Votre film du mois d'Octobre 2015

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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feb
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Re: Votre film du mois d'Octobre 2015

Messagepar feb » 25 oct. 15, 13:05

Films vus (*revus)

The Life and Death of Colonel Blimp - Michael Powell & Emeric Pressburger (1943) - 9,5
Inside Out - Pete Docter (2015) - 9
Gone girl - David Fincher (2014) - 8,5
Me and Earl and the Dying Girl - Alfonso Gomez-Rejon (2015) - 7
Tomorrowland - Brad Bird (2015) - 7
Places in the Heart - Robert Benton (1984) - 7
La petite fille au bout du chemin - Nicolas Gessner (1976) - 7
The Restless Breed - Allan Dwan (1957) - 5,5
Avengers 2 - Joss Whedon (2015) - 5
San Andreas - Brad Peyton (2015) - 5
Terminator : Genesis - Alan Taylor (2015) - 4
Jurassic World - Colin Trevorrow (2015) - 4
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

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Lockwood
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Re: Votre film du mois d'Octobre 2015

Messagepar Lockwood » 31 oct. 15, 19:35

Film du mois:

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Yakuza, de Sidney Pollack : 8/10

Films vus:

Seven, de David Fincher (1997): 8/10

Final cut, d'Omar Naim (2003): 8/10

L'affaire SK1, de Frédéric Tellier (2013): 7,5/10

Forty guns, de Samuel Fuller (1956): 7/10

Quais des orfèvres, d'Henri-Georges Clouzot (1947): 7/10

Best seller, de John Flynn (1987): 6,5/10

Randonnée avec un tueur de Roger Spottiswood (1988): 6/10

La nuit fantastique, de Marcel L'Herbier (1942):
6/10

Le désordre et la nuit, de Gilles Grangier (1956): 6/10

Climbing high, de Carol Reed (1937): 6/10

The man who fell to earth, de Nicolas Roeg(1976): 6/10

Bank holiday, de Carol Reed (1938): 5,5/10

Passeport pour Pimlico, d'Henry Cornelius (1949): 5,5/10

Miracle mile, de Steve De Jarnatt (1987): 5/10

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Mr-Orange
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Re: Votre film du mois d'Octobre 2015

Messagepar Mr-Orange » 1 nov. 15, 13:41

Eyes Wide Shut - Stanley Kubrick - 1999 : Je n'ai hélas ni le courage ni la volonté de me mêler aux mille exégèses qui ont suivi la sortie du film, mais c'est évidemment brillant, du Kubrick au point charnier de son art, apothéotique, aux multiples niveaux de lectures fascinants. C'est toute la grâce du cinéaste qui s'exprime dans cette oeuvre-testament, le travail sublime des couleurs, la photographie, la beauté de la mise en scène, une bande-son des plus belles, des flopées de séquences qui transcendent absolument tout (la séance du rite, d'une puissance cauchemardesque et envoûtante absolument extraordinaire). Et devant une telle puissance fantasmatique, un tel portrait d'une société élitiste névrosée et illuminée, on en revient aux propos de Warren Beatty : "C'était un fait acquis que Stanley savait toujours quelque chose que vous ne saviez pas." Et la dernière phrase , prononcée par une Nicole Kidman totalement hallucinante dans le film (et adressée à un Tom Cruise tout aussi exceptionnel, comme tous les acteurs du film), rappelle que l'art de Kubrick, contrairement à ce que peuvent dire aujourd'hui quelques cyniques anticonformistes, est tout sauf conventionnel. Chapeau l'artiste, ce mélancolique crépuscule est la signature d'une filmographie qui ne cessera jamais d'hanter et d'intriguer les esprits. 6/6 ===> FILM DU MOIS

The Crystal Trench - Alfred Hitchcock - 1959 : De la série Alfred Hitchcock présente, un épisode anecdotique, qui ne sait où trouver sa place entre le mélodrame et le film à suspense... Pas l'impression que le maestro a été très inspiré, même si on y retrouve les esquisses de thématiques qui feront le génie de ses plus grands films et la fin est d'une ironie mordante, savoureuse, qui donne un peu de relief au tout. 3 ou 4/6

Zabriskie Point - Michelangelo Antonioni - 1970 : Film qui représente parfaitement bien son époque et le mouvement révolutionnaire qui tenta alors de subsister. Le résultat est bien évidemment audacieux, sec, inattendu (Godard, Antonioni... que ce soit sur le plan idéologique ou sur le plan cinématographique, même combat) et d'une esthétique sublime, mais les zooms totalement désarticulés qui surviennent lors des scènes de conduite donnent vraiment la gerbe... Sinon, final cosmique et psychédélique absolument ahurissant et magistral qui nous fait largement pardonner quelques gestes de mises en scène provoquant des migraines et quelques scènes qui s'éternisent. 5/6

La Charge héroïque - John Ford - 1949 : Bon western, sans atteindre la grâce mélancolique du crépusculaire Liberty Valance ou sans égaler le dynamisme jouissif de la Chevauchée Fantastique, mais qui conserve quelques éclats de beauté et de poésie lors de certaines séquences et bien sûr grâce à la photographie et aux couleurs magnifiques dans le cadre fétiche du cinéaste, Monument Valley. John Wayne trouve là aussi un de ses rôles les plus épais, son côté vieillissant apportant beaucoup à la nostalgie et à la beauté du personnage et du film, avec également de seconds couteaux savoureux. 5/6

Vampire, vous avez dit vampire ? - Tom Holland - 1986 : Une comédie horrifique qui n'est ni drôle ni effrayante (ni tendue..). En partant de ce principe, le film n'a pas grand intérêt, hormis sa bande-son savoureuse et son côté eighties... Le principal problème du film est qu'il n'installe aucun suspense, aucune tension, dès le départ, on sait que l'on a affaire à un vampire. Bien sûr qu'on sait avant de visionner le film qu'il s'agit d'une histoire de vampires, mais il s'agit d'installer une atmosphère, des doutes, pour rendre le tout intéressant et angoissant, comme Hurlements de Dante le fait magistralement (avec les loups-garous). Et puis bon sang, excepté le tandem de vampires, qu'est-ce que c'est mal joué, mention spéciale à l'ami du héros qui peut bel et bien correspondre au titre de second couteau le plus agaçant de l'histoire du Cinéma. Restent donc une bonne BO, un Chris Sarandon charismatique, et quelques jolis plans de maison diabolique. Je ne suis pas loin de préférer le remake de Gillepsie, qui avait au moins le mérité d'installer progressivement les codes de l'horreur. 2/6

Seul sur Mars - Ridley Scott - 2015 : Le film n'a pas la grandeur ni l'ambition existentialiste d'Interstellar, mais il constitue en soi une vraie réussite, et apporte, malgré ce qu'on pourrait penser, un véritable vent de fraîcheur aux blockbusters hollywoodiens.
Hollywood semble s'être lassé de ses produits prétentieux, pessimistes, noirs, et ce n'est pas plus mal. Là, nous avons une odyssée pleine d'allégresse et de légèreté, et surtout d'humilité. Pas de musique écrasante pour appuyer un aspect tragique qui n'arriverait pas à exister sans, pas de séquence spectaculaire : Ridley Scott ne se prend pas au sérieux, agrémente son produit d'une bande-son disco plutôt amusante, développe tout une ribambelle de seconds couteaux scientifiques plus savoureux les uns que les autres, on ne s'ennuie presque pas... On est face à un soap opera spatial, et le quotidien de chacun de ces scientifiques dévoué à la mission de rescousse est une véritable partie de plaisir à suivre.
Scott a posé il y a 36 ans les bases de ce que représentait l'horreur dans l'espace, et il est peut-être le seul aujourd'hui dans cette mode de renouveau du genre, face à Cuaron et à Nolan (qui pourtant, a réalisé lui aussi un modèle du genre), à le considérer avec recul et sagesse.
Pas très ambitieux (mais à la hauteur de ses prétentions, et c'est là où il se démarque) mais exquis.
Et au final, ce ne seront pas tant des grandiloquences de mise en scène ou de spectacle qui nous auront porté à rêver mais cette légèreté bonbon, sans tomber dans le neuneu, cette insouciance qui donne un souffle à la fois contemporain et old school au genre. 5/6

Et pour quelques dollars de plus - Sergio Leone - 1965 : Réputé (avec son petit frère) comme étant un essai de Leone, avant qu'il s'attaque à du lourd avec les deux westerns suivants. A ma grande surprise, il n'a strictement rien à leur envier, c'en serait même plutôt l'inverse : plus rythmé, plus "beau" dans le traitement de ses personnages (Clint Eastwood a plus la classe que jamais, et la confrontation finale entre Lee Van Cleef et l'Indien - personnage complexe et ambigu - est magnifique), et il semble surtout moins dépendant de la musique toujours aussi somptueuse de Morricone, par rapport à Il était une fois dans l'Ouest par exemple. La remastérisation est superbe en plus, et cette sorte de jeu du chat et de la souris est plus jouissif que jamais. Il est à mon sens bien plus fédérateur et équilibré que les aventures de l'Harmonica (sans avoir la grâce et la "perfection" de ce film-là) et du trio qui sont pourtant davantage célébrés.
D'ailleurs, il s'agit peut-être de l'oeuvre charnière du cinéaste, car on y retrouve tout ce qui fait la grandeur de ses westerns suivants : la musique magistrale du maestro, certains lieux qu'on retrouve dans "Le Bon, la Brute et la Truand", et les souvenirs hantés d'"Il était une fois dans l'Ouest". Par surcroît, il en ressort une mélancolie qui touche presque chaque personnage, les rendant moins cyniquement cruels et plus ambigus que dans le western qui suit. J'adore. 6/6

After Hours - Martin Scorsese - 1985 : Film important dans la filmographie de Scorsese, où, avec la participation du génie Thelma Schoonmaker au montage, ses films prennent une dimension énergique et jouissive, avec une narration calibrée transformant chaque récit en en une odyssée hallucinée et kafkaïenne, ici dans un Soho bohème magistralement filmé. Il y a un peu de Bunuel dans cette pépite de divertissement absurde et décalé qui ne tombe toutefois jamais dans le non-sens ou dans le ridicule. Ce film rappelle aussi à quel point le génial Griffin Dunne n'a pas eu la carrière qu'il méritait. 5/6

Creepshow - George A. Romero - 1982 : Le film vaut surtout pour son esthétique "pulp" et "bande-dessinée" qui lui donne beaucoup de charme, mais dans l'ensemble ça reste très inégal et vieillissant : le premier sketch n'a pas grand intérêt, le sketch avec Stephen King est tout pourri, le sketch avec Leslie Nielsen est très bien (cependant, il aurait du rester dans la dimension du thriller, la vengeance avec les deux morts-vivants à la fin n'était pas nécessaire) et pareil pour celui avec le singe (même si, pareil, le dialogue à la fin est trop long et inutile) ; quant au dernier segment, il est complètement anecdotique. Et ça manque clairement de frissons. 3/6

L'Homme irrationnel - Woody Allen - 2015 : Peut-être ce qu'a fait de mieux Woody Allen depuis Match Point, dont il ressemble assez, en étant moins marquant et tragique. Il n'y a rien de neuf, mais le tout est efficace, et on retrouve une dimension philosophique (même si elle est plutôt maigre) , en hommage à La Corde d'Hitchcock, qui faisait la force grinçante et ironique du cinéaste. Par contre, je ne suis pas convaincu du dénouement ni persuadé que Emma Stone soit vraiment une nymphe allenienne idéale... 5/6
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Thaddeus
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Re: Votre film du mois d'Octobre 2015

Messagepar Thaddeus » 1 nov. 15, 15:06

Mr-Orange a écrit :Eyes Wide Shut - Stanley Kubrick - 1999 6/6 ===> FILM DU MOIS

La Charge héroïque - John Ford - 1949 5/6

Seul sur Mars - Ridley Scott - 2015 5/6

After Hours - Martin Scorsese - 1985 5/6

L'Homme irrationnel - Woody Allen - 2015 5/6


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Re: Votre film du mois d'Octobre 2015

Messagepar Mr-Orange » 1 nov. 15, 15:51

Thaddeus a écrit :
Mr-Orange a écrit :Eyes Wide Shut - Stanley Kubrick - 1999 6/6 ===> FILM DU MOIS

La Charge héroïque - John Ford - 1949 5/6

Seul sur Mars - Ridley Scott - 2015 5/6

After Hours - Martin Scorsese - 1985 5/6

L'Homme irrationnel - Woody Allen - 2015 5/6


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:mrgreen:
Curieux de te lire sur le Scott d'ailleurs.
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Re: Votre film du mois d'Octobre 2015

Messagepar Thaddeus » 2 nov. 15, 00:35

Mon bref avis page 2 de ce topic. Mais en deux mots je pense tout comme toi, j'ai été emporté d'un bout à l'autre par l'énergie radieuse et roborative de ce qui a été qualifié ici, à juste titre, de feel-good-movie. Au-delà de la facture impeccable de l'affaire, que Scott gère avec une efficacité tranquille de vieux sachem, j'ai été très conquis par l'esprit du film, généreux et optimiste, et par cette approche (assez inédite par les temps catastrophistes qui courent) visant à magnifier les vertus de la science (et de l'ingéniosité, de la persévérance, de la solidarité). Ce discours positif (j'oserais même dire humaniste) m'a beaucoup touché. Beaucoup n'y verront/n'y ont vu que volontarisme et naïveté ; pour ma part, j'ai trouvé le spectacle exaltant.