On Murmure dans la Ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Lylah Clare
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Post by Lylah Clare »

Un des plus beaux films de Mankiewicz, une ode à la vie et au droit au bonheur...

Il est amusant de noter que ce film fut tourné en pleine chasse aux sorcières, pendant le maccarthysme. Or, à cette époque, Mankiewicz, en tant que président de la Screen directors' guild (organisme représentant les cinéastes hollywoodiens) fut la cible d'attaques assez virulentes d'un courant très conservateur et anti-progressiste emmené par Cecil B. deMille. Au cours d'une session extraordinaire de cette organisation, deMille demanda expressémént la tête de Mankiewicz, et en désignant d'ailleurs tous les cinéastes avec un nom à consonnance étrangères à la vindicte (en prononçant leur nom avec un fort accent allemand : Billy Vilder, Fred Zssinnemann, Villiam Vyler, en insistant aussi sur les consonances juives...).

A la fin de cette A.G. particulièrement houleuse, John Ford, appelé à trancher la question car jouissant d'une autorité morale inattaquable, a de fait sauvé la mise à Mankiewicz, qui a rapporté l'événement par le menu à maintes reprises.
On peut ainsi voir dans People will talk un médecin (c'était la première vocation de Mankiewicz, ne l'oublions pas) en butte à un confrère jaloux, qui fait ce qu'il peut pour entâcher sa réputation et le faire virer... JLM a mis tant de lui dans ce film, qu'il ne faut pas s'étonner si c'était son film préféré.

En plus, comme l'a noté N. T. Binh, on peut se demander si ce n'est pas son film le plus optimiste, peut-être le seul avec un happy end complet.

J'adore !
Gounou
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Post by Gounou »

Tout pareil que Lylah Clare. (Je me foule pas trop... c'est ce qu'il y a de bien sur ce forum... :wink: )
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Judyline
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Post by Judyline »

Je n'avais pas fait le rapprochement avec le macchartysme, mais cette anecdote est très intéressante (Merci Lylah Clare :wink: )
Lylah Clare
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Post by Lylah Clare »

Judyline wrote:Je n'avais pas fait le rapprochement avec le macchartysme, mais cette anecdote est très intéressante (Merci Lylah Clare :wink: )
De rien, the pleasure is all mine :)
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monk
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz, 1951)

Post by monk »

Une pure merveille. Le film est toujours surprenant et complètement imprévisible. Assez léger sans l'être trop, il est aussi d'une grande modernité dans son approche des problèmes de la médecine. Mais c'est avant tout l'histoire d'un coup de foudre. C'est merveilleusement écrit (et ma foi, la mise en scène, en tant que telle, n'a pas à rougir), j'en ai eu le sourire aux lèvres toute la séance. Il y a un petit coté "parfait" dans ce qu'il gère tout de manière assez admirable, il ne manque de rien, et rien n'est vraiment de trop. C'est vraiment une perle qu'il faut découvrir.
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Jeremy Fox
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz, 1951)

Post by Jeremy Fox »

monk wrote:Une pure merveille. Le film est toujours surprenant et complètement imprévisible. Assez léger sans l'être trop, il est aussi d'une grande modernité dans son approche des problèmes de la médecine. Mais c'est avant tout l'histoire d'un coup de foudre. C'est merveilleusement écrit (et ma foi, la mise en scène, en tant que telle, n'a pas à rougir), j'en ai eu le sourire aux lèvres toute la séance. Il y a un petit coté "parfait" dans ce qu'il gère tout de manière assez admirable, il ne manque de rien, et rien n'est vraiment de trop. C'est vraiment une perle qu'il faut découvrir.
Je garde !
Pareil. Et puis en plus tu as pu découvrir l'auteur du fameux quizz contemporain :mrgreen:
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monk
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by monk »

Absolument, impossible de ne pas penser à Ed à ce moment là :mrgreen:
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Père Jules
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by Père Jules »

Probablement mon Mankiewicz préféré :D
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Rick Blaine
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by Rick Blaine »

Un des meilleurs Mankiewicz!! :D
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ed
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by ed »

monk wrote:Absolument, impossible de ne pas penser à Ed à ce moment là :mrgreen:
:D
Je me range évidemment du côté des inconditionnels du film - voici d'ailleurs ce que j'avais écrit à son sujet
A la fin de l’année 1950, Joseph Leo Mankiewicz n’est pas que le cinéaste couvert de louanges pour Chaînes conjugales ou Eve ; il se trouve également être le président de la Screen Directors Guild, alors en pleine tourmente maccarthyste. En particulier, Mankiewicz est la victime des attaques virulentes de quelques uns des plus conservateurs de ses collègues, dont Cecil B. DeMille. C’est dans ce contexte qu’il remet à Darryl Zanuck le premier traitement de ce qui deviendra People Will Talk, film dans lequel un sympathique et atypique professeur de médecine utilisant les vertus thérapeutiques de la communication (on le sait, chez Mankiewicz, tout a toujours été affaire de langage) s’oppose à un collègue mesquin et jaloux fouillant son passé pour le faire chuter. Le cinéaste s’est toujours bien gardé par la suite de confirmer l’influence de son opposition avec DeMille dans l’écriture du film (son objectif était, selon lui, d’opposer une conception déshumanisée de la médecine à une approche plus respectueuse de l’individu) ; mais outre qu’il semble délicat de faire abstraction d’un tel contexte, les échos autobiographiques de l’œuvre semblent incontestables : la médecine était la première vocation de Mankiewicz, et le parcours du Docteur Pretorius semble pour lui l’occasion d’exorciser ses tourments en exaltant des valeurs qui lui étaient intimement fondamentales. People Will Talk est donc une œuvre totalement personnelle, mais de fait, compte tenu de l’intelligence et de l’extrême complexité de la personnalité de Mankiewicz, s’avère un film insaisissable et passionnant. En effet, à première vue, People Will Talk pourrait être assimilé à la comédie capraesque, humaniste et euphorisante, aux enjeux et aux protagonistes clairement identifiés - et force est d’admettre que l’élégance et la fluidité avec lesquelles Mankiewicz mène son récit participent à l’éclat de ce joyau (citons, en particulier, la scène dans la laiterie, un sommet du genre). Mais cette première lecture s’accommode assez mal de la profonde mélancolie et du parfum presque mortifère du film véhiculé par le mystérieux personnage de Shunderson, l’acolyte fidèle et silencieux de Pretorius. Symboliquement, c’est à travers ce personnage revenu d’entre les morts que s’accomplit le prodige d’un film qui, partant d’un cadavre et s’achevant sur une naissance, semble réinventer le miracle de la vie. People Will Talk est donc un film qui, tout en étant empreint de lucidité et d’amertume, réaffirme l’optimisme comme une vertu, comme un besoin (cette orientation étant suffisamment rare chez Mankiewicz pour être soulignée) - un optimisme jamais béat mais porté par une foi indéfectible en l’individu, en son talent et en son éclat, et une défiance manifeste pour les sociétés formatées. A travers la petitesse d’Elwell ou la bigoterie de l’oncle John, se dessine une satire où sont sévèrement écornés, entre autres, le culte de l’argent, l’arrivisme social, le règne du bien-pensant et du qu’en-dira-t-on (voir le titre…) - citons Marc Cerisuelo qui parle au sujet de People Will Talk d’ « un film nietzschéen et antiaméricain ». Pour autant, ces quelques lignes ne pouvant qu’effleurer la lumineuse cohérence d’un film léger et profond comme nul autre pareil, contentons-nous d’en encourager la constante redécouverte, en paraphrasant ce chœur final philosophe dirigé par un Prétorius guilleret : quoiqu’il advienne et quoiqu’il en coûte, réjouissons-nous.
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Best
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Re: On murmure dans la ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by Best »

Le film faisant partie de mon Top 20, je ne peux qu’acquiescer :D

une perle !
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Watkinssien
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Re: On Murmure dans la Ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by Watkinssien »

Revu, et effectivement je l'ai beaucoup plus apprécié que d'habitude.

Brillant de bout en bout, une oeuvre magnifique, vivifiante, superbement mise en scène et interprétée...
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Mother, I miss you :(
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monk
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Re: On Murmure dans la Ville (Joseph L. Mankiewicz - 1951)

Post by monk »

Ha bah, finalement tout le monde l'a déjà vu ! J'arrive encore bon dernier quoi :mrgreen: