Commentaires à propos de votre film du mois

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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AtCloseRange
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 1 nov. 14, 16:24

Profondo Rosso a écrit :2 Revenge de Tony Scott

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Ils se sont pas foulés...

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Thaddeus
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Thaddeus » 1 nov. 14, 19:02

Film du mois de Septembre 2014


Un mois dominé par les sorties ciné, mais j'avoue que pour une fois l'ordre est un peu aléatoire. Je ne suis pas sûr de préférer Zardoz à Mommy, Mommy à Bande de Filles, ou même Zardoz à Gone Girl ou La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh, par exemple, que je ne fais pas figurer dans ce top 3. Super dur.


1. Zardoz (John Boorman, 1974)


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2. Mommy (Xavier Dolan, 2014)


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3. Bande de Filles (Céline Sciamma, 2014)


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Mes découvertes en détail :

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Le lieu du crime (André Téchiné, 1986)
Un village de province calme, lumineux et étalé, une famille de petits notables mal assortis (le grand-père a l’air d’un paysan, la grand-mère d’une bourgeoise endimanchée), et l’arrivée d’un ange pasolinien qui précipite les désordres et les résurrections. La tentation du romanesque est si forte, chez l’auteur, qu’elle impulse lentement sa timidité et sa réserve. Dans cet étrange polar sentimental, ce cambriolage du cœur, elle va en s’intensifiant : le scénario multiplie les hasards et les événements pour mieux les dramatiser, le calme masque des tempêtes cachées ou à venir, les gens ordinaires recèlent des tourments cachés, quelque chose d’indiscernable qui couve et soudain éclate. La barque psychologique est chargée, un peu lourde de sens, mais le grondement orageux du film vient à bout des réserves. 4/6

Léviathan (Andreï Zviaguintsev, 2014)
Déchéance de la Russie contemporaine, nouveau chapitre. Mais avec une large poussée de souffle et de fatalisme, de cruauté et de pathétisme. Sans jamais céder aux facilités de la démonstration cynique ni réduire ses personnages à des pantins broyés par les contingences du scénario, Zviaguintsev exprime sa colère révoltée face à la corruption généralisée, au délabrement moral de son pays. L’ami avocat, l’épouse fébrile et touchante, le mari emporté mais bon, tous sont l’un après l’autre victimes de ce monde exsangue et désolé où les puissants avalent les plus faibles, et où les salauds gagnent à la fin. Constat d’une féroce amertume, délivré par un film noir et tragique dont l’amplitude de la mise en scène sait aussi ménager un grinçant humour du désespoir. Et puis Philip Glass à la musique, ça aide. 4/6

Fin août, début septembre (Olivier Assayas, 1998)
Après son détour vers la fantaisie sophistiquée d'Irma Vep, Assayas semble vouloir faire un grand saut dans l’âge adulte, conjuguer pudeur et franchise, émotion et drôlerie. Cela ne va pas sans accrocs ou affectations – telle cette caméra portée toujours fébrile, effet de signature un peu trop voyant. Pourtant, entre volonté d’arrachement et rêve romanesque qui ne veut pas mourir, le film fonctionne, dépasse le catalogue de clichés, de représentations, d’idées toutes faites qui traversent un moment de la société française. À égale distance de Desplechin, Chéreau et Téchiné, le cinéaste problématise dans une forme syncopée l’amour et l’amitié, les expériences du deuil, de la séparation, de l’engagement difficile, tout un feuilleté sentimental auquel les acteurs, excellents, apportent un atout décisif. 4/6

La stratégie de l’araignée (Bernardo Bertolucci, 1970)
La première séquence se situe sur le quai d’une gare, la dernière également. Entre les deux toute l’action se déroule dans le même village émilien, s’y développe et s’y perd : un fils cherchant à connaître son père se trouve peu à peu englué dans la trame des souvenirs contradictoires, des faux témoignages et des légendes usurpées. L’araignée ici n’est pas le fascisme ni l’Histoire mais Bertolucci lui-même, car aucun geste, aucune parole, aucune image du récit kaléidoscopique ne peut être crédité d’une quelconque valeur de vérité. Dans un climat d’étrangeté fantastique et une construction temporelle originale qui entremêle présent et passé, le film aborde donc les questions de la représentation, du trompe-l’œil, de l’ambiguïté politique. Intellectuellement stimulant, mais franchement aride. 3/6

