Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick - 1999)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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phylute
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Messagepar phylute » 16 mars 04, 20:01

Ouf Le Généreux a écrit :
Gilbert a écrit :Le meilleur film que j'ai jamais vu.
:lol: :lol: :lol: :lol: le post du mois! :D


:lol: :lol: 8)
Les films sont à notre civilisation ce que les rêves sont à nos vies individuelles : ils en expriment le mystère et aident à définir la nature de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. (Frank Pierson)

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Gaston
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Messagepar Gaston » 17 mars 04, 00:18

Onirique est le qualificatif qui revient le plus souvent à propos de ce film, on peut difficilement mieux le résumer... Alors pourquoi chercher à disséquer? Magistral. 2001 flattait l'intellect, Barry la vue, Orange l'instinct, Eyes me semble destiné à parler au subconscient, sans doute le pari le plus audacieux de son génial auteur...



Bon, j'arrête, je vais devenir chiant 8)

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Tony Hunter
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Messagepar Tony Hunter » 17 mars 04, 03:54

Exposé que je présente demain matin avec 2 de mes potes sur l'adaptation littéraire de EWS : 1 partie sur Schnitzler, une sur la structure du film/nouvelle, la derniere sur les personnages.
C'est bourré de fautes et de maladresses et SPOILER sur le film.
Bonne chance pour ceux qui voudraient le lire
1ERE PARTIE : SCHNITZLER.


A) Arthur Schnitzler, l'auteur.

Arthur Schnitzler (1862-1931) est un des plus brillants représentants de la culture viennoise de la Belle Époque.
Etudiant, il publie déjà de brèves nouvelles et des poèmes. Il devient rapidement considéré comme le chef de la "Jeune Vienne" (groupe d'écrivains dont font partis Stefan Zweig ).En 1885, il termine ses études et devient médecin.
Ce médecin converti à l'écriture a renouvelé le roman psychologique au point que son contemporain et ami viennois Sigmund Freud put lui écrire qu'il le considérait comme son double. Ses nouvelles n'ont pas cessé d'inspirer les adaptations cinématographiques et son théâtre reste vivant sur toutes les scènes européennes. Juif viennois souvent pris pour cible par les antisémites,
Arthur Schnitzler a thématisé avec une grande sensibilité la condition juive contemporaine.

B) Les thèmes récurrents chez Schnizler.

L'oeuvre de Schnitzler se base sur l'inconscient de ses "héros" et de son interprétation, l'auteur apparaissant ainsi comme un Freud littéraire.
Les thèmes récurrents chez Schnitzler l'inconscient, le subconscient, l'illusion, la réalité, les relations des couples La sexualité occupe une place importante chez lui il parle de l'autonomie de la sexualité.
Auteurs de romans « psychologisants » ou « psychanalytiques » Schnitzler sait raconter la folie d'une façon particulièrement convaincante : l'hystérie (Mademoiselle Else) ou la paranoïa (L'appel des ténèbres). Schnitzler est comme un « explorateur de l'âme humaine ». Il est à la littérature ce que Freud est à la science concernant la psychologie.
Schnitzler est donc particulièrement attaché aux personnages, aux relations qu'ils entretiennent, aux traumatismes, désirs, fantasmes et autres phénomènes psychologique.

C) La Traumnovelle, présentation générale.

La Traumnovelle d'Arthur Schnitzler paraît en 1929 - La nouvelle du rêve, ou La nouvelle rêvée. C'est une nouvelle plutôt longue (une 100aine de pages).
Il est question d'un couple Fridolin et Albertine qui remettent en question leur mariage après la révélation de leur fantasmes extra conjugaux.
Cette nouvelle traite du thème du couple homme/femme, du monde du rêve qui abrite les fantasmes, du caché et du révélé à travers les différents aveux des deux époux.
L'inquiétante étrangeté de Freud est aussi au centre de la nouvelle : « Cette variété particulière de l'effrayant qui remonte au depuis longtemps connu depuis longtemps familier. ». On peux résumer cette définition par une impression de malaise provenant de quelquechose de connu. Dans la Traumnovelle l'inquiétante étrangeté est présente à travers le motif du double : aussi bien les personnages (Fridolin / Nachtingall), que les jeux de reflets (scène baby did a bad thing) même jusqu'à la structure de la nouvelle (les répétitions des nuits de Fridolin) renforçant ce côté mystérieux et la dualité des personnages.


