Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 30 juin 17, 09:51

Volume extrêmement faible ce mois ci, mon film du mois sera Un sherif à New York, première collaboration Eastwood/Siegel fort réussie, sur un scénario particulièrement malin.


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Le mois complet :
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Films découverts ou redécouverts :

Un shérif à New York (Coogan's bluff), de Don Siegel (1968) : 7,5/10

Le souffle de la violence (The violent men), de Rudolph Maté (1955) : 7/10

L'assaut des jeunes loups (Hornet's Nest), de Phil Karlson & Franco Cirino (1970) : 6/10

Amère victoire (Bitter victory), de Nicholas Ray (1957) : 5,5/10
L'étrange monsieur Steve, de Raymond Bailly (1957) : 5,5/10

Les canons de Cordoba (Cannon for Cordoba), de Paul Wendkos (1970) : 4/10

Le serment du chevalier noir (The black knight), de Tay Garnett (1954) : 3/10

Films revus : Hors compétition :

Le convoi de la peur (Sorcerer), de William Friedkin (1977) : 9/10

Tuez Charley Varrick ! (Charley Varrick), de Don Siegel (1973) : 8,5/10

Le météore de la nuit (It came from outer space, de Jack Arnold (1953) : 7/10
Les survivants de l'infini (This island earth), de Joseph M. Newman (1955) : 7/10

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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jeremy Fox » 30 juin 17, 09:56

Rick Blaine a écrit :Volume extrêmement faible ce mois ci, mon film du mois sera Un sherif à New York, première collaboration Eastwood/Siegel fort réussie, sur un scénario particulièrement malin.




Allez hop : programmé pour cet été puisque fait partie de mes DVD pas encore regardé.

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Flavia
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Flavia » 30 juin 17, 10:20

8) pour le film du mois de Jeremy Fox

Pour ma part c'est un film inédit en France découvert sur Netflix qui décroche la première place.

L'Intégriste malgré lui (Mira Nair)

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French Connection (William Friedkin)

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Il boom (Vittorio de Sica)

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Dangereuse sous tous rapports (Jonathan Demme)

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Blood Simple (Joël Coen)

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I Am Not Your Negro (Raoul Peck)

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Jeremy Fox
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jeremy Fox » 30 juin 17, 10:22

Et là c'est surtout Il Boom qui continue à me faire de l'oeil, surtout après m'être régalé du coffret Sordi.

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The Boogeyman
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar The Boogeyman » 30 juin 17, 10:36

Mois de Juin cinéma plutôt décevant et très peu de découverte "at home" avec 4 films français naphta dont aucun ne m'aura convaincu.
Et une première tentative de découverte du Inland Empire de David Lynch qui c'est soldée par un arrêt au bout d'1h15. A réessayer.

1 • Fargo Saison 3 / Noah Hawley
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2 • Okja / Bong Joon-ho
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3 • Les Duellistes / Ridley Scott
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Mois Précédents :
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Janvier -------------
La Garçonnière - The Apartment (Billy Wilder) • 1960
Le Garde du Corps - Yojimbo (Akira Kurosawa) • 1961
Sanjuro (A. Kurosawa) • 1962

Février -------------
Loving (Jeff Nichols) • 2016

Mars -------------
Les Nerfs à Vif - Cape Fear (Martin Scorsese) • 1991
Fitzcarraldo (W. Herzog) • 1982

Avril -------------
Le Prince de New-York - Prince of the City (Sidney Lumet) • 1981
Autopsie d’un meurtre - Anatomy of a Murder (Otto Preminger) • 1959

Mai -------------
Avanti ! (Billy Wilder) • 1972
Embrasse-moi, idiot - Kiss Me, Stupid (Billy Wilder) • 1964
Drôle de couple - The Odd Couple (Gene Saks) • 1968
La Castagne - Slap Shot (George Roy Hill) • 1977
La Grande Combine - The Fortune Cookie (Billy Wilder) • 1966