Zardoz (John Boorman, 1974)
Il y a certes Sean Connery brandissant un flingue en slip rouge et nattes noires, mais cette image ne doit pas empêcher d’apprécier l’œuvre pour ce qu’elle est vraiment : un film de science-fiction d’une radicale audace esthétique, où l’utopie est soumise à une critique rigoureuse dévoilant les structures d’oppression qui gouvernent notre société. Le foisonnement symboliste et baroque de la mise en scène n’a d’égale que la densité thématique d’un matériel considérable, qui s’organise en un récit métatextuel "à tiroirs" et brasse sans jamais nous perdre culture et mythologie, élans romantiques et sarcasme nihiliste, scepticisme idéologique et soumission aux cycles de la vie (voir le dernier plan, typiquement boormanien). Ça ne ressemble à rien d’autre et c’est stupéfiant de richesse et d’inventivité. 5/6

Gone girl (David Fincher, 2014)
C’est bien lorsque Fincher remise au placard sa panoplie de petit malin que ses ambitions d’analyste psycho-sociétal trouvent le plein accord de son brio : thriller de très haute volée, orchestré au millimètre et dont chaque séquence multiplie les potentialités de la suivante, ce impeccable jeu de retournements et de faux-semblants radiographie le naufrage d’un couple idéal en éclairant avec méticulosité chaque sphère dans laquelle il se dissimule (familiale, collective, médiatique). La satire, féroce bien qu’un peu convenue, s’éprouve ainsi à l’angoisse d’un grand trou noir : l’opacité inviolable du conjoint, le poison des relations domestiques, l’envers des apparences. Quant aux excellents seconds rôles (la flic, l’avocat et surtout la sœur, véritable nœud de conscience), ils préservent le récit du cynisme facile. 5/6

Le Sicilien (Michael Cimino, 1987)
Utopiste ardent, il souhaitait faire de la Sicile un état américain et rendre leurs terres aux paysans (qui n’en voulaient pas). Il était beau, il était fier et faisait même tomber en pamoison les duchesses américaines… Cimino romantise Giuliano en homme de foi capable de traduire ses convictions en actes. Seule la réalité des faits l’arrêtera, lui qui pensait pouvoir renverser la triple alliance de l’Église, de l’aristocratie et de la Mafia, et qui s’apercevra n’être qu’un pion dans une stratégie qui le dépasse. Sans toujours échapper à l’emphase gratuite, le cinéaste fait couler le sang et la musique, claquer les drapeaux rouges au vent, virevolter les ressorts du romanesque. Son film est un beau livre d’images, emporté mais imparfait, généreux mais schématique, un peu terni par Lambert et son regard de teubé. 4/6

Mommy (Xavier Dolan, 2014)
À chaque nouveau film de Dolan on ramène la question du passage de maturité. Légitime mais agaçant. La vérité c’est qu’il n’a toujours pas franchi ce pallier, et que sa frénésie gargantuesque, son appétit intarissable et hypersensible de filmer, malgré ses grumeaux (ici tel prévisible montage en musique, là telle complaisance pop), témoignent d’une fraîcheur obstinée qui lui va à merveille. En faisant flamber toute la générosité vitaliste de son cinéma, en mordant comme un ogre dans un tissu romanesque jamais repu, en offrant des rôles superbes à deux actrices qui ne le sont pas moins, il fait souffler sur son mélo démesurément sentimental de fougueuses rafales d’amour et de détresse, d’énergie et de cruauté, de drôlerie et d’impuissance, de déséquilibre et de tours de force. Un tel tempérament est rare. 5/6

Macbeth (Orson Welles, 1948)
Travaillée par le sang, les ténèbres et la mort, par la soif de pouvoir de l’homme, que les forces du mal entraînent dans un gouffre toujours plus sombre, et les intrigues perfides de la femme, que la conscience conduit à la folie, cette célèbre "histoire de bruit et de fureur, contée par un idiot" se place au cœur du conflit entre le chaos des puissance surnaturelles (les trois sorcières) et le nouvel ordre annoncé par le christianisme. Welles s’attache non pas à illustrer la tragédie de Shakespeare mais à véritablement la "mettre en scène", en plans souvent très longs qui accentuent la dramaturgie (tel le meurtre du roi Duncan), dans un décor minimaliste de pierre troglodyte et de brume caverneuse, une esthétique barbare évoquant un monde et une époque indéterminés. Ses choix ont triomphé du temps. 4/6

