Notez les films : Janvier 2013

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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monk
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar monk » 20 janv. 13, 22:18

Spacked out de Lawrence Ah Mon (noté Lawrence Lau sur la jaquette du DVD)

Production Milkyway de 2000, le film n'est pas un polar mais un drame sur la jeunesse perdue du début du siècle. On suit 4 jeunes filles à la dérive, lâchées par leurs parents, impuissants, démissionnaires ou absents. Le groupe est si fusionnel que deux d'entre elles prétendent à l'homosexualité. Toujours dans la défiance, la rébellion et la superficialité, les filles n'ont aucune limite, dans la consommation, les drogues ou le sexe. Le regard porté n'est ni misérabiliste (elles viennent toutes de milieux modeste) ni compatissant (leurs mauvaises actions sont faites en connaissance de cause), ce qui ne les rend pas particulièrement touchantes; sauf à la fin, quand le voile se lève un peu après une nuit d'abus particulièrement difficile.
Dans la forme, on est proche du documentaire, avec une caméra souvent à l'épaule, très proche des actrices, et donc très immersive, amenant le spectateur à se sentir comme un 5e membre du groupe. La vie est hystérique, et les conversations tournent parfois au joyeux bordel. Mais peu importe ce qu'il s'y dit finalement, la manière en dit plus que les mots. Quelques maladresses excessives en fin de parcourt rendent le mauvais trip de l'une d'elles assez laborieux; mais le reste se tient tout à fait.
Le discours n'est pas forcément très original - cette jeunesse désorientée de Hong Kong ressemble beaucoup à celle de Tokyo ou d'ailleurs - mais le film tient la route et sort un peu du lot de la production de l'époque.
Je garde.

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Profondo Rosso
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Profondo Rosso » 22 janv. 13, 01:18

Maria's Lovers de Andreï Kontchalovski (1984)

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Après avoir passé plusieurs années de captivité dans un camp japonais, Ivan rentre en Pennsylvanie. Seul, un rêve fou lui a permis de surmonter cette terrible épreuve: épouser a son retour, la plus belle fille du pays. Mais à Brownsville, Maria est déjà très convoitée.

Maria's Lovers est le premier film américain du réalisateur russe Andreï Kontchalovski qui signe d'emblée un coup de maître. Ancrage profond dans l'histoire de son pays d'accueil, mythologie, psychanalyse et une âme russe néanmoins toujours vivace, Kontchalovski triomphe sur tous les points dans ce mélodrame puissant. En 1997 Kontchalovski avait réalisé une assez médiocre adaptation de L'Odyssée pour la télévision américaine, sauf que finalement sa vraie vision du poème d'Homère il l'avait déjà signée de manière toute personnelle avec Maria's Lovers.

Après plusieurs années au front à affronter les japonais durant la Deuxième Guerre Mondiale, Ivan (John Savage) est de retour au pays en Pennsylvanie. Dès son retour il n'espère qu'une chose, retrouve celle dont le doux souvenir l'a aidée à traverser toute les épreuves et privation, Maria (Nastassja Kinski) son amour d'enfance et de toujours. Seulement Maria et sa beauté ravageuse est courtisée par tous les mâles de la région mais contre toute attente elle ne l'a pas oubliée non plus et ils vont pouvoir se marier et s'aimer. La première partie du film s'amorce comme un rêve éveillé où les rares nuages (Savage narrant ses terribles souvenirs à son amante d'un soir) ne laissent pas présager de la suite et l'on est émerveillé par les paysages de cette Pennsylvanie provinciale (photo somptueuse de Juan Ruiz Anchía), la candeur touchante de John Savage en vétéran timide et amoureux et bien sûr par la sensualité charnelle et les regards ardents d'une Nastassja Kinski qui n'a jamais été aussi belle, aussi désirable. Ivan/Ulysse après avoir guerroyé à Troie/ Pacifique est revenu en Ithaque/Pennsylvanie, a vaincu les prétendants de Maria/Penelope dans une réinterprétation qui semble même adoucir la plus sanglante conclusion d'Homère.