D) Kubrick et la nouvelle.

Kubrick a été séduit par la nouvelle car elle lui permettait d'aborder des thèmes nouveaux pour lui lui qui est passé par la plupart des grands genres cinématographiques : le film de guerre, le film de science fiction,...
De plus il tenait à mettre en scène une oeuvre psychologique où seraient mêlés fantasmes, sexe, rêves et trahisons.
Il voulait représenter la notion d'inquiétante étrangeté de Freud à l'écran.
C'était aussi l'occasion pour Kubrick de donner un rôle important à une femme qui ont longtemps été relégués au second plan dans ses films (ex: 2001, Full Metal Jacket,...).
On voit donc bien les raisons qui ont poussé Kubrick à se concentrer sur cette nouvelle.

2eme Partie La nouvelle

A ) Une adaptation fidèle.

Synopsis : près les aveux d' infidèlité fantasmée de sa femme, un homme est tenté de la tromper et est amené à participer à une orgie qui aboutira à un meurtre.


La structure du film est respectée scrupuleusement.
Nouvelle : prologue/bal raconté – aveux Albertine – 1ere nuit Fridolin – rêve Albertine –2eme nuit Fridolin – Epilogue
Film : prologue/bal – aveux Alice – 1ere nuit Bill – Rêve Alice – 2eme nuit Bill – Epilogue

Themes : le désir, les fantasmes, la fidélité, le couple, l'inconscient, le subconscient, Pour Kubrick, le sujet principal est le désir. Il veut " filmer des sentiments,
saisir l' impalpable et palper précisément cela. (...)
Amosphère : Réel et rêve – vécu et fantasmes.

Personnages : correspondance des personnages principaux --> Bill/Fridolin – Alice/Albertine ...
(dernière partie)
Alice/Albertine est, comme dans la nouvelle, un personnage des plus important malgré sa présence à l'écran réduite. Elle est le moteur du film (et de Bill) tout comme Fridolin dans la nouvelle.

D' ailleurs, le film est tellement proche de la nouvelle que la confession d' Alice et d' Albertine sont très semblables l' une et l'autre. Des dialogues entiers viennent de la nouvelles.

LECTURE : p.43 « Je me croyais prête à tout... »

EXTRAIT : Chapitre 7


B) Des différences notables.

Scènes rajoutées, effacées, modifiées.
--> prologue plus long dans le film (bal raconté nouvelle)
--> Mandy, Ziegler personnages rajoutés (relier le bal, l'orgie, le meurtre)
--> Aveux de Bill absent du film > Kubrick met en avant l'aspect caché d'Alice qui destabilise Bill. (Bill est encore affaibli dans le film par rapport à Alice).Bill refuse de reconnaître ses désirs extra-conjuguaux alors
que Fridolin avoue avoir eu envie d' une jeune fille au danemark.
Le trouble de Bill repose uniquement sur la jalousie et la découverte d' un
aspect caché chez celle qu' il croit le mieux connaitre.Par conséquent, Kubrick
ajoute cinq scènes de fantasme et met Bill en position de voyeur vis-à-vis d'
Alice.
--> Les scènes de fantasme de Bill > notion de voyeurisme
--> différences rencontre Nachtigall/Nightingale (relier le bal et l'orgie)
--> rêve d'Alice/Albertine différents > Schnitzler montre vengeance de Fridolin humilié par Albertine (cf extrait) / enquête de Bill (rapport à la réalité).
Par conséquent, Bill a peur de la correspondance de leurs deux expériences ( en
rêve et en réalité ). Il ne reviens pas sur ses pas pour se venger d' Alice
comme dans la nouvelle, mais pour comprendre ce qui s' est passé et si c' était
réel. La vengeance est donc totalement gomméé ainsi que le désir d' une double
vie.

LECTURE : p.173 > p.189 Fridolin arrêté et crucifié.

EXTRAIT : Chapitre 24

Différence de la scène finale : réconciliation dans le film de Kubrick / fin plus floue rapport réel rêve.

