Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Julien Léonard
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Julien Léonard » 30 mars 12, 14:39

Euh... il le fait aussi quand il aime le film ! Du coup, on se demande... :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 30 mars 12, 14:42

Julien Léonard a écrit :Euh... il le fait aussi quand il aime le film ! Du coup, on se demande... :mrgreen:




La preuve : dans les bonus Sidonis, Brion parle "du film" (Taza) mais on ne sait pas trop s'il l'a apprécié ou pas ; il faut attendre de voir la présentation de Tavernier qui nous apprend que pour Brion, il s'agit d'un des plus beaux westerns au monde !!!! :shock: :lol:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Rick Blaine » 30 mars 12, 14:43

Julien Léonard a écrit :Euh... il le fait aussi quand il aime le film ! Du coup, on se demande... :mrgreen:


:lol: C'est vrai! :mrgreen:

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Jeremy Fox
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Taza, Son of Cochise

Messagepar Jeremy Fox » 2 avr. 12, 18:07

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Taza, fils de Cochise (Taza, Son of Cochise, 1954) de Douglas Sirk
UNIVERSAL


Avec Rock Hudson, Barbara Rush, Gregg Palmer, Rex Reason, Morris Ankrum, Eugene Iglesias, Ian Mac Donald, Lance Fuller
Scénario : George Zuckerman d’après une histoire de & Gerald Drayson Adams
Musique : Frank Skinner
Photographie : Russell Metty
Un film produit par Ross Hunter pour la Universal


Sortie USA : 18 février 1954

Unique western de Douglas Sirk, Taza, fils de Cochise vient clore une ‘trilogie Cochise’ qui avait débuté (chronologiquement dans les faits) par Au mépris des lois (The Battle of Apache Pass - 1952) de George Sherman et qui s’était poursuivie par La Flèche brisée (Broken Arrow - 1950) de Delmer Daves, Jeff Chandler interprétant dans chacun des films le célèbre et pacifique chef Apache de la tribu des Chiricahuas. Le film de Douglas Sirk débute en 1875 à la mort de Cochise, après que ce dernier ait réussi à maintenir la paix entre son peuple et les blancs durant trois années. Le prologue en voix off, sur d'amples et impressionnantes images de paysages de canyons, opère d'ailleurs parfaitement la transition entre le fameux western de Delmer Daves (considéré par beaucoup comme le premier véritable western pro-indien) et celui de Douglas Sirk. "In 1872 the long bitter war fought between the United States Cavalry troops and Apache bands led by Cochise came to an end. The peace treaty signed by Cochise and General Howard brought peace to the Arizona Territory. But three years later the mighty leader of the Chiricahua Apaches grew ill and came to the end of his days [...] the torch was passed to his first born son, Taza, who wants to follows his father's ideals and peace brokering ways. His second born son, Naiche, however, has different ideas, as does the mighty Geronimo..."


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1875 en Arizona. Cochise meurt tout en demandant à son successeur, son fils aîné Taza (Rock Hudson), de maintenir la paix entre son peuple et les hommes blancs. Mais immédiatement après la cérémonie funéraire, Naiche (Rex Reason), le frère cadet de Taza, part rejoindre le rebelle Geronimo. Les deux frères auraient eu du mal à continuer à vivre dans le même campement, étant en conflit pour l'amour de Oona (Barbara Rush). Le massacre de trois pionniers par Naiche et ses hommes met fin au traité signé par Cochise ; l'armée demande à ce que la tribu des Chiricahuas quitte la terre sur laquelle elle vivait dignement pour regagner la réserve de San Carlos. Taza accepte à condition que les Chiricahuas soit nourris une fois arrivés dans ce lieu sec et hostile, et qu'il soit nommé pour faire lui même 'la police' au sein de son peuple sans l'intervention de l'armée. Le général Crook (Robert Burton), croyant sincèrement en la loyauté du chef indien, accepte ses requêtes et voilà que Taza endosse la Tunique Bleue afin de faire respecter la loi au sein de sa tribu. Il va de soi qu'il est dès lors considéré comme un traître par une partie des membres de son clan et que Geronimo et Naiche ne vont pas tarder à venir semer la discorde, ne supportant pas la mainmise de l'homme blanc sur leurs semblables. Le calme va être difficile à maintenir...