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Un problème se pose pourtant à notre Ulysse moderne, il n'a pas laissé derrière lui les cyclopes, sirènes et magiciennes rencontrés durant sa quête et ils continuent à le hanter. Cela se manifeste par un terrible et sordide souvenir des maltraitances au sein des geôles japonaises qui nous sont d'abord narré par un John Savage encore transi d'effroi, puis qui s'illustrera de manière symbolique tout au long du film à travers des visions cauchemardesques récurrentes avec l'apparition d'un rat ensanglanté. Pire, celle dont l'image l'aura aidé à surmonter toutes ses horreurs leur est définitivement associée et Ivan va s'avérer incapable de coucher avec Maria dont le moindre contact le rend soudain impuissant. L'Odyssée selon Kontchalovski peut alors réellement commencer avec le lent chemin de croix du couple.

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Ivan rongé par la culpabilité et la honte (le film multipliant les figures d'hommes virils renvoyant le héros à sa faiblesse notamment l'imposant patriarche joué par Robert Mitchum) s'éloigne et rejette Maria, cette dernière blessée réfrénant un désir inassouvi et de plus en plus pressant. Les deux acteurs délivrent de très grandes prestations où Konchalovsky les fait alterner entre les registres tout en retenu et en non-dits (Ivan feignant d'être endormi lorsqu'il est sollicité par Maria, les embrassades timides qui tournent court, le malaise dès que Maria est dans une tenues affriolantes) avec une outrance où ce mal être explose avec fureur. John Savage masque de douleur contenu excelle dans la sobriété tandis que Nastassja Kinski est incandescente en femme n'étant plus que désir et frustration, s'abandonnant de façon déconcertante tel ce moment où elle se caresse fiévreusement (ou encore lorsque la séduction agressive de Keith Carradine la met dans tous ses états).

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C'est donc au terme d'un nouvel et terrible affrontement avec ses démons (dans une scène de cauchemar tétanisante) et après avoir cette dû réellement terrasser son rival qu'Ivan pourra enfin achever son odyssée intérieure et reconquérir sa Pénélope qui n'a cessé de l'attendre. Grand film romanesque, intimiste et passionné dont on se demande encore par quel miracle il a pu être produit par la Cannon, firme plutôt habituée aux exploits musclés de Chuck Norris dans des nanars bas du front. 5,5/6
Dernière édition par Profondo Rosso le 22 janv. 13, 02:02, édité 1 fois.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar monfilm » 22 janv. 13, 01:45

Tu m'as donné envie de le revoir tiens. Très vague souvenir.

Sinon ce soir:

Angoisse - Bigas luna

Peut-être découvert bien trop tard pour avoir un quelconque impact, j'ai trouvé ça très mauvais.

02/10
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Tout le reste est dérisoire.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Colqhoun » 22 janv. 13, 09:20

Salt | Philip Noyce
Angelina a eu envie d'être Jason Bourne. Du coup, on lui prépare un script qui fonctionne vaguement sur le même concept (mais grosso merdo à l'envers) et on blinde le truc de séquences d'action dans tous les sens.
Donc sur ce point, ça fonctionne bien. C'est hyper dynamique, assez furieux par moment et ils n'hésitent pas à faire durer l'action plus que de rigueur. Par contre c'est assez bête et Angelina Jolie est loin d'être convaincante. Et heu voilà. En attendant c'est probablement le meilleur film de Philip Noyce depuis très longtemps.