Points de vues : Nouvelle point de vue interne Fridolin : sentiments, sensations, angoisses de Fridolin. / Film pas de voix off (Orange Mécanique, Full Metal Jacket,...)

Point de vue passe de Bill à Alice dans le film.
Alice > parole / Bill > regard

EXTRAIT : Changement de point de vue.

C)Une transposition de Vienne 1900.

-Pour Kubrick et Raphael , la nouvelle est " poussiéreuse ". Vienne au début du vingtième siècle. Kubrick et Raphaël transposition à New-York et de nos jours.
-C' est pour cela, l' aveu d' Albertine du désir pré-marital a été supprimé.
Kubrick prend un risque tout de même. problématique du mariage et de la fidèlité qui n'ont plus vraiment les mêmes valeurs de nos jours. Kubrick parie sur les relations de couples qui lui paraissent plus universelle.
-Kubrick et Raphaël transposent la nouvelle dans la réalité. Schnitzler > dans le rêve. Pour Kubrick, l' aventure réelle semble plus étrange et dénuée de sens que le rêve : deux individus ne
parviennent jamais à se connaître.
-On retrouve l'inquiétante étrangeté de Freud, Kubrick insiste sur cette notion tout au long du film l' inconnu, l' irruption de l' étrange dans la routine quotidienne de la vie de famille, la notion du double ( reflet et autres personnages ), l' automate ( les masques,doute qu' un objet soit inanimé ), le regard ( angoisse liéé à la vue et anxiété sentimentale et sexuelle ) et l' opposition entre le rêve et la réalité et tout ce que cela engendre comme caractère étrange.
Kubrick situant son filmplutôt dans la réalité, des modifications ont donc été effectuées. Pour Kubrick sans réalité le film n'existe pas.C' est donc pour cela que Frédérick Raphaël à imaginé la scène d' explication autour de la table de billard entre Ziegler et Bill. Il a ainsi créé un lien
réel entre Ziegler, Mandy, la fête et l' orgie qui est absent du livre.
De plus, cela permet une rencontre moins hasardeuse avec Nightigale / Nachtigall, cela
permet d' enchainer la suite, Nightigale demandant à Bill d' aller le voir dans
un café alors que dans la nouvelle, c' est du pur hasard.
D' ailleurs, la disparition des pensées de Bill fait partie intégrante de cette transposition
dans la réalité. Si Kubrick et Raphaël avait utilisé la voix off, la notion de
rêve aurait été forcément plus présente, comme dans la nouvelle.
L'orgie a elle aussi posé des problèmes pour la transposition – ni Kubrick ni Raphael n'avait une quelquonque idée de la chose.
Enfin alors que la nouvelle se déroule durant le carnaval > période où les masques, déguisements sont à l'honneur – où la transgression est plus aisé qu'à Noël, période qu'à choisi Kubrick, pour des choix esthétique (lumières sombres, inquiétante, climat glacial au contraire de la nouvelle) mais aussi pour renforcer le rôle de l'enfant dans le film(voir scène finale). Kubrick ici s'éloigne assez largement dans sa transposition puisque le carnaval et noël sont opposés dans leur significations.

3eme Partie les personnages
Les personnnages dans Eyes Wide Shut/Traumnovelle


Bill ( William) Harford…………………………………..….Fridolin
Alice Harford………………………………………………....Albertine
Nick Nightingale ……………………..………………………...Nachtigall
Marion Nathanson-( fille de Lou Nathanson) ……………..….Marianne
Lou Nathanson -( mort juste après scène du joint)……………..……… LeConseiller…………
Carl-( fiancee de Marion)……………………………………..Dr Roediger Milich………………………………………..Gibisier- (Proprio de Rainbow Fashion)
Domino……………………………….……………Mizzy -( prostituée sero-positive)

A) Les noms des personnages.

On peut tout d’abord constater que les personnages dans EWS et la nouvelle sont très similaires. Rien que leur nom nous le prouve. Si certains noms sont modernisés (car la nouvelle avait besoin d’être « dépoussiérée » selon Kubrick), d’autres restent cependant pratiquement identiques.(voir liste ci-dessus).
--> Fridolin est un nom qui évoque un homme plutôt fébrile est transformé en William/Bill prénoms très neutres (sur demande de Kubrick) Harford évoquant à la fois le lieu de vie de Kubrick (Hertford) et la contraction d' Harr(ison) Ford (que Kubrick prend pour exemple pour le Fridolin moderne)
--> Albertine faisant trop complexe pour Kubrick, trop Proustien pour Raphael est transformé en Alice beaucoup plus courant de nos jours.
--> Nachtigall/Nightingale : garde le mot nuit intégré en Allemand ou en Anglais.

