Tim Burton

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Votre film préféré de Tim Burton ?

PEE WEE'S BIG ADVENTURE
4
2%
BEETLEJUICE
12
5%
BATMAN
8
4%
EDWARD SCISSORHANDS
87
40%
BATMAN RETURNS
28
13%
ED WOOD
44
20%
MARS ATTACKS!
9
4%
SLEEPY HOLLOW
12
5%
LA PLANÈTE DES SINGES
1
0%
BIG FISH
11
5%
CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE
3
1%
 
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Boubakar
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Re: Tim Burton

Post by Boubakar »

Le prochain Hors-série Mad movies sera consacré à Tim Burton (sur le même modèle que celui sur James Cameron, il y a quelques mois). Parution prévue en Mai.
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Flol
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Re: Tim Burton

Post by Flol »

:shock:

Eux qui ne s'intéressent plus à lui depuis près de 10 ans (la dernière fois qu'ils lui avaient consacré un article de plus d'une demi-page, c'était en 2001 pour la sortie de Planet of the Apes), je suis curieux de lire ce numéro (en espérant que ça aille un peu plus loin que du simple lynchage sur sa dernière partie de carrière...).
mannhunter
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Re: Tim Burton

Post by mannhunter »

Ratatouille wrote: :shock:

Eux qui ne s'intéressent plus à lui depuis près de 10 ans (la dernière fois qu'ils lui avaient consacré un article de plus d'une demi-page, c'était en 2001 pour la sortie de Planet of the Apes), je suis curieux de lire ce numéro (en espérant que ça aille un peu plus loin que du simple lynchage sur sa dernière partie de carrière...).
c'est peut-être simplement pour des raisons commerciales,vu le carton d'"Alice" :wink:
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Flol
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Re: Tim Burton

Post by Flol »

Sauf qu'à mon avis, ils n'ont pas attendu le "carton" d'Alice pour préparer ce HS, ce genre de numéro prenant pas mal de mois à être conçu.
DannyBiker
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Re: Tim Burton

Post by DannyBiker »

J'aime beaucoup cette tendance qu'ont les détracteurs du cinéaste de voir derrière une première page (voir sujet Alice) ou un HS sur Burton uniquement un projet marketing ou cynique.
Ben oui quoi, RIP Burton quand même !!

:|
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DannyBiker
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Re: Tim Burton

Post by DannyBiker »



:mrgreen:
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Boubakar
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Re: Tim Burton

Post by Boubakar »

Boubakar wrote:Le prochain Hors-série Mad movies sera consacré à Tim Burton (sur le même modèle que celui sur James Cameron, il y a quelques mois). Parution prévue en Mai.
D'ailleurs, voilà la couverture :

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Cortez The Killer
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Re: Tim Burton

Post by Cortez The Killer »

Boubakar wrote:
Boubakar wrote:Le prochain Hors-série Mad movies sera consacré à Tim Burton (sur le même modèle que celui sur James Cameron, il y a quelques mois). Parution prévue en Mai.
D'ailleurs, voilà la couverture :

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Merci pour l'info,j'espère seulement qu'il sera un peu mieux fourni que le hors-série consacré à Sam Raimi, parce que c'était pas folichon question texte...
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Thaddeus
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Re: Tim Burton

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Pee Wee’s big adventure
Costume prince de Galles étroit et papillon rouge, visage lisse et pâleur sans doute congénitale, Pee Wee est, avec son masque maquillé du muet, ses mille traits empruntés à une tradition qui court de Buster Keaton à Tati en passant par Jerry Lewis, un anachronisme ambulant. Seul habitant de sa planète régressive, ce pierrot pas très gai passe son temps à bricoler sa vie et laisse émerger, entre deux bouffées de poésie, le délire excentrique d’un enfant attardé ne vivant que par la farce et attrape. Le vol de son rutilant vélo constitue le point de départ d’une odyssée délirante et frénétique qui le conduit à travers quelques lieux typiques de l’Amérique – jusqu’à Alamo et Hollywood. Une fantaisie burlesque, potache, colorée et gorgée d’inventions visuelles, portant déjà la marque d’un univers tout personnel. 4/6

