Assaut (John Carpenter - 1976)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Bob Harris

Assaut (John Carpenter - 1976)

Post by Bob Harris »

John Anderton wrote: ASSAUT : 3 / 10. L'antithèse parfaite du film ci-dessus : on n'y croit pas une seconde (un comble pour un sujet que l'on pourrait croire comme étant de prime abord la retranscription d'un fait divers vu dans le journal). Les dialogues sont incroyablement creux, les personnages pas très attachants, voire carrément désagréables, et puis on arrive à la fin du film en se demandant : "Mais pourquoi tout ça ?". Je n'ai toujours pas la réponse... une déception pour un Carpenter que j'étais impatient de voir...
C'est pourtant un de ses meilleurs films... Serais-tu tombé sur le catastrophique DVD Z2?
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John Anderton
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Post by John Anderton »

Bill Harford wrote:
John Anderton wrote: ASSAUT : 3 / 10. L'antithèse parfaite du film ci-dessus : on n'y croit pas une seconde (un comble pour un sujet que l'on pourrait croire comme étant de prime abord la retranscription d'un fait divers vu dans le journal). Les dialogues sont incroyablement creux, les personnages pas très attachants, voire carrément désagréables, et puis on arrive à la fin du film en se demandant : "Mais pourquoi tout ça ?". Je n'ai toujours pas la réponse... une déception pour un Carpenter que j'étais impatient de voir...
C'est pourtant un de ses meilleurs films... Serais-tu tombé sur le catastrophique DVD Z2?
Non, sur un enregistrement correct venant de CanalSat. De toute façon, je pense que le meilleur DVD du monde n'arrangerait rien, malheureusement... :? :wink:
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lowtek
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Assaut (John Carpenter, 1976)

Post by lowtek »

Ce film, que je viens de découvrir, est tellement hanté de toute notre cinéphilie qu'il ne fonctionne, rétroactivement, que par références accumulées. Il est le chaînon manquant entre Les Oiseaux et Piège de Cristal, entre La nuit des Morts Vivants et Aliens, entre Rio Bravo et...l'ensemble du cinéma d'action contemporain. Merde, il a fallu que je vois ce film pour me rendre compte que la séquence de l'attaque du labo de T2 n'était qu'un remake symétrique de celle du commissariat de T1 (eh oui je suis con parfois). Il aura fallu autant d'abstraction, autant de silence et de contre-jour pour que je comprenne ce qui m'attire dans tout ce cinéma là.
Ce soir, ce que je redoutais le plus est arrivé : je suis devenu un fan de Carpenter.
Robert 'Butch' Haynes
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Re: Assault On Precint 13 de Carpenter

Post by Robert 'Butch' Haynes »

lowtek wrote:Ce film, que je viens de découvrir, est tellement hanté de toute notre cinéphilie qu'il ne fonctionne, rétroactivement, que par références accumulées. Il est le chaînon manquant entre Les Oiseaux et Piège de Cristal, entre La nuit des Morts Vivants et Aliens, entre Rio Bravo et...l'ensemble du cinéma d'action contemporain. Merde, il a fallu que je vois ce film pour me rendre compte que la séquence de l'attaque du labo de T2 n'était qu'un remake symétrique de celle du commissariat de T1 (eh oui je suis con parfois). Il aura fallu autant d'abstraction, autant de silence et de contre-jour pour que je comprenne ce qui m'attire dans tout ce cinéma là.
Ce soir, ce que je redoutais le plus est arrivé : je suis devenu un fan de Carpenter.
Il t'en aura fallu du temps,mieux vaut tard que jamais :wink: .
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Martin Quatermass
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Post by Martin Quatermass »

Un coup de maître de Carpy. Un de plus me direz-vous... :wink:
Cinetudes
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Post by Cinetudes »

salut,

parfaitement d'accord avec toi Lowtek d'ailleurs voici mon avis sur cet excellent premier film:

