Rien à déclarer (Dany Boon - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Karras
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Karras » 7 févr. 11, 18:03

Watkinssien a écrit :J'ai été surpris également par l'humour noir qui parsème l'ensemble, qui a gêné Karras, notamment par la caractérisation du personnage de Poelvoorde, ici ambigu, trouble, voire sociopathe, qui apporte un relief non négligeable à cet excellent divertissement populaire.

Je n'ai pas trouvé que Poelvoorde faisait vraiment de l'humour noir ( en tout cas pas celui de "c'est arrivé près de chez vous" ) et puis
Spoiler (cliquez pour afficher)
la séquence ou il tire dans le dos d'un fuyard
, j'ai trouvé ça limite. J'ai préféré le petit hommage à Blier "façon Audiard", avec le personnage interprété par Laurent Gamelon, poussé pratiquement au mimétisme physique dans la séquence de l'ambulance.

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Strum
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Strum » 7 févr. 11, 18:09

Mme Strum, à demi-traumatisée par Incendies, s'est vengée en m'emmenant voir Rien à Déclarer (la vie est faite de compromis). J'en suis sorti à demi-traumatisé par Benoit Poelvoorde, que j'ai trouvé exécrable dans un rôle très mal écrit de policier raciste et psychopathe dont on se demande tout le film qui le mettra à l'asile.

Une comédie mal écrite, c'est rédhibitoire, l'écriture des personnages, à fortiori dans un buddy movie comme ici, étant la condition sine qua non de sa réussite. Il y a dans Rien à Déclarer quelques scènes drôles, de la bonne volonté, un personnage sympathique (Boon qui s'est donné le beau rôle au nom de l'adage selon lequel on n'est jamais mieux servi que par soi-même) et des bons sentiments. J'aime les bons sentiments et je suis très bon public (moins que Mme Strum, qui a aimé le film, mais quand même). Mais il n'y a pas l'essentiel : un personnage principal (Poelvoorde) bien écrit. Et dans ce genre de film sans ambition cinématographique particulière (sitôt vu, sitôt oublié), si l'écriture ne suit pas, rien ne suit.

D'ailleurs le De Funès raciste de Rabbi Jacob, puisqu'il s'agit comme le dit justement Karras du modèle patenté, n'est pas né de la dernière pluie. Dans ses premiers films, De Funès n'est pas toujours très drôle, parce que ses rôles étaient mal écrits et De Funès peut-être mal dirigé. Et puis, l'alchimie s'est faite. De Funès, à force de travail, fut juste et ses rôles lui allèrent comme un gant. Il pouvait bien être agressif, raciste ou tout ce qu'on veut, il restait inoffensif car on pouvait à loisir se moquer de lui tant il était aussi lâche et ridicule.

Au contraire dans Rien à Déclarer, Poelvoorde, qui terrorise tout le monde et est d'une agressivité irrépressible, fout les jetons. C'est un assassin. Impossible de se moquer de lui. Il en fait des tonnes et ne s'insère pas du tout dans l'univers gentil de Boon. C'est une grande faiblesse de l'écriture de son personnage qu'il paraisse constamment déplacé dans le cadre du film. Bref, je cherche un prochain film "traumatisant" pour me re-venger à mon tour. :twisted: :mrgreen:

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Watkinssien
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Watkinssien » 7 févr. 11, 18:19

Intéressant, car je ne trouve pas le traitement du personnage de Poelvoorde mal fait. Le comédien, d'ailleurs, n'est jamais aussi bon que lorsqu'il incarne le parfait salaud, ici avec force dangerosité dans la psychologie de ce Belge.

Étrangement, ce côté repoussoir de ce douanier, effectivement antipathique, apporte un cachet excluant le côté lisse que l'on pouvait craindre. Cela dénote, offusque et ne va pas dans le sens du poil, ce qui est réjouissant pour ma part. Le buddy movie facile auquel on pouvait s'attendre s'y nourrit d'une connotation plus radicale que Boon a l'audace de tenir jusqu'au bout. Et il prend garde de ne pas peindre le Français comme le bon de l'histoire.

