Lucio Fulci (1927-1996)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés après 1980

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mannhunter
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Re: Lucio Fulci

Messagepar mannhunter » 22 avr. 12, 21:48

manuma a écrit :Image

Oui, La Longue nuit de l'exorcisme, ça me parait incontournable pour qui cherche à découvrir le travail de Fulci, voire à s'initier au cinéma de genre italien de la période 70. Si l'on n'accroche pas un minimum à celui-ci, mieux vaut peut-être passer à autre chose.

Pour ceux que cela intéresse, Il me semble que le film passe sur Ciné + classic courant mai.


Je confirme que c'est un de ses meilleurs opus...qui m'en fera une copie d'ailleurs? :mrgreen: :fiou:

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manuma
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Re: Lucio Fulci

Messagepar manuma » 22 avr. 12, 22:44

:mrgreen:

Ratatouille a écrit :Merci pour l'info ! Étant un grand fan de Fulci, chaque nouvelle découverte est bonne à prendre (surtout si le film est si bon que ça).

Ben alors si tu es fan de Fulci et que tu ne le connais pas encore, je t'envie ... tu vas vraiment te régaler.

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nobody smith
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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar nobody smith » 29 avr. 12, 17:31

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Reprise de ma petite rétrospective avec Nightmare Concert, un des derniers films du maestro transalpin. Peut-être pas franchement un bon choix vu que ce film méta-textuel où Fulci interprète son propre rôle n’allait pas forcément parler à quelqu’un comme moi connaissant si peu son œuvre. Heureusement, un commentaire didactique dans les bonus viendra apporter un éclaircissement sur l’œuvre. Nightmare Concert est donc un film tourné pour régler un différent avec des producteurs. Cela peut expliquer pourquoi Fulci opte pour une orientation méta où il se permet de réutiliser des passages entiers d’autres long-métrages (dont notamment plusieurs très marrant du Soupçons De Mort évoqué précédemment par Hellrick). Or si on pourrait croire que Fulci profiterait de l’occasion pour se livrer à cœur ouvert, c’est presque l’inverse qui se produit. Le premier plan le montre à une table entrain d’écrire un scénario constitué d’une série de sévices diverses et variés. La caméra se rapproche de son crane jusqu’à pénétrer à l’intérieur où on trouvera des chats dévorant les chairs (image justifiant le titre original Un Gatto Nel Cervello). Futur portrait d’un artiste névrosé par un genre dans lequel il s’est trop investit ? La suite fait comprendre que non puisque Nightmare Concert est avant tout une farce où tout n’est pas à prendre pour argent comptant. Fulci force son portrait d’homme dévoré par ses démons. Il n’hésite pas à s’amuser de ceux qu’ils côtoient comme ces journalistes qu’il agresse dans un délire (passage soutenu par une reprise de l’orgie nazie des Fantômes De Sodome) et qui le remercieront pour cette expérience ! Il en va de même pour le cœur de l’intrigue avec ce psychiatre manipulateur s’inspirant de ses films pour lui faire porter le chapeau. C’est plus l’amusement qui prédomine que l’analyse et ça cumulera avec un final absolument hilarant qui pourrait se voir comme une belle conclusion à sa filmo. Après, l’ensemble reste limité par un récit trop décousu et par un esthétisme très fauché malgré les efforts du cinéaste. Cela fait que Nightmare Concert ne dépasse pas le charme de l'anecdotique.