Beetlejuice
Adam et Barbara passent de vie à trépas : ce sont des choses qui arrivent. Mais lorsqu’ils découvrent que le monde des morts a ses obligations, ses contraintes et sa paperasse, l’affaire se complique. Entre Wilder (pour la peinture de la société américaine) et Mélies (pour la poésie sommaire des trucages), Burton emprunte à l’expressionniste et au cartoon, lâche la bride à sa tendresse morbide et à son humour noir, et donne un bon coup de décapant, par un judicieux principe d’inversion, à l’approche traditionnelle des histoires de fantômes. Le film n’est pas avare en délire et en trouvailles, parfaitement aiguillé par les débordements déchaînés de Michael Keaton, mais on peut aussi le trouver trop foutraque, estimer qu’il ne canalise pas suffisamment son énergie et que sa cohésion en souffre quelque peu. 4/6

Batman
L’un de films les plus chers et les plus vus de ma jeunesse, auquel je vous un amour immodéré. Beaucoup estiment qu’il s’est fait ringardisé par la franchise de Nolan ; pour ma part je suis toujours aussi dingue de ses figures de BD stylisées, du score galvanisant d’Elfman, de son esthétique entre expressionnisme et art contemporain. Nicholson fait des étincelles en Joker grimaçant, les chansons de Prince distordent le spectacle en kermesse très particulière, et Burton accouche d’authentiques fulgurances, particulièrement lorsqu’il transforme Gotham en carnaval baroque et décadent. La fascination jubilante qu’exerce cette fantaisie crépusculaire se résume ainsi par l’enthousiasme fou avec lequel il balaie et fond fondre la culture américaine du passé en réalisant l’imaginaire de tous les enfants en deuil que nous sommes. 6/6
Top 10 Année 1989

Edward aux mains d’argent
"Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur", Edward chuchote, avec la douceur d’un flocon, la beauté des laids, leur besoin d’affection, la noirceur des banlieues pastels. Fort d’une palette délicate et subtile, Burton nourrit le conte d’un merveilleux éperdu, mêlé d’une cruauté qui fend le cœur, et rejoint sans coup férir l’éternité des légendes – ce que suggère exemplairement la scène de gravure dans la glace, pur instant de féérie. Faisant aujourd’hui figure de classique, ce conte cruel et acidulé, drôle et mélancolique, est un ovni complet dans le paysage du cinéma américain, un poème sentimental, satirique, sublimé par l’imaginaire fécond et la sensibilité écorchée d’un artiste profondément anticonformiste qui, à trente ans, témoigne à la fois d’un univers esthétique et d’une vision de l’humanité, du monde et des choses qui n’appartiennent qu’à lui. 6/6
Top 10 Année 1990

Batman, le défi
Deux ans plus tard, Burton est travaillé par des forces tourmentées, ravageant de l’intérieur le spectacle hollywoodien qu’il est censé servir et privilégiant l’art du portrait sur la narration linéaire, la rêverie funèbre sur l’unité dramatique, la morbidité joyeuse sur le discours majoritaire. Ses héros sont des êtres malades, poignants, sexués, son inspiration rend grâce aux humiliés et aux déviants, aux ombres baroques et aux divagations inquiétantes, creuse les fêlures et l’altérité d’une humanité souffrante, et porte à son zénith une poésie mélancolique sans équivalent. Ce second volet de la franchise est une splendeur gothique et sauvage qui réunit toutes les obsessions du réalisateur et porte à sa quintessence son génie visuel, sa poésie singulière, son exubérance fellinienne. Chef-d’œuvre subjectif – et Eros d’Or pour l’ensorcelante Michelle. 6/6
Top 10 Année 1992

L’étrange Noël de Monsieur Jack
C’est un rêve vieux de dix ans que Burton porte ici à l’écran avec le très brillant concours technique et artistique de l’animateur Henry Selick. Dans un univers plastique aux milles merveilles qui tient de Chagall et du Magicien d’Oz, il développe une fable poétique qui oppose, telle le monde de la lumière et le monde des ténèbres, deux Amériques : l’une, turbulente, sauvage, hirsute, hétérogène, celle d’Halloween ; l’autre, répétitive, monotone, fade, totalitaire, celle de Noël. Manière d’explorer par d’autres moyens, avec un humour satirique et une grâce burlesque rendue plus étonnante encore par le score de comédie musicale d’Elfman, cet univers féérico-macabre qui lui est propre, mélange doux-amer de mélancolie et d’humour, d’amertume et d’excentricité, de folie contrôlée et de démesure intime. 5/6

