Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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bruce randylan
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar bruce randylan » 30 juin 15, 23:55

Encore environ une soixantaine de films découverts en juin
Pas le mois le plus marquant en grande découverte d'ailleurs. Mais le Othello de Welles (pas revu depuis plus de 15 ans) est aussi époustouflant que dans mon souvenir. Comme je ne peux pas décerner tous les prix à ce film (surtout celui de la mise en scène), je laisse un peu de place aux autres.
Ratent de peu le podium les deux parodies historiques vraiment rafraîchissantes : Il Monaco di Monza (avec quelques numéros hilarants de Toto - d'autres plus dispensables) et Ali baba Bujang Lapok. Cy Enfield et son train d'enfer aurait pu avoir une place si la seconde moitié était du niveau excellent du début.
Le village de mes rêves est un formidable film plein de tendresse, de beauté et de nostalgie (très surprenant quand on connait les débuts avant-gardistes de Yôichi Higashi)
A noter deux nanars hallucinants : Big boss a bornéo et le über borderline J'ai avorté Mr le procureur


Film du mois
Othello (Orson Welles - 1952)

Prix de la mise en scène
Lady Yakuza - le retour d'Oryu (Tai Kato - 1970)

Grand Prix
La ballade de Narayama (Keisuke Kinoshita - 1958)

Prix spécial du jury
The smiling lieutenant (Ernst Lubitsch - 1931)

Prix d’interprétation
Orson Welles dans Filming Othello

Le détail :
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La ballade de Narayama (Keisuke Kinoshita - 1958)
The smiling lieutenant (Ernst Lubitsch - 1931)
Lady Yakuza - le retour d'Oryu (Tai Kato - 1970)
Othello (Orson Welles - 1952) revu
Filming Othello (Orson Welles - 1978)
Cape et poignard (Fritz Lang - 1946) revu

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Dans la vallée e la Wupper (Amos Gitai - 1994)
La honte (Ingmar bergman - 1968) 
Big boss a bornéo (Joseph Kong - 1978)  Pour sa dimension nanar
La bête s'éveille (Joseph Losey - 1954)
Lettre de sibérie (Chris Marker - 1957)
J'ai avorté Mr le procureur (Rob Houwer, Eberhard Schröder - 1971) (Nanar bis repeta)
Train d'enfer (Cy Enfield - 1957)
Le village de mes rêves (Yôichi Higashi - 1995) 
Il mona di monza (Sergio Corbucci - 1962)
Ali baba Bujang lapok (P. Ramlee – 1961)
It's All True (Orson Welles, Norman Foster)
Motorway (Soi Cheang - 2012)

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Don Quichotte – copie de travail (Orson Welles)
La broyeuse de cœur (Camille de Morlhon – 1912)
Les intrigantes (Henri Decoin - 1953)
Jurassic World (Colin Trevorrow - 2015)
Ali baba Bujang lapok (P. Ramlee - 1961)
The Orson Welles Show (Orson Welles - 1978)
La poupée sanglante - Tv série (Marcel Cravenne - 1976) 
Super Fool ! (Po Chih Leong - 1981) 
Les liaisons dangereuses (Roger Vadim - 1959)
Maria Chapdelaine (Julien Duvivier - 1934)
1974, une partie de campagne (Raymond Depardon - 1974)
To the public danger (Terence Fisher - 1948) 
Don Quichotte (Camille de Morlhon - 1912) 
The wedding day (Lee Byeong-Il - 1956)
The villain still pursued her (Edward F. Cline - 1940) 
Q-planes (Tim Whelan, Arthur B. Woods - 1939) 
Blaise Pascal (Roberto Rossellini - 1972)
Le baron rouge (Roger Corman - 1971)
Maya (Raymond Bernard - 1949)
La main noire (Richard Thorpe - 1950) 
Seven Warriors (Terry Tong - 1989)
L'opéra de quat' sous (George Wilhelm Pabst - 1931) 
La maison sur la 92ème rue (Henry Hathaway - 1945) 
expiation (Camille de Morlhon - 1918) 
Cagliostro (Gregory Ratoff et Orson Welles - 1949) 
Le cousin jules (Dominique Benicheti - 1972) 
Rodan (Inoshiro Honda - 1957)

