Notez les films naphtas

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Re: Notez les films naphtas

Post by bruce randylan »

Kevin95 wrote:A WOMAN PURSUED (Kwon-taek Im, 1970) Découverte

A SNAPSHOT AND A MURDER (Kwon-taek Im, 1970) Découverte

OVERCOME BY MISFORTUNES (Kwon-taek Im, 1976) Découverte
T'es bien généreux avec ces titres que j'ai trouvé parmi les moins intéressant du cinéaste même si Overcome by misfortunes (pourquoi citer les titres anglais au fait :P ) est vraiment pas mal dans ses deux premiers tiers mais le dernier acte est vraiment grotesque et malhonnête.

Tu n'as pas vu ses films post 1977 ?
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

bruce randylan wrote:Tu n'as pas vu ses films post 1977 ?
Non malheureusement. La Tek est regroupé les titres des années 60-70 (donc les moins personnels pour le réal si j'ai bien compris) durant mes semaines de chômage, donc...

Pour le mélo Overcome by Misfortunes, le dernier tiers ne m'a pas dérangé au contraire. Le voyage en bagnole m'a semblé une illustration idéale de la position du personnage, à la fois bloqué par des intérêts financiers et lâche, distante vis à vis de ses responsabilités. Le problème, c'est la souffrance d'un môme, procédé vulgos et indigne du cinéaste.
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

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ALL THAT HEAVEN ALLOWS (Douglas Sirk, 1955) Découverte

Une fois débarrassé de tout cynisme et second degré (c'est dur, mais il faut le faire) on peut très facilement se faire bouffer par le film de Sirk. Les amours impossibles d'une jeune veuve (une Milf pour les plus jeunes) et d'un jardinier idéaliste contrariés par une communauté aimante, une morale bien pensante et la sacro-sainte famille (raclement de gorge). Sirk soigne à ce point sa forme, que le vernis craque dès le générique. Derrière l'imagerie fifties, se niche une critique violente et acerbe des rapports humains, des rapports de classes, de l'hypocrisie des enfants (à tarter) jusqu'à cette foutue télé qu'on essaye de refourguer coûte que coûte. Un Fuck You à l'heure du thé. 9/10

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THE QUIET MAN (John Ford, 1952) Révision

A la fois prolongement de la fresque irlandaise How Green Was My Valley et son exacte contraire. Ici, pas de noir et blanc tragique sur une famille de mineurs mais un moment de plaisir, où les couleurs claquent, où l'humour est roi, où la romance se fait brusque mais profonde, où l'intrigue se fout d’être foisonnante, où les temps morts deviennent des temps précieux, où une averse est un monument d'érotisme, où le bar devient un lieu pivot, où l'on se castagne pour l'honneur et on se réconcilie par bonheur. Ford n'est pas réaliste, il est dans le folklore, dans le l’hédonisme, dans le cinéma, dans les sentiments. Punaise ce qu'on est bien dans ce film ! 10/10
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Re: Notez les films naphtas

Post by Rashomon »

Pattes blanches de Jean Grémillon

La jaquette du dvd (avec Suzy Delair en nuisette) m'avait laissé croire à une comédie aussi légère que la tenue de sa vedette; que nenni! C'est bien un drame, très noir s'il vous plait, dont aucun des protagonistes ne sortira indemne. Grémillon ne juge personne (comme disait Renoir, "tout le monde a ses raisons") mais tire le maximum de ses interprètes, tous formidables, même Michel Bouquet que je n'aime guère en temps normal, et qui ressemble ici à Anthony Perkins. A propos de ressemblance, je suis le seul à trouver un air de famille entre la petite bossue et Joan Fontaine, jusque dans la démarche? Très grand film alors que je n'en attendais pas grand-chose, étant en quelque sorte l'anti-particule du Commissaire dès qu'il s'agit de films français. J'ai d'ores et déjà acheté tout ce que je pouvais trouver de Grémillon sur Amazon. 8,5/10
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

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PATATE (Robert Thomas, 1964) Découverte

On est une comédie de boulevard ou une comédie pop, mais tenter d'être les deux relève du défit. Le film de Robert Thomas s'y essaye et se rate sans dégâts mais sans panache non plus. L'ensemble est cousu de fil blanc et n'offre rien d'autre que de la routine. Pierre Dux en rôle principal n'aide pas, l'acteur n'est pas mauvais mais n'a pas les épaules solides pour tenir un film, Jean Marais fait son numéro, Sylvie Vartan est une fausse bonne idée à l'état brut tandis qu'au milieu du chantier, la reine Darrieux est impeccable et à mille lieux de ce qui se joue dans le film. Ce n'est pas nul pour autant (la rythme tient le coup) mais clairement dispensable. 5,5/10