Je dois dire que, pour moi, ce fut la surprise du film. Mettre un personnage aussi détestable équilibre la galerie des seconds couteaux (pourtant pas des bons élèves) et permet aux personnages de tous exister et de s'attirer irrémédiablement la sympathie.
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tenia
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar tenia » 7 févr. 11, 19:09

A ce que je vois, ça a l'air au moins aussi bien fait que Les ch'tis et sa finesse de trait, sans oublier le tour de force de Boon à... Euh... Comment ils avaient dit déjà ?
Ah oui.
Retourner les clichés.
Ahem.
:mrgreen:

J'espère juste que cette fois-ci, le distributeur ne paiera pas les exploitants pour bloquer 3 mois les salles... :x

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Nomorereasons
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Nomorereasons » 19 févr. 11, 22:53

Je sors à l'instant de ce film le souffle coupé de la salle de cinéma. Evidemment, c'est moins une affaire de contenu (on a ici une honorable comédie française de type désopilant) que de trajectoire qui suscite réellement l'intérêt, ce qui implique chez le spectateur de refuser les sirènes du spectacle divertissant et le simple prisme narratif pour aborder directement la matière du film. En l'occurrence la trajectoire qui nous occupe, c'est celle du réalisateur Dany Boon qui, de "La maison du bonheur" à "Rien à déclarer" en passant par "Bienvenue chez les ch'tis", tisse une véritable allégorie de l'enracinement. Passons sur les gags avec la 4l, ils n'en sont que le relief le plus pauvre, le plus rassurant pour le public attendant à bon droit un spectacle franchouillard du samedi soir -un public qui, en gros, aime Astérix pour l'image de Français gentil, un rien ringard et rusé qu'on lui renvoie. Le spectacle est ailleurs, même si personne dans la salle n'a songé à se poser en contemplateur altissime, le spectacle est trop sympathique. Mais depuis Sueurs Froides nous n'en sommes plus à la belle saison du cinéma où l'oeil peut simplement se satisfaire des chaudes couleurs qu'il admire (ici le Nord, le Plat Pays); il faut désormais que la pensée se mêle à la sensibilité et ainsi faire naître le spectateur adulte; cette pensée organise de profonds retours sur nous-mêmes, et vient distribuer au spectateur d'aujourd'hui des nourritures apparemment nouvelles, roboratives, mais qui n'étonneront que le jocrisse, le déraciné, le colonisé de l'esprit.

Dans son Abécédaire, Deleuze pose ainsi la définition de l'homme de droite: c'est celui qui d'abord considère son propre cercle familial (sa maisonnée), puis sa région et enfin son pays.
Considérons à notre tour la trajectoire de Dany Boon sans tomber dans le raccourci: c'est un réalisateur qui parle de sa maison, puis de son Nord natal et enfin, sous couvert d'histoire belge (comme on parlerait d'histoire juive chez Lubitsch) évoque la frontière, cette fameuse Alpe au-delà de laquelle tout ce qui était vérité devient erreur selon Pascal. Cette erreur, ici, c'est Benoit Poelvoorde, avec son jeu si exagéré, si dénaturé au regard d'un tel type de comédie qu'il en devient hors-propos: c'est précisément cet écart qui est le sujet même du film. Et si ce qui nous paraît une outrance était le pain quotidien de nos proches voisins? Et si la réalité que nous connaissons sur notre sol n'était qu'une occurrence choisie par Dieu ou le hasard parmi des faits (ou des sensibilités) qui auraient pu être tout différents, pour raisonner comme Leibniz?
Ou encore, comment peut-on être belge?...