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A free soul (Clarence Brown - 1931)
Sultan Mahmud Mangkat Di Julang (K.M. Basker - 1961) 
Broadway Danny Rose (Woody Allen - 1984)
Coin Locker girl ( Jun-hee Han - 2014)
Die Stadt der Millionen (Adolf Trotz - 1925)
Ordet (Carl Th. Dreyer - 1955) 
L'Infernale poursuite (Ricou Browning - 1979)
La patrouille de la violence (R. G. Springsteen - 1964)
Mee Pok man (Eric khoo - 1988)
L'affaire du colier de la Reine (Camille de Morlhon - 1912l) 
3 courts métrages de Camille de Morlhon (1909-1911) 
La route impériale (Marcel l'Herbier – 1935)
Sandcastle (Boo Junfeng – 2010)
Trishaw puller (P. Ramlee - 1955)

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L'ere de Medecis (Robert Rossellini - 1973)
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
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Frances
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Frances » 1 juil. 15, 00:43

Bon je m'y colle. Exercice difficile pour sélectionner les gagnants. Au final ça donne :


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Cutter's way d'Ivan Passer.


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Persona d'Ingmar Bergman.


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Vice-versa de Pete Docter.


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L'invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel.


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L'étrangleur de Rillington place de Richard Fleitcher.


La suite ici :arrow: http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?f=3&t=36398&p=2482876#p2482876
Dernière édition par Frances le 1 juil. 15, 09:42, édité 1 fois.

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Tom Peeping
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Tom Peeping » 1 juil. 15, 07:59

J'ai vu en juin

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*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Sans soleil (Chris Marker, 1983) ***
Il y a tellement de choses, d'images, de mots et de thèmes dans ce film qui n'est ni documentaire ni fiction qu'on a du mal à en tirer le fil directeur, qui sans cesse s'échappe. Le Japon, le Cap Vert et quelques autres lieux, sont surtout le terrain d'un essai d'ethnographie philosophique et poétique sur un temps qui va basculer dans la mondialisation. La parade dansée des japonaises est une séquence merveilleuse. Un très grand Marker. DVD Z2 UK

A bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960) *
Bien sûr, le film a fait évoluer le cinéma français et international vers une nouvelle forme de tournage, de montage et de narration mais personnellement, les jeux de mots de Belmondo (dont la présence physique reste stupéfiante), la faiblesse de l'intrigue et l'interminable séquence à l'hôtel me tapent sur le système. Revoir Paris à l'été 1959 est le plus intéressant, puis la fraîcheur de Jean Seberg. Un film important, oui mais. BR UK

Inferno / La piste fatale (Roy Ward Baker, 1953) **
Un thriller de survie sur un homme blessé (Robert Ryan) abandonné dans le désert du Mojave par sa femme (Rhonda Fleming) et l'amant de celle-ci qui utilise vraiment ingénieusement la 3D, notamment pour isoler les personnages dans les immensités rocheuses. Si Robert Ryan exprime ses pensées par une voix off un peu trop répétitive, les spectaculaires images (en Technicolor) font de ce petit film méconnu une très agréable surprise. BR UK 3D

Abus de faiblesse (Catherine Breillat, 2013) *
Catherine Breillat met en scène des moments de sa propre histoire d'arnaque affective et financière par l'escroc Cristophe Rocancourt dans ce film sec et froid où l'émotion n'arrive que dans la dernière séquence, la plus réussie. Isabellle Huppert, dans le rôle de la réalisatrice paraplégique, est égale à elle-même, intérieure et physique, face Kool Shen en crapule attentionnée et manipulatrice. Le cinéma comme un auto-exorcisme. DVD Z2 Fr

Eden Lake (James Watkins, 2008) **
Un jeune couple (Nelly Reilly et Michael Fassbender) parti en week-end au bord d'un lac forestier est importuné par une bande d'ados. C'est un euphémisme : ce survival britannique pousse très loin la violence montrée et suggérée. Avec un intéressant sous-texte sur la jalousie et la haine sociale. Le fait que les harceleurs soient des enfants induit un malaise qui fait l'originalité du film, par ailleurs bien mis en scène, joué et photographié. BR Fr

The Devil rides out / Les vierges de Satan (Terence Fischer, 1968) **
Christopher Lee affronte Charles Gray (tous deux excellents d'assurance et de prestance) dans ce film d'atmosphère autour d'une secte satanique dans la bonne société de la campagne anglaise. Le style Hammer se retrouve dans les couleurs et les décors et les scènes de rituels sont bien amenées, notamment celle du Démon assis, une apparition vraiment inquiétante. L'un des classiques d'un thème finalement assez peu traité au cinéma. BR UK

Retour à l'aube (Henri Decoin, 1938) **
Danielle Darrieux est une jeune provinciale mariée à un chef de gare qui part seule à Budapest pour toucher un héritage et s'y étourdit de couture, d'hommes et de palaces avant d'y connaître la désillusion. Un conte moral entre Cendrillon et Sunrise, sur les sirènes de la grande ville avec des séquences montées comme chez les soviétiques et d'autres comme chez les hollywoodiens. Un bon film véhicule pour la jeune star des années 30. DVD Z2 Fr

