balles dans le dos, McLaglen s'effondre... en se tenant le ventre puis se redresse quelques instants plus tard, ayant retrouvé toutes ses forces, pour étrangler son assassin. :roll:

Mais j'ai eu le temps de voir une séquence assez étonnante qui se déroule dans une kermesse. D'abord le passage où Raft se retrouve face à un clown-automate au rire dément (c'est classique mais ça fait toujours son effet) et surtout celui où sa copine, malade, se voit embarquée dans une danse tourbillonnante endiablée puis violemment lâchée, évanouie, propulsée comme un pantin dans les chaises des spectateurs.

Une critique plus complète (et avec de belles photos) ici.
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
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The Sound of Fury / Try and Get me

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FUREUR SUR LA VILLE. Cy Endfield. 1950

2 titres américains : TRY AND GET ME et THE SOUND OF FURY


Howard Tyler (Frank Lovejoy) rentre chez lui en auto-stop après avoir passé un séjour dans une ville voisine en vue d'y rechercher du travail. C'est pour lui un nouvel échec et la tension monte au sein de sa famille. Quelque temps plus tard, dans un bar/Bowling, il sympathise avec Jerry Slocum, un jeune homme élégant et plein d'assurance. Découvrant ses problèmes financiers, Jerry lui propose de l'aider à trouver du travail, mais reste d'abord assez vague puis devant l'intérêt d'Howard, fini par lâcher…qu'il s'agirait de lui servir de chauffeur au cours de ses braquages. Surpris Howard décline l'offre, puis finit par accepter mais il n'ira jamais plus loin que d'attendre Jerry et faciliter sa fuite. Pendant quelques temps, ils multiplient les braquages de petits commerces des environ. Puis Jerry lui annonce qu'il prépare le coup qui va les mettre à l'abri du besoin. Howard le prévient que ce sera pour lui le dernier sans savoir exactement dans quoi veut l'embarquer son complice. Une nuit, il enlève Donald Miller, le fils d'un richissime citoyen de la ville, afin de lui soutirer de l'argent. Mais alors qu'il devait garder le jeune homme dans une cabane isolée, arrivé sur place Jerry l'attache, le bâillonne et le massacre à coups de pierre avant qu'Howard ne puisse intervenir.



Le film s'ouvre sur des images saisissantes, on est pris à la gorge immédiatement et Endfield ne nous laissera jamais respirer jusqu'à la fin.

Un prédicateur interpelle la foule des passants qui s'activent dans une rue très animée et termine son discours vibrant, décousu, un brin hystérique mais sincère et touchant de naïve conviction par ces mots "Quelle est votre part de culpabilité dans le malheur du monde ?" . Pour toute réponse, il est bousculé, tombe au sol alors que la pile de documents qu'il s'apprêtait à distribuer vole en l'air, est éparpillée autour de lui et aussitôt piétinée par la foule. Sur un prospectus, en gros plan, On peut lire "Heed thy god" (Ecoutez votre dieu)…On retrouvera bien plus tard la suite de cette scène en ouverture de la dernière partie du film. La foule qui s'activait, c'est celle qui se précipitait à un lynchage. Je dirais peu de choses sur cette dernière partie, sinon qu'elle inciterait plus à la misanthropie qu'à l'amour de son prochain et ne montre pas le retour (je cite une autre partie de son discours) "…aux vraies valeurs" souhaité par le prédicateur.


Ce Film Noir basé sur un authentique fait divers des années 30 montre, comme rarement je l'ai vu dans le cinéma américain, le drame du chômage et défend la thèse que la misère sociale est un pousse au crime. Tyler est montré comme un type tout à fait ordinaire, qui a fondé une famille qu'il rêve de rendre heureux ou au moins qu'il espère pouvoir faire vivre dignement et qui confronté à une longue période de chômage, accepte à contre coeur d'accompagner le parcours criminel d'un jeune homme sans états âmes. A part dans certains films des années 30, j'ai rarement vu un film Made in Hollywood dans lequel les problèmes d'argent sont aussi brutalement montrés, par petites touches d'abord discrètes mais qui finissent par s'accumuler et par créer un climat (déjà) oppressant bien avant l'intrigue de pur polar. Dans la première partie du film les dialogues ou il est question d'argent sont en effet omniprésents au sein d'un couple à fleur de peau. Au dehors aussi bien qu'en famille, le harcèlement est perpétuel accentuant la fébrilité de Tyler. Lorsqu'il passe en coup de vent devant la maison d'un couple de voisins, on entendra la femme demander "Il a demandé sa facture". lorsque Tyler donne à son fils, semble t'il de manière inhabituelle, les 50 ct qu'il demandait pour sortir avec ses copains, sa femme surprise et enthousiaste croira que Tyler a enfin trouvé du travail et changera soudain de visage (C'est admirablement joué). En permanence, on lui réclame de l'argent : sa femme, les commerçants, son fils…Lorsqu'il s'étonne du prix d'une simple bière, un barman lui dira "Et Bien oui, tout augmente", etc…

Plus tard, une fois les crimes accomplis, c'est l'étude presque clinique des personnalités bien différentes des deux hommes qui préoccupera surtout Endfield. Le contraste sera encore plus saisissant après le meurtre entre, d'une part, celui qui a pris la mesure de ses actes et qui est seulement apaisé provisoirement lorsqu'il se retrouve dans l'intimité de sa famille. D'ailleurs, ironiquement mais tout à fait logiquement sa femme, depuis qu'il a "retrouvé du travail" et qu'il ramène de l'argent à la maison, est beaucoup plus sereine et recommence à rêver d'un futur plus heureux. Symboliquement, c'est aussi souligné par le fait qu'elle soit enceinte. Elle est très radieuse…mais lui, accablé de remords et déjà persuadé au fond de sa fin prochaine, a tout l'air d'attendre un futur orphelin.