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Alors là par contre, je retrouve le Fulci d’un haut niveau que j’avais découvert avec L'Au-Delà. Certes, on est pas du tout dans le même registre mais le talent du réalisateur s’y montre là encore exceptionnel. Fulci fut apparemment très marqué par l’échec commercial du film et je peux le comprendre face à la fort belle tenue de l’ouvrage. Ne connaissant pas originellement l’histoire des Cenci, j’ai été tout particulièrement sensible aux orientations narratives. Là où Fulci m’a habitué à des structures cumulatives, il y a dans Beatrice Cenci un soin dans l’écriture. Le film commence ainsi par sa conclusion avec la condamnation des Cenci. Le film développe une mécanique façon poupée russe pour arriver jusqu’au cœur de l’affaire, celui qui expliquera pourquoi Beatrice a tellement marqué le peuple de l’époque. C’est assez ingénieux et souvent savoureux notamment avec des dialogues tout à fait brillants (« mes deux fils sont morts… Dieu a recousu le trou dans ma poche de pantalon ! »). Fulci soigne tout autant son visuel avec une mise en scène fort efficace dans sa peinture des rapports de force (peut-être un abus de demi-bonnette mais ça fonctionne allègrement) et faisant clairement ressentir la cruauté de son époque (inutile de dire que le bonhomme ne prend pas des gants pour les scènes de torture). C’est vraiment du bel ouvrage.

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Retour au Fulci horrifique après ça avec L’Eventreur De New York. Peut-être est ce parce que j’ai été très touché par son drame médiéval que j’en attendais plus. Le film pêche par un retour vers un cinéma de séquence. Ça ne serait pas trop gênant si Fulci ne tentait pas ici l’hommage à Hitchcock. Si le script dans ses encolures est clairement un hommage au réalisateur de Frenzy, Fulci n'arrive pas (ou ne veut pas) en embrasser pleinement les mécanismes. J’ai par exemple trouvé dommageable la présentation assez précipitée de la motivation du tueur alors qu’il y a dans les dernières images une force mélancolique désarmante. Celle-ci aurait méritée d’être un peu mieux exploité au milieu d’une structure jouant sur la culpabilité des différents personnages. En ce sens, j’ai notamment trouvé ingénieuse l'utilisation de la vue subjective. Généralement réservé au tueur, il l’affecte ici à différents personnages semant ainsi le doute dans le cerveau du spectateur si habitué au procédé. Dans l’ensemble, les séquences de meurtres très extrêmes (que ce soit dans le gore, le sexe ou les deux en même temps) sont orchestrées avec une belle force traumatique. Dommage donc que le scénario n’en tire par toujours meilleure partie avec des séquences parfois rallongé à outrance (la séquence du pieds dont Tarantino doit être fan) et une investigation policière plan-plan.
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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar jacques 2 » 29 avr. 12, 20:38

Ouais, enfin "L'éventreur ..." a quelques bons moments mais ce tueur qui cancane ... comme un canard, donc : c'est quand même une idée à la con !!! :fiou:

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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar Outerlimits » 29 avr. 12, 21:38

Un film qui est rarement mentionné, c'est le polar pour le moins violent, "La guerre des gangs", que j'avais beaucoup aimé (n'a été édité chez nous qu'en VHS).

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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar jacques 2 » 29 avr. 12, 22:37

Souvent entendu parler mais jamais vu : même pas en VHS ... :?

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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar Nomorereasons » 30 avr. 12, 01:37

nobody smith a écrit :[justify]Image

Reprise de ma petite rétrospective avec Nightmare Concert, un des derniers films du maestro transalpin. Peut-être pas franchement un bon choix vu que ce film méta-textuel où Fulci interprète son propre rôle n’allait pas forcément parler à quelqu’un comme moi connaissant si peu son œuvre. Heureusement, un commentaire didactique dans les bonus viendra apporter un éclaircissement sur l’œuvre. Nightmare Concert est donc un film tourné pour régler un différent avec des producteurs. Cela peut expliquer pourquoi Fulci opte pour une orientation méta où il se permet de réutiliser des passages entiers d’autres long-métrages (dont notamment plusieurs très marrant du Soupçons De Mort évoqué précédemment par Hellrick). Or si on pourrait croire que Fulci profiterait de l’occasion pour se livrer à cœur ouvert, c’est presque l’inverse qui se produit. Le premier plan le montre à une table entrain d’écrire un scénario constitué d’une série de sévices diverses et variés. La caméra se rapproche de son crane jusqu’à pénétrer à l’intérieur où on trouvera des chats dévorant les chairs (image justifiant le titre original Un Gatto Nel Cervello). Futur portrait d’un artiste névrosé par un genre dans lequel il s’est trop investit ? La suite fait comprendre que non puisque Nightmare Concert est avant tout une farce où tout n’est pas à prendre pour argent comptant. Fulci force son portrait d’homme dévoré par ses démons. Il n’hésite pas à s’amuser de ceux qu’ils côtoient comme ces journalistes qu’il agresse dans un délire (passage soutenu par une reprise de l’orgie nazie des Fantômes De Sodome) et qui le remercieront pour cette expérience ! Il en va de même pour le cœur de l’intrigue avec ce psychiatre manipulateur s’inspirant de ses films pour lui faire porter le chapeau. C’est plus l’amusement qui prédomine que l’analyse et ça cumulera avec un final absolument hilarant qui pourrait se voir comme une belle conclusion à sa filmo. Après, l’ensemble reste limité par un récit trop décousu et par un esthétisme très fauché malgré les efforts du cinéaste. Cela fait que Nightmare Concert ne dépasse pas le charme de l'anecdotique.


Ah mince, le seul film de Fulci que j'ai trouvé intéressant, justement à cause de cette dimension autobiographique -et qui était donc un piège où je suis tombé! Bon, eh ben pour le coup, prix de gros: tout Fulci m'emmerde et j'ai vraiment pas l'intention d'y revenir.

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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar hellrick » 30 avr. 12, 12:19

Outerlimits a écrit :Un film qui est rarement mentionné, c'est le polar pour le moins violent, "La guerre des gangs", que j'avais beaucoup aimé (n'a été édité chez nous qu'en VHS).

D
De tous les sous-genres du cinéma bis ritals c'est sans doute pour le "polar" que j'ai le moins d'affection car ils manquent souvent de folie typiquement italienne (sauf dans quelques exceptions comme La peur règne sur la ville où le flic est un vrai Punisher qui flingue toutes les racailles qu'il rencontre, même s'ils sont désarmés ou qu'ils se rendent ou qu'ils sont de dos :D )...La Guerre des Gangs est quand même un bon moment mais si on en s'en souvient c'est surtout pour sa violence gore outrancière, le reste est honnête, sans plus. :wink:
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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar Outerlimits » 30 avr. 12, 14:25

C'est vrai qu'il est trés violent (il me fait penser un peu à "Big guns" à ce sujet)
Par contre, malgré le fait qu'il était sorti chez nous en VHS avec une VF, je ne pense pas que le film avait fait l'objet d'une sortie ciné dans nos contrées.

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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar locktal » 30 avr. 12, 16:57

hellrick a écrit :
Outerlimits a écrit :Un film qui est rarement mentionné, c'est le polar pour le moins violent, "La guerre des gangs", que j'avais beaucoup aimé (n'a été édité chez nous qu'en VHS).

D
De tous les sous-genres du cinéma bis ritals c'est sans doute pour le "polar" que j'ai le moins d'affection car ils manquent souvent de folie typiquement italienne (sauf dans quelques exceptions comme La peur règne sur la ville où le flic est un vrai Punisher qui flingue toutes les racailles qu'il rencontre, même s'ils sont désarmés ou qu'ils se rendent ou qu'ils sont de dos :D )...La Guerre des Gangs est quand même un bon moment mais si on en s'en souvient c'est surtout pour sa violence gore outrancière, le reste est honnête, sans plus. :wink:


Je suis assez d'accord pour La guerre des gangs de Fulci : c'est plutôt sympa, notamment par son côté outrancier, mais c'est loin d'être inoubliable...

En revanche, j'aime assez les polizzio en général, même s'il y a pas mal de déchets : j'aime bien le côté nerveux de ces métrages, qui sont parfois jusqu'au-boutistes même si un peu complaisants...