John Carpenter signe avec Assault on Precinct 13 (1976) son premier film professionnel. L'histoire est un habile mélange de western (Rio Bravo, 1959 d'Howard Hawks) et de film fantastique (Night of the Living Dead, 1968 de George Romero), de l'aveu de John Carpenter lui-même : un jeune lieutenant de police, Ethan Bishop (Austin Stoker), qui va prendre son premier poste dans un commissariat de Los Angeles. La station étant en cours de déménagement, celui-ci doit juste être là avec une équipe réduite dont Leigh (Laurie Zimmer), pour surveiller le batiment. Dans un même temps, nous suivons deux autres actions parallèles. Une bande organisée cherchant à se venger du meurtre de plusieurs de ses membres par la police, finira par assassiner un vendeur de glace et une petite fille,dont le père tuera le chef du gang en voulant la venger. Loin de là, l'ennemi public numéro 1, Napoleon Wilson (Daryl Joston) et d'autres prisonniers sont transférés par bus dans une nouvelle prison. Le père de la fille et le bus de prisonniers se dirigeront tous deux vers le commissariat. A ce moment, le gang commencera le siège dans le but de venger l'assassinat de leur leader et les personnes présentes et survivantes coincées à l'intérieur du commissariat seront obligées de collaborer (policiers et truands), afin de se défendre contre l'envahisseur.

John Carpenter est un cinéaste classique en ce sens qu'il s'inspire de ses glorieux ainés et que sa thématique est constante quels que soient ses films. Avec Assault, il a signé son oeuvre matrice, qui contient déjà l'intégralité des thèmes qu'il developpera tout au long de sa carrière. Les conditions de tournage et son budget ridicule font que cette oeuvre pourra paraître datée pour certains, mais déjà notre homme maîtrise les divers éléments filmiques de façon remarquable. La présentation des divers personnages (importants ou non) et leur regroupement progressif vers le commissariat est orchestré de façon claire et précise, nous apprenant sur chacun juste le nécessaire au bon fonctionnement de l'histoire. Le moins que l'on puisse dire est que sur le plan des personnages, l'ambiguité n'est pas de mise.

Son scénario étant des plus simples (des personnes enfermées dans un lieu unique et assiégé), Carpenter ce concentre sur ce qu'il sait faire de mieux, développer le climat et l'ambiance de son film. Ce ne sont pas les motivations psychologiques profondes de ses personnages ou le second degré qui intéresse le cinéaste, mais le développement du récit et la réaction des personnages face aux évênements, ce qui en fait littéralement le cinéaste de l'action et non de la reflexion. Son engagement politique est une fois de plus évident et à travers ce film d'action, il mène un constat social désastreux (et anticipe le pouvoir et l'audace énorme des gangs actuels de Los Angeles, en se basant sur les émeutes de Watts de 1969), et une charge à peine déguisée contre l'efficacité de la police obligée de s'associer avec des criminels pour défendre sa vie.

L'aspect sordide et oppressant dégagé par sa vision de la banlieue de Los Angeles est glaçant et cela est encore renforcé par la musique (composée par J. Carpenter lui-même). Celle-ci est à l'image du film simple, mais efficace, essentiellement atmosphérique mais totalement essentielle pour la cohérence de l'oeuvre. David Holmes lui rendra d'ailleurs hommage en reprenant l'aspect le plus sympathique du thème lorsqu'il composera le score de Out of Sight de Steven Soderbergh (1998). Au fur et à mesure que le film avance, son ambiance est de plus en plus tendue, grâce au montage, à la photographie, à la mise en scène et au scénario.

Le jeu des acteurs pourra paraître totalement hors de propos à certains, mais ils suivent les instructions de Carpenter qui souhaite développer l'underplaying. Cette technique de jeu distanciée (non naturaliste) se justifie entièrement, car elle permet de développer l'atmosphère irréaliste, à la lisière du fantastique de cette oeuvre.
Les assaillants et leur comportement oeuvrent directement pour le côté fantastique du film (invisibilité, démarche de zombie, nombre apparammment illimité, absence totale de communication), renforçant par leur comportement le côté oppressant et le suspense de l'oeuvre. De plus, leur motivation de se venger de la mort de leur chef paraît bien faible pour déclencher de telles hostilités et surtout pour qu'autant risquent leur vie, et Carpenter prend d'ailleurs un malin plaisir à faire du père de la fillette un prostré, traumatisé par sa tragédie (la mort de sa fille).