B) Les activités des personnages.

Quant à leurs activités, elles restent identiques :
--> Bill est docteur comme Fridolin dans la nouvelle ;
--> Alice est maitresse de maison et mere, comme Albertine dans la nouvelle ;
--> Nightingale est pianiste, et joue ,les yeux bandes comme Nachtigall ;
--> Milich est costumier, et pere d’une fille frivole, comme Gibisier ;
--> Carl est professeur dans une universite comme le Dr Roediger ;
--> Domino est une prostituée jeune et malade, comme Mizzy (le prénom de la prostituée Domino, rappelle la nouvelle : la première tentation de Fridolin il dit etre acueilli par deux dominos ( qui en allemand signifie long manteaux a capuche porter comme deguisement).

C)Les doubles des personnages

Une des figures majeures de l’inquietante etrangete, presente dans le film a travers les personnages, est celle du double. En effet, au cours du film on rencontre un certain nombre de doubles des personnages, notamment celui de Bill Harford.
--> Son premier double est rencontre lors de la soirée des Ziegler, c’est Nightingale,ila la même corpulence que Bill, il a aussi fait l’ecole de medecine, est marié et a des enfants (comme dans la nouvelle). A la fin du film ils auront tout les deux vécus une expérience qui se sera mal passée.
--> Autre double de Bill : Carl, le fiancée de Marion. Même corpulance, brun, tous les deux docteurs ( pas dans la même spécialité).
--> Un dernier double de Bill peut etre assimilé au masque que Bill va louer chez Milich ( comme Fridolin chez Gibisier dans la nouvelle de Schnitzler). Car le mettant, il devient un autre. La scène où Albertine/ Alice dort côte à côte au masque renforce cette idée du double masque.
--> Sont présents aussi des doubles d ' Alice : lors de l’acte de présence de Bill au chevet de Lou Nathanson, nous rencontrons pour la premiere fois Marion, qui est blonde( comme Marianne dans la nouvelle), et comme Alice. Elle lui avoue son amour et comme Alice envers le marin, elle est prete a tout lacher pour Bill. Ainsi Bill > le marin et Marion> Alice.
Kubrick joue donc le jeu de l'inquiétante étrangeté à travers cette galerie de personnages plutôt originale par leurs ressemblances.

D)Les personnages rajoutés à la nouvelle.

Ziegler : il est crée pour instaurer un lien entre la scène du bal au début du film et l'orgie secrète. Il introduit un autre personnage crée ou plutôt remodelé : Mandy, la prostituée.
Mandy : sauvé par Bill lors du bal alors qu'elle fait une overdose, elle le sauve plus tard pendant la scène de l'orgie en se sacrifiant. Bill touché et intrigué par cette femme ira la voir à la morgue : scène du baiser.

EXTRAIT : scène du billard.


Conclusion


Stanley Kubrick effectue une adaptation comme il a l' habitude de le faire, comme il a toujours fait depuis ses deux premiers longs métrages, Fear and Desire en 1953 et Le Baiser du tueur en 1955, c' est-à-dire en l' adaptant telle qu' il la perçue, telle que le lecteur peut la percevoir, en défendant les thèmes que lui a inspiré cette nouvelle tout en modifiant ce qui était nécessaire de modifier pour en faire un film de notre temps.
Il le dit d' ailleurs lui-même dans une interview accordée à Tim Cahill en 1987 à propos de Full Metal Jacket : " Ce que j' aime dans le fait de ne pas écrire un
scénario original - je ne suis même pas sûr que j' en serais capable - c' est qu' on a l' avantage formidable de lire quelque chose pour la première fois. ( ... ) On réagit à l' histoire, on en tombe, en quelque sorte, amoureux. ( ... ) Il faut donner à l' oeuvre une srtucture qui lui soit fidèle, qui ne perd ni les idées, ni le contenu, ni les sentiments du livre. ( ... ) Le processus tient à la fois de l' émotion et de l' analyse. ( ... ) C' est un processus intuitif, comme j' imagine que la composition musicale est un processus intuitif. "
Kubrick, inspiré par Freud et son inquiétante étrangeté, à tiré de cette nouvelle où se mêle rêve et réalité , un objet bien mystérieux.

Voila j'ai zappé l' intro qui était très moche ! Bonne nuit !

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George Bailey
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Messagepar George Bailey » 17 mars 04, 09:21

Ton exposé est très instructif et je me répète mais la lecture de la nouvelle associé au synopsis du film plus la vision du film procure un énorme plaisir.
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Billy Budd
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Messagepar Billy Budd » 17 mars 04, 10:06

Le film n'a pas parlé à mon inconscient et je préfère la fin de la nouvelle - le flou à l'explicatif
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harry callahan
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Messagepar harry callahan » 17 mars 04, 13:09

Pareil que Nikita, si le film m'a touché, c'est pas du côté de l'inconscient, à de rares exceptions près. Ce qui ne constitue pas du tout un défaut en soi.
[...]But being this a .44 magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you have to ask yourself one question : "Do I feel lucky ?". Well, do you, punk ?

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O'Malley
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Messagepar O'Malley » 18 mars 04, 11:47

Tybalt a écrit :Pour ma part j'avoue aussi avoir été surpris par la vision de EWS : pas dans le même sens que vous vu que j'ai trouvé ça incroyablement vain, creux et banal.

Choquant, déroutant, provoquant ? ah bon. on dirait plutot la vision que pourrait avoir un vieux monsieur d'une génération antérieure d'une sexualité disons un peu plus moderne : c'est ridicule, dépassé et pas particulièrement choquant à moins d'avoir passé toute son adolescence dans un couvent.

L'aspect psychologique du film m'a aussi semblé complètement à la ramasse : un homme s'enfonce dans une spirale de luxure, tout ça parce que la femme qu'il aime réellement lui a confié avoir fait un rêve érotique dans lequel il n'était pas :shock: ouah c'est vachement logique il est vrai.

Je sais pas, le film ne va pas nul part, on est pas plus avancé à la fin qu'au début, le seul but du truc c'est de faire parcourir au personnage principal, sans réelle justification ni explication un cercle le rapprochant d'un des aspects du sexe qu'il ne connait pas.... sauf que comme je l'ai deja dit plutot ça n'a strictement rien de... ben nouveau choquant dérangeant ou quoi que ce soit : on a l'impression que le personnage de Cruise est un espèce de gosse de riche coincé qui découvre la vie.

Non au final je ne vois vraiment pas ce qu'il y a sauver dans ce film, certes Nicole est très belle, mais comme d'hab les 3 expressions (machoires serrées, yeux mouillés, sourire allbrite) qui constituent le jeu de Tom s'avère rapidement saoulantes... bref le seul intérêt du film c'est peut-être de présenter sous un aspect décalé et semi fictionnel la déconfiture en quasi direct live du couple Cruise / Kidman mais bon à ce moment la autant lire les tabloïds...


en fait, le sujet principal du film, c'est la peur du sexe: un homme ne tente pas de franchir le pas entre ses fantasmes et leurs réalisations car il a peur de tout ce qu'il y a de destructeur: la jalousie (les rêves de sa femme), la mort (le SIDA), la pédophilie, la spirale du désir (la scène d'orgie)...tout ce qui peut faire éclater le lien familial et social...

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Billy Budd
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Messagepar Billy Budd » 18 mars 04, 11:55

O'Malley a écrit :en fait, le sujet principal du film, c'est la peur du sexe: un homme ne tente pas de franchir le pas entre ses fantasmes et leurs réalisations car il a peur de tout ce qu'il y a de destructeur: la jalousie (les rêves de sa femme), la mort (le SIDA), la pédophilie, la spirale du désir (la scène d'orgie)...tout ce qui peut faire éclater le lien familial et social...