J'adore notamment Revolver / La poursuite implacable de Sergio Sollima, Racket d'Enzo G. Castellari, Milan calibre 9 de Fernando Di Leo et La rançon de la peur d'Umberto Lenzi. J'apprécie aussi les films de Damiano Damiani, même si on est plus proche du film d'auteur, comme les remarquables Un juge en danger, Confession d'un commissaire de police au procureur de la république et La mafia fait la loi...
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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar nobody smith » 1 mai 12, 10:31

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Fulci meet Poe. Tourné au cours de sa période faste, j’ai souvent entendu dire que Black Cat n’était pas des plus mémorables. J’ai donc été agréablement surpris de voir un film pourtant fort charmant. Fulci crée une belle ambiance avec cette histoire de meurtre impliquant un énigmatique chat noir. Il y a un parfum d’étrangeté qu’entretient assez habilement le cinéaste que ce soit dans ses choix de cadrages, ses décors ou même la direction du chat. Je ne connais pas les écrits de Poe (j’entame juste la lecture d’Histoires Extraordinaires) ni les adaptations de Corman auquel Fulci a voulu rendre hommage mais l’intrigue tarabiscoté m’ait paru assez captivante par la manière d’entretenir le rapport possédant/possédé où se rajoute le lien entre l’homme et l’animal. Bon après, y a de grosses fautes de gout qui desserve l’ensemble que ce soit une séquence inutile de destruction de mobilier façon L’Exorciste ou l’illustration du don d’ubiquité du chat qui aurait méritée de rester constamment hors-champ. Mais il y a suffisamment de bonnes choses là dedans pour que l’ensemble reste tout à fait recommandable.

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Après Poe, c’est Lovecraft que Fulci passe à la moulinette. Bienvenue donc à Dunwich avec sa malédiction, sa porte de l’enfer prête à libérer l’indicible et ses décès prématurés pour cause de forte peur. Tout comme Black Cat, l’intérêt de Frayeurs repose sur la création d’une ambiance inquiétante assez alléchante. Le cadre de l’action est utilisé avec une certaine intelligence et l’apparition des effets gores est assez scotchante (le coup des tripes). Le scénario est peu moins convaincant puisque perpétuant la logique de narration de séquences cher à Fulci, sans pour autant concrétiser son ambition de film cauchemar (L’Au-Delà fonctionnera bien mieux dans ce sens). Il reste toutefois de bonnes intuitions. Face à l’inexplicable, les personnages tentent tous de se cacher derrière des raisonnements rationnels. Ils préfèrent se voiler la face devant l’évidence avec une croyance tournant carrément à l’absurde (un miroir explose tout seul et un mur se fissure en libérant de la fumée… Mais c’est juste de la camelote ces constructions). Difficile cela dit de nier que l’horreur est bien de teneur surnaturel lorsqu’on traverse une tempête d’asticots et que les morts se lèvent de leur tombe. Il est peut-être un peu dommage que Fulci fasse tendre la peur lovecraftienne vers le classique film de morts-vivants mais le soin dans l’orchestration de la peur arrive largement à sauver les meubles. Par contre, si quelqu’un a une théorie sur la fin, je suis preneur :mrgreen:
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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar hellrick » 1 mai 12, 11:19

nobody smith a écrit : Je ne connais pas les écrits de Poe (j’entame juste la lecture d’Histoires Extraordinaires) ni les adaptations de Corman auquel Fulci a voulu rendre hommage


Pratiquement aucun (et je dis pratiquement pour être prudent car Poe aurait inspiré 250 courts et longs métrages selon imdb!!!) film adapté de Poe n'est le moins du monde fidèle à leur source littéraire, qui se limite souvent à de courts récits d'ambiance (excepté le Double assassinat dans la rue morgue)...les films de Corman ne font pas exception mais sont quand même de belles réussites, en particulier La Chute de la maison Usher.