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PROPHECY (John Frankenheimer, 1979) Découverte

Film tiraillé entre ses imperfectifs commerciaux (faire la nique à la Fox et son Alien) et un Frankenheimer qui rechigne à mettre les mains dans le gore. Après une introduction prometteuse, le métrage perd une heure de son temps à justifier son pitch (on n'en demandait pas tant) et laisse son réalisateur bricoler à l'arrache un vague discours politico-écolo histoire de stabiloter son intégrité. Bavard et mollasson, on serait prêt à lâcher l'affaire quand une demi-heure avant la fin et alors que le réalisateur est parti pisser, le film part en sucette et fonce la tête la première dans le fantastique bis qui tache. Pour ce petit moment de bonheur coupable, les curieux peuvent y aller. 6/10
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AtCloseRange
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Re: Notez les films naphtas

Post by AtCloseRange »

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PROPHECY (John Frankenheimer, 1979) Découverte

Film tiraillé entre ses imperfectifs commerciaux (faire la nique à la Fox et son Alien) et un Frankenheimer qui rechigne à mettre les mains dans le gore. Après une introduction prometteuse, le métrage perd une heure de son temps à justifier son pitch (on n'en demandait pas tant) et laisse son réalisateur bricoler à l'arrache un vague discours politico-écolo histoire de stabiloter son intégrité. Bavard et mollasson, on serait prêt à lâcher l'affaire quand une demi-heure avant la fin et alors que le réalisateur est parti pisser, le film part en sucette et fonce la tête la première dans le fantastique bis qui tache. Pour ce petit moment de bonheur coupable, les curieux peuvent y aller. 6/10
Je ne dirai qu'une chose
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

J'avoue que la scène m'a frustrée. J’espérais que la famille de yankees allait morfler (c'est le cas) mais pas de manière aussi rapide.
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Re: Notez les films naphtas

Post by Rockatansky »

J'avais oublié cette scène, quelle rigolade :lol:
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Re: Notez les films naphtas

Post by hellrick »

Kevin95 wrote:
PROPHECY (John Frankenheimer, 1979) Découverte
Je l'ai toujours trouvé bien sympathique par ses outrances bien bis, un peu en deça du fameux GRIZZLY LE MONSTRE DE LA FORET, si tu ne l'as pas vu celui là fonce (en plus on trouve le dvd un peu partout pour le prix d'un croissant) :wink:
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Re: Notez les films naphtas

Post by Rashomon »

Cargaison dangereuse de Michael Anderson

La rencontre de Gary Cooper et Charlton Heston sur un scénario de Eric Ambler, c'est très excitant sur le papier. Malheureusement le résultat final est très loin de déclencher l'enthousiasme. Il ne se passe pas grand-chose et les deux têtes d'affiche n'ont rien à faire, et surtout rien à faire ensemble. L'affiche qui promet un affrontement au sommet est particulièrement mensongère à cet égard. 5/10

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Re: Notez les films naphtas

Post by Jeremy Fox »

Je l'avais trouvé plutôt agréable même si Hitchcock s'en serait probablement tiré beaucoup mieux.
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

hellrick wrote:
Kevin95 wrote:
PROPHECY (John Frankenheimer, 1979) Découverte
Je l'ai toujours trouvé bien sympathique par ses outrances bien bis, un peu en deça du fameux GRIZZLY LE MONSTRE DE LA FORET, si tu ne l'as pas vu celui là fonce (en plus on trouve le dvd un peu partout pour le prix d'un croissant) :wink:
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

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TROP JOLIES POUR ÊTRE HONNÊTES (Richard Balducci, 1972) Découverte

Balducci s'est dit que son cinéma pouet-pouet manquait de présences féminines (trad : de gonzesses), il n'en fallait pas plus pour qu'il bricole avec trois fois rien (euphémisme) une comédie policière dans laquelle une poignées de têtes connues et pas trop moches viendraient grimacer en petite tenue. Tourné l'année même où le réalisateur s'essaya au cinéma pour "respectable", cette pantalonnade ne propose rien d'autre que le minimum syndical. Ça se consomme comme une grenadine, sans difficulté mais sans grand enthousiasme. Juste le plaisir de (re)voir quelques têtes du ciné frenchy venues faire coucou ou voir Gainsbourg se fendre la gueule à chaque réplique. 6,5/10