Le Guetteur | Michele Placido
Immens croûte qui se la raconte, à balancer cette espèce d'histoire à tiroirs qui vire dans le sordide à la moindre occasion. C'est complètement gratuit, assez dégueulasse, ça part dans tous les sens et au final on se demande où le film veut en venir. Et Gourmet est au delà du ridicule dans ce film. Poubelle.
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Flol » 22 janv. 13, 14:03

Profondo Rosso a écrit :Grand film romanesque, intimiste et passionné dont on se demande encore par quel miracle il a pu être produit par la Cannon, firme plutôt habituée aux exploits musclés de Chuck Norris dans des nanars bas du front. 5,5/6

J'ai vu la semaine dernière un film également produit par la Cannon et qui m'a lui aussi étonné tellement on s'attend pas à ça de leur part : Haunted Summer, du réalisateur tchèque Ivan Passer, avec Eric Stoltz et Laura Dern. Basé sur ce fameux été durant lequel Mary Shelley aurait écrit son Frankenstein, c'est un film très littéraire, dans une ambiance éthérée entre rêve/cauchemar et réalité, avec une musique fascinante de Christopher Young (raison principale pour laquelle je voulais voir ce film).
C'est donc forcément très proche du Gothic de Ken Russell, mais en beaucoup moins grotesque (faut dire qu'il n'y a pas Julian Sands).

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Colqhoun » 22 janv. 13, 14:21

Ratatouille a écrit :du réalisateur tchèque Ivan Passer
Arrête de chauffer julien.
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Profondo Rosso » 22 janv. 13, 14:31

Ratatouille a écrit :
Profondo Rosso a écrit :Grand film romanesque, intimiste et passionné dont on se demande encore par quel miracle il a pu être produit par la Cannon, firme plutôt habituée aux exploits musclés de Chuck Norris dans des nanars bas du front. 5,5/6

J'ai vu la semaine dernière un film également produit par la Cannon et qui m'a lui aussi étonné tellement on s'attend pas à ça de leur part : Haunted Summer, du réalisateur tchèque Ivan Passer, avec Eric Stoltz et Laura Dern. Basé sur ce fameux été durant lequel Mary Shelley aurait écrit son Frankenstein, c'est un film très littéraire, dans une ambiance éthérée entre rêve/cauchemar et réalité, avec une musique fascinante de Christopher Young (raison principale pour laquelle je voulais voir ce film).
C'est donc forcément très proche du Gothic de Ken Russell, mais en beaucoup moins grotesque (faut dire qu'il n'y a pas Julian Sands).


C'est ce qu'on se disait avec Manhunter sur l'autre topic ils ont eu pas mal de production prestigieuse art et essai au début mais apparemment l'échec de ces films les ont orientés vers le bon gros bis musclé plus rentable et pour lequel malheureusement on se souvient surtout d'eux. Ca me dit bien ton film en tout cas c'est trouvable en dvd ?

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar julien » 22 janv. 13, 14:41

Pas vu le film mais j'ai jamais vraiment compris l'engouement qu'il y avait autour de cette bo de Christopher Young, si ce n'est qu'elle était très rare à dégoter à l'époque. Ça casse pas des briques ces nappes de synthés, tendance "new age" quand même. Par contre celle de Gothic était joyeusement barrée.
Image
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Flol » 22 janv. 13, 16:41

Outre sa rareté, j'adore vraiment cette BO, qui consiste en autre chose que de la simple nappe synthétique new-age (le thème de la boite à musique, la valse). Et elle fonctionne parfaitement dans le film (qui est au moins aussi rare que sa BO, d'ailleurs).

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar mannhunter » 23 janv. 13, 12:04

Profondo Rosso a écrit :Ca me dit bien ton film en tout cas c'est trouvable en dvd ?


pas sûr qu'il y aie un dvd par contre ici il est sorti directement en vidéo sous le titre "un été en enfer".

http://moviecovers.com/film/titre_UN%20 ... ENFER.html

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Flol » 23 janv. 13, 13:10

Quel titre français à la con...
Sinon, il me semble qu'il est vraiment rarissime. Pour tout dire, j'ai seulement pu en trouver un VHS rip. Donc qualité très moyenne, mais c'était mieux que rien.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar mannhunter » 23 janv. 13, 14:24

J'aimerais bien le voir, d'autant plus que du même réalisateur j'aime beaucoup "Creator" avec Peter O'Toole et Virginia Madsen.

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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar bruce randylan » 23 janv. 13, 14:41

Colqhoun a écrit :Le Guetteur | Michele Placido
Immens croûte qui se la raconte, à balancer cette espèce d'histoire à tiroirs qui vire dans le sordide à la moindre occasion. C'est complètement gratuit, assez dégueulasse, ça part dans tous les sens et au final on se demande où le film veut en venir. Et Gourmet est au delà du ridicule dans ce film. Poubelle.


J'avais vu ce truc à Cannes. C'était vraiment catastrophique, partant dans tous les sens pour n'arriver nulle part. On a vraiment l'impression qu'ils ont réunis 3 scénarios pour n'en faire qu'un. Le pire étant la sous-intrigue navrante avec le fils de Daniel Auteuil. D'ailleurs, toute les scènes le concernant se déroulent dans une voiture avec seulement 2 acteurs. Je suis presque sûr que ça a été rajouté après le tournage. :mrgreen:
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Colqhoun » 23 janv. 13, 15:34

bruce randylan a écrit :Le pire étant la sous-intrigue navrante avec le fils de Daniel Auteuil.
Ouh purée, je l'avais déjà oublié ce truc.
Mais sinon ouais, je n'ai, à aucun moment, compris ce qu'ils voulaient raconter. Un coup c'est Auteuil qui pourchasse Kasso, qui lui-même recherche ses potes, qui se font courser par un Gourmet sadique, qui lui-même séquestre des meufs et tout le monde finit par se foutre sur la gueule. C'est un immense morceau de n'importe quoi.
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Re: Notez les films : Janvier 2013

Messagepar Colqhoun » 24 janv. 13, 09:21

Killing them softly | Andrew Dominik
Je m'étais juré de ne plus regarder de film de Andrew Dominik, tant je hais son The Assassination of Jesse James..., mais le casting et le sujet m'ont finalement poussés à le découvrir.
Grosse erreur.
Parce que dès les premières minutes le film se plante complètement. Extraits de discours de présidents américains (enfin, surtout Bush Jr. et Obama) qui accompagnent les images de pauvres types dans une pauvre ville, on sent déjà que Dominik va vouloir nous faire passer un message. Surligné au stabylo, en bold (comme son affiche), à grand renfort de ralentis qui ne servent à rien, de violence gratuite et d'un cynisme à deux balles l'état du pays.
Au secours.
Et bon le reste du film, c'est des histoires de thunes qui donne dans la vieille parabole actuelle (les puissants de la ville se font braquer, ils perdent tout, parce que tout leur pognon était au même endroit et du coup tout le monde ramasse), en alternant dialogues interminables, apparitions d'acteurs qui ne servent à rien (Gandolfini, what the fuck ??) et d'effets de styles encore plus inutiles (sérieusement, la scène où le mec se shoote, j'ai cru mourir tant il étire le temps à n'en plus finir).
Bref, j'ai été bête en croyant y trouver un quelconque intérêt, parce qu'à part le fait d'y croiser quelques bons acteurs et 2-3 scènes bien réalisées, c'est le néant. Le vide. Et beaucoup trop de bêtise.

Vantage Point | Pete Travis
Sur un concept qui rappelle un peu le Snake Eyes de Brian de Palma, ce thriller s'en sort pas trop mal. C'est pas follement original, mais Travis est un réal efficace, qui va droit au but sans se perdre en chemin et livre un film qui délivre ce qu'on attend de lui. Je garderais en mémoire une course-poursuite finale assez impressionnante (on peut remercier Stuard Baird au montage) et un scénario remplit de rebondissements jusque dans ses dernières minutes.
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