A l'opposé de cela, les héros (seuls personnages consistants de l'histoire) sont développés de façon très classique, reprenant des attitudes et des schémas de héros de western, (Napoleon Wilson, nonchalant et presque détaché), de film noir (Leigh qui est presque plus solide que ses collègues masculins). Leur décisions suivent un schéma connu (que Carpenter reprendra dans presque tous ses films), se terrant de plus en plus profond dans leur refuge. Heureusement, quelques plages d'aération sont créées par le biais d'un humour noir ou absurde (le jeu des patates). L'aspect statique et répétitif du film est également volontaire, reprenant aisni les figures de style du cinéma que Carpenter affectionne particulièrement, celui des années 40 à 60 où le rythme était loin d'être aussi effréné que dans la fin des années 70, et qui decontenança certainement (cela est tjs le cas maintenant) une partie des spectateurs ne percevant pas cet aspect référentiel.

John Carpenter est un cinéaste important car il est l'un des derniers grands conteurs du 7ème art, l'un des derniers à avoir vraiment retenu, assimilé, retravaillé les leçons des grands anciens. Son cinéma est parfois hors du temps, mais il accroche le spectateur comme peu d'autres pour peu que celui-ci soit disposé à se laisser entraîner sans avoir le regard cynique actuel (chercher les erreurs avant les qualités). Assault on Precinct 13 n'échappe pas à la règle, bien au contraire car il a créé cette même règle.

Stef
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Niron
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Post by Niron »

Non mais ho! Qu'est ce que c'est que ce foutoir!


Assaut a été fait en 1976!

Allez hop c'est en naphtaline que cela doit se trouver!

Image En taule les racailles :twisted:
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Niron wrote:Non mais ho! Qu'est ce que c'est que ce foutoir!


Assaut a été fait en 1976!

Allez hop c'est en naphtaline que cela doit se trouver!

Image En taule les racailles :twisted:
la naphtaline sur le forum c'est avant 70, donc ce topic a parfaitement sa place ici :wink:
Niron
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Post by Niron »

Moi qui croyait que c'était après 1980...

C'est pas grave... Rebellion au force de l'ordre

Image En taule toi aussi :twisted:
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Niron wrote:Moi qui croyait que c'était après 1980...

C'est pas grave... Rebellion au force de l'ordre

Image En taule toi aussi :twisted:
Euh...je peux retirer ce que j'ai dit :lol: :wink:
Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Assault on precinct 13, Big John

Je découvre enfin ce premier long métrage officiel de Carpenter, dans une VF hélas calamiteuse. Que d'étonnements ! Je ne m'attendais vraiment pas à une ambiance qui tourne à ce point au fantastique. La horde des assaillants, muets, et se précipitant en nombre vers le commissariat sans craindre la mort, sont clairement montrés comme des genre de zombie tentant d'envahir une maison. Le personnage du condamné à mort, Wilson, a déjà tous les attributs du héros typique carpenterien (cool attitude de cow-boy, répliques qui tuent). On sent Kurt Russell et Rody Piper pointer le bout de leur nez. Le ton désespéré du film anticipe sur The Thing. Et puis on a un personnage féminin tout à fait hors norme, impassible et n'ayant pas froid aux yeux. De très grands moments de cinéma, même si la maîtrise totale des moyens n'est pas achevée.

Et puis j'adore le thème musical du film (que je connaissais déjà).
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Schlock
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Post by Schlock »

attention attention, avis à la population!
la b.a du remake de assault par jean françois richet( ma 6-t va craquer) est arrivée:
http://filmforce.ign.com/articles/565/565951p1.html
Guest

Post by Guest »

Excellent !

Mais surtout, n'achetez pas le Zone 2, image pire qu'un enregistrement TV, son pire qu'un enregistrement dans un cinema, tremblement de l'image, image flou... Et j'en passe.
Simone Choule
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Post by Simone Choule »

Le remake m'a tout l'air d'une pure merde formatée.
Tous ces réalisateurs français qui se revent en tacherons hollywoodiens, c'est beau.
Schlock
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Location: l'aube de l'humanité

Post by Schlock »

:lol: :lol: :lol: en effet ça sent la bouze vitaminée.
espérons que la sortie salle soit acompagnée d'une réédition z2 digne de la version de carpenter!