Juin -------------
Fargo Saison 3 (Noah Hawley) • 2017
Okja (Bong Joon-ho) • 2017
Les Duellistes - The Duellists (R. Scott) • 1977
" Accélère minouche !" - Michel Poiccard /// “When you have to shoot shoot don't talk” - Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez /// "Alors tu vois où elles nous ont menées tes ondes négatives, tu devrais avoir honte.” - Oddball dit Le Cinglé /// "Wake up !... Time to die" - Leon Kowalski /// "C'est quoi minouche ?" - Patricia Franchini

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AtCloseRange
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 30 juin 17, 10:52

C'est le formidable Toni Erdmann qui l'emporte

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Jack Carter
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jack Carter » 30 juin 17, 11:29

AtCloseRange a écrit :C'est le formidable Toni Erdmann qui l'emporte

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8)

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 30 juin 17, 11:59

Film du mois de juin


1. Désirs Humains (Fritz Lang, 1954)


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2. L'Île Nue (Kaneto Shindō, 1960)


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3. Le Jour d'après (Hong Sang-soo, 2017)


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Mes découvertes en détail :
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L’amant d’un jour (Philippe Garrel, 2017)
Contrairement à tant de ses pairs pour qui l’intimité ne sert de prétexte qu’à un interminable défoulement naturaliste, le réalisateur métamorphose l’argument sentimental et enregistre depuis quelques films une collection d’instants secrets, de sensations ténues, de plages indicibles desquels affleure une véritable sensibilité. Curieuse vibration que celle de ce cinéma qui ne supporte pas l’approximation mais dont chaque moment coule pourtant d’évidence, comme s’il était extrait à la source même de ce qui fait que ses personnages vibrent, s’attachent et souffrent. Histoire d’amour triangulée par les flux contrariés du désir, de l’amitié, de la filiation, l’œuvre, que régit doucement la grande roue du bonheur et du malheur, instille la certitude inexprimable que toute joie ne peut se payer que d’une détresse. 4/6

État second (Peter Weir, 1993)
Rien de tel qu’une bonne séance de zyeux dans les yeux avec la mort pour mieux appréhender le sens de la vie. Il est assez rare qu’une grosse production hollywoodienne prenne autant de liberté avec les normes narratives : celle-ci se situe sur un pôle plutôt expérimental, à la limite du kitsch en raison de tendances métaphysiques un peu sulpiciennes. Examinant les répercussions d’une tragédie collective sur les survivants, leurs proches, ceux des victimes, Weir raconte une histoire complexe où ce que l’on ressent prend le pas sur ce que l’on comprend, et creuse à nouveau les thèmes de l’illumination mystique, de l’aveuglement d’un homme écartelé entre deux mondes, de la prise de conscience menant au dépassement de soi. Un film insolite, décousu, imparfait mais toujours inattendu et émouvant. 4/6

La terrasse (Ettore Scola, 1980)
Autour du buffet froid des désillusions, quelques vieux amis de la classe intellectuelle confrontent leur andropause, échangent petites misères et cruautés de bon ton, se rappellent des nostalgies rances et des complicités usées. Cette génération s’est peut-être abusivement retranchée derrière les alibis, n’a sans doute pas su ou voulu préparer l’avènement d’un monde nouveau. L’occasion pour Scola de livrer une suite amère mais attendrie à Nous nous sommes tant aimés : lançant le pavé de la lucidité dans la mare des idées reçues, évitant le piège de l’autocritique érodée par l’autocensure et celui de la vigilance idéologique anesthésiée par les complaisances, il plonge un regard de compassion acerbe sur la faillite du mâle italien, écartelé entre son être et son paraître. Brillant, drôle et touchant. 4/6