Ed Wood
Dernier chapitre de l’ode consacrée par Burton à ses freaks magnifiques, marginaux et doux rêveurs que la différence exclut du monde normalisé. Dans un noir et blanc au grain somptueux, le cinéaste poétise et transfigure le réel en une exaltation de la persévérance et de la concrétisation des rêves. Tâcheron hurluberlu, Ed Wood rencontre Welles dans un bar, qui lui enseigne l’importance qu’il y a à rester intègre vis-à-vis de soi-même. Il est hypnotisé par son idole Bela Lugosi et par ses inimitables "Bivèèèrrre… bivèèèrrre…" : la magie opère, laissons-la durer. A la fin, il assiste à la projection triomphale de son film, un chef-d’œuvre forcément, puisqu’il y a mis toute son âme. Autant de scènes splendides, qui font de cette œuvre lumineuse le plus euphorisant des chants d’amour au cinéma. 5/6
Top 10 Année 1994

Mars attacks !
C’est dans un régal de couleurs saturées, une superbe esthétique bariolée, que Burton transforme l’Amérique en cour de récré pour sales gosses et réactive tout un bric-à-brac de SF désuet. Si elle s’en prend aux travers et aux icônes d’un pays ivre de spectacle, la satire tient davantage de la farce, plus malicieuse que subversive, plus iconoclaste que féroce, et témoigne d’une tendresse pour les franges les moins défendables de la sous-culture qui la rapproche presque d’un John Waters pop art. De là naît la poésie incongrue du film, sa bouffonnerie impertinente, sa beauté singulière, avec ses soucoupes en ordre d’attaque qui avancent sur une musique guillerette, sa créature étrange ondulant dans les couloirs de la Maison Blanche, ou sa tête coupée qui embrasse une femme au corps de chien. 5/6
Top 10 Année 1996

Sleepy Hollow
Avec ce superbe conte fantastique, le cinéaste prouve qu’il est notre dormeur du val. Le film procure un envoûtement permanent, construit une espace rationnel en ruines, comme en proie à au sabbat d’une défiguration progressive de tout et de tous. Burton s’affirme une nouvelle fois comme un plasticien virtuose, un véritable poète de l’imaginaire : son univers gothique, brumeux et ensorcelant ne sombre jamais dans la pose graphique mais est incrusté à chaque instant d’une enivrante puissance évocatrice. Surtout, en plongeant dans les racines d’une Nouvelle-Angleterre puritaine mais hantée par ses fantômes, en suivant le périple initiatique d’un homme raisonnable et déductif qui se laisse fasciner par le merveilleux, il développe un propos d’une belle amplitude, à la fois politique et psychanalytique. 5/6

La planète des singes
La fin de l’état de grâce. Pour la première fois phagocytée par les contraintes d’un énorme budget, la personnalité de Burton s’efface au profit d’une mécanique standardisée, un gros spectacle parfaitement huilé mais sans réelle plus-value. Peut-être lui-même convaincu qu’il lui faut réfréner ses ardeurs pour illustrer la fable simiesque sans la trahir, le cinéaste verse du Coca-Cola dans son nectar habituel, glissant quelques surprises, quelques notations vaguement originales dans un florilège de personnages et de situations convenus. On peut toujours cerner ça et là des enjeux réflexifs (encore que, malgré son sujet en or, le film ne dise rien sur le rapport entre humanité et animalité), mais il est difficile d’y voir autre chose qu’un blockbuster de série. Dans son genre, il est efficace et plutôt rondement mené. 3/6

Big fish
Le cirque, l’enfance, les contes, le drame douloureux de la différence agglomérés le long d’un voyage fantasque, semé de terreurs et de merveilles. Peut-être Burton tente-t-il de se racheter après l’échec artistique du film précédent en revenant à un cadre plus identifiable : celui des freaks en pagaille, de la fuite dans l’imaginaire, de la doublure du monde réel par son reflet carrolien. La méditation sur le rapport filial, l’autoportrait de l’artiste en mythomane forcené et la perte d’innocence d’un jeune homme confronté à l’éternelle candeur de son père sont touchants, et d’une franchise assez nouvelle dans sa façon d’aborder l’âge de la maturité, mais la poésie fellinienne du film est étrangement fabriquée, comme si le cinéaste inventoriait son univers en n’y insufflant que rarement la magie. 3/6