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PRONTO AD UCCIDERE (Franco Prosperi, 1976) Découverte

Ce n'est certes pas un poliziottesco des grands soirs. L'argument du flic infiltré est usé depuis Méliès, Ray Lovelock est aussi badass qu''un membre des Modern Talking, Elke Sommer sort de nulle-art, Martin Balsam est un parrain sur canapé et le scénario a la flemme d'approfondir des idées qu'il a lui-même amorcé. Mais c'est un polar rital nondidiou ! Même moins méchant que certains membres du genre, le film se la donne suffisamment. La première partie dans les prisons italiennes a un petit coté Un prophète dans laquelle les cours de prison sont des arènes (l'Italie, tout ça...) et les scènes d'actions percutent sévèrement dont un duel moto-camion pas immonde. Petit mais costaud. 8/10

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LABIOS ROJOS (Jesús Franco, 1960) Découverte

Comédie d'espionnage par un Jesús Franco débutant, pas encore abonné aux zooms ou deux pièces cuisine et sous l'influence de son mentor Orson Welles (plan biscornus, contre-plongées imposantes, trouvailles économes). La part série noire du film est brillante, le réalisateur se drape d'un noir et blanc charbonneux du meilleur effet, d'un montage serré et d'une musique jazzy qui va bien. Là où le film accuse le coup, c'est lorsqu'il essaye d'être "mignon", en surlignant la photogénie de ses interprètes, leur candeur et leur connivence dans un croisement entre Le Club des cinq et un épisode de Charlie's Angels. Seulement ça swingue donc ça passe. 7,5/10
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Re: Notez les films naphtas

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IL LADRO DI DAMASCO (Mario Amendola, 1964) Découverte

Autant péplum que film d'aventure errolflynnesque (comprendre bondissant avec le sourire Ultra Brite). Sympa et pas péteux alors même que le genre est sur sa pente descendante (bouffé la même année par le western), le film de Mario Amendola évite les clins d’œil parodiques et assume complément son statut de divertissement. Le charme désuet du cinéma de quartier est bien présent surtout que les trois cartons en guise de décors sont pas trop mal agencés. Tony Russel en sous Tony Curtis est bien moins rigide que ses collègues bodybuildés. Si le réal s'en sort dans la comédie (les séquences de vols ou des acrobates noirs), il galère plus dans les batailles avec ses figurants peu motivés. Mais pourquoi pas. 7/10

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THE RARE BREED (Andrew V. McLaglen, 1966) Découverte

Western sous perfusion alors même que les italiens ont investi les lieux et que Peckinpah ronge son frein. McLaglen avait tout : scope, casting d'expendables fordien, musique du jeunot John Williams mais non, la flemme, un autre jour... peut être. La première partie, remake inavoué de La Vache et le Prisonnier, roupille totalement, expédie le grand Ben Johnson (un coucou et salut) et flingue Jack Elam en quelques plans. Heureusement, lorsque Brian Keith rentre sur le terrain le film lève une paupière, trouve un ton. Ce n'est pas génial, mais au moins James Stewart a quelque chose à jouer et quelques belles scènes à investir : la découverte de l'animal dans la neige, ses face-à-face avec Maureen O'Hara. Après, c'est vrai que le bestiau est mimi tout plein. 6,5/10
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Re: Notez les films naphtas

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Entrons dans la danse

La dernière rencontre cinématographique du couple "de légende" Astaire-Kelly et il était temps que cela se termine, parce que c'est encore plus fade et poussif que leurs films des années trente. La morale du film est contestable, les numéros dansants sont répétitifs et sans imagination, sans compter certains passages ("La Marseillaise") franchement ridicules. Quant aux chansons... Bref, c'est la catastrophe à tous les étages. 1/5

Monsieur la Souris
Et dire que Orson Welles voyait en Raimu le plus grand acteur de son temps... Il est le seul attrait de ce petit film et ce n'est vraiment pas en dire grand-chose, car il est transparent du début à la fin, ne réussissant jamais à rendre crédible son personnage de clochard bas du front. Le réalisateur - je n'ose pas écrire metteur en scène - assure le service minimum et les autres acteurs sont inexistants. Le cinéma français de (grand-) papa dans ce qu'il a de pire et de plus caricatural. On comprend que la Nouvelle Vague ait préféré s'inspirer des cousins américains. 1/5