Désirs humains (Fritz Lang, 1954)
Pour la deuxième fois de sa carrière après La Rue Rouge, Lang adapte un roman que Renoir avait déjà porté à l’écran. Mais contrairement à ce dernier, qui fonde son écriture sur le jeu subtil du hasard et de la nécessité, la présence des détails les plus anodins ne peut chez lui jamais se justifier à travers des causes fortuites. D’où la puissance dramatique et le caractère inéluctable d’une étude de caractères dont les personnages présentent tous les symptômes de l’autodestruction, du conditionnement atavique, du désir social de propriété. Pathétique, cruel, vaguement sulfureux, mené avec une rigueur sans défaut, le film se refuse à tout jugement péremptoire pour mieux affirmer l’ambivalence d’une humanité victime de son aliénation – à l’image de Gloria Grahame, good bad girl des plus complexes. 5/6
Top 10 Année 1954

Le jour d’après (Hong Sang-soo, 2017)
Explorateur facétieux des délices du hasard, apte à provoquer des collisions inattendues, des raccords subtils entre histoires passées et présentes, le cinéaste reformule et recolore son univers de film en film, comme autant de touches de peintures successives. Relevant d’une veine plus inquiète, ce portrait d’un cœur meurtri atteint un point maximal de clarté émotionnelle et détourne les mécanismes du marivaudage pour figurer une sorte de mise à nu existentielle. Celle d’un homme en complète dissolution, rongé par ses velléités affectives, figé dans son incapacité ontologique à trancher entre le confort de l’amour et la houle du désir. La mise en scène, dictée par une temporalité flottante et filandreuse que ponctuent des échanges filés tantôt poétiques, tantôt cruels, en entérine la remarquable acuité. 5/6

Il était une fois en Chine (Tsui Hark, 1991)
Aussi célèbre en Orient que Sherlock Holmes en Occident, Wong Fei-hung est un maître en arts martiaux doublé d’un herboriste féru de médecine traditionnelle, qui combat contre mille vilains pour la dignité et la grandeur de la Chine éternelle : à commencer par les Américains et les Français, décrits comme de vils esclavagistes venus piller les trésors locaux en promettant monts et merveilles dans le nouveau monde. Le cinéaste inscrit ainsi son récit à l’aube du XXème siècle, époque charnière où s’opère un glissement entre une culture archaïque et la révolution industrielle. Convulsif, brouillon, toujours en surchauffe, lesté de blagues grasses et d’effets ridicules, le film reste avant ces considérations historico-politiques une macédoine hétérogène qui suscite tantôt l’étonnement, tantôt l’hilarité involontaire. 3/6

Tuez Charley Varrick ! (Don Siegel, 1973)
Argument de série noire ultra-classique : un ex-pilote acrobate se livre à des braquages sans risque sur des banques provinciales aux confins du Nouveau-Mexique, jusqu’au jour où il subtilise sans s’en rendre compte un énorme magot déposé par la Mafia. Les ennuis commencent. Véritable phénix pour qui "se dépouiller du vieil homme" passe du sens biblique au sens littéral, le héros apporte au film, par son sang-froid, sa ruse, le profit qu’il tire des contradictions de l’adversaire, une forme de désinvolture tranquille en accord avec l’art de Siegel : création de seconds rôles fortement dessinés, humour noir radical, refus de toute approche psychologique au profit d’une attention constante aux détails, déroulement ingénieusement morcelé de l’action, qui achève de prêter vraisemblance et intérêt à l’anecdote. 4/6

Tonnerres lointains (Satyajit Ray, 1973)
En 1943, à cause d’une guerre qui ne concernait en rien les paysans indiens, cinq millions de Bengalis déjà durement frappés par le choléra sont morts de faim. Se consacrant à cette tragédie, évoquant pour la première fois les calamités qui frappent quotidiennement son pays, le cinéaste renoue avec le réalisme de ses premiers films, entièrement articulés sur les éléments naturels, et trouve l’équilibre entre violence du vécu et pudeur délicate de la mise en scène. De la main d’Ananga, émergeant de l’étang comme une conque marine, et celle du cadavre d’un vagabond qui a tenté de la violer, l’œuvre oscille comme entre les deux pôles d’une même réalité : d’un côté la sérénité, la communion avec le monde et le bonheur d’aimer, de l’autre la violence, l’injustice du système des castes et le malheur de vivre. 4/6

Un jeu brutal (Jean-Claude Brisseau, 1983)
Deux itinéraires initiatiques parcourent le premier long-métrage de Brisseau, chaque récit étant la face cachée de l’autre : d’une part celui de la jeune fille infirme, qui passe de sa rébellion d’enfant sauvage à une sorte d’acceptation mystique de soi et du monde, de l’autre celui de son père, tyran domestique, criminel paranoïaque perdu dans son délire schrébérien. Le film captive par son mélange insensible de séduction et de terreur, par l’économie avec laquelle il fait jaillir un sens aigu de la matière est des corps sur le débit de la fiction. Parvenant à capter des affects complexes, des élans rapides, des émotions diffuses, il emmène loin de la possible aridité d’un questionnement métaphysique pour imposer au contraire la singularité d’un regard tout personnel, empreint de douceur autant que de cruauté. 4/6

Le vénérable W. (Barbet Schroeder, 2017)
On dit du bouddhisme qu’il est la religion la plus pacifique et tolérante du monde. Prompt à remettre en question les idées reçues autant qu’à interroger ses propres certitudes, le cinéaste se livre à un portrait inattendu : celui d’Ashin Wirathu, bonze birman dont la placidité n’égale que l’implacable détermination, prophète d’un nationalisme radical et fanatique, d’une islamophobie haineuse que n’effraient pas les perspectives génocidaires. Pour éclairer la réalité d’un crime contre l’humanité encore largement méconnu par la conscience internationale, pour analyser et comprendre l’engrenage de la peur irrationnelle et de la violence convulsive qui en découle, il procède d'une sorte de pédagogie des racines et de la mécanique du mal, sans que jamais la clairvoyance du propos n’en atténue la révolte effarée. 4/6

Prénom Carmen (Jean-Luc Godard, 1983)
La gitane de Séville s’est muée en pasionaria des années 80. Elle qui adore les grands hôtels et les belles bagnoles avertit son brigadier d’amant que leur idylle va se terminer en corrida – Si je t’aime prends garde à toi… Elle est belle, c’est son destin. Elle séduit, c’est la loi. Elle se dérobe, c’est son défi. Elle meurt, c’était fatal. Les coups de flingues sont filmés à la manière d’un opéra où la violence convulsive se réduit à l’épure, les corps nus comme dans un polar signé Pina Bausch : gifles, frotti-frotta d’un rapport sensuel, cache-cache avec le désir et le sommeil sur la voix rauque de Tom Waits. Servi par la superbe photographie de Coutard, qui flambe des couleurs de la passion, redécouvrant la caméra telle une musique dans l’œil (Bizet bafoué par Beethoven), Godard fait à nouveau du cinéma, et du beau. 4/6

Creepy (Kiyoshi Kurosawa, 2016)
En renouant avec la généalogie tout à fait claire du serial killer-movie, le cinéaste démontre à nouveau que son travail ne tient pas de la déformation mais de la modification du familier, d’abord insensible, finalement assourdissante, entre vampirisation et retournement de la relation liant l’individu au monde. Il ne s’appuie pas sur les effets-choc mais choisit de suggérer, préfère diriger le spectateur plutôt que l’agresser, et soumet son regard à une expérience des limites (le vide, le trop-plein, le détail qui en vient à tout recouvrir) au cours de laquelle le doute conserve toujours une place essentielle. Même verrouillée par charpente narrative très prévisible, cette peinture anxiogène de l’arrière-monde tapi sous la tranquillité des banlieues nippones témoigne de son aisance à créer des climats oppressants. 4/6

La drôlesse (Jacques Doillon, 1979)
François a dix-sept ans. Rejeté par tous, il parcourt les routes du village sur son vélomoteur en vendant des cageots vides et fait du silence son pain quotidien dans la sordide soupente qui lui sert de royaume. Mado a onze ans. Elle vit avec une mère qui la maltraite une existence misérable et sans but. Lui en geôlier d’occasion, elle en prisonnière pour rire, ces deux laissés-pour-compte vont se libérer du monde des adultes, de ses hypocrisies, ses cruautés, sa sclérose du cœur. Sans la moindre équivoque, ils seront tour à tour père et fille, frère et sœur, amant et maîtresse, mari et femme. Avec pudeur, patience et précision, Doillon poursuit son inventaire des tendresses inexprimées et exauce le beau vœu de Jean Vigo, selon lequel un jour viendra où les enfants perdus se trouveront une raison d’espérer. 4/6

Susana la perverse (Luis Buñuel, 1951)
Le titre français est la formulation d’un mensonge. Car si cette pulpeuse Susana, qui préfigure l’ange du Théorème de Pasolini, séduit tous les hommes de l’hacienda dans laquelle elle s’est réfugiée, c’est avec une application de brave petit soldat, sans une once de perversité. À la fois trou noir et reflet de ceux qui la convoitent, elle provoque les désirs et les jalousies, attise les bons et les mauvais sentiments, met en crise le lien social, sème la discorde dans l’ordre familial pour mieux survivre, fissure le vernis fragile des apparences. L’ironie aidant, il suffirait d’un léger changement de perspective pour que le registre mélodramatique relève du vaudeville. Quant au dénouement moralisant que le cinéaste dit avoir regretté, il dispense un happy end en trompe-l’œil qui ne peut abuser que les plus crédules. 4/6

Visages villages (Agnès Varda, 2017)
Associée à l’une des vedettes françaises du street art, notre quasi-octogénaire reprend les routes de France pour agencer, au gré de rêveries et de flâneries diverses, une mosaïque de témoignages anonymes. Sautant, gambadant, parcourant avec une espiègle légèreté la frontière floue qui sépare l’improvisation contrôlée de la construction concertée, elle applique à la réalité quotidienne un regard malicieux qui se propose de la transcender, de la poétiser par les voies de l’imaginaire. D’un lieu à l’autre, d’une installation à la suivante, le film invite à une série de petits moments enchantés dont la fantaisie n’étouffe jamais l’expression de courants plus souterrains : le passage du temps, la vieillesse acceptée, l’ombre d’une mort conjurée par le bonheur de la rencontre et le partage des générations. 4/6

Désordre (Olivier Assayas, 1986)
À partir d’un casse minable soldé par un meurtre imbécile, Assayas analyse l’agonie solitaire d’êtres traumatisés, satellisés dans une irréalité impalpable, un enfer ouaté. Les couples se défont, les alliances éclatent, la vie est comme rongée par un poison lent. Ces jeunes rockeurs complices du même secret maudit qui les englue sont plongés malgré eux dans un bain de nuit, au propre comme au figuré : l’image est sombre, toute en contrejours, et la mise en scène épouse les ténèbres intérieures des personnages. On n’a aucune difficulté à reconnaître ici l’inspiration tourmentée de Téchiné, pour lequel le cinéaste fut scénariste. Aucun mal non plus à inventorier tous les écueils et clichés de ce jeune cinéma français, maussade, geignard, doloriste, qui se complaît dans le désarroi d’une génération déchirée. 3/6



Et aussi :

L'ïle nue (Kaneto Shindō, 1960) - 5/6
Ava (Léa Mysius, 2017) - 5/6



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Films des mois précédents :
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Mai 2017Les cloches de Sainte-Marie (Leo McCarey, 1945)
Avril 2017Maria’s lovers (Andreï Kontchalovski, 1984)
Mars 2017À la recherche de Mr Goodbar (Richard Brooks, 1977)
Février 2017Raphaël ou le débauché (Michel Deville, 1971)
Janvier 2017La la land (Damien Chazelle, 2016)
Décembre 2016Alice (Jan Švankmajer, 1987)
Novembre 2016 - Dernières nouvelles du cosmos (Julie Bertuccelli, 2016)
Octobre 2016 - Showgirls (Paul Verhoeven, 1995)
Septembre 2016 - Aquarius (Kleber Mendonça Filho, 2016)
Août 2016 - Le flambeur (Karel Reisz, 1974)
Juillet 2016 - A touch of zen (King Hu, 1971)
Juin 2016 - The witch (Robert Eggers, 2015)
Mai 2016 - Elle (Paul Verhoeven, 2016)
Avril 2016 - La pyramide humaine (Jean Rouch, 1961)
Mars 2016 - The assassin (Hou Hsiao-hsien, 2015)
Février 2016Le démon des femmes (Robert Aldrich, 1968)
Janvier 2016La Commune (Paris 1871) (Peter Watkins, 2000)
Décembre 2015Mia madre (Nanni Moretti, 2015)
Novembre 2015Avril ou le monde truqué (Franck Ekinci & Christian Desmares, 2015)
Octobre 2015Voyage à deux (Stanley Donen, 1967)
Septembre 2015Une histoire simple (Claude Sautet, 1978)
Août 2015La Marseillaise (Jean Renoir, 1938)
Juillet 2015Lumière silencieuse (Carlos Reygadas, 2007)
Juin 2015Vice-versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015) Top 100
Mai 2015Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014Zardoz (Sean Connery, 1974)
Septembre 2014Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014Le prix d’un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014Léon Morin, prêtre (Jean-Pierre Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 201412 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013L’arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013La randonnée (Nicolas Roeg, 1971)
Juillet 2013Le monde d’Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013Chronique d’un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 – Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013L’heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 – Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 – Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 – Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 – Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 – Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 – Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 – Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 – Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 – Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 – L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 – L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 – Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 – Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 – L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 – Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 – Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 – Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 – L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)

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Rick Blaine
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 30 juin 17, 12:12

Jeremy Fox a écrit :
Rick Blaine a écrit :Volume extrêmement faible ce mois ci, mon film du mois sera Un sherif à New York, première collaboration Eastwood/Siegel fort réussie, sur un scénario particulièrement malin.




Allez hop : programmé pour cet été puisque fait partie de mes DVD pas encore regardé.

Parmi les éléments intéressants du film, il y a une confrontation entre la mythologie du western et celle du polar urbain qui est bien vue. En tout cas je pense que tu aimerais. :wink:

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Boubakar
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Boubakar » 30 juin 17, 12:59

Petit mois, avec 34 films vus, dont beaucoup déjà visionnés.

1 - Image
Garçon d'honneur

2 - Image
Un carnet de bal

3 - Image
La vallée perdue

4 - Image
En cas de malheur

5 - Image
Snowden

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k-chan
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar k-chan » 30 juin 17, 15:57

Thaddeus a écrit :[center]Film du mois de juin


1. Désirs Humains (Fritz Lang, 1954)

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Un excellent film de Fritz Lang, bien trop sous-estimé. Je ne sais pas si c'est dû à la comparaison avec le film de Renoir, ou avec The Big Heat (Règlement de compte), mais j'adore ce film autant que son gros classique de '53.

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El Dadal
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar El Dadal » 30 juin 17, 17:25

Rick Blaine a écrit :Volume extrêmement faible ce mois ci, mon film du mois sera Un sherif à New York, première collaboration Eastwood/Siegel fort réussie, sur un scénario particulièrement malin.


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J'ai trouvé la mise en scène totalement anémique et le production design vraiment très pauvre (on est à des années lumière de Dirty Harry).

Sinon, je viens de trouver mon film du mois, une grosse baffe dans ma tête que j'ai eu raison de garder en stock pour des périodes de vaches maigres. Bim, de facto le meilleur Ringo Lam que j'ai vu, School on Fire.
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Harkento
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Harkento » 30 juin 17, 18:51

Mon Top5 du mois de Juin :

1. Témoin à charge (Billy Wilder)
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2. Un, deux, trois (Billy Wilder)
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3. Okja (Bong Joon-ho)
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4. La scandaleuse de Berlin (Billy Wilder)
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5. La dame du vendredi (Howard Hawks)
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aelita
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar aelita » 30 juin 17, 19:14

Bilan du mois Encore un mois assez moyen (de bons , et même très bons , films, mais pas d'énormes découvertes).
Finalement, c'est un film à la distribution plus que discrète, et à la construction plutôt originale qui remporte, presque in extremis (vu il y a moins d'une semaine) le titre.
Film du mois, donc La robe bleue (Igor Minaev), suivi de
2. Le jour d'après (Hong Sang-Soo)
3. Cape et poignard(Fritz Lang)
4. Sauve qui peut (John Boorman)
5. Quatre de l'aviation (George Archainbaud)
6. Le vénérable W (Barbet Schroeder)
7. Cherchez la femme (Sou Abadi)

Mention spéciale Quatre films vus lors de la reprise de la Semaine de la Critique à la Cinémathèque, et qui sortiront (ou pas) dans les prochains mois :
Téhéran Tabou (Ali Soozandeh), Los perros (Marcela Said) , Brigsby Bear (Dave McCary) et Oh Lucy ! (Atsuko Hirayanagi)
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (pensée shadok)

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Père Jules
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Père Jules » 30 juin 17, 22:37

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28 films vus ce mois-ci et Monicelli qui est coiffé sur le fil par le superbe film intimiste de Bruce Beresford, Tendre bonheur. Robert Duvall est immense.

Le récap:

Spoiler (cliquez pour afficher)
L'aventure de Madame Muir (Joseph L. Mankiewicz, 1947) Image
Tendre bonheur (Bruce Beresford, 1983) Image
Le marquis s'amuse (Mario Monicelli, 1981) Image
La garçonnière (Billy Wilder, 1960) Image
Jeux dangereux (Ernst Lubitsch, 1942) Image
Marathon Man (John Schlesinger, 1976) Image
Les femmes des autres (Damiano Damiani, 1963) Image
New York 1997 (John Carpenter, 1981) Image
The Player (Robert Altman, 1992) Image
Appel d'urgence (Steve De Jarnatt, 1988) Image
La vie à l'envers (Alain Jessua, 1964) Image
Nous sommes tous en liberté provisoire (Damiano Damiani, 1971) Image
Tirez sur le pianiste (François Truffaut, 1960) Image
Attention, les enfants regardent (Serge Leroy, 1978) Image
Thomas l'imposteur (Georges Franju, 1965) Image
Tutti dentro (Alberto Sordi, 1984) Image
La jeunesse du massacre (Fernando Di Leo, 1969) Image
Le jugement des flèches (Samuel Fuller, 1957) Image
Fous d'Irène (Peter & Bobby Farrelly, 2000) Image
Les jeux dangereux (Pierre Chenal, 1958) Image
Johnny Stool Pigeon (William Castle, 1949) Image
Un flic (Maurice de Canonge, 1947) Image
Le maître des forges (Fernand Rivers, 1947) Image
Cœurs d'occasion (Hal Ashby, 1981) Image
Le voyageur de l'espace (Edgar G. Ulmer, 1960) Image
Trois milliards sans ascenseur (Roger Pigaut, 1972) Image
Armaguedon (Alain Jessua, 1977) Image
Action immédiate (Maurice Labro, 1957) Image