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Depuis son arrivée aux USA, Douglas Sirk rêvait de réaliser un western ; il sauta sur l'occasion avec Taza d'autant que l'histoire et les coutumes de la nation indienne le passionnaient. Lui et son acteur d'élection Rock Hudson s'entendirent à merveille durant le tournage qui leur laissa à tous deux de très bons souvenirs. Ils revendiquèrent toujours ce film qui leur apporta ainsi qu'au reste de l'équipe, de grands moments de plaisir. Plaisir qui ne fut malheureusement pas partagé par beaucoup de spectateurs. En effet, malgré le fait qu’il ait été réalisé par un grand metteur en scène, le film ne possède aucune des qualités de ses deux prédécesseurs ; il s’agit même d’un ratage total dans lequel on ne retrouve presque rien de la sensibilité et du talent habituels du cinéaste ! S'il n'avait pas mis son nom au générique, personne n'aurait sans doute pu reconnaitre sa patte. D'ailleurs, n'importe quel petit artisan du studio Universal aurait probablement fait au moins aussi bien tellement Sirk s'avère mal à l'aise à l'intérieur du genre. Incapable de donner le moindre souffle à son film, il a aussi du mal à rendre lisible ses scènes d'action même si quelques fulgurances dues à la violence et au sadisme de certains plans viennent nous sortir de notre torpeur. Hormis quelques superbes plans d'ensemble sur les paysages, il ne semble pas non plus très au point concernant l'appréhension de si grands espaces ; à ce niveau, il ne fait pas du tout le poids face à George Sherman ou Delmer Daves dont les deux opus précédents déjà évoqués plus haut ne concourent décidément pas dans la même catégorie. Plastiquement et rythmiquement, le résultat est tout à fait anodin, voire terne et peu enthousiasmant. Il suffit de voir ces nuits américaines bâclées, ces hideux effets destinés à la projection en relief (car le film est un des derniers à avoir été tourné en 3D)...


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Dommage également que de son côté, George Zuckerman ait complètement remanié l'histoire de Gerald Drayson Adams car au vu de ce que ce dernier avait écrit auparavant (The Battle of Apache Pass), il ne fait guère de doute que le scénario aurait été plus fluide, moins haché et moins décousu que celui qui nous est proposé ici. Historiquement, le film de Sirk s'avérait pourtant passionnant, le personnage de Taza permettant d'entamer une réflexion sur la façon de pouvoir maintenir la paix entre deux peuples, le difficile choix à faire entre la rébellion ou les concessions (et non la totale soumission). Certains, un peu hâtivement, ont parlé de ce film comme d'une œuvre prônant la 'collaboration' ; c'est faire peu de cas de l'histoire personnelle de Douglas Sirk qui fut quand même un de ces nombreux réalisateurs européens à fuir l'Allemagne nazie au plus vite. Dans le choix de Taza, il faut à mon avis plutôt parler de bon sens car à l'époque, l'avenir de la nation indienne était déjà rudement compromis. La seule manière de pouvoir survivre était probablement de suivre la voie que le chef indien avait décidé de prendre, à savoir, vivre en bonne intelligence avec les blancs tout en s'octroyant le droit de ne pas laisser ses derniers s'immiscer dans leurs affaires internes comme par exemple la police et la justice. Et puis prendre le chemin de la révolte, c'était s'exposer à coup sûr à voir son peuple mourir de froid et de faim. Bref, la voie de la raison était quasiment la seule solution qui s'offrait aux Apaches au point où ils en étaient arrivés à cette époque de leur histoire s'ils ne voulaient pas s'autodétruire (Robert Aldrich proposera d'ailleurs cette même alternative dans le courant de cette même année). On pourrait évidemment discuter à ce sujet mais que nous soyons d'accord ou non, tout est décrit sans nuance, sans mesure et il se pourrait qu'au final le film soit idéologiquement ambigu, mais uniquement par maladresse dans l'écriture et non dans les intentions ; Geronimo et Naiche ne passent pas une seconde à l'écran sans traiter Taza de traître à la cause indienne mais eux même sont croqués comme des gens violents, brutaux et perfides. Il en va de même pour Taza, qui, à cause d'une interprétation fadasse de Rock Hudson, passerait aisément pour le bon sauvage soumis.