Ce film, on s'en doute, se garde bien de répondre de façon tranchée. Dany Boon se contente de répéter avec Maurras "je suis d'ici et pas ailleurs", repoussant hors de son souci le problème de l'humanité déchue et dissoute depuis Babel une fois le film terminé. Ce qui n'a pas empêché une émotion assez violente de s'emparer de certains spectateurs à la sortie de la salle: j'ai surpris le forumeur Ender le visage caché dans les mains et sanglotant: "je dois retourner à Strasbourg car là sont mes racines... je le sais, je le sens en moi...".

riqueuniee
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar riqueuniee » 19 févr. 11, 23:12

Une bonne analyse, mais Pascal parlait des Pyrénées, pas des Alpes... :uhuh:

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Ender
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Ender » 19 févr. 11, 23:29

J'ai été ému par la rigueur, oserais-je dire la mathématique du montage de Boon qui construit son humour au millimètre tout en se permettant le culot de laisser vide une donnée de l'équation territoriale évoquée par le camarade yapludsaisons (c'est comme le centre aveugle des films de De Palma, la tour du Black Dahlia). Ce vide, nous l'avons contemplé, il est si abyssal et déroutant que yapludsaisons, ce hussard bleu, en est sorti déterritorialisé, pour m'exprimer aussi en sabir deleuzien. C'est le "Boon-paradoxe" : yap, notre soldat du Lys - sa fleur comme dérobée* - a comblé le gouffre ainsi, il a dit : "je file à Miami".

* (je te corrige ici : Poelvoorde est parfait dans le film, il en matérialise l'agressivité sexuelle, c'est à mon avis le véritable pont avec Vertigo. Il viole le spectateur venu se lover dans les draps chauds de l'autrefois comme Jimmy Stewart provoque l'inconfort en rappelant au spectacteur son statut de voyeur et de jouisseur tyran et/ou idolâtre)

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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar boulgakov » 20 févr. 11, 00:45

Ce fut bien étrange de voir ces deux êtres de convictions que sont Ender et Yapludsaisons retourner leur veste devant la construction perverse et Moebiusienne de ce film. L'un, grand rêveur d'une pensée nouvelle de la société à la Badiou, voulant retourner dans le ventre de la mère et l'autre, assumant enfin son mal-être à ne pas être né du bon côté de l'Atlantique. En même temps, c'est bien compréhensible, car "Rien à déclarer" est un film sur la brèche, un film de limbes, un lieu imaginaire, abstrait (la frontière) où tous les sentiments, des plus mièvres aux plus vils, sont exacerbés.
Un film, où deux êtres, cernés de fantômes/clichés, repensent l'appartenance à la terre, tournent en dérision l'absurde notion de frontière, comprennent qu'il n'y a pas de folie de l'"autre", il n'y a même pas d'"autre".
Yapludsaisons, qui aime tant le maroilles, oublie que l'outrance dans le jeu est partagée, Dany Boon a le racisme plus insidieux, certes, mais sa mièvrerie grimaçante le rend, de facto, tout aussi hors-propos que Poelvoorde. Yaplusdsaisons se place lui même du côté des français, il évoque la question de la belgitude mais il oublie le point de vue du belge. Il oublie la dimension internationale, je dirai même transversale, du film (Will Smith va, d'ailleurs, en faire un remake: une sorte d'actualisation post-moderne, beckettienne (il y a du Godot dans le film de Boon), de Naissance d'une nation). Le français est lui aussi "autre" et c'est ça la grande force du film, c'est ça qui nous fait perdre tous nos repères! Yapludsaisons et Ender, chacun à leur manière, n'ont pas saisi qu'il s'agissait, plus simplement, d'un grand film de réconciliation (oublions la boutade sur les chinois à la fin). Dany Boon est avant tout un acteur et, dans sa trajectoire, il y a aussi "Joyeux noël"!!!

Je vois qu'ender parle du centre aveugle des films de De Palma, je ferai plutôt référence à l'oeil du canard lynchien. "Si tu veux comprendre le canard, il faut lire dans son oeil". Lynch parsème ses films de scènes, à priori anodines, qui concentrent l'essentiel de son propos, et en cela, revenant à l'oeuvre de Boon, je m'oppose au mépris de Yaplusdsaisons pour les gags avec la 4l, ce sont les grandes scènes d'oubli du film, les scènes durant lesquelles les personnages assument pleinement leur dualité.