Gun crazy / Le démon des armes (Joseph H. Lewis, 1949) ***
L'amour en cavale d'un couple criminel passionné d'armes à feu. Les séduisants Peggy Cummins et John Dall apportent une fraîcheur et une vitalité sexy à ce chef-d'oeuvre de la série B, mené sans temps mort par le réalisateur sur un scénario de Dalton Trumbo. Le dynamisme de sa mise en scène répond parfaitement à l'urgence des situations et des émotions. Un film noir et un film romantique qui réussit dans les deux genres. BR Fr

The smell of us (Larry Clark, 2014) *
Sur le parvis du Palais de Tokyo quelques ados bourgeois du XVIe skatent et se prostituent à de riches vieux et vieilles. Un film à scandale à la signification incertaine (le vide moral ? l'exploitation mutuelle entre les générations ? le dégoût de soi ?) prétexte aux fantasmes de chair fraîche du réalisateur de 71 ans (qui se donne dans un rôle de fétichiste carabiné). Une scène géniale, stupéfiante : la mère incestueuse ravagée (Dominique Frot). DVD Z2 Fr

Laurence anyways (Xavier Dolan, 2012) **
A 2h35, ce film remuant sur un couple dont l'homme entame une transition sexuelle est trop long et part dans des directions pas toujours structurées mais les thèmes traités (l'identité et le genre, la dépendance affective, le regard...) ne cèdent pas à la facilité ou à la complaisance. Avec des scènes mémorables (le lycée, le restaurant, la famille de cabaret...) et un casting (Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye) formidable. DVD Z2 Fr

It follows (David Robert Mitchell, 2014) 0
Une ado qui a choppé la chtouille voit des personnages fantômatiques la suivre. Un navet soporifique dont la mise en scène roublarde et référentielle, faite de lents travellings gratuits et de ralentis insignifiants (ça créé une atmosphère), veut surclasser la vacuité. Et ça marche, à lire les avis enthousiastes, consternants. Même la métaphore sur l'Angst adolescente, intrigante au début, déçoit. Un film qui prend la pose, rien de plus. BR Fr

Moon 44 (Roland Emmerich, 1990) *
En 2038, une société minière envoie un mercenaire (Michael Paré) sur un astéroïde pour enquêter sur du vol de matériel. L'histoire est mal foutue et sans intérêt mais les rapports de domination mutuelle entre les brutes musculeuses et leurs minets pilotes à joysticks, étonnamment chargés d'homoérotisme, font toute l'originalité de ce film qui cache son petit budget par des décors plutôt réussis. La science-fiction aux confins du porno gay. BR Allem

Paper moon / La barbe à papa (Peter Bogdanovich, 1973) *** Mon film du mois
Un road movie tout en charme et en tendresse, et en malice aussi, sur un homme et une gamine délurée (sa fille ?) qui traversent le Kansas en vivant de petites arnaques pendant la Dépression. Filmée dans un splendide N&B et inspirée des films hollywoodiens des Thirties, l'histoire suit leurs rencontres avec divers personnages bien campés (formidable Madeline Kahn). Tatum O'Neal est impressionnante de naturel face à son père Ryan. BR UK
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

Pour continuer sur le cinéma de genre, visitez mon blog : http://sniffandpuff.blogspot.com/

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Rockatansky
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rockatansky » 1 juil. 15, 08:48

Un petit film sans prétention prend la première place ce mois ci.
Jolie surprise de Mai
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Le titre aurait pu être emporté par la redecouverte totale de Dark City dans son director's cut, qui améliore grandement le film. Mais je n'aime pas choisir des films que j'avais déjà vu.
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Clear Eyes, Full Hearts Can't Lose !
« S’il est vrai que l’art commercial risque toujours de finir prostituée, il n’est pas moins vrai que l’art non commercial risque toujours de finir vieille fille ».
Erwin Panofsky

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 juil. 15, 08:50

Film de Juin 2015



Un mois dominé, je dirais même "sauvé", par deux sorties ciné (ce qui n'est pas courant), dont l'une intègre mon Top 100 (ce qui ne m'était pas arrivé depuis des lustres).