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D'ailleurs, tout le reste du casting est d'une rare insipidité pour un western Universal. Seule la charmante Barbara Rush tire son épingle du jeu et seules les scènes où elle apparaît possèdent un semblant d'intérêt et de sensibilité. Si le couple Rock Hudson / Barbara Rush vous intéresse, mieux vaut le voir évoluer l’année suivante dans un film de Sirk d’un tout autre niveau : Captain Lightfoot (Capitaine mystère). Partant de louables motivations, Taza, fils de Cochise n'en est pas pour autant réussi. Mal fichu, mal écrit, sans ampleur ni surprises, c'est un rendez-vous raté et au final péniblement routinier.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Flavia » 2 avr. 12, 19:00

C'est vrai qu'il n'est pas très crédible en indien Rock Hudson :wink:

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Jeremy Fox
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The Boy from Oklahoma

Messagepar Jeremy Fox » 4 avr. 12, 18:36

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L'Homme des Plaines (The Boy from Oklahoma, 1954) de Michael Curtiz
WARNER


Avec Will Rogers Jr, Nancy Olson, Lon Chaney Jr, Anthony Caruso, Wallace Ford, Slim Pickens, Clem Bevans
Scénario : Frank Davis & Winston Miller
Musique : Max Steiner
Photographie : Robert Burks (Technicolor 1.37)
Un film produit par David Weisbart pour la Warner


Sortie USA : 27 février 1954

« I’m a Poor Lonesome Cow-Boy and a Long Way from Home. »
Je n’aurais jamais cru entendre un jour dans le courant d’un film la célèbre chanson entonnée par Lucky Luke à chacune des dernières cases de ses différentes aventures en bande dessinée (à partir de ‘Des rails sur la prairie’, première collaboration entre Morris et Goscinny), alors qu’il repart chevauchant Jolly Jumper au soleil couchant. Et bien Will Rogers Jr l’a fait et ouvre le film en la chantonnant, lui aussi caracolant sur sa monture. Nous aurons désormais une mélodie à accoler sur ces paroles même si l’air n’est pas évident à retenir à la première écoute ! Le fils de Will Rogers, le célèbre acteur fordien du début des années 30, interprète ici un cow-boy sachant parfaitement maîtriser le lasso alors qu’il est incapable de tenir un revolver, ayant préféré étudier le droit par correspondance plutôt que le maniement des armes. Il se retrouvera néanmoins nommé shérif d’une petite bourgade du Nouveau Mexique alors qu’il n’avait rien demandé. Une situation à priori cocasse et c’est Michael Curtiz qui se retrouve aux commandes de ce western sans prétention qui sera son dernier film chez le studio pour lequel il avait travaillé quasiment toute sa carrière et au sein duquel il avait réalisé ses meilleurs films : la Warner.