A l'opposé, on verra le comportement serein de son complice. Alors que Tyler a découvert la peur et est obsédé par les images du crime, le jeune Slocum continue de vivre comme avant. Il ironise même sur la nervosité de Tyler mais lui propose tout de même une escapade loin de la ville. Au cours du séjour, Slocum cherche à lui mettre dans les pattes pour le "distraire" et pour le "décoincer" Hazel, une petite brune disgracieuse, timide et…coincée, parfaite antithèse de Velma (Adele Jergens) sa propre petite amie, une blonde sure d'elle, au fort tempérament et au rire tonitruant. Mais rien n'y fera, bien au contraire, le contraste n'en sera que plus grand entre les deux insouciants et les deux tourmentés, incompatibles et inconciliables. Endfield montrera la joie de vivre de deux êtres méprisables (c'est le regard porté sur eux par Endfield en tout cas), le violent, le tueur et la séductrice superficielle, vénale, étant montrés comme apparemment mieux armés pour le bonheur que la pure et naïve vieille fille écoeurée par le comportement impudique du couple mais en réalité secrètement envieuse de la saine sensualité qu'ils affichent. Tyler lui n'en est de toute façon plus là. Il ne regarde déjà plus au dehors, les yeux dans le vide. La tension générée est alors incroyable et trouvera son apogée une nuit dans deux scènes extraordinaires, relatant des évènements qui se succèderont au cours de la nuit, d'abord dans une boite de nuit entre les 4 personnages puis dans une chambre de motel entre Tyler et Hazel. Je n'en dit pas plus. J'en profite néanmoins pour glisser un mot sur l'interprétation du quatuor qui est remarquable avec une mention spéciale pour celle de Frank Lovejoy qui est extraordinaire et bouleversant dans ce rôle. L'apogée pour Bridges, remarquable lui aussi, interviendra plus tard, dans la partie finale du film.


Le film est parsemé d'autres scènes mémorables, en voici une dernière. On assistera à la lecture d'une lettre de Tyler par sa femme, admirable d'intelligence et de lucidité et absolument sans complaisante par rapport à la gravité de ses actes. Prise par l'émotion elle ne pourra aller au bout et c'est le journaliste responsable des articles les plus durs sur l'affaire qui terminera la lecture et prendra conscience que la répartition des êtres humains est plus complexe que ce qu'il proclamait à longueur d'articles et dans ses propos avec son entourage. Certains de ses confrères l'avaient mis en garde contre les excès de la presse à sensation qui se satisfait de solutions faciles et ils avaient tenté en vain de lui faire prendre conscience de sa responsabilité de journaliste à l'égard de l'opinion. Condamner par avance les suspects de l'affaire et s'adresser trop directement aux émotions des lecteurs, peut en effet libérer leurs pires pulsions de vengeance. Je n'en dis pas plus sur cette partie finale si ce n'est que partant du même fait divers, on peut arriver à des conclusions comparables mais en employant des moyens tout à fait différents. Les détours que prenait Fritz lang dans FURY, sa virtuosité, ses manipulations et ses tours de passe-passe sont remplacés ici par la sécheresse de style, les émotions fortes et la tension hors du commun suscités par le film d'Endfield dont le style se caractérise aussi dans ce film ci par ses gros plans étonnants sur des visages tour à tour affolés, effrayés, écoeurés ou remplis de haine.

J'en termine…Dans le genre Policier/Film noir, ce film a été une des plus monumentales claques que j'aurais reçu au cours de ces dernières années. Je ne vois pas trop comment ni pourquoi on pourrait ne pas recevoir la même rouste en le découvrant, sauf peut être à considérer que contrairement à la thèse développée "…Le crime, Monsieur, c'est dans le sang". Endfield, qui avait déjà eu par le passé des soucis en raison de ses opinions politiques très à gauche, n'a pas arrangé sa situation avec celui la. Alors Il a préféré prendre l'air (y'a de ces trouillards) par peur sans doute de recevoir une piqure, de finir dans le toaster ou dissous dans l'acide mais on peut pas non plus tout à fait leur donner tord aux ricains car le mauvais esprit poussé à cette extrémité là, c'est anti-patriotique. Comme disait je ne sais plus quel extralucide un jour sur ce forum, en gros (Je charrie un peu) "...le cinéma hollywoodien, c'est le cinéma du rêve, du glamour et des héros agiles…et pis c'est tout ". Ben non, il en faut pour tous les gouts.

