Richard Brooks (1912-1992)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Federico
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Federico »

Souvenir assez moyen du Cirque infernal. Pas certain que ce type d'histoire était fait pour Brooks (bien qu'il en ait écrit le scénario). Sirk aurait été plus à l'aise...
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Jeremy Fox
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Jeremy Fox »

Lord Jim vient de ressortir chez Wild Side en combo Br/DVD. Justin Kwedi en a fait la chronique.
Stromboli
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Stromboli »

A noter que le vieux dvd français:

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reprenait déjà la version longue de 148' et non la version européenne raccourcie.
bogart
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by bogart »

Stromboli wrote:A noter que le vieux dvd français:

Image

reprenait déjà la version longue de 148' et non la version européenne raccourcie.

Et je rajoute que l'image est très correcte.
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Gustave
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Gustave »

J'ai moi aussi chroniqué l'édition de Wild Side : le livre de Patrick Brion est très intéressant, peut-être pas assez poussé dans l'analyse du film en lui-même mais en tout cas très complet sur son inscription dans la carrière de Brooks (que j'adorerais découvrir davantage : j'aime aussi La Chatte sur un toit brulant et A la recherche de Mr. Goodbar), dans celle de Peter O'Toole et dans l'Hollywood de l'époque.

Quand aux galettes, gros intérêt du Blu-ray : une image nettement supérieure à celle, un peu voilée, du DVD, et surtout cette version longue, de 152 mn et pas de 148 comme celle qui semble avoir été éditée précédemment. Les courts passages en plus sont assez décisifs pour la cohérence et la rythmique du portrait psychologique de Jim je trouve...
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by bruce randylan »

Gustave wrote: Quand aux galettes, gros intérêt du Blu-ray : une image nettement supérieure à celle, un peu voilée, du DVD, et surtout cette version longue, de 152 mn et pas de 148 comme celle qui semble avoir été éditée précédemment. Les courts passages en plus sont assez décisifs pour la cohérence et la rythmique du portrait psychologique de Jim je trouve...
En blu-ray, les films sont plus longs qu'en DVD, les 4 minutes en plus viennent peut-être de là ?

En tout cas, si une bonne âme pouvait faire un comparatif entre le vieux DVD columbia et la nouvelle édition Wild side, ça serait chouette :fiou:
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Hitchcock »

Gustave wrote:le livre de Patrick Brion est très intéressant, peut-être pas assez poussé dans l'analyse du film
Comme souvent avec Brion : je suis en train de lire son ouvrage sur le cinéma d'aventure et je trouve les analyses souvent inexistantes ou trop peu poussées.
Gustave
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Gustave »

Hitchcock wrote:
Gustave wrote:le livre de Patrick Brion est très intéressant, peut-être pas assez poussé dans l'analyse du film
Comme souvent avec Brion : je suis en train de lire son ouvrage sur le cinéma d'aventure et je trouve les analyses souvent inexistantes ou trop peu poussées.
Il connaît l'histoire et raconte bien quoi... Pour moi, c'est insuffisant. Mais c'est un bon départ.
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Jeremy Fox
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Jeremy Fox »

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The Catered Affair (Le Repas de noce) - 1956

Dans la filmo de Brooks, coincé entre Graine de violence puis La dernière chasse et Le Carnaval des dieux puis La Chatte sur un toit brulant (rien qu'à lire ces titres, on se dit que ce fut une décennie bénie pour le cinéaste), il est évident que cette modeste comédie dramatique a malheureusement fait les frais de la proximité de ces films plus ambitieux et plus prestigieux. Il s'avère pour autant tout aussi réussi.

Sorte de version 'prolétarienne' du Père de la mariée de Minnelli, il narre donc les préparatifs de mariage d'une jeune fille dont le père est un simple chauffeur de taxi et dont la mère est femme au foyer. La jeune fille (Debbie Reynolds) aurait voulu un mariage rapide entre deux témoins mais sa mère (Bette Davis), bouleversée par le prochain départ de sa fille, regrettant de ne s'en être jamais bien occupé auparavant, décide de lui offrir le plus beau des mariages malgré des moyens plus que modestes. Ce qui envenime les relations familiales puisque le père (Ernest Borgnine) voit 20 ans de travail fastidieux partir en fumée en une seule journée alors qu'il avait enfin l'occasion de se mettre à son propre compte. Nous assistons donc aux relations entre ce vieux couple qui n'a jamais eu le temps de vivre pour lui et n'a même jamais eu le temps de se dire 'je t'aime', entre ce tout jeune couple aux idées plus modernes et qui ne se formalise pas de toutes ces coutumes, s'obligeant à accepter cette fête pour faire plaisir, ou encore entre un couple de personnes âgées qui se forme aussi à l'occasion et dont l'homme n'est autre que l'oncle qui a toujours auparavant vécu aux crochets de la famille (Barry Fitzgerald).

C'est parfois drôle (ce n'est d'ailleurs pas franchement une comédie) mais c'est surtout d'une justesse confondante (on pense parfois au Lys de Brooklyn de Kazan au travers la description de cette famille et de ce quartier) et souvent extrêmement touchant. J'ai rarement vu Bette Davis, Ernest Borgnine et Debbie Reynolds aussi émouvants ; ils m'ont tous trois à quelques reprises fait venir les larmes aux yeux. Quant aux seconds rôles, de Barry Fitzgerald à Rod Taylor, ils sont tous parfaits. Rien à redire non plus niveau dialogue ou mise en scène. Une petite merveille de délicatesse tout simplement.


L'avis de Ann Harding qui rejoint tout à fait le mien


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Jeremy Fox
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Jeremy Fox »

Il n'est pas inutile de le redire : le film existe en DVD dans la collection "écrivains à Hollywood" uniquement disponible à la Fnac et sur le site Warner. Copie non restaurée (un peu sale) et cependant très belle (bien compressée, bien définie, bien contrastée). On trouve en ce moment le DVD à 1.99 dans différents Noz ; mais en petites quantités.

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francesco
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by francesco »

Bien que les critiques n'aient pas été extatiques, ni sur elle (qu'on a trouvée "déguisée", trop grande dame pour le rôle - le rôle avait été créé à la TV par Thelma Ritter), ni sur le film, c'était un des deux rôles préférés de Bette Davis "deuxième carrière" (l'autre était Baby Jane).

L'affiche est rigolote, en nous la montrant ravissante, période Eve, alors qu'elle est évidemment très loin de cette image dans le film.
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Jeremy Fox »

francesco wrote:
L'affiche est rigolote, en nous la montrant ravissante, période Eve, alors qu'elle est évidemment très loin de cette image dans le film.
On la voit d'ailleurs dans la photo d'exploitation insérée en dessous de mon avis.
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AtCloseRange
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by AtCloseRange »

Il me tente bien celui-là d'autant que c'est du Paddy Chayefsky et que j'aime beaucoup Marty avec le même Ernest Borgnine.
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by Jeremy Fox »

AtCloseRange wrote:Il me tente bien celui-là d'autant que c'est du Paddy Chayefsky et que j'aime beaucoup Marty avec le même Ernest Borgnine.

Jamais vu Marty mais le scénario du Brooks est magnifiquement bien écrit (pas du tout artificiel, très réaliste au contraire) ; concernant le ton du film, la référence qui m'est immédiatement venu à l'esprit est Le Lys de Brooklyn et pas du tout Le Père de la mariée malgré une intrigue un peu similaire. Je vais partir à la recherche de Marty du coup (hop, dans mon panier Amazon).
bruce randylan
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Re: Richard Brooks (1912-1992)

Post by bruce randylan »

Jeremy Fox wrote:Il n'est pas inutile de le redire : le film existe en DVD dans la collection "écrivains à Hollywood" uniquement disponible à la Fnac et sur le site Warner. Copie non restaurée (un peu sale) et cependant très belle (bien compressée, bien définie, bien contrastée). On trouve en ce moment le DVD à 1.99 dans différents Noz ; mais en petites quantités.
:shock: :o :cry:
C'est là où je regrette d'habiter Paris.

Le mois dernier j'ai vu Miracle à Tunis (The light touch - 1952) sur TCM

Deuxième réalisation de Brooks pour une petite comédie policière plaisante bien que sans grande ambition ni grande surprise. Stewart Granger y joue avec délectation un voleur d'oeuvre d'arts qui décide de faire croire que le tableau religieux qu'il vient de voler a brûlé pour ensuite demander à un faussaire d'en faire des copies. Évidement le faussaire est une femme croyante et naïve tandis que plusieurs gangsters essayent de mettre la main sur la peinture. Mais entre la copie et l'originale, il peut-être facile de se tromper.

Il y a du rythme, un casting savoureux (George Sanders et Joseph Calleia en plus), une réalisation élégante, quelques bons dialogues, un tournage sur lieux où se déroule l'action (l’Italie), un dosage des genre plutôt efficace. Après, c'est pas très original (beaucoup de films sont passés par là aussi) et sans grande prise de risque mais le charme, les nombreuses péripéties, l'immoralité flegmatique de nombreux personnages en font un divertissement plaisant à défaut de palpitant.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"