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New Mexico. Tom Brewster (Will Rogers Jr) est un cow-boy qui étudie le droit par correspondance, rêvant de s’établir en tant qu’avocat... Sur son cheval, il arrive à Blue Rock pour y poster ses examens. La ville est en effervescence ; elle fête la victoire (truquée) de Barney Turlock (Anthony Caruso) aux élections municipales. Ayant pu constater la gaucherie et la naïveté de Tom, Turlock a l’idée de l’embaucher en tant que shérif, croyant ainsi avoir trouvé un homme manipulable à souhait et de plus non dangereux puisque ne sachant pas se servir d’une arme à feu. Tout d’abord réticent, Tom décide d’accepter quant il apprend que le courrier contenant son examen a été volé ; en effet, les hommes de main de Turlock viennent d’attaquer la diligence pour s’emparer de la sacoche postale dans laquelle se trouvait une lettre qui compromettait leur patron, écrite par l’ancien shérif, décédé mystérieusement alors qu’il était parti à la recherche de voleurs de bétail. Étant tombé amoureux de Katie Brannigan (Nancy Olson), la fille de son prédécesseur, Tom commence à enquêter sur les circonstances de cette mort étrange. Dans le même temps, il se fait remarquer par sa manière de maintenir la quiétude en ville sans avoir à user de la violence…


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Certains parlent à propos de The Boy from Oklahoma d’une comédie, voire même d’une parodie ; à mon avis, il n’en est rien même si le sujet et les situations décrites auraient pu y faire penser. C’est d’ailleurs la plus grande qualité de ce western que de prendre au sérieux ce ‘Tenderfoot’ dont la meilleure incarnation fut jusqu’à présent celle de James Stewart dans Femme ou démon (Destry Rides again) de George Marshall, pas une parodie lui non plus malgré le fait qu’il soit également souvent rattaché à ce style. Donc, il ne faut surtout pas s’attendre à rire aux éclats auquel cas on risque de trouver le film encore plus terne qu’il ne l’est déjà au départ. Le western de Curtiz n’a donc rien à voir avec un quelconque Chercheurs d’or (Go West) avec les Marx Brothers, Visage Pale (The Paleface) avec Bob Hope ou La Blonde du Far-West (Calamity Jane) avec Doris Day. Malgré quelques traits d’humour et pas mal de situations cocasses, Michael Curtiz et ses scénaristes traitent leur histoire le plus sérieusement du monde ; dommage qu’il ait manqué au final, contrairement à Destry Rides Again, une intrigue plus consistante, un casting plus pimpant et une mise en scène plus recherchée. Bref, si L'Homme des plaines est loin d’être captivant, la faute en incombe un peu à tout le monde, à commencer par le réalisateur qui a été très souvent bien plus inspiré, c’est le moins que l’on puisse dire.


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The Boy from Oklahoma se situe d’ailleurs dans sa carrière entre deux films d’une toute autre qualité (même si loin de ses plus grandes réussites des décennies précédentes) : Un homme pas comme les autres (Trouble Along the Way) et le très intelligent péplum qu’est L’Egyptien (The Egyptian). Son western n’est pas déplaisant mais au vu de sa signature, on était en droit d’en attendre davantage. Si la première partie se suit avec un certain plaisir, la seconde qui voit notre héros mener l’enquête n’est guère captivante de par son absence de surprises et par sa mollesse d’exécution. Auparavant, il n’aura pas été désagréable de voir la description légère de cette petite bourgade, celle d’un héros (loin des canons de la beauté et du charisme) demandant à boire une salsepareille, le maniement virtuose du lasso par Will Rogers Jr (qui l’avait appris de son père), l’arrestation très amusante de Lon Chaney Jr par notre adepte de la non-violence, ce dernier lui vantant les mérites et le confort de sa prison au sein de laquelle il sera au moins à l’abri du courroux de son épouse, le discours de Tom à sa ‘fiancée’ lui prônant l’indépendance d’esprit et le fait de ne pas prêter attention à l’opinion des gens…


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Bref, pas mal d’éléments sympathiques (dont la musique de Max Steiner), voire même attachants, mais un film qui perd de son intérêt au fur et à mesure de son avancée d’autant que Michael Curtiz ne fait pas grand-chose pour nous secouer un peu. Sympathique mais guère passionnant. Malgré tout, le film donnera lieu à une série télé intitulée Sugarfoot avec Will Hutchins dans le rôle de Tom Brewster et dont le pilote (‘Brannigan’s Boots’) possède une intrigue quasi similaire au film de Curtiz.