1. Vice Versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015)


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2. Mustang (Deniz Gamze Ergüven, 2015)


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3. Arabesque (Stanley Donen, 1966)


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Mes découvertes en détail :
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La tragédie d’un homme ridicule (Bernardo Bertolucci, 1981)
Ridicule, ce patron d’une fromagerie émilienne ? Pitoyable serait plus exact. Sa femme n’est qu’une tendre étrangère, séparée de lui par la classe sociale. Son fils joue au révolutionnaire et le méprise gentiment. Un jour, le garçon est kidnappé sous ses yeux. Mais n’aurait-il pas lui-même simulé son enlèvement ? Ou est-il au contraire vraiment mort, comme l’affirment les deux amis qui servent d’intermédiaires avec les Brigades rouges ? Bertolucci fait dans le flou d’intentions : une pincée de désarroi politique au sortir des années de plomb, un doigt de conflit des générations, une louchée d’incertitude psychologique et d’auto-diagnostic. Faute de propos fort et de ligne cohérente, son film vaguement bouffon s’enlise dans des images froides, sans mystère, et ne suscite qu’une douce somnolence. 3/6

La grande dame d’un jour (Frank Capra, 1933)
Le film débute dans un climat social de crise économique, mobilise une galerie de personnages désabusés et miséreux, une sorte de cour des miracles qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère des films de Chaplin. Mécanisme de mélodrame populaire que Capra, déjà fidèle à lui-même, fait glisser vers le conte moderne à la Cendrillon, avec un truand dandy en guise de bonne fée. Car la supercherie entreprise par ces petits gangsters en tous genres pour transformer une déclassée en belle dame mondaine n’est pas qu’un jeu sur les apparences et les convenances, ni qu’un pari de plus, une escroquerie suprême à réaliser aux dépens du système. C’est surtout la traduction d’un élan collectif qui oppose les vertus de la générosité aux logiques de l’ordre et de l’argent. La fable est assez charmante. 4/6

L’exorciste 2 : l’hérétique (John Boorman, 1977)
Si l’on peut lui reprocher un certain nombre de choses, il est indéniable que le cinéaste a transformé cette commande en une œuvre personnelle, imperméable aux effets de mode comme aux béquilles attendues. Les vieux souvenirs africains croisent ceux, américains, de la jeune exorcisée ; les gratte-ciels de New York débouche sur les pitons rocheux d’Éthiopie ; la palette ocre des séquences aborigènes se confronte aux tons métalliques de la cité moderne. Abandonnant le climat cauchemardesque du premier volet, Boorman cherche ainsi à réconcilier magie et science au cœur de ce continent des origines où réside le secret d’une synthèse vitale. Le formulation brouillonne du propos, le ridicule de certains effets, le rythme approximatif du récit plombent hélas considérablement ces belles intentions. 3/6

Une femme douce (Robert Bresson, 1969)
Une fenêtre ouverte, une écharpe qui tombe en volant, le bruit d’un choc violent : une jeune femme vient de se suicider. Auprès de son corps sans vie, son mari raconte en flashback la manière dont il l’a enfermée dans un système de valeurs étriquées et d’exigences médiocres. Pour la première fois, Bresson livre un commentaire sur l’état de la société, les pratiques de ses contemporains entre week-ends à la campagne, musique populaire, cinéma de consommation. Mais son film-essai, adapté de Dostoïevski, fait surtout le drame d’une possession, analyse le silence et l’incompréhension s’instaurant dans un couple dominé par un homme bourreau mais non coupable. Il arrive que la résignation souffrante de Dominique Sanda, avec sa pâleur évanescente de noyée au fil de l’eau, touche (un peu). 3/6

La fille de nulle part (Jean-Claude Brisseau, 2012)
Une caméra montée sur poussette, un appartement trop grand pour lui, une fraîche actrice en incarnation de la féminité contemporaine et sa propre présence de comédien (très limité) : avec ces quelques éléments, Brisseau livre un film totalement fauché qui se fonde sur les seules vertus d’une inspiration sincère mais vacillante. La mort en est le sujet, la rencontre de deux solitudes qui s’entraident mutuellement aussi, adage cheap où le désir se tripote difficilement sur l’écran, grêlé de scories philosophiques. Pas évident de savoir si le cinéaste bande mou ou si ce précipité mi-merveilleux mi-ahuri de spiritualité naïve et de chamanisme de Prisunic (avec apparitions de fantômes "rigolotes" à la clé) atteint une vraie forme de grâce et d’apaisement. Dans le doute, une note moyenne s’impose. 3/6

Un goût de miel (Tony Richardson, 1961)
Un véritable nid de pie sur la tête, le nez en pied de marmite et la bouche fendue jusqu’aux oreilles : voilà Jo, son quotidien précaire enchaîné au bas de l’échelle sociale. Elle s’éprend d’un marin noir qui l’engrosse avant de la quitter – premier contre-pied aux conventions. Elle se lie d’amitié avec un jeune homosexuel aussi paumé qu’elle – deuxième pied-de-nez. Richardson filme ses menus espoirs, ses élans de révolte et son inexorable résignation dans les rues ternes, au bord des canaux de Manchester, avec son atmosphère de suie, ses gamins crasseux et chantants, ses laissés-pour-compte animés d’un fatalisme tranquille. La chronique de la marge sociale a beau broyer du noir, elle évite tous les clichés mélodramatiques, et son ton enlevé, guilleret, jamais misérabiliste, délivre un charme constant. 4/6

Comme un avion (Bruno Podalydès, 2015)
Jamais peut-être la propension de Podalydès au vagabondage, à l’épicurisme tranquille, à la satisfaction des marottes les moins grandioses, se sera autant épanouie qu’ici. Avec son physique de Chabat débonnaire, foncièrement sympathique, l’acteur-cinéaste offre une mini-odyssée au fil de l’eau, stagnant sur presque toute sa longueur dans un havre de paix duquel, consciemment ou non, il a le plus grand mal à décoller – pour son plus grand plaisir. Déclinant sur un registre moins grinçant le périple vacancier de Liberté-Oléron, il exalte l’ivresse d’un burlesque rêveur, la douceur de la paresse, la présence délectable des arbres, des filles et du vin. Il arrive que le récit patine un peu dans sa deuxième partie, mais la poésie lunaire et la désopilante humeur de l’ensemble garantit le rire et le bien-être. 4/6

L’homme blessé (Patrice Chéreau, 1983)
D’une certaine manière, ce film est aux années 80 ce que le Théorème de Pasolini était à la fin des années 60 : même histoire de gens très ordinaires foudroyés par un regard, un corps, une étreinte, et qui sortent brusquement d’eux-mêmes pour révéler au monde que l’enfer et le paradis, c’est ici et maintenant. Incidemment, il nous dit aussi que la chair est triste, que tout est souffrance, que les tourments de la famille, de l’enfermement, du dévouement brutal à un être-ange (ou démon) convergent toujours vers des murs invisibles, des lieux condamnés, une mort forcément tragique. Analyse crue et glauque d’une passion dévorante, irrationnelle, l’œuvre est d’une radicalité sans compromis, mais sa complaisance pour les toilettes de gare, les amours cradingues et le voyeurisme sexuel peut fatiguer. 4/6

La mariée était en noir (François Truffaut, 1967)
Les intrigues policières ont toujours été pour Truffaut des véhicules tout trouvés à l’entêtement obsessionnel de ses personnages. Le cinéaste utilise ici le roman d’Irish comme tremplin, pour mieux apprivoiser dans ses meilleurs moments une poésie extravagante à la Cocteau. Mais le mariage n’est pas totalement abouti, car ses intentions de faire un film extravagant, irréaliste, butent sur la froideur d’une narration calculée dont la structure épisodique n’entretient pas toujours un intérêt constant. Pour le plaisir des numéros d’acteurs, dont la verve contraste avec l’impassibilité quasi marmoréenne de Jeanne Moreau en statue vengeresse, pour la singularité d’un ton étrangement cynique qui refuse tout apitoiement, le film maintient cependant bien plus qu’une attention polie. 4/6

Vendredi soir (Claire Denis, 2002)
Ce serait dans l’œuvre radicale de Denis comme une échappée belle, un entracte de douceur légère, de ces films qui ont l’air d’avoir été rêvés plutôt que vus, comme suspendus à un fil de soie. Cela se passe un soir d’hiver dans Paris embouteillé par des grèves paralysantes. Un crépuscule qui flotte, une mélodie qui enveloppe, un brouhaha bruissant de mille vies lointaines, autant de choses difficilement exprimables que la mise en scène, sensualiste et tactile, parvient à rendre tangibles. Et dans l’espace confiné d’une voiture, champ clos de toute les tentations, s’amorce une passion muette entre Valérie Lemercier, silencieuse, impalpable, et Vincent Lindon, viril et désirable. Pas de psychologie, pas d’explication, rien que le plaisir sans avenir. C’est peut-être la limite du film, c’est aussi sa qualité. 4/6

La cité des femmes (Federico Fellini, 1980)
La femme selon Fellini est à l’image de son cinéma : multiforme, insaisissable, bouffonne, orgiaque, occupant tout le spectre qui court de la sainte à la putain. Femmes-fleurs, femmes-plantes, femmes-vampires, femmes-oiseaux si l’on voit voir ici leur exaltation. Grognasses, furies, ventrues, monstresses, pétroleuses, excitées, fessues étouffant le mâle si l’on ne veut y lire qu’un pamphlet antiféministe. En vérité le cinéaste ne délivre aucun message, son continent est plus indéchiffrable que jamais, uniquement régi par les rêveries, l’égarement, les divagations, et il convient encore de s’abandonner à la profusion, à la redondance contrôlée, aux explosions d’images, d’obsessions, d’idées, de couleurs… bref, à toute la pâte d’un artiste dont le talent désordonné flamboie sans peur de l’outrance et du mauvais goût. 4/6

Snake eyes (Abel Ferrara, 1993)
Au premier plan, le film très Actors’studio que tourne un réalisateur tourmenté par ses interrogations existentielles. Au deuxième, l’affrontement de ses stars, au troisième, les problèmes dudit réalisateur avec sa femme. Au quatrième (hypothétique), ceux de Ferrara avec la sienne. C’est donc un bel exercice des poupées russes emberlificotées, une sorte d’Opening Night un peu trash filmant, près de l’autobiographie, les scènes musclées de la vie conjugale. Un peu lourdement mais non sans force ni sincérité, le cinéaste cherche à montrer que toute solution de continuité s’abolit entre la matière de la fiction et celle vivante sur laquelle il travaille. Il sort même parfois de ce film "au travail", de cet objet non fini, de cette chronique de l’autodestruction, comme un certain vertige, une infernale odeur de soufre. 4/6

Vice versa (Pete Docter & Ronaldo Del Carmen, 2015)
On pouvait penser que Pixar avait atteint des sommets indépassables. Premier commandement : tu ne douteras jamais de ses capacités à aller toujours plus haut et plus loin, à faire toujours plus fou et plus fort. Car en racontant comment une jeune fille, habitée par une équipe de neurones en poil de moquette, glisse soudain de l’insouciance à la dépression, Docter accouche d’un mélo cérébral proprement vertigineux, dont l’affolement théorique le dispute à une sidérante profusion figurative. Comme d’habitude avec le studio, grandir devient une tragédie intime, la drôlerie la plus échevelée est indissociable de la naissance de la mélancolie, et les bouleversements qui régissent l’âge critique du passage à l’adolescence sont transcendés par la puissance thérapeutique du cinéma d’animation. L’émerveillement est absolu et l’émotion sans limite. 6/6

Trapèze (Carol Reed, 1956)
Le cirque, son directeur capricieux, ses acrobates voltigeurs, ses lions, ours et girafes, ses dresseurs, jongleurs et écuyères : milieu toujours spectaculairement exotique, dans lequel naît ici une amitié entre deux trapézistes. Le schéma est vieux comme le monde, qui voit un bourlingueur bourru, ancienne gloire blessée en quête de rachat, prendre sous son aile un jeune casse-cou qui l’admire, avant que l’amour d’une incendiaire acrobate ne vienne compromettre leur belle harmonie. Reed tire une certaine cinégénie de son drame forain (voltiges aériennes et plans vertigineux à l’appui), formule au passage deux-trois choses pas sottes sur l’ambition déçue et le prix de la réussite, et glisse en loucedé un sous-texte gay-friendly qui donne un peu de relief à l’efficacité tranquille de l’ensemble. 4/6

Judex (Georges Franju, 1963)
Judex, c’est le redresseur de torts, le cœur d’Ivanhoé dans le costume de Zorro, le vengeur de la veuve et de l’orphelin, doué d’ubiquité, de clairvoyance et de prestidigitation. En théorie, le suivre dans ses aventures revient à accepter de se laisser entraîner dans un wonderland début de siècle, avec ombres de Fantômas, infirmières sadiques et banquier véreux. Le gros souci, c’est que le feuilleton populaire de Franju est plombé par un désespérant manque d’imagination visuelle, qu’il se traîne sur un rythme rachitique de péripéties improbables en rebondissements gentiment ridicules, et que sa raideur monolithique annihile à peu près toute la fantaisie qu’il semble rechercher. Aujourd’hui, le film sent méchamment la naphtaline, à l’image du simili-Alain Cuny qui lui sert d’acteur principal. 2/6

Les maraudeurs attaquent (Samuel Fuller, 1961)
Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Fuller nourrit le film de guerre de son expérience concrète : l’attente angoissée avant l’assaut, l’harassante progression des colonnes dans la jungle, le goût amer du baroud, les nerfs à vif, le corps qui flanche, la dysenterie, le soulagement toujours repoussé de la permission… Il reprend le modèle d’Aventures en Birmanie de Walsh et, retraçant la progression authentique de l’unité du général Merrill contre les lignes japonaises, emballe un récit sans fioritures, assez fonctionnel et prévisible dans ses mécanismes, mais dont le souci de réalisme achoppe sur un discours (volontiers ?) ambigu : entre la dénonciation des horreurs du conflit et l’exaltation un brin douteuse du dépassement de soi au nom de la grande armée yankee, le film ne tranche pas. 4/6

