Blow Up (Michelangelo Antonioni - 1966)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

Modérateurs : Karras, Rockatansky, cinephage

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Xavier
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Messagepar Xavier » 2 août 04, 03:10

Alors tu peux me dire pourquoi tu adores?

Parce que si je te dis pourquoi je n'aime pas ça va prendre une trentaine de lignes! :roll:

Johnny Doe
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Messagepar Johnny Doe » 2 août 04, 14:47

Je viens de le voir et je remercie David Locke pour son texte qui m'a grandement éclairé. A vrai dire j'avais pas mal de difficulté à mettre en place les thèmes et idées du film de manière correcte.

J'ai adoré une grande partie du film. Même si à partir du moment ou le héros découvre le cadavre, le film n'avance plus vraiment dans son intrigue, du coup on stagne un peu. Mais la dernière scène est une merveille incroyable, sans aucun doute mon moment préferé. J'ai adoré la réalisation d'Antonioni, ces cadrages ciselés et cette espèce de froideur qui se dégage de toutes ces couleurs. Assez étrange comme sensation.

Hemmings quand à lui est vraiment très bon.

Content de ne pas être déçu.
- Errm. Do you want to put another meeting in?
- Any point?
- May as well. Errm. And then when nothing comes in, just phone you up and cancel it.

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Ouf Je Respire
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Messagepar Ouf Je Respire » 2 août 04, 14:59

Je n'aime pas ce film, parce que je pense que son discours se perde en maniérisme. Pour le même sujet, à peu de choses prêt, "Le Voyeur" de Powell traite beaucoup mieux le pouvoir aliénant de l'image.

Ma première impression que j'ai eu juste après avoir visionné ce film a été: "tout ça pour ça..."

Ca me fait penser que je vien de voir Zabriskie Point. Discours un peu facile et déjà-vu (La structure est similaire à Easy Rider, par exemple) mais qui permet un déluge d'images fortes et somptueuses, avec une musique géniale. Un très bon film dans l'ambiance "Seventies" avec l'esprit constestataire de l'époque, comprenant également toute la violence qu'elle comportait, quel que soit le camp.
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Frank Bannister
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Messagepar Frank Bannister » 3 août 04, 08:36

j'ai revu ce film hier et je le trouve toujours aussi intéressant.j'aime beaucoup cette ambiance très British des années 60.

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Colqhoun
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Messagepar Colqhoun » 10 août 04, 17:47

Découvert le film cet après-midi. Belle surprise. Un film qui prend son temps, qui expose gentiment l'action, le tout dans une mise en scène précise, mais souvent distante. Hemmings y est assez impressionant.

Comme Johnny Doe, j'ai trouvé la scène finale belle à pleurer, mais j'y rajouterais la longue scène centrale de découverte du meurtrier sur les photos, avec chaque nous retirage. Très beau moment, calme, mais stressant, sans aucun apport musical.
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Vic Vega
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Messagepar Vic Vega » 5 sept. 04, 21:35

Découvert récemment et adoré un film à la forme intemporelle, une belle réflexion sur l'image et une belle captation de l'esprit des swinging sixties. Un chef d'oeuvre qui me touche bien plus que l'Avventura par exemple.
ImageImageImageImage

Philip Marlowe
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Messagepar Philip Marlowe » 4 juil. 05, 11:17

:?
Toute la 1ere partie(environ 1h20) m'a paru vraiment terne et creuse. Puis à partir de l'agrandissement ça commence à être un peu captivant(il serait temps), et puis on en arrive déjà à la scène finale dont je n'ai pas saisi l'intérêt(si quelqu'un a une explication je suis preneur). Bref, une impression de tout ça pour ça. Les personnages ne m'ont pas beaucoup intéressé, sauf pour la scène entre Hemmings et Redgrave où là je me suis senti un peu concerné. Mais comme cette partie n'a pas vraiment de prolongement, ça fait peu pour 2h de film. Reste aussi bien sur les cadrages millimétrés, Antonioni oblige, mais cette fois ça ne suffit pas.
Bref une idée intéressante étirée sur 2h sans réel développement(en gros il en reste à l'image qui a des détails secrets, génial, mais après?)avec dedans que 30 minutes intéressantes. Le 1er Antonioni qui m'ennuie.
Déçu.

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christian
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Messagepar christian » 4 juil. 05, 11:27

je préfère "Profession reporter" et surtout "Zabriskie Point" (qui me parait plus accessible), et moi non plus j'ai pas réussi à rentrer totalement dans "Blow up" malgré des décors sympas et quelques actrices (dont Birkin) très agréables à regarder ;-)

du cinéma pour initiés je pense... :-)

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bruce randylan
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Messagepar bruce randylan » 4 juil. 05, 12:25

Mon 1er Antonioni vu et pour ma part, j'adore.
La scène final m'a véritablement traumatisé, ce qu'Antonioni parvient à toucher du doigt sans aucune parole confère au grand art.
Le reste que j'ai vu du Mr ne m'aura jamais autant emballé que celui-là.

Vive les Yardbird* en effet ( même si j'aurais bien voulu voir à quoi ça aurait ressembler avec le Velvet Underground - prouvant que ce n'est pas un film sur le Swinging london )

* leurs derniers album est pas mal mais les invités ( et leur styles ) gachent la cohérence de l'album sur quelques titres. Dommage.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
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blaisdell
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Messagepar blaisdell » 4 juil. 05, 12:46

Ah, je suis donc un initié...
Je me souviens avoir vu ce film sur arte en 1997 et j'avais été très déçu -il faut dire que je n'avais que 15-16 ans et que ce genre de film était sans doute un peu ardu pour moi.Je trouvais le film daté, lent et je pensais que le réalisateur avait loupé ce qui aurait pu être le plus passionnant des polars. En plus la fin...
Et puis je l'ai revu l'an dernier et j'ai été captivé du début à la fin. Tous les éléments m'ont transporté: la musique de Herbie Hancock, la photo et lélaboration formelle, l'interprétation de David Hemmings et de Vanessa Redgrave, le regard sur le london des sixties, la lenteur presque hypnotique du film et la conclusion, bref tout ce qui m'a barbé sept ans auparavant.
Ce n'est pas un reproche que d'y voir une bonne idée étirée sur 3 Heures puisque c'est Vraiment le cas: le cinéaste a puisé ce qui a de plus captivant dans la nouvelle de Julio Cortazar "les fils de la vierge" ou un photographe procède à l'agrandissement d'une photo mais n'y vois plus rien à force et s'éloine du réel.
Le film est tout de même aisé à comprendre: c'est le cheminement qui méne de la recherche de la vérité à l'indiférence à cette vérité. Par cet oubli, ce refus de comprendre le réél après avoir eu l'impression de dominer ce réél et cette vérité grâce à l'agrandissement.
Bien sûr les paradis artificiels ne sont pas étrangers à ce refus du réél et le personnage principal sera tellement enclin à fuir le réel qu'il participe avec enthousiasme à la partie de ping pong imaginaire des mimes alors qu'il aurait refusé cette participation auparavant.
Donc un film des plus captivants avec un usage captivant du montage aussi.

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Boubakar
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Messagepar Boubakar » 4 juil. 05, 14:01

Le plus grand succès d'Antonioni et on se demande pourquoi :lol:

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Sergius Karamzin
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Messagepar Sergius Karamzin » 4 juil. 05, 14:32

J'aime tout dans ce film à la puissance esthétique aussi éclatante que son contenu métaphysique.
Vous voulez maroufler ? Je suis votre homme...

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blaisdell
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Messagepar blaisdell » 4 juil. 05, 14:45

Sergius Karamzin a écrit :J'aime tout dans ce film à la puissance esthétique aussi éclatante que son contenu métaphysique.


:D + 10 000 merci Sergius !!

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Marcus
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Messagepar Marcus » 4 juil. 05, 15:41

Je n'y arrive pas. Je suis plutôt réceptif au travail d'Antonioni, mais Blow Up me laisse froid, je n'arrive pas en à saisir le propos. C'est beau, bien filmé, bien cadré et tout et tout, mais rien ne se passe en moi quand je le regarde.
Elle était belle comme le jour, mais j'aimais les femmes belles comme la nuit.
Jean Eustache, La Maman et la Putain

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Sergius Karamzin
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Messagepar Sergius Karamzin » 4 juil. 05, 15:49

Un homme qui vit dans l'artifice le plus complet. Il est photographe et croit donc dépeindre la réalité du monde. Mais il se balade en voiture avec chauffeur quand il ressort d'être allé photographier des mineurs de fond.
Il drague des filles, achète un bel objet inutile (une hélice n'a aucune utilité sauf sur un avion). Il transforme le vrai en faux. La réalité en art, mais ce n'est pas de l'art c'est une représentation surperficielle et branchée des choses vraies qui l'occupe.
Quand il est dans le jardin, il shoote SPOILER le crime. L'a-t-il vu ou non ? S'il l'a vu (dans son viseur) c'était photogénique et il n'a pas secouru la victime, préoccupé par sa photo, son esthétique. S'il ne l'a pas vu c'est qu'il était trop occupé à représenter la réalité qu'à la saisir, la comprendre, la vivre. Et en développant il rêve une réalité, une réalité bigger than life, une réalité photogénique, enfin quelque chose de troublant : un crime. Mais au lieu d'explorer la réalité, de se confronter au crime, il s'enfonce dans le mensonge de sa représentation, il creuse l'artifice. Et au final qu'y trouve-t-il : rien, il s'est juste perdu dans un songe, il a cru effleurer la réalité pour de bon, il n'a trouvé que plus d'artifice dans cette "posture" d'enquêteur.
Vous voulez maroufler ? Je suis votre homme...