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Patapin
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Re: The Boy from Oklahoma

Messagepar Patapin » 5 avr. 12, 11:12

Jeremy Fox a écrit :« I’m a Poor Lonesome Cow-Boy and a Long Way from Home. »
Je n’aurais jamais cru entendre un jour dans le courant d’un film la célèbre chanson entonnée par Lucky Luke à chacune des dernières cases de ses différentes aventures en bande dessinée (à partir de ‘Des rails sur la prairie’, première collaboration entre Morris et Goscinny), alors qu’il repart chevauchant Jolly Jumper au soleil couchant. Et bien Will Rogers Jr l’a fait et ouvre le film en la chantonnant, lui aussi caracolant sur sa monture. Nous aurons désormais une mélodie à accoler sur ces paroles même si l’air n’est pas évident à retenir à la première écoute !
Bravo ! un premier mystère éclairci !
En effet, je me suis toujours demandé si cette chanson était une invention de Morris ou une reprise.

S'agit-il bien du même air ?


A noter qu'il serait aussi chanté dans Along came Jones !

Par ailleurs, toujours dans la quête de ma musique oubliée, une idée folle : existerait-il quelque part une liste des films diffusés à la télé le dimanche dans les années 60 ?

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Re: The Boy from Oklahoma

Messagepar Jeremy Fox » 5 avr. 12, 11:25

A noter qu'il serait aussi chanté dans Along came Jones !


Quand je disais que j'avais des problèmes de mémoire puisque c'est moi qui ai écrit cette critique :| Bref ça confirme que ce n'est pas Morris qui a inventé cette chanson puisque sa première utilisation dans Arizona fut postérieure au film de Stuart Heisler


Par ailleurs, toujours dans la quête de ma musique oubliée, une idée folle : existerait-il quelque part une liste des films diffusés à la télé le dimanche dans les années 60 ?


Commissaire Juve a commencé à répertorier toutes les diffusions TV sur son site ; il faut que je retrouve le topic : à la télé autrefois ou un titre de ce style

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 5 avr. 12, 11:27

Tiens, je t'invite à aller fouiller là dedans :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Patapin » 5 avr. 12, 11:50

Super !
Merci pour le lien, je vais fouiller (sais-tu que j'ai exercé le métier de brocanteur quelques années ?) :D

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Battle of Rogue River

Messagepar Jeremy Fox » 7 avr. 12, 16:49

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Battle of Rogue River (1954) de Wiliam Castle
COLUMBIA


Avec George Montgomery, Richard Denning, Martha Hyer, John Crawford, Emery Parnell
Scénario : Douglas Heyes
Musique : George Duning & Mischa Bakaleinikoff
Photographie : Henry Freulich (Technicolor)
Un film produit par Sam Katzman pour la Columbia


Sortie USA : 01 mars 1954

Depuis 1943, William Castle avait déjà tourné plusieurs dizaines de films avant d’en arriver à ce Battle of Rogue River. Il réalisera neuf autres westerns mais il est peu probable que nous les croisions sur le bord de notre route car pour la plupart ces films demeurent toujours inédits en France. Cependant, je ne pense pas que nous loupions grand-chose non plus, aucun de ses westerns n’ayant une réputation digne de ce nom, le cinéaste étant plus apprécié par les amateurs de films fantastiques et d’horreur que par les aficionados du genre qui nous préoccupe ici. Le réalisateur était d'ailleurs dans l'ensemble plus doué à priori pour le marketing que pour la pure mise en scène.