Invasion Los Angeles (John Carpenter, 1988)
Jadis les communistes étaient l’ennemi numéro un. Mais en cette époque de libéralisme reagano-bushien, le danger vient de l’intérieur et de la léthargie consumériste des citoyens américains, endoctrinés par les messages de la télévision, les invitations trompeuses des dirigeants, le confort anesthésiant du matérialisme roi. Carpenter n’a jamais été aussi alarmiste et revendicatif dans son discours politique : face au conditionnement culturel et économique de masse, la nécessité est à la révolte armée et anarchique. Malgré ses métaphores tractopelles, sa série B propagandiste emporterait le morceau si elle ne se montrait pas aussi dilettante à tous les niveaux : dialogues bien neuneus, délires nawaks (la baston qui dure trois plombes), trucages pourris, acteurs calamiteux au charisme d’huître. 3/6

Les anges du péché (Robert Bresson, 1943)
Dès son premier film, Bresson se montre profondément concerné par les questions de la rédemption et de la grâce. Dialoguée par Jean Giraudoux, l’œuvre impose une retenue qui, loin de limiter l’émotion, l’élève et l’amplifie : elle éclaire ce qui relie la dévotion et le sacrifice, illustre deux formes de transgression oscillant entre la loi de la société, les pulsions de vie et l’aspiration à un autre ordre du monde. Le couvent devient ainsi le théâtre de passions feutrées, de pulsions et d’élans qui emportent les individus, d’un désir d’absolu qui dépasse la morale et le quotidien. Quelque chose de mystérieux, d’immatériel, en plein accord avec la vibrante lumière de la jeune Renée Faure, jeune sœur transfigurée par la mission spirituelle qu’elle s’est fixée, et dont les traits rappellent la Deborah Kerr du Narcisse Noir. 5/6

White bird (Gregg Araki, 2014)
Si la facture de cette chronique adolescente n’évite pas totalement les réflexes normatifs du cinéma indépendant américain, le regard porté par Araki sur la jeunesse n’en reste pas moins emprunt d’une remarquable justesse, et parvient à instiller sur un mode ouaté le mal-être banal, presque tranquille, de son héroïne. Les signaux de reconnaissance fonctionnent à plein (à l’instar de sa bande musicale eigthies au poil), le dosage de drôlerie pincée et de mélancolie discrète évite tout véritable risque, mais l’humilité de l’entreprise lui assure un intérêt constant : tout à la fois étude d’un envers domestique asphyxiant et subtil récit d’apprentissage, elle gomme les excès de style ou de zèle pour favoriser la douceur et l’empathie du portrait. Et puis Shailene Woodley est vraiment épatante. 5/6

La vie passionnée de Vincent Van Gogh (Vincente Minnelli, 1956)
Avant d’être cinéaste, Minnelli fut peintre et décorateur. Aussi dessine-t-il un portrait de Van Gogh en écorché vif, voué à la solitude par sa singularité, rejeté par les missions néerlandaises comme par les chapelles parisiennes : un perpétuel exilé auquel il revient d’exprimer en rouge et en vert le terrible des passions humaines. De la terre noire de Hollande au vieil or des tournesols arlésiens, des cyprès funèbres de Saint-Rémy aux horizons hallucinés d’Auvers, des périodes de crise aux instants éphémères de plénitude, de la tendre complicité avec le fidèle frère Théo aux débats tumultueux sur l’art avec Gauguin, ce superbe poème lyrique sur la création, mû d’une vraie passion pour la matière picturale, est le plus bel hommage rendu à un ouvrier de la peinture, à son opiniâtreté et à son engagement. 5/6

La chair de l’orchidée (Patrice Chéreau, 1975)
Chéreau qualifiera plus tard son premier film de "fantasmagorie indigeste". Autoflagellation assez injuste car la façon dont il parvient, à force de stylisation hallucinée, à créer malaise et fascination est plutôt courageuse. Il s’agit d’un faux polar bizarre où l’on croise une jeune héritière mutique, une grande bourgeoise bottée et voilettée de noir, des fous errant dans un parc parmi des voitures luisantes comme des coléoptères, un type louche qui finit énucléé, ou bien encore deux frères assassins presque aussi laconiques et effrayants que le Chigurh des frères Coen. Toute cette sanglante affaire de crime, de folie et d’argent est traversée de bouffées d’humour noir, filmée dans des intérieurs de pénombre ou dans une campagne de vapeurs grises, et marquée par un sentiment d’inexorable fatalité. 4/6

Chocolat (Claire Denis, 1988)
C’était le temps des whiskies sous les vérandas, des nuits moites sous la moustiquaire, des boys taciturnes regardant passer les Blancs à côté de l’Afrique véritable – le temps de la colonisation finissante. Claire Denis filme en connaissance de cause, elle qui a grandi au Cameroun en suivant son père fonctionnaire au hasard des nominations. À hauteur d’une fillette liée par une étrange complicité à un domestique noir, elle capte dans la langueur de la brousse l’expression des rapports pervertis entre maîtres et serviteurs : deux mondes étroitement mêlés mais irréductibles, séparés par une cloison trop étanche. Sans reconstitution solennelle ni psychologie envahissante, les visages parlent, les silences étouffent, la caméra fraye son chemin entre ombre et soleil, soupirs contenus et espoirs vains. 4/6

Magic in the moonlight (Woody Allen, 2014)
À mesure qu’il s’approche de l’échéance fatidique (et redoutée), Allen problématise ses sujets de façon toujours plus littérale. Il est parfaitement conscient des mécanismes qu’il manipule, n’essaie même pas de contourner les attentes, et filme désormais en vieux maître débonnaire, toujours capable de générer le plus vif des plaisirs sans donner l’impression de forcer. Une nouvelle preuve avec cette savoureuse comédie romantique, petite friandise où il récapitule ses positions sur l’illusion, l’aveuglement heureux et la lucidité triste, en colorant son pessimisme foncier d’un hymne aux délices de la magie amoureuse. Le divertissement est enlevé et pétillant, Colin Firth délectable en cynique touché par Cupidon (voir entre autres le râteau de sa demande en mariage) et Emma Stone à croquer. 5/6

Drôle d’endroit pour une rencontre (François Dupeyron, 1988)
C’est l’hiver, sur une autoroute, quelque part en France. Durant deux jours, une bourgeoise larguée par son époux et un type bizarre qui démonte son moteur comme s’il se livrait à une opération chirurgicale vont s’exprimer leurs incertitudes de cœur. Elle, murée dans la tour d’ivoire d’un mariage stérile, se raccroche aux pauvres dioramas de souvenirs idéalisés. Lui, solitaire et bourru, provocant et hâbleur, se laisse gagner par le romantisme et s’élève contre une réalité sordide. Pour orchestrer la valse amoureuse entre ces deux monstres sacrés, Dupeyron peaufine un dialogue très écrit, fait durer chaque plan, essaie de capter les turbulences intérieures de personnages d’âge mûr rendus chacun au point de non-retour de leur existence. La tentative est originale et plutôt réussie. 4/6

Les anges exterminateurs (Jean-Claude Brisseau, 2006)
Si l’on comprend son point de vue sur l’"affaire", Brisseau, devenu naïvement un gourou du sexe, fut la victime de jeunes filles fragiles et machiavéliques à qui il a fait découvrir la jouissance et qui sont tombées raide amoureuses de lui. Difficile de pousser plus loin le narcissisme et l’autojustification doloriste. Reste la quête pour figurer la mécanique incitative du plaisir charnel et de son économie cachée, la sollicitation anonyme du désir par la caméra, un certain magnétisme dans les ondulations des ébats saphiques ou des masturbations haletantes, le postulat fantastique qui joue avec l’ésotérisme et la transcendance. Ce n’est pas rien, mais inséré au sein d’une démarche de dédouanement si égocentrique, et réalisée de façon si pauvre, si anodine, que l’entreprise suscite régulièrement sarcasme et dépit. 3/6

L’or de Naples (Vittorio De Sica, 1954)
D’origine parthénopéenne, le réalisateur rend son hommage à une ville dont l’or réside essentiellement, comme l’indique le texte liminaire, dans l’espérance et la patience. Six sketches en forme d’anecdotes dressent une chronique quotidienne qui témoignent d’un savant dosage de comique dans le dramatique et vice-versa : Totò déguisé danse pour l’inauguration d’une épicerie, Sophia Loren exhibe ses rotondités, Silvana Mangano gèle immobile dans le froid du petit matin… S’il marque le glissement de l’auteur vers un cinéma idéologiquement moins engagé mais toujours concerné par l’expression des problèmes socio-culturels, ce sonnet populaire aux airs de comedia dell’arte demeure hélas inégal dans ses registres et sa fluidité, n’intéressant que par intermittence et ne touchant que rarement. 3/6

Le sel de la terre (Wim Wenders, 2014)
C’est en admirateur respectueux que le cinéaste rend hommage au travail de Sebastião Salgado, qui a choisi la voie écologique après avoir relaté certains évènements majeurs de l’histoire moderne. Du ventre ouvert du Brésil, déversant des milliers de chercheurs d’or, aux territoires reculés des Andes, des insoutenables images de la famine au Sahel aux exactions du génocide rwandais, des champs pétrolifères enflammés du Koweït à l’éden préservé d’une forêt équatoriale, les clichés de l’artiste subjuguent. Wenders en restitue la terrible beauté, exalte leur poésie de paradis et d’enfer, éclaire sobrement la bouleversante détresse humaine qui les habite. Et si l’on peut s’interroger sur son absence de remise en perspective, rien ne peut entraver la force émotionnelle de ce très beau documentaire. 5/6

Bande de filles (Céline Sciamma, 2014)
Black beauty, bleu électrique, rouge lipstick. On stigmatise trop souvent la fadeur esthétique du cinéma français, surtout lorsqu’il empoigne une certaine réalité sociale, pour ne pas applaudir ici les partis pris de la réalisatrice. Obéissant à de pures décharges d’intensité, exaltant l’affirmation de soi par les mots et les corps, son film s’accorde aux pulsations de ses petites princesses pop en une succession d’envolées à faire bouillir le cœur, les yeux et les oreilles (la danse sur Diamonds est de ces scènes qui rappellent pourquoi on va au cinéma). Dès lors, peu importe les quelques raccourcis signifiants de cette analyse des rites d’appartenance, du désir d’émancipation, du déterminisme social et de la bulle utopique, avec laquelle Sciamma nous transmet son amour débordant pour ses personnages. 5/6

Body snatchers (Abel Ferrara, 1993)
Transposée dans une base militaire, ce deuxième remake du classique de Don Siegel offre à Ferrara son premier gros budget hollywoodien. Le bonhomme ne lime pas ses griffes pour autant et en profite pour démolir certains clichés : la mère est diabolique et un enfant de six ans jeté du haut d’un hélicoptère. Si les possibilités de lectures abondent (on peut l’interpréter, d’un point de vue freudien, comme l’histoire d’une adolescente qui tue ses parents pour s’enfuir avec un joli garçon, sosie de Tom Cruise), le film, stylisé juste ce qu’il faut dans une dominante de contre-jours ocres, reste d’abord une série B speedée, straight, parfaitement emballée, qui tire le maximum de ses motifs autour de la paranoïa et de la contamination métastasique sans laisser le sous-texte politique empiéter sur le suspense. 4/6

Vie sauvage (Cédric Kahn, 2014)
Le film démarre de façon très intense, marqué d’emblée par la déchirure, la séparation, la conscience douloureuse d’un échec. Il s’achève avec une même force d’émotion, en scellant les retrouvailles de la mère et de ses fils sur la voie de la réconciliation. Entretemps, il dresse la chronique d’une utopie constamment mise à l’épreuve des contingences de la société actuelle, entre le désir d’émancipation des normes et la privation indirecte du choix, entre la volonté sincère d’offrir, à soi et aux personnes aimées, un autre voie possible et le prix à payer pour atteindre cet idéal. Privilégiant la sécheresse à l’apitoiement, Kahn éclaire avec tact les enjeux de cette fuite en avant, questionne la notion même de la liberté, et rappelle que Kassovitz est décidément bien meilleur acteur que réalisateur. 4/6

Interstellar (Christopher Nolan, 2014)
Entre spectacle fédérateur et vulgarisation scientifique, sentiments et intellect, Nolan continue de chercher sa voie, tricote comme il peut quelques lois de la physique quantique et, convoquant cette "brève histoire de temps" dont nous parlait Hawking, transpose d’une certaine façon le principe mental d’Inception dans l’infini de l’espace. Mais si les couleuvres à avaler sont nombreuses (notamment lors d’un pseudo-mindfuck final en équilibre instable entre audace et spéculations neuneu), il se manifeste ici plus de cœur et de sincérité que dans les précédents films du bonhomme. C’est cette dimension humaine qui rend le voyage SF foncièrement sympathique en dépit de ses trous d’air, parfois exaltant malgré sa pesanteur, et même étonnamment touchant à certains moments cruciaux. 4/6


Et aussi :

Samba (Eric Toledano & Olivier Nakache, 2014) - 3/6
Le portrait de Jennie (William Dieterle, 1948) - 4/6



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Films des mois précédents :
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Septembre 2014 - Un, deux, trois (Billy Wilder, 1961)
Août 2014 - Le prix d'un homme (Lindsay Anderson, 1963)
Juillet 2014 - Le soleil brille pour tout le monde (John Ford, 1953)
Juin 2014 - Bird people (Pascale Ferran, 2014)
Mai 2014 - Léon Morin, prêtre (Jean-Piere Melville, 1961) Top 100
Avril 2014L’homme d’Aran (Robert Flaherty, 1934)
Mars 2014 - Terre en transe (Glauber Rocha, 1967)
Février 2014 - Minnie et Moskowitz (John Cassavetes, 1971)
Janvier 2014 - 12 years a slave (Steve McQueen, 2013)
Décembre 2013 - La jalousie (Philippe Garrel, 2013)
Novembre 2013 - Elle et lui (Leo McCarey, 1957)
Octobre 2013 - L'arbre aux sabots (Ermanno Olmi, 1978)
Septembre 2013 - Blue Jasmine (Woody Allen, 2013)
Août 2013 - La randonnée (Nicolas Roeg, 1971) Top 100
Juillet 2013 - Le monde d'Apu (Satyajit Ray, 1959)
Juin 2013 - Choses secrètes (Jean-Claude Brisseau, 2002)
Mai 2013 - Mud (Jeff Nichols, 2012)
Avril 2013 - Les espions (Fritz Lang, 1928)
Mars 2013 - Chronique d'un été (Jean Rouch & Edgar Morin, 1961)
Février 2013 - Le salon de musique (Satyajit Ray, 1958)
Janvier 2013 - L'heure suprême (Frank Borzage, 1927) Top 100
Décembre 2012 - Tabou (Miguel Gomes, 2012)
Novembre 2012 - Mark Dixon, détective (Otto Preminger, 1950)
Octobre 2012 - Point limite (Sidney Lumet, 1964)
Septembre 2012 - Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973)
Août 2012 - Barberousse (Akira Kurosawa, 1965) Top 100
Juillet 2012 - Que le spectacle commence ! (Bob Fosse, 1979)
Juin 2012 - Pique-nique à Hanging Rock (Peter Weir, 1975)
Mai 2012 - Moonrise kingdom (Wes Anderson, 2012)
Avril 2012 - Seuls les anges ont des ailes (Howard Hawks, 1939) Top 100
Mars 2012 - L'intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)
Février 2012 - L'ombre d'un doute (Alfred Hitchcock, 1943)
Janvier 2012 - Brève rencontre (David Lean, 1945)
Décembre 2011 - Je t'aime, je t'aime (Alain Resnais, 1968)
Novembre 2011 - L'homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929) Top 100 & L'incompris (Luigi Comencini, 1966) Top 100
Octobre 2011 - Georgia (Arthur Penn, 1981)
Septembre 2011 - Voyage à Tokyo (Yasujiro Ozu, 1953)
Août 2011 - Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Juillet 2011 - L'ami de mon amie (Éric Rohmer, 1987)
Dernière édition par Thaddeus le 25 mars 17, 21:47, édité 1 fois.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar AtCloseRange » 1 nov. 14, 19:06

Thaddeus a écrit :Body snatchers (Abel Ferrara, 1993)
Transposée dans une base militaire, ce deuxième remake du classique de Don Siegel offre à Ferrara son premier gros budget hollywoodien. Le bonhomme ne lime pas ses griffes pour autant et en profite pour démolir certains clichés : la mère est diabolique et un enfant de six ans jeté du haut d’un hélicoptère. Si les possibilités de lectures abondent (on peut l’interpréter, d’un point de vue freudien, comme l’histoire d’une adolescente qui tue ses parents pour s’enfuir avec un joli garçon, sosie de Tom Cruise), le film, stylisé juste ce qu’il faut dans une dominante de contre-jours ocres, reste d’abord une série B speedée, straight, parfaitement emballée, qui tire le maximum de ses motifs autour de la paranoïa et de la contamination métastasique sans laisser le sous-texte politique empiéter sur le suspense. 4/6

The moment Nanar du film :mrgreen:
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Thaddeus
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Messagepar Thaddeus » 1 nov. 14, 19:08

C'est vrai que sa visualisation est bien cheap, mais l'idée est là.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Blue » 1 nov. 14, 20:58

Série B haut de gamme, magnifiquement emballée.

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Supfiction
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Supfiction » 1 nov. 14, 21:38

Profondo Rosso a écrit :5 The Legend of Billie Jean de Mathew Robbins

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Connaissais pas ce film avec la supergirl. Tu nous en parles ?
Revenge.. Madeleine Stowe sublime.

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Kevin95
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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Kevin95 » 1 nov. 14, 23:40

Gros mois d'octobre en nombre de films vus (40 en gros) grâce aux vacances et mon film totem sera cette bulle mélancolique qu'est Taking Off de Milos Forman, sorte de version désenchantée de Hair (alors qu'il est réalisé huit ans avant) où une galerie de personnages grotesques mais humains gravitent autours du personnage aussi mystérieux que fascinant d'une adolescente américaine. Une vraie merveille.

Juste derrière, on trouve un drôle de film de vengeance des 70's naviguant entre le cocasse et la tragédie (Walking Tall), un conte délirant porté par un Noiret impérial (Clérambard), une drame déchirant par maitre Fleischer (Child of Divorce) et enfin une ode à la simplicité comme beaucoup d'autre films d'Yves Robert (Courage fuyons).

Coté flop, je tente d'oublier un film très ambitieux( par un bon cinéaste) mais qui au final s’avère être aussi beau visuellement que chiant (Malevil) et un naveton prétentieux (ma note fut généreuse bizarrement) où seuls les auteurs paraissent concernés tant ni le casting ni le spectateur ne se soucient de l'intrigue (fade) du film (Los pianos mecánicos).

Top 5 Découvertes :

1. Taking Off (Milos Forman, 1971)

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2. Walking Tall (Phil Karlson, 1973)

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3. Clérambard (Yves Robert, 1969)

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4. Child of Divorce (Richard Fleischer, 1946)

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5. Courage fuyons (Yves Robert, 1979)

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Spoiler (cliquez pour afficher)
Octobre 2014

Film du mois :

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Liste des films découverts (ou presque) :

Taking Off (Milos Forman, 1971) Image
Walking Tall (Phil Karlson, 1973) Image
Clérambard (Yves Robert, 1969) Image
Child of Divorce (Richard Fleischer, 1946) Image
Courage fuyons (Yves Robert, 1979) Image
Le Téléphone rose (Édouard Molinaro, 1975) Image
No Way to Treat a Lady (Jack Smight, 1968) Image
Une ravissante idiote (Édouard Molinaro, 1964) Image
Dead End (William Wyler, 1937) Image
La Table-aux-Crevés (Henri Verneuil, 1951) Image
The Bounty (Roger Donaldson, 1984) Image
Framed (Phil Karlson, 1975) Image
Lady in a Cage (Walter Grauman, 1964) Image
Tranches de vie (François Leterrier, 1985) Image
Tight Spot (Phil Karlson, 1955) Image
Danza macabra (Antonio Margheriti, 1964) Image
Martial Arts of Shaolin (Chia-Liang Liu, 1986) Image
The Gift (Sam Raimi, 2000) Image
Memento (Christopher Nolan, 2000) Image
La Communale (Jean L'Hôte, 1965) Image
Four Brothers (John Singleton, 2005) Image
Paris n'existe pas (Robert Benayoun, 1969) Image
Samurai Cop (Amir Shervan, 1991) Image
Plus ça va, moins ça va (Michel Vianey, 1977) Image
Firewalker (J. Lee Thompson, 1986) Image
Mon homme (Bertrand Blier, 1996) Image
Ces messieurs de la famille (Raoul André, 1968) Image
The Body Snatcher (Robert Wise, 1945) Image
Nella stretta morsa del ragno (Antonio Margheriti, 1971) Image
A 008, operazione Sterminio (Umberto Lenzi, 1965) Image
The Mummy's Shroud (John Gilling, 1967) Image
A Stranger Among Us (Sidney Lumet, 1992) Image
Malevil (Christian de Chalonge, 1981) Image
Los pianos mecánicos (Juan Antonio Bardem, 1965) Image


Liste des films revisionnés :

Il deserto dei tartari (Valerio Zurlini, 1976) Image
La Dérobade (Daniel Duval, 1979) Image
Laissez-passer (Bertrand Tavernier, 2002) Image
Un été d'enfer (Michael Schock, 1984) Image
La 7ème Cible (Claude Pinoteau, 1984) Image
Liste noire (Alain Bonnot, 1984) Image
Beneath the Planet of the Apes (Ted Post, 1970) Image
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Profondo Rosso » 2 nov. 14, 02:00

Supfiction a écrit :
Profondo Rosso a écrit :5 The Legend of Billie Jean de Mathew Robbins

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Connaissais pas ce film avec la supergirl. Tu nous en parles ?


J'en ai parlé dans le topic notez les films viewtopic.php?f=3&t=35895&start=15 Un teen movie très original où est transposé le mythe de Jeanne d'Arc dans les US 80's. Très original et Helen Slater y est assez inoubliable :wink:

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Supfiction » 2 nov. 14, 12:43

Films du mois :
N°1 Faccia a Faccia
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Deux héros de légende pour l'un des tout meilleurs westerns italiens.

N°2 Mommy
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J'ajoute les deux films suivants, imparfaits, mais ayant le mérite de mettre en vedette deux superbes actrices, révélations à suivre de près :


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[/b]Image

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 2 nov. 14, 16:17

Gros enthousiasme pour Oblivion, à l'intrigue plutôt classique mais visuellement superbe, un plaisir pour les yeux pendant 2h.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Flavia » 2 nov. 14, 18:00

Délivrance

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Jack Carter » 2 nov. 14, 18:01

Rick Blaine a écrit :Gros enthousiasme pour Oblivion, à l'intrigue plutôt classique mais visuellement superbe, un plaisir pour les yeux pendant 2h.

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Gros ennui pour ma part (je suis plutot fan des Tom Cruise movies de ces dernieres années pourtant) :?

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Rick Blaine » 2 nov. 14, 18:48

Jack Carter a écrit :
Rick Blaine a écrit :Gros enthousiasme pour Oblivion, à l'intrigue plutôt classique mais visuellement superbe, un plaisir pour les yeux pendant 2h.

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Gros ennui pour ma part (je suis plutot fan des Tom Cruise movies de ces dernieres années pourtant) :?


Moi qui m'ennuie plutôt vite, pour le coup je n'ai pas vu passer ces deux heures.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Frances » 2 nov. 14, 20:31

Flavia a écrit :Délivrance

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Je l'ai revu il y a quelques mois avec un immense plaisir. Le film n'a pas pris une ride.

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Re: Commentaires à propos de votre film du mois

Messagepar Flavia » 2 nov. 14, 20:45

Frances a écrit :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Flavia a écrit :Délivrance

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Je l'ai revu il y a quelques mois avec un immense plaisir. Le film n'a pas pris une ride.


Grand choc quand je l'ai découvert aujourd'hui.