J'ai vu très peu de films de ce cinéaste. 2 films d'aventure ZOULOU et L'Ile MYSTÉRIEUSE ainsi que 2 autres polars, TRAIN D'ENFER avec Stanley Baker, Herbert Lom, Peggy Cummins et Patrick McGoohan et THE UNDERWORLD STORY avec Dan Duryea, Herbert Marshall et Gail Storm. Je parlerais du dernier dans les prochaines semaines.
Last edited by kiemavel on 28 Sep 20, 22:13, edited 3 times in total.
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

Post by Federico »

Chip wrote:C'est drôle ! beaucoup changent d'avis ou découvrent aujourd'hui Audie Murphy, tant mieux.
Mais c'était un super acteur qui valait bien mieux que sa pancarte publicitaire de héros de la 2de guerre mondiale. Et encore, je dis ça en connaissant trop peu sa filmo mais après l'avoir vu chez Huston, respect !
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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LA FOULE EN DÉLIRE ( THE CROWD ROARS ) Richard Thorpe. 1938


Avec Robert Taylor (Tommy "Killer" McCoy), Edward Arnold (Jim Cain/James Carson), Frank Morgan (Brian McCoy), Maureen O'Sullivan (Sheila Carson), Lionel Stander ("Happy" Lane) et Jane Wyman (Vivian)



Tommy, le jeune fils d'un artiste de music hall raté, alcoolique et joueur, se débrouille comme il peut pour subvenir aux besoins de la famille qui vit misérablement dans un taudis. Pourtant Brian, le père, toujours prétendument en attente d'un contrat juteux, refuse systématiquement les emplois que lui propose son fils. Un jour, Tommy, qui possède un don certain pour le chant se produit en préambule d'un combat de boxe et à l'issu du numéro, voyant que le cachet des jeunes boxeurs est plus important que le sien, il se propose pour affronter le vainqueur du combat. Il l'emporte d'ailleurs aisément aussi Johnny Martin, le champion du monde des moyens qui officiait comme arbitre du jour, voyant tout son potentiel, le prend sous son aile et lui apprend le métier. Pendant 5 ans, Tommy, tout en continuant de se produire sur scène, poursuit son apprentissage et son ascension même lorsque Martin est battu sévèrement et abandonne la boxe.

Un jour son adversaire se blesse juste avant le combat et pour le remplacer les organisateurs choisissent Johnny Martin qui tente un retour. Malheureusement, celui ci, hors de forme, même si Tommy décide de l'épargner en n'utilisant pas son point fort, son bras droit, tombe KO et ne se relève pas. Le soir de la mort de Martin, Tommy découvre que son père, une nouvelle fois saoul, a vendu son contrat de manager à Jim Cain, qui derrière une façade officielle d'homme d'affaires est en fait un important bookmaker qui trempent aussi dans différents trafics et truquent des combats. Pour Tommy, c'en est trop. Responsable de la mort de son mentor, trahi une nouvelle fois par son père, il décide d'arrêter la boxe.

Après une errance de plusieurs mois, il se présente toutefois à Jim Cain, décide de reprendre sa carrière et accepte la proposition de l'homme d'affaires douteux, ne pas donner tout son potentiel dans les prochains combats pour faire monter sa côte. Maintenant surnommé "Killer McCoy» par les médias, Tommy poursuit son ascension vers le titre suprême…
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Le film propose un mélange des genres plutôt habituel mais rate à peu près tout.

- Le film de boxe : l'aspect social, l'entourage, les combats.

On découvre un adolescent d'une douzaine d'année doté d'une voix de rossignol et d'emblée assez courageux sur le ring. Par la suite on survolera ses années d'apprentissage durant lesquelles il suivra Johnny Martin tout en poursuivant une modeste carrière de chanteur d'arrière salle de bars miteux ou en préambule des combats de boxe…ce qui est à peu près aussi intéressant et crédible que si on avait fait de l'un des "Choristes" un apprenti catcheur…mais passons. Tommy est toujours flanqué de son père alcoolique qui joue et perd ses modestes cachets. Le rôle est tenu par Frank Morgan, souvent formidable mais qui est là en dehors de son champ de compétence…ou plutôt qui a été très mal dirigé. Le reste de l'entourage pugilistique est plus crédible à commencer par l'entraineur incarné par Lionel Stander, encore un de ces seconds rôles dont on connait forcement la tête sans toutefois toujours pouvoir mettre un nom dessus.

Par contre, les scènes de combat sont parmi les plus médiocres que j'ai jamais vu…or il y en a beaucoup. Passons sur le fait que Robert Taylor n'avait pas vraiment, ou plutôt n'avait vraiment pas la gueule de l'emploi, et qu'il était aussi doué pour boxer que Stallone (médiocre boxeur lui aussi) pour danser le "Lac des cygnes"…mais parfois certains metteurs en scène réussissaient à dissimuler ces insuffisances par des artifices de mise en scène. Ici, il n'en est rien, Thorpe fait preuve ici de sa médiocrité habituelle.

- Le film de gangsters : l'emprise mafieuse sur le milieu, combats truqués, etc…

C'est la aussi très léger et peu crédible. Edward Arnold qui incarne l'homme d'affaire douteux qui deviendra le manager secret de Tommy n'est pas mal mais le stratagème qu'il monte pour soutirer un maximum d'argent à "Pug" Walsh, incarné par Nat Pendleton, un passionné de boxe, gros parieur et par ailleurs chef d'un gang rival est grotesque. Par ailleurs, le conflit, la rivalité entre les deux gangs à travers la personnalité de leurs chefs crée peu de tension sauf lorsqu'un des gang décidera d'utiliser la manière forte contre l'entourage de Tommy.