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Dans son autobiographie, William Castle racontait que c'était en voyant les files d'attente devant les cinémas pour voir Les Diaboliques de H.G. Clouzot qu'il eut l'idée de réaliser des films d'angoisse ou d'horreur pour empocher le pactole. Car il ne s'est jamais caché les avoir tourné par pure opportunisme commercial. C'était même devenu un roi du 'teaser' : il imagina une police d'assurance qui garantissait un capital pour la famille en cas de décès par épouvante à la vision d'un de ses films ; il fit installer des fauteuils à vibrations électriques pour la diffusion de The Tingler (Le désosseur) ; pour La Nuit de tous les mystères (House on Haunted Hill), son film le plus célèbre, il accrocha des squelettes en plastique au plafond des salles qui le projetaient, qu'il faisait fondre sur les spectateurs au moment où les personnages de son film subissaient ce même genre d'attaques... Bref, il fut durant les années 60 un réalisateur culte pour les fans d'épouvante bon marché. Pour en revenir à Battle of Rogue River, même si son esthétique fait assez 'cheap' et s'il ne casse pas trois pattes à un canard notamment à cause de sa mise en scène calamiteuse, il peut facilement faire passer un agréable moment pour d'autres raisons d'autant que sa durée n'excède pas les 68 minutes.


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1850 en Oregon. Alors que beaucoup de tribus indiennes sont envoyées dans les réserves, celle de la Rogue River Valley, menée par le vaillant Chief Mike (Michael Granger), résiste encore, remportant victoire sur victoire aux dépens des Tuniques Bleues. Le Major Wallish ne sachant plus comment reprendre le dessus malgré l'aide des volontaires du trappeur Stacey Wyatt (Richard Denning), l'intransigeant Major Frank Archer (George Montgomery) est envoyé sur place avec un régiment et un canon afin de remplacer Wallish et de renforcer le petit fortin qui doit faire face au soulèvement grandissant des indiens, ces derniers luttant avec raison pour ne pas se voir évincés de la région. A son arrivée sur place, Archer constate que le laxisme a envahi la place et décide d'y remettre bon ordre au risque de se faire mal voir par une majorité y compris par la charmante et vivace fille du sergent McClain, Brett (Martha Hyer). Il tente également de trouver une solution pacifique à la menace indienne, ce qui n'est pas du goût de tout le monde. En effet, certains hommes d'affaires véreux font tout pour maintenir cette guerre pour ne pas que le territoire de l'Oregon devienne un état sous tutelle des USA et ainsi pouvoir continuer à prospérer sans lois édictées à leur encontre...


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Les principales raisons qui peuvent transformer ce western fauché en un agréable passe temps lors d'une après midi pluvieuse sont les qualités d'écriture de Douglas Heyes ainsi que les trois comédiens principaux. Car comme nous le disions ci-avant, il ne faut pas compter sur une quelconque idée de mise en scène ni s'amuser à rechercher la beauté d'un plan ; plastiquement, c'est très pauvre. Avec un budget aussi serré, William Castle aurait d'ailleurs mieux fait de ne pas tourner de scènes d'actions qui ressemblent plus ici à des bagarres de cour de récré (d'autant que les cascadeurs ne semblent guère aguerris) qu'à des séquences guerrières. Les premières minutes du film laissaient d'ailleurs augurer du pire. Sur des images tirées d'un autre western (Warpath de Byron Haskin il me semble), le pré-générique se déroulait sur fond d'une voix off annonçant une sempiternelle histoire de conflit soldats-indiens ; et quant il nous est enfin donné l'occasion de voir ces derniers, c'est le fou rire qui manque de peu de s'emparer de nous alors que la situation sérieuse ne s'y prêtait guère. Il faut dire que nous n'avions encore jamais eu l'occasion de voir des indiens aussi peu 'authentiques' d'autant que leur chef est prénommé Mike et que l'acteur qui l'interprète ressemble autant à un indien qu'Alan Ladd à un joueur de football américain. Il semble alors que les quelques 68 minutes risquent d'être un calvaire ; mais dès l'arrivée de George Montgomery au fort, on pousse un soupir de soulagement et le film restera assez plaisant tout du long.