Charlie et la chocolaterie
Évidemment il y a le personnage de Willy Wonka, asocial éternel et marginal rêveur qui agrandit la galerie des héros burtoniens. Certes l’enfance y est une fois de plus égratignée avec une exubérante ironie, dans une logique de dynamitage du conte classique bien dans la lignée des opus précédents. Bien sûr le réalisateur fait dérailler l’univers acidulé attendu et tire vite à boulets rouges sur la famille et les caprices de petits monstres tout de possession, de gourmandise, de destruction ou d’ego. Mais voilà : lorsque, débutant entre Dickens et les Monty Python, le film prend le virage du numérique, qu’il souscrit à une esthétique gamine d’un goût douteux proche des Teletubbies et qu’il se ponctue d’interludes musicaux dignes d’un mauvais dessin animé, l’amertume ne naît pas seulement du propos. 3/6

Les noces funèbres
Douze ans après L’Étrange Noël de Monsieur Jack, Burton revient à l’animation et adapte un conte victorien qui en est quasiment le décalque et qui lui permet de laisser libre cours à toute son extravagance macabre : dans une tératologie complexe, les méchants arborent corps tordus, bosses, têtes énormes et nez en patate, des squelettes borgnes font circuler leur œil unique d’une orbite à l’autre, des cheveux bleus de laine s’étendent sur une poitrine siliconée mais cadavérique… Le goût du paradoxe cher à l’auteur, qui confronte le monde triste et monochrome des vivants à celui trépidant et coloré des morts, apportent sa singularité à un film techniquement sans défaut et d’une belle inventivité plastique, mais dont le côté best-of (poésie morbide, empilement de figures burtoniennes) nuit à la spontanéité. 4/6

Sweeney Todd
Cette fois-ci le verdict est sans appel : le cinéaste en est réduit à grossir le trait jusqu’à la caricature, à repomper les motifs d’un style déclinable à la manière d’un parc d’attractions ou d’un cd-rom, à survoler des créations devenues plages de chromos. Il n’est plus un artiste inspiré mais le prisonnier d’un univers totalement vidé de son âme et de sa substance. Véritable inventaire de stéréotypes (noirceur en toc, gothique artificiel, tourments décharnés), le film accumule les images numériques en une litanie laborieuse du petit Burton illustré, et plonge dans la sinistrose putride de ses situations jusqu’à l’écœurement, sans jamais insuffler à son intrigue la moindre étincelle de vie. Le dernier plan est certes d’une beauté terrible, mais il ne fait que souligner davantage l’inanité de tout ce qui le précède. 2/6

Frankenweenie
Mes retrouvailles un peu craintives avec un auteur dont j’avais volontairement évité les précédents films. Je le retrouve plutôt ragaillardi, sans doute dopé par les composantes d’un univers qui tient moins de la caricature que de la réactivation désuète des fondamentaux de l’artiste, quelque part entre le goût des poupées cassées à l’œuvre dans Edward et la tendresse pour le bricolage cahoteux d’un Ed Wood. Rien ne dépasse ni ne déraille du programme, tout est sagement orchestré dans son imaginaire poétique et son bestiaire de créatures gentiment ténébreuses, les références frisent la surcharge par leur côté répétitif, et le conte s’achève même sur une note moralo-réconciliatrice au goût mielleux. Mais il est suffisamment inventif et soigné pour se hisser au-dessus des déceptions antérieures. 4/6

Miss Peregrine et les enfants particuliers
L’univers burtonien ayant été édulcoré par son propre auteur au rang de formule manufacturée, on pourrait en être à se demander s’il n’est pas souhaitable de le voir se livrer à un produit aussi neutre et impersonnel. Encore faudrait-il que l’entreprise offre davantage qu’une énième aventure digitalisée au pays de l’enfance marginale, dont le terrain a été largement exploité par maints épisodes d’X-Men ou d’Harry Potter, et qu’elle ne se plie pas docilement au cahier des charges narratif et esthétique d’une production hollywoodienne moyenne, réalisée avec un savoir-faire éprouvé. Quelques moments de terreur réussis (tout ce qui a trait aux Sépulcreux), la présence relevée d’Eva Green, un rythme soutenu qui préserve de l’ennui évitent toutefois à ce coup d’épée dans l’eau de sombrer dans la médiocrité. 3/6