- Vie privée et histoire personnelle du champion :

Les relations avec son père sont un peu plus intéressantes. C'est un homme assez drôle et parfois touchant mais tous les malheurs de Tommy surviennent en raison de la faiblesse de son père. Tommy, alors qu'il n'est pas encore très sûrs de vouloir faire une carrière de boxeur professionnel y est contraint pour rembourser une nouvelle dette de jeu contracté par son père. Plus tard, c'est son alcoolisme qui le fera trop parler aux mauvaises personnes ce qui mettra Tommy en danger. Finalement, Il se rachètera de manière surprenante, prenant pour une fois une décision courageuse…

La romance est assez originale mais entraine des développements très peu crédibles puisque la petite amie n'est autre que la fille du douteux mentor. Cette romance interdite avec une jeune fille, étudiante, éduquée, incarnée par Maureen O'Sullivan, qui ne connait pas la double identité de son père, amène de bonnes scènes plutôt bien dialoguées entre la belle et la bête (bonne bête quand même...)...mais rien d'inoubliable non plus.

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Bref, ce n'est pas un si mauvais film mais c'est quand même le moins intéressant film de boxe des années 30, 40 et 50 que j'ai vu...et j'en ai vu pas mal...Il sera refait 10 ans plus tard par Roy Rowland sous le titre :

McCoy aux poings d'or (Killer McCoy). C'est d'ailleurs le prochain film que je vais critiquer.



Vu en VOST
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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McCOY AUX POINGS D'OR ( KILLER McCOY ). Roy Rowland. 1947

Avec Mickey Rooney (Tommy "Killer" McCoy), Brian Donlevy (Jim Caighn/Carson), Ann Blyth (Sheila Carson), James Dunn (Brian McCoy), Sam Levene (Happy)

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L'intrigue reprend presque intégralement la trame du film de Richard Thorpe, LA FOULE EN DÉLIRE (The crowd roars) dont il est le remake et parfois même des séquences entières du film original. Je ne vais donc parler ici que des différences notables entre les deux films.

-A propos de Tommy, le personnage principal.

Dans le film de Thorpe, on le découvrait âgé d'une douzaine d'année, aussi même si les années d'apprentissage étaient survolées, çà aurait pu permettre plus tard de dramatiser le combat et surtout l'avant combat entre le jeune homme devenu un boxeur prometteur et son ancien mentor. Thorpe aurait pu faire de l'ancien champion du monde une sorte de père de substitution d'autant plus que le véritable père, pourtant omniprésent, était une épave certes sympathique mais un boulet que trainait son fils et un homme par qui involontairement les malheurs arrivaient. C'était tout au moins potentiellement dans le scénario…mais en réalité Thorpe ne faisait rien ou presque de cet aspect.

Dans le remake, on découvre Tommy bien plus âgé, déjà jeune homme et par conséquent déjà incarné par Mickey Rooney. D'autre part, sans aucun doute pour se servir des qualités spécifiques de Rooney et de James Dunn qui incarne Brian McCoy, Tommy n'est plus uniquement chanteur mais également danseur et ils montent tous les deux sur scène. Les numéros qu'il crée avec son père sont d'ailleurs très convaincants en raison notamment du dynamisme légendaire de Rooney.
Il est par ailleurs bien est plus crédible que Robert Taylor en gosse des rues débrouillard qui veut par tous les moyens sortir de son existence misérable. Il devient boxeur par accident lorsqu'il constate que l'on y gagne mieux sa vie que dans le music hall, le milieu dans lequel son père végète. Il avait en plus du boxeur un peu plus la gueule de l'emploi que Robert Taylor qui était un bien trop beau gosse.

Par contre, les combats de boxe sont aussi peu crédibles que dans le film original même si Rooney encore une fois y donne toute son énergie coutumière. Cependant, Rowland tient un peu plus compte de la faiblesse technique des boxeurs dans sa mise en scène qui masque (un peu) les insuffisances des combattants et il parvient à rendre ces scènes plus dynamiques que ne le faisait Thorpe. On peut dire la même chose des scènes d'action en général et de celles de "polar". Le choix des angles, le montage et le jeu des comédiens rendent plus dynamiques toutes ces séquences.

Une autre différence un peu notable concerne la rencontre avec la fiancée Sheila Carson incarnée par Ann Blyth, mieux qu'elle ne l'était dans le film de Thorpe par Maureen O'Sullivan. Un personnage féminin a disparu, c'est Vivian, l'amie et rivale de Sheila qui était tenu par Jane Wyman. Dans le remake, l'intrigue sentimentale est simplifiée et ce n'est pas plus mal. De plus les dialogues entre Tommy et Sheila sont parmi les mieux écrits du film.

Pour ce qui est des méchants, rien à signaler. Brian Donlevy à la place d'Edward Arnold ne change rien aux faiblesses d'un scénario indigent concernant tout ce qui touche au milieu douteux de la boxe.

En revanche l'obscur James Dunn est bien plus intéressant que ne l'était Frank Morgan dans le rôle du père de Tommy. C'est ici une vrai épave pathétique crédible qui a gâché un vrai talent artistique par son gout du jeu et surtout à cause de son alcoolisme.