Arabesque (Stanley Donen, 1966)
Dès les spirales monochromes et les dessins géométriques du générique de Maurice Binder, on comprend que le couvert de Charade est remis, avec au menu pastiche d’espionnage, duo de charme lancé dans une rocambolesque aventure, intrigue aux petits oignons accumulant chausse-trappes, faux-semblants et coups de théâtre. La cuisine est aussi relevée, son dosage peut-être plus savoureux encore. Sur un rythme trépidant, le divertissement s’offre un exercice de haute virtuosité qui multiplie optiques extravagantes et perspectives déformées, surimpressions et images floues, jeux de reflets et lumières irisées à la croisée des swinging sixties et des débuts du psychédélisme, qui nous balade entre les apparences et les identités et affole les curseurs d’élégance, de malice et de glamour. Un régal. 5/6

Le ciel est à vous (Jean Grémillon, 1944)
Grémillon a beau s’inspirer de l’exploit authentique d’Andrée Dupeyron, épouse d’un garagiste qui battit en 1937 le record féminin de vol en ligne droite, l’aviation ne reste pour lui qu’un prétexte. Il ne cherche pas à glorifier l’esprit d’aventure, seulement à montrer qu’il convient de posséder une foi hors de soi-même. Le sujet est édifiant, mais la grandeur du film tient à son ton anti-épique, à son approche du quotidien, à sa profonde sympathie pour les natures fortes, défiant le cours du destin même si celui-ci a raison de leur obstination. Annonçant un néoréalisme à la française, parlant en claire parabole du Front populaire défunt et de la victoire à venir, il donne à éprouver la tension invisible entre le matériel et le spirituel et offre un beau rôle à Madeleine Renaud, vibrante, touchante, exaltée. 5/6

L’enfant secret (Philippe Garrel, 1979)
Une fois de plus, il n’y a pas de juste milieu, aucune tiédeur possible pour parler de l’œuvre secrète (et gonflante) de Garrel, cet enfant du siècle. Quand l’on accroche pas, il faut s’accrocher pour ne pas décrocher. Pas de technique, un minimalisme radical qui tend vers le cinéma muet (l’expressivité en moins), souffre d’être faux et n’est jamais moins éloquent que lorsqu’il ouvre la bouche. Pas de sujet non plus sinon l’amour, pas vraiment beau ni vraiment aimable, plutôt blessant, douloureux, et qui pousse les êtres à se regarder en souffrant, résignés, malheureux, inadaptés. Un mot pourrait décrire ce cinéma exsangue et doloriste : la morosité. Une image pourrait lui convenir : celle de la mélodie jouée par un pianiste à trois doigts, et que plus rien n’empêche désormais de jouer avec les pieds. 2/6


Et aussi :

Ex machina (Alex Garland, 2015) - 3/6
Mustang (Deniz Gamze Ergüven, 2015) - 5/6
Les mille et une nuits - Volume 1 : L'inquiet (Miguel Gomes, 2015) - 4/6



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Films des mois précédents :
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Mai 2015 - Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970)
Avril 2015Blue collar (Paul Schrader, 1978)
Mars 2015 - Pandora (Albert Lewin, 1951)
Février 2015 - La femme modèle (Vincente Minnelli, 1957)
Janvier 2015 - Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, 1945)
Décembre 2014 - Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Elio Petri, 1970)
Novembre 2014 - Lifeboat (Alfred Hitchcock, 1944)
Octobre 2014 - Zardoz (John Boorman, 1974)
Septembre 2014 - Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014 - Le prix d'un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014 - Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014 - Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014 - Léon Morin, prêtre (Jean-Piere Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014 - Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014 - Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 2014 - 12 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013 - La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013 - Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013 - L'arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013 - Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013 - La randonnée (Nicolas Roeg, 1971) Top 100
Juillet 2013 - Le monde d'Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013 - Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013 - Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013 - Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013 - Chronique d'un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 - Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013 - L'heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 - Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 - Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 - Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 - Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 - Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 - Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 - Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 - Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 - Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 - L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 - L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 - Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 - Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 - L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1967) Top 100
Octobre 2011 - Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 - Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 - Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 - L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)
Dernière édition par Thaddeus le 16 mars 17, 18:03, édité 2 fois.

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Brody
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Brody » 1 juil. 15, 10:08

J'aurai attendu le 30, pour que les grands Bob Fosse et Roy Sheider calment les prétendants :

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J'essaierai de bafouiller une éloge une fois l'émotion retombée...

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 1 juil. 15, 10:12

Yeah ! 8)

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Père Jules » 1 juil. 15, 10:18

Masterpiece !

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Vic Vega » 1 juil. 15, 11:39

Ne peux qu'approuver le choix de film du mois d'El Dadal, Jack Carter et locktal. Les Loups est, avec Hitokiri et Goyokin, l'un des meilleurs Gosha. De même que celui d'Harkento: loin d'être le Ferrara le plus personnel, Fear City appartient quand même au haut du panier du polar des années 80. Dans un mois de juin plutôt télévisuel, je retiens quand même quelques visionnages ciné. Le visionnage de la version de 2 heures 50 d'un film découvert dans un montage de 30 minutes plus court distribué à Hong Kong m'a confirmé le caractère à part de Kamikaze Taxi: jeu sur la frontière fiction/documentaire, mélange des genres (film politique à la Oliver Stone, parodie de yakuza eiga, road movie...). Sans doute un des plus beaux scénarios du cinéma japonais des années 90. C'est d'ailleurs du côté du Japon que j'ai trouvé mon film du mois: Ryuji. Ecrit et inteprété par un acteur (Kaneko Shoji) décédé peu de temps après la sortie du film au Japon, ce yakuza eiga de 1983 obtint très vite un petit culte critique et cinéphile, admiré entre autres par Aoyama et Fukasaku. Différent aussi bien des figures chevaleresques des yakuza eiga des années 60 que des truands excessifs, guidé par la seule soif de survie et sans code d'honneur de Fukasaku, Ryuji incarne le travail de yakuza dans ce qu'il a de plus ordinaire, prosaïque. Il a réussi dans le métier au prix du sacrifice de son foyer (son ex-femme, sa fille) et songe à revenir dans la légalité pour renouer avec sa vie de couple passée. Si le film n'a pas grand chose à voir avec le burlesque et le génie elliptique d'un Kitano, il démontrait quelques années avant Takeshi qu'il était possible de proposer un peu de neuf sous le soleil du film de gangsters made in Japan.
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jeremy Fox » 1 juil. 15, 11:47

Bob Fosse rules ! 8)

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Anorya » 1 juil. 15, 12:15

Hop, Le cri du sorcier devient mon film du mois de juin pour ma part.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Profondo Rosso » 1 juil. 15, 12:18

Film du mois

1 Vice Versa de Pete Docter

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2 L'Année dernière à Marienbad de Alain Resnais

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3 Bondage de Noboru Tanaka

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4 Wish you were here de David Leland

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5 Coup de tête de Jean-Jacques Annaud

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6 Intérieurs de Woody Allen

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar nobody smith » 1 juil. 15, 12:30

Sans le vouloir, le podium de juin trouve pour thème commun "mais qu’est ce qui se passe dans la tête des gens ?". A l’exception de Dark Star, les meilleurs films vus ce mois-ci disposent de mise en scène mettant un point d’honneur à sonder l’état d’esprit de leur protagoniste : la dépression d’une gamine de 11 ans devient une aventure intérieure au sens littérale dans Vice-Versa ; le héros de 7 Ans De Réflexion est en lutte permanente avec son inconscient masculin forcément vicié ; les pensées du personnage principal d’Angae sur la médiocrité de son village natale et de ses habitants lui renvoient l’image de sa propre médiocrité ; Enter The Void fait vivre l’expérience de la mort sous forme d’un trip en vue subjective.

1/ Vice-Versa – Pete Docter et Ronaldo Del Carmen
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2/ 7 Ans De Réflexion – Billy Wilder
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3/ Enter The Void – Gaspard Noé
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4/ Dark Star – John Carpenter
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5/ Angae – Kim Soo-Yong
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar bruce randylan » 1 juil. 15, 13:00

nobody smith a écrit :Angae – Kim Soo-Yong
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Ah ça tombe bien, il fait partie du Coffret Kim Soo-Yong que j'ai demandé à ma copine de ramener de Corée. :)

Profondo Rosso a écrit :Bondage de Noboru Tanaka
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:D
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Addis-Abeba » 1 juil. 15, 13:47

Brody a écrit :J'aurai attendu le 30, pour que les grands Bob Fosse et Roy Sheider calment les prétendants :

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J'essaierai de bafouiller une éloge une fois l'émotion retombée...


Magnifique, film d'une grande lucidité sur son état, qui ne lui servira pourtant pas de leçon puisqu'il mourra quand même d'épuisement, je parle de Bob Fosse bien sur, énorme coup de cœur pour moi aussi lors de son passage sur Arte.
"On va voir King-Kong au cinéma avec les collègues, tu viens avec nous ? Non j'aime pas les films Chinois..."