Dumbo
Une fois acceptée l’hypothèse opportuniste de l’entreprise consistant à relifter l’un des titres les plus populaires du catalogue Disney, il faut admettre la conviction dont témoigne cette fantaisie débridée où Méliès se conjugue avec le numérique, où l’artisanat du lavis épouse le lissé du digital, et où les exigences du budget n’entrent jamais en conflit avec l’efflorescence de l’émotion. Parce que Burton avait à cœur d’insuffler à la féérie ses figures imposées de la marginalité, que l’accumulation des péripéties et des personnages incarnés nourrissent la déclaration d’amour au spectacle vivant qui structure le propos, que la vertu de la fable est préservée sans excès de moralisation lénifiante, le film s’offre bel et bien comme la réussite modeste mais touchante que l’on n’attendait plus de la part de l’auteur. 4/6


Mon top :

1. Batman, le défi (1992)
2. Edward aux mains d’argent (1990)
3. Batman (1989)
4. Ed Wood (1994)
5. Sleepy Hollow (1999)

Il fut dans les années 90, avec Tarantino peut-être, le plus cinéaste américain le plus brillant et inspiré de sa génération. Sa personnalité très originale, d’une grande sensibilité, la puissance poétique et visuelle de son univers, en ont fait l’un de mes auteurs chéris. Depuis dix ans, il n’est plus que l’ombre de lui-même, ressassant ses motifs en une litanie morose et sans vie. Comme Tarantino encore une fois (mais pour des raisons radicalement différentes), il constitue aujourd’hui le plus beau cimetière de mes espoirs déçus.
Last edited by Thaddeus on 7 Apr 19, 18:31, edited 8 times in total.
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Demi-Lune
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Re: Tim Burton

Post by Demi-Lune »

Comme souvent, je me retrouve complètement dans ce que tu as écrit, Stark. Tim Burton fait partie des cinéastes qui ont forgé mon éducation cinéphilique, avec des films comme les deux Batman qui m'ont accompagnés au point que je les aime comme mes enfants. Si je ne suis pas un admirateur forcené d'Edward aux mains d'argent et moins encore de Mars Attacks, la trajectoire artistique qui était la sienne jusqu'à la fin des années 1990 demeure absolument admirable, et faisait de lui l'un des artistes les plus originaux et imaginatifs du cinéma américain. Jusqu'à ce que, symboliquement, le passage au nouveau millénaire, et sa rencontre avec Helen Bonham Carter, ne constituent une marque d'arrêt brutale. Je partage donc complètement ta déception quant à la tournure qu'a pris son cinéma, qui, comme tu le dis, me paraît également ressasser maintenant des figures attendues sans une ombre de passion. Loin des vraies audaces et fulgurances artistiques que constituaient Batman le défi ou Ed Wood, Burton semble dorénavant enfermé dans un cinéma sclérosé, artificiel, routinier. La magie n'opère plus.
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AtCloseRange
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Re: Tim Burton

Post by AtCloseRange »

Stark wrote:Sweeney Todd
Le cinéaste enfonce le clou : il n’est plus un artiste inspiré, mais le prisonnier de son propre univers, réduit à en recycler les motifs de façon quasiment industrielle. Véritable empilement de figures-stéréotypes (noirceur en toc, gothique artificiel, tourments décharnés), ce film franchement laborieux accumule les images assistées par ordinateur en une litanie morose du petit Burton illustré, enchaîne les péripéties sanglantes sans jamais leur insuffler la moindre étincelle de vie. Je retiens le dernier plan, d’une beauté terrible, mais qui ne fait que souligner davantage l’inanité du reste. 2/6
Je ne sais pas comment tu fais pour ne pas dire un mot sur la musique de Sweeney Todd. Je serais prêt à te rejoindre sur une certaine "laideur" numérique qui ne sied guère à Burton mais en évacuant la question musicale, je crois qu'on atteint la limite du discours critique.
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Thaddeus
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Re: Tim Burton