Pour l'anecdote, on aperçoit 2 célébrités dans des rôles mineurs. Shelley Winters fait une brève apparition dans une séquence muette et surtout Bob Steele, dans un de ses rares rôles en dehors du western, incarne très bien Sailor Graves, un sympathique boxeur vieillissant, adversaire malheureux de Tommy.

Au final, même si ce film est loin d'être un indispensable du film de boxe, il serait tout de même un peu meilleur que son modèle.


Vu en VO. J'ai le DVD zone 1 paru aux USA dans la collection "Warner Archive". Copie assez bonne.
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kiemavel
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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Chip wrote:C'est drôle ! beaucoup changent d'avis ou découvrent aujourd'hui Audie Murphy, tant mieux.
C'est surtout normal en tout cas c'est ma normalité :wink: . Si je résume, j'étais gosse puis ado quand la télévision (gratuite) diffusait encore des westerns et plus largement du cinéma de genre donc j'ai ai vu pas mal et j'en ai aimé beaucoup à cette époque là. Ensuite, à partir de la vingtaine, j'ai découvert et je me suis surtout intéressé à tout un cinéma quasi inconnu jusque là, les classiques japonais, italiens et je voyais beaucoup de cinéma contemporain français notamment mais par contre, pendant au moins 10 ans, mis à part ceux des grands M en S, j'ai vu très peu de cinéma de genre....A cette époque pas si ancienne, à part Ford, Walsh, Mann, etc...Je ne connaissais pas grand chose au western par exemple, et c'était pareil pour le Noir. Et depuis, je rattrape...Je cavale même. Aujourd'hui, au minium 80 % des films que je vois ont été tourné avant la fin des années 50 d'ou ma (presque) découverte des films d'Audie, entre autre. Mais pour autant, je n'ai rien enlevé, ni relégué au placard, c'est juste le mille feuilles qui a grandi. Mais çà va pour l'instant j'ai encore de la place.
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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Federico wrote:]Tragique rendez-vous. Whistle stop 1946 - Léonide Moguy

Aussi bizarre que çà puisse paraitre, c'est un film que je n'ai jamais vu alors qu'il est facile à trouver puisqu'il a été édité en zone 2 depuis ben longtemps et qu'on le trouve/ait pour moins que le prix d'une baguette. Mais alors attention méga révélation qui peut me faire du tord, "...J'aime pas des masses ...comment dirais-je....la brunette qui...enfin bref je suis pas fan d'Ava" et puis le film n'a pas une réputation extraordinaire loin s'en faut, ce que confirme ton texte. Merci pour ta contribution en tout cas . Signé : L'usurpateur
Dave Bannion
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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kiemavel wrote:Image

FUREUR SUR LA VILLE. Cy Endfield. 1950

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Howard Tyler (Frank Lovejoy) rentre chez lui en auto-stop après avoir passé un séjour dans une ville voisine en vue d'y rechercher du travail. C'est pour lui un nouvel échec et la tension monte au sein de sa famille. Quelque temps plus tard, dans un bar/Bowling, il sympathise avec Jerry Slocum, un jeune homme élégant et plein d'assurance. Découvrant ses problèmes financiers, Jerry lui propose de l'aider à lui trouver du travail, reste d'abord assez vague puis devant l'intérêt d'Howard, fini par lâcher…qu'il s'agirait de lui servir de chauffeur au cours de ses braquages. Surpris Howard décline l'offre, puis finit par accepter mais il n'ira jamais plus loin que d'attendre Jerry et faciliter sa fuite. Pendant quelques temps, ils multiplient les braquages de petits commerces des environ. Puis Jerry lui annonce qu'il prépare le coup qui va les mettre à l'abri du besoin. Howard le prévient que ce sera pour lui le dernier sans savoir exactement dans quoi veut l'embarquer son complice. Une nuit, il enlève Donald Miller, le fils d'un richissime citoyen de la ville, afin de lui soutirer de l'argent. Mais alors qu'il devait garder le jeune homme dans une cabane isolée, arrivé sur place Jerry l'attache, le bâillonne et le massacre à coups de pierre avant qu'Howard ne puisse intervenir.



Le film s'ouvre sur des images saisissantes, on est pris à la gorge immédiatement et Endfield ne nous laissera jamais respirer jusqu'à la fin.

Un prédicateur interpelle la foule des passants qui s'activent dans une rue très animée et termine son discours vibrant, décousu, un brin hystérique mais sincère et touchant de naïve conviction par ces mots "Quelle est votre part de culpabilité dans le malheur du monde ?" . Pour toute réponse, il est bousculé, tombe au sol alors que la pile de documents qu'il s'apprêtait à distribuer vole en l'air, est éparpillée autour de lui et aussitôt piétinée par la foule. Sur un prospectus, en gros plan, On peut lire "Heed thy god" (Ecoutez votre dieu)…On retrouvera bien plus tard la suite de cette scène en ouverture de la dernière partie du film. La foule qui s'activait, c'est celle qui se précipitait à un lynchage. Je dirais peu de choses sur cette dernière partie, sinon qu'elle inciterait plus à la misanthropie qu'à l'amour de son prochain et le retour (je cite un autre partie de son discours) "…aux vraies valeurs" souhaité par le prédicateur.


Ce Film Noir est basé sur un authentique fait divers des années 30 qui montre, comme rarement je l'ai vu dans le cinéma américain, le drame du chômage et qui défend la thèse que la misère sociale est un pousse au crime. Tyler est montré comme un type tout à fait ordinaire, qui a fondé une famille qu'il rêve de rendre heureux ou au moins qu'il espère pouvoir faire vivre dignement et qui confronté à une longue période de chômage, accepte à contre coeur d'accompagner le parcours criminel d'un jeune homme sans états âmes. A part dans certains films des années 30, j'ai rarement vu un film Made in Hollywood dans lequel les problèmes d'argent sont aussi brutalement montrés, par petites touches d'abord discrètes mais qui finissent par s'accumuler et par créer un climat (déjà) oppressant bien avant l'intrigue de pur polar. Dans la première partie du film les dialogues ou il est question d'argent sont en effet omniprésents au sein d'un couple à fleur de peau. Au dehors aussi bien qu'en famille, le harcèlement est perpétuel accentuant la fébrilité de Tyler. Lorsqu'il passe en coup de vent devant la maison d'un couple de voisins, on entendra la femme demander "Il a demandé sa facture". lorsque Tyler donne à son fils, semble t'il de manière inhabituelle, les 50 ct qu'il demandait pour sortir avec ses copains, sa femme surprise et enthousiaste croira que Tyler a enfin trouvé du travail et changera soudain de visage (C'est admirablement joué). En permanence, on lui réclame de l'argent : sa femme, les commerçants, son fils…Lorsqu'il s'étonne du prix d'une simple bière, un barman lui dira "Et Bien oui, tout augmente", etc…

Plus tard, une fois les crimes accomplis, c'est l'étude presque clinique des personnalités bien différentes des deux hommes qui préoccupera surtout Endfield. Le contraste sera encore plus saisissant après le meurtre entre, d'une part, celui qui a pris la mesure de ses actes et qui est seulement apaisé provisoirement lorsqu'il se retrouve dans l'intimité de sa famille. D'ailleurs, ironiquement mais tout à fait logiquement sa femme, depuis qu'il a "retrouvé du travail" et qu'il ramène de l'argent à la maison, est beaucoup plus sereine et recommence à rêver d'un futur plus heureux. Symboliquement, c'est aussi souligné par le fait qu'elle soit enceinte. Elle est très radieuse…mais lui, accablé de remords et déjà persuadé au fond de sa fin prochaine, a tout l'air d'attendre un futur orphelin.

A l'opposé, on verra le comportement serein de son complice. Alors que Tyler a découvert la peur et est obsédé par les images du crime, le jeune Slocum continue de vivre comme avant. Il ironise même sur la nervosité de Tyler mais lui propose tout de même une escapade loin de la ville. Au cours du séjour, Slocum cherche à lui mettre dans les pattes pour le "distraire" et pour le "décoincer" Hazel, une petite brune disgracieuse, timide et…coincée, parfaite antithèse de Velma (Adele Jergens) sa propre petite amie, une blonde sure d'elle, au fort tempérament et au rire tonitruant. Mais rien n'y fera, bien au contraire, le contraste n'en sera que plus grand entre les deux insouciants et les deux tourmentés, incompatibles et inconciliables. Endfield montrera la joie de vivre de deux êtres méprisables (c'est le regard porté sur eux par Endfield en tout cas), le violent, le tueur et la séductrice superficielle, vénale, étant montrés comme apparemment mieux armés pour le bonheur que la pure et naïve vieille fille écoeurée par le comportement impudique du couple mais en réalité secrètement envieuse de la saine sensualité qu'ils affichent. Tyler lui n'en est de toute façon plus là. Il ne regarde déjà plus au dehors, les yeux dans le vide. La tension générée est alors incroyable et trouvera son apogée une nuit dans deux scènes extraordinaires, relatant des évènements qui se succèderont au cours de la nuit, d'abord dans une boite de nuit entre les 4 personnages puis dans une chambre de motel entre Tyler et Hazel. Je n'en dit pas plus. J'en profite néanmoins pour glisser un mot sur l'interprétation du quatuor qui est remarquable avec une mention spéciale pour celle de Frank Lovejoy qui est extraordinaire et bouleversant dans ce rôle. L'apogée pour Bridges, remarquable lui aussi, interviendra plus tard, dans la partie finale du film.


Le film est parsemé d'autres scènes mémorables, en voici une dernière. On assistera à la lecture d'une lettre de Tyler par sa femme, admirable d'intelligence et de lucidité et absolument sans complaisante par rapport à la gravité de ses actes. Prise par l'émotion elle ne pourra aller au bout et c'est le journaliste responsable des articles les plus durs sur l'affaire qui terminera la lecture et prendra conscience que la répartition des êtres humains est plus complexe que ce qu'il proclamait à longueur d'articles et dans ses propos avec son entourage. Certains de ses confrères l'avaient mis en garde contre les excès de la presse à sensation qui se satisfait de solutions faciles et ils avaient tenté en vain de lui faire prendre conscience de sa responsabilité de journaliste à l'égard de l'opinion. Condamner par avance les suspects de l'affaire et s'adresser trop directement aux émotions des lecteurs, peut en effet libérer leurs pires pulsions de vengeance. Je n'en dis pas plus sur cette partie finale si ce n'est que partant du même fait divers, on peut arriver à des conclusions comparables mais en employant des moyens tout à fait différents. Les détours que prenait Fritz lang dans FURY, sa virtuosité, ses manipulations et ses tours de passe-passe sont remplacés ici par la sécheresse de style, les émotions fortes et la tension hors du commun suscités par le film d'Endfield dont le style se caractérise aussi dans ce film ci par ses gros plans étonnants sur des visages tour à tour affolés, effrayés, écoeurés ou remplis de haine.