En fait c'est un peu le même "problème" qu'avec Lovecraft: c'est totalement inadaptable de manière un tant soit peu fidèle :fiou:
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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar mannhunter » 5 mai 12, 14:18


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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar nobody smith » 5 mai 12, 17:55

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« Les monstres sont-ils des enfants ou les enfants sont-ils des monstres ? ». Sur cette citation d’Henry James se conclut La Maison Près Du Cimetière que Fulci voulait comme un hommage aux Innocents. La seule chose que je trouve à dire face à ça est : Mais quel putain de rapport ça à avec l’histoire ? Parce que ce que j’ai vu à moins à voir avec Un Innocents-like qu’avec un Shining-like. Le couple avec un enfant unique qui débarque dans une maison au lourd passif, le paternel pas vraiment franc du collier, le gamin qui a un don l’avertissant du pouvoir occulte de la bâtisse… Bon j’ai vu le film dans sa version amputée, moins longue de cinq minutes par rapport à l’intégral. Je ne sais pas si ces cinq minutes permettent de justifier la citation de James. Cela dit, au-delà de ça, j’ai bien aimé le film. L’intrigue est à la ramasse sur son déroulement (le côté louche du paternel est juste esquissé, la conclusion surnaturelle est abrupte…) mais le film est soigneusement emballé et offre de belles scènes d’horreurs avec une ambiance gothique prenante. Par contre, le gamin est abattre. Une putain de tête à claque celui-là :evil:

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J’arrive à la fin de ma rétro et il faut bien se pencher sur les œuvres moins estimables de Fulci. Aenigma montre bien la mauvaise passe dans laquelle est tombé le cinéaste. Celui-ci s’est engagé dans le film surtout pour le sujet de la projection astrale. Un thème qui donne d’ailleurs lieu à un des rares élans de mise en scène du film où l’âme d’une adolescente s’extirpe et s’envole par delà le plafond. Pourtant, ça commence plutôt bien. Malgré une histoire proche de Carrie et Patrick (Fulci ne nie d’ailleurs pas la ressemblance), les prémisses sont intéressantes, le décor principal à une certaine gueule et le bonhomme semble s'amuser à manipuler un contexte plus proche de Hélène Et Les Garçons que de Suspiria. Malheureusement, la suite devient aussi léthargique et emmerdante que le sitcom d’AB Productions. Une poignée de passages comme celui des escargots amuse mais le reste est férocement misérable.

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La Malédiction Du Pharaon est le film qui amorça la phase descendante de Fulci. Le bonhomme avouera ne pas être vraiment intéressé par le projet à l’exception d’une scène bien de son cru où un homme est tué par des oiseaux empaillés. Reste qu’à l’inverse d’un Aenigma, La Malédiction Du Pharaon bénéficie des compétences d’un metteur en scène au sommet de sa forme. Même si il ne s’avoue pas bien passionné, le film a une bonne gueule avec un cinémascope bien utilisé, des cadrages joliment faits et quelques beaux mouvements de caméra. Dommage que le film soit juste si ennuyeux et mou. Malgré quelques idées intrigantes comme le coup de la téléportation, l’histoire n’est jamais captivante et manque constamment de tension. Et puis, on doit se farcir à nouveau le gamin tête à claque de La Maison Près Du Cimetière et c'est bien casse-couilles. Par contre, petite mention pour la musique avec un thème principal assez entêtant :

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Re: Lucio Fulci (1927-1996)

Messagepar Flol » 6 mai 12, 19:44

nobody smith a écrit :Et puis, on doit se farcir à nouveau le gamin tête à claque de La Maison Près Du Cimetière et c'est bien casse-couilles.

En fait, c'est pas sa tête qui est énervante (quoique...cette coupe au bol typique des années 80, ça donne envie de le frapper), mais plutôt la VF qui lui colle cette fameuse voix qu'avaient TOUS les gamins de l'époque (le Danny de Shining, par exemple), et qui était surtout la voix d'Arnold d'Arnold & Willy. Et à signaler que le doubleur...est une doubleuse.

nobody smith a écrit :Par contre, petite mention pour la musique avec un thème principal assez entêtant :


Ah oui mais Fabio Frizzi, c'est génial. Son thème principal de L'Enfer des Zombies est un classique.