La peur, je ne sais pas, j'ai plutôt l'impression que Tom Cruise cherche à tromper sa femme pendant tout le film pour se venger mais qu'à chaque fois un élément l'en empêche
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Messagepar O'Malley » 18 mars 04, 12:03

Nikita a écrit :
O'Malley a écrit :en fait, le sujet principal du film, c'est la peur du sexe: un homme ne tente pas de franchir le pas entre ses fantasmes et leurs réalisations car il a peur de tout ce qu'il y a de destructeur: la jalousie (les rêves de sa femme), la mort (le SIDA), la pédophilie, la spirale du désir (la scène d'orgie)...tout ce qui peut faire éclater le lien familial et social...


La peur, je ne sais pas, j'ai plutôt l'impression que Tom Cruise cherche à tromper sa femme pendant tout le film pour se venger mais qu'à chaque fois un élément l'en empêche


oui justement car le sexe se présente à chaque fois sous un jour manaçant, destructeur qui l'empêche de franchir le pas...

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Encolpio
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Messagepar Encolpio » 18 mars 04, 12:19

onirique, lyrique, plastiquement parfait... mais pour le reste!!
acteurs limites
fond: lourd, plat épais... mais surtout: hyper moraliste!!!
Heureusement que Cruise ne passe jamais du côté du pécher sinon gare au baton: un exemple: il ne couche pas avec la prostituée: ouff sinon SIDA... et des exemples comme ce dernier il y en a des 10e...
Pour moi ce film est vraiment trop moraliste et ne touche en rien à la complexité de lâme humaine, tout est au niveau 0 de la psychologie!
sexe extra conjugal= mauvais, pas bien... c'est vraiment limite
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harry callahan
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Messagepar harry callahan » 18 mars 04, 13:20

O'Malley a écrit :oui justement car le sexe se présente à chaque fois sous un jour manaçant, destructeur qui l'empêche de franchir le pas...


Les deux mannequins lors de la soirée n'ont rien de menaçant, la prostituée est tout ce qu'il y a d'attirante, pas vulgaire pour deux sous : d'ailleurs s'il ne passe pas à l'acte à ce moment là, c'est parce que sa femme apelle sur son portable et qu'il se souvient immédiatement de son désir pour elle. Par ailleurs, la prostituée n'a pas le front tatoué de la mention "séropo". Persone n'en sait rien à ce moment là.

Quand il revient la voir et qu'il est reçu par sa colocataire à qui il fait un méchant rentre dedans, la mécanique du désir est stoppée net par la nouvelle e la séropositivité d'une femme qu'il a vu la veille et que tous deux connaissent : le "charme" est rompu instantanément et il n'est plus question de sexe ou de séduction, mais simplement de rapports humains.

La femme qui lui avoue son amour juste après le décès de son père, en quoi constitue-t-elle une menace ? Elle a en plus l'air d'avoir du pognon, ce qui est pas franchement un inconvénient.


Non, pour moi, suite aux aveux de sa femme, il se teste ( ou on met son désir et sa fidélité dans une balance ) et se rend compte que quelle que soit la manière, il n'est pas prêt à franchir le pas.
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Messagepar Encolpio » 18 mars 04, 13:28

harry callahan a écrit :
O'Malley a écrit :oui justement car le sexe se présente à chaque fois sous un jour manaçant, destructeur qui l'empêche de franchir le pas...


Les deux mannequins lors de la soirée n'ont rien de menaçant, la prostituée est tout ce qu'il y a d'attirante, pas vulgaire pour deux sous : d'ailleurs s'il ne passe pas à l'acte à ce moment là, c'est parce que sa femme apelle sur son portable et qu'il se souvient immédiatement de son désir pour elle. Par ailleurs, la prostituée n'a pas le front tatoué de la mention "séropo". Persone n'en sait rien à ce moment là.

Quand il revient la voir et qu'il est reçu par sa colocataire à qui il fait un méchant rentre dedans, la mécanique du désir est stoppée net par la nouvelle e la séropositivité d'une femme qu'il a vu la veille et que tous deux connaissent : le "charme" est rompu instantanément et il n'est plus question de sexe ou de séduction, mais simplement de rapports humains.

La femme qui lui avoue son amour juste après le décès de son père, en quoi constitue-t-elle une menace ? Elle a en plus l'air d'avoir du pognon, ce qui est pas franchement un inconvénient.


Non, pour moi, suite aux aveux de sa femme, il se teste ( ou on met son désir et sa fidélité dans une balance ) et se rend compte que quelle que soit la manière, il n'est pas prêt à franchir le pas.

Oui heureusement qu'il ne passe pas à l'acte sinon il serait Damné!
Ouf, rien de tel il reste blanc comme un linge propre, s'il était passé à l'acte, il aurait eu la sanction!!! c'est pas bien, na!!! :roll:
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Messagepar O'Malley » 18 mars 04, 15:29

Encolpio a écrit :
harry callahan a écrit :
O'Malley a écrit :oui justement car le sexe se présente à chaque fois sous un jour manaçant, destructeur qui l'empêche de franchir le pas...


Les deux mannequins lors de la soirée n'ont rien de menaçant, la prostituée est tout ce qu'il y a d'attirante, pas vulgaire pour deux sous : d'ailleurs s'il ne passe pas à l'acte à ce moment là, c'est parce que sa femme apelle sur son portable et qu'il se souvient immédiatement de son désir pour elle. Par ailleurs, la prostituée n'a pas le front tatoué de la mention "séropo". Persone n'en sait rien à ce moment là.

Quand il revient la voir et qu'il est reçu par sa colocataire à qui il fait un méchant rentre dedans, la mécanique du désir est stoppée net par la nouvelle e la séropositivité d'une femme qu'il a vu la veille et que tous deux connaissent : le "charme" est rompu instantanément et il n'est plus question de sexe ou de séduction, mais simplement de rapports humains.

La femme qui lui avoue son amour juste après le décès de son père, en quoi constitue-t-elle une menace ? Elle a en plus l'air d'avoir du pognon, ce qui est pas franchement un inconvénient.


Non, pour moi, suite aux aveux de sa femme, il se teste ( ou on met son désir et sa fidélité dans une balance ) et se rend compte que quelle que soit la manière, il n'est pas prêt à franchir le pas.

Oui heureusement qu'il ne passe pas à l'acte sinon il serait Damné!
Ouf, rien de tel il reste blanc comme un linge propre, s'il était passé à l'acte, il aurait eu la sanction!!! c'est pas bien, na!!! :roll:


oui mais à chaque fois, la Mort est présente: la prostituée qui à le SIDA, le mannequin qui se retrouve à la morgue, la fille dont le père est mort... Le film baigne dans un climat onirique mais aussi très inqsuiétant, où le danger est palpable au moindre coin de rue...

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Messagepar Billy Budd » 18 mars 04, 15:59

O'Malley a écrit :
oui mais à chaque fois, la Mort est présente: la prostituée qui à le SIDA, le mannequin qui se retrouve à la morgue, la fille dont le père est mort... Le film baigne dans un climat onirique mais aussi très inqsuiétant, où le danger est palpable au moindre coin de rue...


Ce qui renvoie à la séquence pendant laquelle Tom Cruise est suivi dans la rue pendant un moment avant de trouver refuge dans café : je la trouve dénuée d'ambiguïté alors qu'elle aurait sans doute dû en avoir, seule l'inquiétude demeure alors qu'il aurait plus intéressant, mais je me demande si tel n'était pas l'objectif non atteint, de jouer sur la parano du personnage, est il poursuivi ou juste dragué ?
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Messagepar Johnny Rico » 18 mars 04, 18:42

Nikita a écrit :
O'Malley a écrit :
oui mais à chaque fois, la Mort est présente: la prostituée qui à le SIDA, le mannequin qui se retrouve à la morgue, la fille dont le père est mort... Le film baigne dans un climat onirique mais aussi très inqsuiétant, où le danger est palpable au moindre coin de rue...


Ce qui renvoie à la séquence pendant laquelle Tom Cruise est suivi dans la rue pendant un moment avant de trouver refuge dans café : je la trouve dénuée d'ambiguïté alors qu'elle aurait sans doute dû en avoir, seule l'inquiétude demeure alors qu'il aurait plus intéressant, mais je me demande si tel n'était pas l'objectif non atteint, de jouer sur la parano du personnage, est il poursuivi ou juste dragué ?



déja il est suivi et non poursuivi , dragué c'est censé être drôle ? :roll: sinon jouer sur la parano du perso ca me semble plus qu'évident même si ses craintes sont quelque peu justifiées ...