J'en termine…Dans le genre Policier/Film noir, ce film a été une des plus monumentales claques que j'aurais reçu au cours de ces dernières années. Je ne vois pas trop comment ni pourquoi on pourrait ne pas recevoir la même rouste en le découvrant, sauf peut être à considérer que contrairement à la thèse développée "…Le crime, Monsieur, c'est dans le sang". Endfield, qui avait déjà eu par le passé des soucis en raison de ses opinions politiques très à gauche, n'a pas arrangé sa situation avec celui la. Alors Il a préféré prendre l'air (y'a de ces trouillards) par peur sans doute de recevoir une piqure, de finir dans le toaster ou dissous dans l'acide mais on peut pas non plus tout à fait leur donner tord aux ricains car le mauvais esprit poussé à cette extrémité là, c'est anti-patriotique. Comme disait je ne sais plus quel extralucide un jour sur ce forum, en gros (Je charrie un peu) "...le cinéma hollywoodien, c'est le cinéma du rêve, du glamour et des héros agiles…et pis c'est tout ". Ben non, il en faut pour tous les gouts.

J'ai vu très peu de films de ce cinéaste. 2 films d'aventure ZOULOU et L'Ile MYSTÉRIEUSE ainsi que 2 autres polars, TRAIN D'ENFER avec Stanley Baker, Herbert Lom, Peggy Cummins et Patrick McGoohan et THE UNDERWORLD STORY avec Dan Duryea, Herbert Marshall et Gail Storm. Je parlerais du dernier dans les prochaines semaines.


Inédit à la télévision mais je pense qu'il est visible sur la toile. Je viens de le revoir dans une version sous-titrée (par l'ami d'un ami).

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Rien à ajouter à ton texte.
Une véritable claque !!!!
Endfield, pour moi, n'a jamais fait mieux.
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

Post by kiemavel »

Dave Bannion wrote: Rien à ajouter à ton texte.
Une véritable claque !!!!
Endfield, pour moi, n'a jamais fait mieux.
C'est un type dénommé Olivier qui me l'avait chaudement recommandé celui là et on ne peut pas dire que je l'ai regretté. C'est le genre de fou furieux qui va vouloir à tout prix voir le film sous prétexte que le gars en gros sur l'affiche avait un flingue en pogne. Il figurait de toute façon sur une short list des Noirs à voir ou revoir mais le film est encore supérieur à sa réputation, et pourtant je crois qu'il ne fait pas l'unanimité. :roll: Et bin moi je crois que je vais avoir du mal à trouver aussi bien d'ici à la fin de l'année mais j'y crois

Et sinon j'en ai oublié, notamment la façon dont Endfield présente le personnage interprété par Bridges au Bowling puis dans sa chambre d'hôtel. Le pas spécialement très beau gosse très narcissique qui demande qu'on lui tienne une glace pour qu'il se recoiffe puis qui se mire à nouveau dans un miroir à l'hôtel...Qui se vante de ses succès féminins, qui revient sur ceux ci pendant la guerre en France en disant "...On ne peut pas s'imaginer ce que l'on peut obtenir avec un paquet de cigarettes en temps de guerre".

Et ce sommet dans le motel à la fin entre Hazel et Tyler...mais je vais quand même pas être assez dégueulasse pour tout raconter.

Bonus :

Lloyd Bridges dans "Try and get me"
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

Post by kiemavel »

Les 5 ou 6 prochains, au max pour la fin de semaine prochaine il y aura :

(Je fais la bande annonce :fiou: Qu'est ce que c'est bon de se faire plaisir comme çà)

Dans la gueule du loup. Robert Parrish
La police était au rdv. Joseph Pevney
Two of a kind. Henry Levin
Key witness. Phil Karlson
Blues in the night. Anatole Litvak
Pitfall. Andre De Toth
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

Post by bruce randylan »

Ah Cy Endfield ! La cinémathèque avait fait une rétrospective il y a 4-5 ans mais pendant la période nöel - nouvel an... Du coup, avec les fêtes en familles, je n'avais pu en voir qu'un seul (The Argyle Secrets - vraiment sympthique). Terrible frustration d'avoir raté beaucoup de raretés invisibles :?

Compensation : ils ont reprogrammé The underworld Story il y a 2 ans dans leur mémorable rétrospective perles noires :)

Je parle ici des deux films
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... d#p2093817
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

Post by kiemavel »

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BLUES IN THE NIGHT. Anatole Litvak. 1941

Avec Richard Whorf (Jigger), Betty Field (Kay), Lloyd Nolan (Del), Priscilla Lane (Character), Jack Carson (Leo), Wallace Ford (Brad), Elia Kazan (Nickie), Howard Da Silva (Sam) et Peter Whitney (Pete).



Une bande de musiciens sans le sou rencontre Del Davis, un gangster évadé, qui leur indique l'adresse d'une boite de jazz du New-Jersey qui pourrait les embaucher. Il retrouve d'ailleurs très vite le groupe un peu dépité de découvrir ce club bien décrépi. Cependant, malgré l'hostilité de Kay, son ancienne petite amie et propriétaire des lieux et de ses anciens complices, Del Davis prend la direction de la boite et en fait un lieu populaire dans lequel Jigger et son groupe peuvent s'exprimer.

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Elia Kazan dans le rôle de Nickie, le clarinettiste (et aussi le personnage léger et drôle du groupe)


Le film commence comme un produit Warner typique de la période de la grande dépression. Une bande de jeunes musiciens fauchés se lient d'amitié et décident de monter un groupe de jazz. On les voit voyager dans les wagons de marchandises et trainer dans les arrières salles de bars miteux. Malgré une existence précaire, cette partie du récit est plutôt légère et joyeuse car cette bande d'amis est surtout montrée comme très heureuse d'avoir enfin trouvée sa voie en suivant l'ambitieux et talentueux pianiste incarné par Richard Whorf qui est le leader moral du groupe. On entend donc un peu de (bonne) musique mais beaucoup moins que dans les films qui peuvent lui être comparé, c'est à dire LA PEAU D'UN AUTRE (Pete Kelly's blues) et THE STRIP (dont j'ai déjà parlé dans ce Topic). Ces 2 films montraient eux aussi des musiciens au prise avec des gangsters mais étaient surtout des films musicaux alors que le film de Litvak est surtout un film noir dont une partie des principaux protagonistes se trouvent être des musiciens. C'est aussi selon moi le meilleur des trois films que j'ai vu jusque là dans ce sous-genre.

A partir de la rencontre avec Del Davis, l'évadé incarné par Lloyd Nolan, le film prend un virage vers le film de gangsters typique lui aussi de la même époque. Del en effet retrouve ses anciens complices et son ancienne maitresse -dont les relations sont en réalité bien plus complexes- et vient régler ses comptes. On a droit à quelques péripéties bienvenues : une balade en voiture qui se termine par un meurtre, quelques bagarres bien réglées…Mais très vite le film glisse progressivement vers le pur film noir.

Cette partie du film était potentiellement passionnante mais elle est un peu ratée par Litvak. L'intrigue est un peu embrouillée et on peut sans doute aussi déplorer quelques excès dramatiques dont une scène de cauchemars que personnellement j'ai plutôt aimé. Mais le vrai défaut du film réside dans son personnage de la mauvaise fille et dans son interprète. Je trouve qu'en raison du manque de charisme et de talent de Betty Field, qui campe une garce bien trop caricaturale -mais je sais que d'autres cinéphiles l'a trouve très bien…- on a du mal à comprendre l'emprise qu'elle exerce à des degrés divers sur rien moins que 4 des principaux protagonistes du film et en premier lieu sur Jigger, incarné par Richard Whorf qui est lui aussi plutôt moins convaincant que le reste de la distribution…

Ce n'est sans doute pas pour rien qu'il s'est ensuite surtout tourné vers la réalisation. On reconnait d'ailleurs un autre futur metteur en scène dans la distribution puisque Elia Kazan dans le rôle de Nickie, le clarinettiste du groupe, est lui au contraire assez brillant dans un de ses rares rôles au cinéma.

Dans les autres rôles principaux, on retrouve aussi la charmante Priscilla Lane, en chanteuse du groupe, ainsi que l'excellent Lloyd Nolan et une flopée de seconds rôles qu'on connait tous sans forcement mettre un nom sur tous leurs visages : Jack Carson, Wallace Ford, Howard Da Silva et Peter Whitney.

Enfin, 2 autres célébrités du Noir ont participé au film, Robert Rossen comme scénariste et Don Siegel comme monteur….ce qui fait au final beaucoup de beau monde pour un film intéressant à défaut d'être pleinement satisfaisant.

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Vu en VOST.
Le film est sorti en DVD zone 1 (VO avec st anglais)
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

Post by kiemavel »

bruce randylan wrote:Ah Cy Endfield ! La cinémathèque avait fait une rétrospective il y a 4-5 ans mais pendant la période nöel - nouvel an... Du coup, avec les fêtes en familles, je n'avais pu en voir qu'un seul (The Argyle Secrets - vraiment sympthique). Terrible frustration d'avoir raté beaucoup de raretés invisibles :?

Compensation : ils ont reprogrammé The underworld Story il y a 2 ans dans leur mémorable rétrospective perles noires :)

Je parle ici des deux films
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... d#p2093817
Je ne pensais pas que quelqu'un -toi en l'occurrence- avait pris l'initiative d'ouvrir un sujet sur Endfield et je pensais encore moins qu'on y trouverait une critique de The Underworld Story. Mais je m'en fous ! J'écrirais la mienne quand même (Je sais, se faire des amis, c'est un don de la nature chez moi. Mais si j'ai bien compris ton post dans le topic Tay Garnett, toi aussi tu te sentirais mal aimé et pas reconnu à ta juste valeur sur ce forum Si tu veux, on peut en parler mais seulement en MP, vas pas le faire publiquement y'a de ces moqueurs)

Pour le reste "The Argyle Secrets", je n'ai pas vu. A mon avis c'est inédit à part à la cinémathèque. Mais est ce que tu as vu "Try and get me" ? Si ce n'est pas le cas, si tu en as l'occasion, ne rates pas çà !
daniel gregg
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méco

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