Moi, loin de mes racines, je reste heureux avenue de Wagram, mais grâce à Dany Boon, j'ai franchi, deux heures durant, la frontière qui nous sépare des nuages. Comme si, en questionnant la notion d'appartenance, il avait résolu le paradoxe de Russell qui nous élève au niveau des infinis: dans la logique naïve si l'on appartient c'est forcément à un ensemble (les français, les belges...), or afin de ne pas faire tomber l'axiome de base de la non-contradiction, pour éviter de se coltiner le monstrueux ensemble de tous les ensembles, on se pose la question suivante: existe-t-il un ensemble qui est son propre élément? Quand on est sur la frontière on appartient à tout et à rien à la fois, Boon l'a bien compris, mais si l'on appartient à tout, on s'appartient à soi, cela fait tomber la contradiction qui a gênée des générations de logiciens de premier ordre... il n'y a plus de frontières, plus de partitions, l'ensemble de tous les ensembles existe, je l'ai vu, Dany Boon me l'a montré. (-N'est-ce pas Grischka? -Oui Igor, tu as tout a fait raison)
Dernière édition par boulgakov le 25 févr. 11, 16:58, édité 7 fois.
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar AtCloseRange » 20 févr. 11, 01:16

Je ne sais pas ce que vous avez fumé (avant, pendant, après la séance) mais je veux la même chose.
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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar G.T.O » 20 févr. 11, 11:07

Badiou, Deleuze, Russell, pour le nouveau film de Mister Boon. Ce n'est pas moi qui vais contredire les elants interpretatifs de qui que ce soit mais a ce compte la, ne pourrait-on pas evoquer, a propos de Michael Bay, d'un cinema dionysiaque ? La reponse galvanisante et roborotive de Danny vous a manifestement fait du bien. Il n'est pas utile de remuer le ciel kantien pour exprimer cela ?! :D

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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Nomorereasons » 20 févr. 11, 11:21

riqueuniee a écrit :Une bonne analyse, mais Pascal parlait des Pyrénées, pas des Alpes... :uhuh:


Oui, mais "Pyrénées" cassait le rythme de ma phrase! Les lois de la prose ne sont pas celles des évènements (qui je le répète auraient pu être tout différents, cf mon post précédent)

@Ender: je consens que ton ironie sur mes convictions ne soit que le mécanisme de défense le plus élémentaire après un tel bouleversement, mais pour une fois qu'on te sort de tes Einsenstein, Pasolini, Straub et toute la bande pour te proposer enfin du solide, garde un peu de dignité!

@boulgakov: c'est à se demander si l'on a vu le même film... "L'ensemble de tous les ensembles", nous parlons d'humanité déchue et souffrante et tu réponds en logicien implacable, or ce n'est pas parce qu'il est question de réconciliation que cinquante bipèdes formeront un centipède. Rimbaud a un mot plus juste: "je est un autre", signifiant par là que mon moi le plus profond est un autre, cet autre qui est la source de moi: autrement dit ce que nous avons de plus intime est précisément ce qui nous relie.

@GTO: Balladur le dit mieux que toi: "il faut savoir raison garder", maintenant file!

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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar riqueuniee » 20 févr. 11, 11:30

AtCloseRange a écrit :Je ne sais pas ce que vous avez fumé (avant, pendant, après la séance) mais je veux la même chose.

Je veux bien aussi : je trouverai peut-être le courage d'aller voir le film... :uhuh:

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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar G.T.O » 20 févr. 11, 11:36

Balladur, trop Stoicien a mon gout ! :mrgreen:
Et, puis, je ne critique pas la passion et ce qu'elle fait faire. Non, non. Je me pose la question du sens de la bataille; de sa valeur. Dany Boon, allons donc, ne deraisonnons pas : y a pas plus poujadiste et racoleur que le monsieur.

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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar Nomorereasons » 20 févr. 11, 11:39

Et moi je trouve que Terrence Malick jeune ressemble à Bernard Menez, là!

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Re: Rien à déclarer (Dany Boon - 2011)

Messagepar G.T.O » 20 févr. 11, 11:41

:lol: