The veteran (Matthew Hope - 2011)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Anorya
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The veteran (Matthew Hope - 2011)

Messagepar Anorya » 12 févr. 12, 16:46

Je pensais que Colqhoun créerait le topic ou parlerait du film mais finalement comme j'ai reçu le dvd gratuitement en échange d'une chronique (comme pour the ward entres-autres), j'ai pris les devants. J'espère qu'il saura m'en excuser et je l'invite à donner aussi de son avis plus longuement sur le film. :oops: :wink:


The Veteran (Matthew Hope - 2011).


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Cette affiche en fait juste un poil trop pour rameuter le peuple. Le film est en fait d'une raideur impressionnante et évite le plus l'action pour installer une ambiance très coupante.



Un jeune soldat de retour d’Afghanistan est engagé de manière officieuse par une agence gouvernementale afin de repérer de possibles terroristes sur le sol britannique. Mais alors qu’il avance de plus en plus dans sa mission, il commence à découvrir des liens troublants entre la façon dont les agences mènent la guerre contre la drogue et combattent la terreur.


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Ne jamais se fier aux apparences.

Celles promulguées par un visuel (l'affiche/la jaquette dvd du film chez nous) ou la tagline.

"Les fils de l'homme rencontre Taxi Driver".

Pour le coup, on sourit. On se gausse. Associer deux grands films à une petite production au budget limité, on se dit que les critiques ne savent plus quoi inventer. Puis on voit le film. On se ramasse son uppercut dans la gueule. On finit le visionnage amer en ramassant les dents tombées au sol, voyez-vous. Dans l'idée, la tagline est douteuse mais elle se rapproche de ses deux films quand on a vu The veteran qui emprunte la technicité presque parfaite de l'un et l'implacabilité de l'autre.

Sur la base d'une idée simple, Matthew Hope va construire une mise en scène carrée et millimétrée, cachant toutes les limites de son drame urbain par une inventivité constante et une narration faisant constamment la part belle à son personnage principal, suivi de très près, Toby Kebell portant magistralement le personnage sur les épaules. Dès l'ouverture, le ton est donné et ne déviera plus jamais. D'un fond noir où se profile le titre tandis que résonnent divers bruits en hors-champ (des pâles d'hélicoptère, des bruits de mitraillettes et des incantations arabes à la gloire du prophète souvent utilisées entre-autres par les talibans), on passe brusquement au visage d'un homme perdu dans ses pensées. Par un jeu de champs-contrechamps et d'échelles de plans, son regard capte la figure d'une femme voilée qui lui rend elle-même son regard. Désabusé et perdu par le retour au pays, sans chercher à juger, il regarde à nouveau le paysage qui défile.


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Ce regard perdu sera donc celui, constant, de cet homme qui a participé à une guerre qui n'a mené à rien, qui rentre dans un pays qu'il ne reconnait plus, qui n'a plus besoin de lui. Ce sera aussi le sujet du réalisateur, plus que tout : montrer la chute lente d'un homme et ce qui va le pousser à participer à des activités aussi pire et condamnables que la guerre, mais en milieu urbain. Si le film évoque de nombreuses considérations (politiques et économiques) sur la guerre et les activités qu'elle a pu produire à côté (le trafic de drogue qui pourrait bénéficier de fillières plus actives en temps de guerre), le véritable sujet du film sera cet homme qui perd lentement pied. Cela se traduit par un travail constant sur l'image où les cadres, impeccablement travaillés, travaillent l'espace de la morne Albion, isolent l'homme dans sa solitude, où les travellings, parfois portés à l'épaule, restent toujours fluides et enserrent le personnage jusqu'à l'étouffer.


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Personnage qui, comme on l'a dit, est porté véritablement sur les épaules par son interprète. Là aussi, le réalisateur à la bonne idée de s'attarder sur lui, dévoilant un être qui ne dort plus et dont les mains tremblent souvent, mimé par une angoisse sourde, qui n'a plus rien à perdre et s'inquiète plus pour une informatrice que sa propre vie. Un homme qui se déteste presque, se crachant sur son reflet, prêt à frotter ses poings à un mur, rongé d'une fureur latente mais qui est trop détaché de tout pour pouvoir faire le recul, tuant presque sans foi, ni loi. En résulte un malaise sourd qui grimpe tout le long du film et devient glaçant quand le frontière morale se retrouve dépassée. Malaise jamais démenti ni éclipsé par le background (les conditions sociales de cette Angleterre touchée par la crise ne sont jamais clairement montrée mais sont plus que palpables par les détails --extrait de journal-- ou justement la question de ce gang qui règne dans le quartier), lequel ne fait que renforcer la force latente du film.


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L'on garde un goût amer en bouche, sonné de bout en bout, oubliant les quelques rares erreurs que le film peut faire. Grand petit film. Ou petit film devenu Grand. Très vivement conseillé.

5/6.
Dernière édition par Anorya le 12 févr. 12, 18:23, édité 1 fois.
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Re: The veteran (Matthew Hope - 2011)

Messagepar Jericho » 12 févr. 12, 17:17

Un autre film qui est visiblement intéressant et qui passe par la case DTV.
Je voulais le voir, mais je ne savais pas trop ce que ça valait.
Je suis rassuré donc.
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Colqhoun
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Re: The veteran (Matthew Hope - 2011)

Messagepar Colqhoun » 13 févr. 12, 09:36

Anorya a écrit :Je pensais que Colqhoun créerait le topic ou parlerait du film mais finalement comme j'ai reçu le dvd gratuitement en échange d'une chronique (comme pour the ward entres-autres), j'ai pris les devants. J'espère qu'il saura m'en excuser et je l'invite à donner aussi de son avis plus longuement sur le film. :oops: :wink:

:oops: :oops:

Toutes mes excuses, j'aurais dû venir en parler il y a un bout de temps déjà.

J'ai vu le film il y a déjà quelques semaines et c'est effectivement très bon et à des kilomètres de son affiche excessive et de sa tagline complètement à côté de la plaque.
Je ne sais pas si j'aurais le temps de venir en parler plus longuement, donc courtement, je rejoins complètement l'avis d'anorya.
Il y a une apreté, une sécheresse et un traitement tout anglais très intelligent. Cadrages étouffants, personnage qui sombre peu à peu sans pour autant tout surligner (on reste très centré sur l'action), drame social qui sous-tend le récit principal (une mission anti-terroriste quelconque) et qui finira par envahir complètement ce soldat qui n'est plus apte à mesurer la portée de ses actes. Le final, dans sa mise en scène très directe, se révèle glaçant, constat sans espoir d'une possibilité de réintégration dans la société pour ces hommes qui en ont trop vu (rien de nouveau sous le soleil donc, mais l'approche totalement actuelle permet de renforcer le propos).

Du tout bon donc.
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Re: The veteran (Matthew Hope - 2011)

Messagepar Flol » 5 mars 12, 00:50

Je viens de le voir. Je crois m'être assoupi à peu près 132 fois pendant les quelques 90mn que durent le film.
Ce n'est pas que je l'ai trouvé mauvais, c'est juste que j'ai trouvé ça moyennement intéressant, en fait.
Il n'y a que le final qui m'a véritablement réveillé, bien que son sens m'ait échappé
Spoiler (cliquez pour afficher)
le mec prend soudainement les armes et abat froidement une vingtaine de personnes, comme dans une partie de paint-ball urbain
Mais quelque chose m'a peut-être échappé durant un de mes nombreux assoupissements...

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Anorya
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Re: The veteran (Matthew Hope - 2011)

Messagepar Anorya » 5 mars 12, 10:52

Ratatouille a écrit :Je viens de le voir. Je crois m'être assoupi à peu près 132 fois pendant les quelques 90mn que durent le film.


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