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Car, pour son premier et l'un de ses rares scénarios pour le cinéma, Douglas Heyes, sans rien révolutionner, nous démontre de bonnes qualités d'écriture : son script est carré, maniant très bien l'ellipse, et ses dialogues nous procurent pas mal de punchlines bien senties. Et puis, son histoire est finalement assez captivante ; un film pro-indien pas aussi bête qu'on aurait pu l'imaginer au vu des premières séquences et un coup de théâtre à mi-course que personne n'avait vu venir ni n'aurait pu prévoir (sauf ceux qui auront bien fait attention à l'affiche qui en dit bien trop long, plus que n'importe quel spoiler), qui est non seulement surprenant mais également basé sur des faits historiques pas inintéressants : à savoir que certains ont fait en sorte de laisser perdurer la guerre entre l'armée et les indiens pour ne pas que le territoire qu'ils se partageaient se constitue en un état, auquel cas, ils n'auraient probablement pas eu le droit de continuer à pressuriser la contrée et à en tirer autant de profits. Il s'agissait d'hommes d'affaires, d'hommes politiques, de grands propriétaires et de commerçants étant bien aises de ne pas avoir de loi pour les contrôler. Les personnages principaux sont également plutôt bien croqués, que ce soit l'officier dur à cuire, cassant et intransigeant, refusant que des liens d'amitié s'installent au sein de sa troupe ("Il me faut des soldats, pas des amis"), imposant à ses hommes une discipline de fer ; le 'trappeur-éclaireur' bon enfant mais pour de mauvaises raisons (vu que vous avez malheureusement jeté un œil sur l'affiche, ce n'est désormais plus un secret) ; ou enfin la fille du sergent au caractère bien trempé qui ne s'en laisse compter par personne, ce qui n'empêche pas les deux principaux protagonistes de tourner autour.


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Dans ces rôles respectifs, un George Montgomery qui ne manque pas de charisme, un plutôt bon Richard Denning (le futur gouverneur d'Hawaii dans une célèbre série célèbre s'y déroulant) et enfin la charmante Martha Hayer que l'on avait déjà pu voir dans Roughsod de Mark Robson. Grâce à eux et à une histoire bien charpentée, on peut passer un agréable moment devant ce petit western de série sinon sans grande originalité et pas très bien réalisé. A noter une description tout à fait décente des indiens malgré le fait qu'ils soient interprétés par des blancs très mal grimés et, s'ils ne le savaient pas, les férus d'histoire apprendront l'année de l'entrée du territoire de l'Oregon en tant qu'état des USA une fois que les problèmes avec les indiens ont été réglés : 1859.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Lord Henry » 7 avr. 12, 17:32

Je ne connais pas tout ce film. Du même, je me souviens vaguement d'un péplum aux petits pieds et d'un polar plutôt sympathique, The Fat Man (avec Rock Hudson à ses débuts).

Le scénariste Douglas Heyes est devenu réalisateur par la suite; une carrière essentiellement télévisuelle au cours de laquelle Telly Savalas ne s'est pas gêné pour prendre un paquebot en otage:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 7 avr. 12, 18:53

Lord Henry a écrit :Le scénariste Douglas Heyes est devenu réalisateur par la suite; une carrière essentiellement télévisuelle


Ca ne m'étonne pas qu'il se soit tourné vers la télévision ; sa maîtrise des ellipses laissait à penser qu'il aurait été plutôt attiré vers des fiction de courtes durées.

L'étranger...
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar L'étranger... » 7 avr. 12, 19:48

Effectivement, ce Battle of Rogue River n'est pas un chef d'oeuvre du genre, mais comme tu le dis, le film va vite et ne dure pas assez longtemps pour qu'on se pose trop de questions, du coup on en ressort satisfait car tout va très vite, et puis c'est quand même une sacrée rareté que nous à offert la chaîne câblée ! :D
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 7 avr. 12, 21:19

Ceci dit, l'année 1954 a vraiment du mal à décoller. Mais bon, ça ne va pas tarder :)