Post by Thaddeus »

Tope-la, Demi-Lune. Nous sommes bien d'accord, une fois de plus : Burton est devenu une marque, l'esclave d'un univers normatif qui ne se nourrit que de ses propres clichés. Ca fait peine (et je n'ai pas vu son dernier film).
AtCloseRange wrote:Je ne sais pas comment tu fais pour ne pas dire un mot sur la musique de Sweeney Todd. Je serais prêt à te rejoindre sur une certaine "laideur" numérique qui ne sied guère à Burton mais en évacuant la question musicale, je crois qu'on atteint la limite du discours critique.
Je ne te suis pas. Tu veux dire que le film est "sauvé" par sa musique, et plus encore que c'est son projet musical qui le porte et le motive ? Je confesse ne pas être un grand amateur de comédies musicales à la base, mais pour moi Sweeney Todd n'est que le pendant broadwayen d'un univers totalement étriqué, sérieusement exsangue et asphyxié depuis plusieurs films déjà. Quant aux chansons, je les ai trouvé (à une ou deux exceptions près) assez atroces. Tu as aimé ce film ?
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Re: Tim Burton

Post by CrankyMemory »

Non mais quelle légende, les deux Batman sont relativement potable, enfin le premier est sacrément médiocre et le deuxième est prisonnier de l'univers "Timburtonnien" comme aiment a chanter les fans qui ont sans doute découvert Burton avec ses pires films...Tim n'était pas vraiment le bon choix c'est tout. la légitimité de Burton s'appuie sur quatre chefs-d'oeuvre presque inaltérable: Pee Wee, BeetleJuice, Ed Wood et Edward..
Le reste est passablement dénué de toute folie furieuse qui rendait justement le cinéma de Burton intéressant et hors norme.
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hellrick
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Re: Tim Burton

Post by hellrick »

Plutôt d'accord avec Stark sur les notes données même si je serais moins généreux concernant le premier Batman qui a pour moi pris un coup de vieux (et qui l'aurait pris sans le film de Nolan...rien que la Batdance c'était atroce :D )
Concernant Charlie je serais plus généreux, j'ai bien aimé ce film pour enfant sympathique et divertissant.
Un poil plus généreux aussi pour la Planète des singes qui, tout décevant qu'il ait été, reste un blockbuster bien mené.

D'accord par contre avec toutes les autres notes et avis :wink:
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

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Demi-Lune
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Re: Tim Burton

Post by Demi-Lune »

CrankyMemory wrote:Le reste est passablement dénué de toute folie furieuse qui rendait justement le cinéma de Burton intéressant et hors norme.
Je ne risque pas de te convaincre au vu de ce que tu dis au sujet de ses deux Batman, mais j'avoue quand même que cette remarque me scie dans la mesure où Batman le défi est justement un produit hors-normes au sein de l'industrie hollywoodienne, avec une esthétique hiverno-expressionniste formidablement inventive et cohérente, des personnages anti-conventionnels, peu reluisants car tous fêlés à leur manière, une tonalité radicalement sombre pour ne pas dire parfois glauque. Ce film est franchement burné pour voir qu'il est conçu comme un blockbuster touchant toutes les tranches d'âge. Et à mes yeux, il marque l'apogée de l'univers burtonien, qui loin d'être prisonnier de motifs qui, effectivement, seront péniblement systématisés dix ans plus tard, trouve au contraire ici l'expression visuelle et la force dramatique idéales pour le porter dans des cimes que le réalisateur, selon moi, n'est plus jamais parvenu à égaler. Avec Ed Wood, c'est pour moi le sommet créatif de Burton précisément parce qu'il dessine un style et un univers éminemment personnels, mais avec un équilibre, une force, une conviction, une véritable audace contrebandière, une passion qui font cruellement défaut à son cinéma à l'heure actuelle. Et si le premier Batman n'est pas complètement aussi abouti que le second, cela reste, en ce qui me concerne, un génial divertissement ayant tout compris au personnage de l'homme chauve-souris, et porté par la fougue et l'inspiration d'un jeune cinéaste qui déroule un univers plastique grandiose et un humour corrosif typique de sa grande époque.