Billy Wilder (1906-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Jeremy Fox » 12 juin 15, 06:03


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Jihl
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Jihl » 23 juin 15, 22:20

Le poison
J'aime beaucoup Billy Wilder, mais là je n'ai pas accroché. Comme souvent chez Wilder le film monte en puissance, mais ici, sans qu'il ne décolle jamais vraiment : la faute à un scénario prévisible et qui s'enlise, à des personnages trop monocordes (la fiancée !) et des dialogues attendus. Ray Milland ne me semble pas en cause, c'est pour moi vraiment un problème d'écriture. La comparaison avec L'homme au bras d'or tourné dix ans plus tard est assez terrible pour Le poison...

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Watkinssien
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Watkinssien » 24 juin 15, 08:22

Jihl a écrit :Le poison
J'aime beaucoup Billy Wilder, mais là je n'ai pas accroché. Comme souvent chez Wilder le film monte en puissance, mais ici, sans qu'il ne décolle jamais vraiment : la faute à un scénario prévisible et qui s'enlise, à des personnages trop monocordes (la fiancée !) et des dialogues attendus. Ray Milland ne me semble pas en cause, c'est pour moi vraiment un problème d'écriture. La comparaison avec L'homme au bras d'or tourné dix ans plus tard est assez terrible pour Le poison...



J'aime L'homme au bras d'or, mais je trouve Le Poison infiniment supérieur.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Jihl » 24 juin 15, 18:50

Watkinssien a écrit :
Jihl a écrit :Le poison
J'aime beaucoup Billy Wilder, mais là je n'ai pas accroché. Comme souvent chez Wilder le film monte en puissance, mais ici, sans qu'il ne décolle jamais vraiment : la faute à un scénario prévisible et qui s'enlise, à des personnages trop monocordes (la fiancée !) et des dialogues attendus. Ray Milland ne me semble pas en cause, c'est pour moi vraiment un problème d'écriture. La comparaison avec L'homme au bras d'or tourné dix ans plus tard est assez terrible pour Le poison...



J'aime L'homme au bras d'or, mais je trouve Le Poison infiniment supérieur.


Avis exactement opposé car L'homme au bras d'or est même dans mon top 100. Sur quels points trouves-tu le Wilder infiniment supérieur ?

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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Watkinssien » 24 juin 15, 19:19

Alors attention, j'aime vraiment le Preminger, hein ! :wink:

Mais j'adore le Wilder. Je trouve que son implacabilité est plus forte, que sa mise en scène vire au cauchemar halluciné, de manière fluide et inspirée. Son travail sur l'ombre et la lumière est beaucoup plus créative à mes yeux, et l'interprétation de Ray Milland est plus intéressante que celle de Sinatra (même s'il est très bon). Le personnage de Milland est tellement pathétique, douloureux et vivant dans une lucidité embarassante que l'on peut se demander si ce n'est pas outrant alors que Wilder "édulcore" les souffrances réelles d'un alcoolique dans la vraie vie.

J'en suis sorti éreinté, épuisé de Le Poison. Je suis sorti conquis par l'efficacité de Preminger.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Jihl » 24 juin 15, 22:22

Watkinssien a écrit :Alors attention, j'aime vraiment le Preminger, hein ! :wink:

Mais j'adore le Wilder. Je trouve que son implacabilité est plus forte, que sa mise en scène vire au cauchemar halluciné, de manière fluide et inspirée. Son travail sur l'ombre et la lumière est beaucoup plus créative à mes yeux, et l'interprétation de Ray Milland est plus intéressante que celle de Sinatra (même s'il est très bon). Le personnage de Milland est tellement pathétique, douloureux et vivant dans une lucidité embarassante que l'on peut se demander si ce n'est pas outrant alors que Wilder "édulcore" les souffrances réelles d'un alcoolique dans la vraie vie.

J'en suis sorti éreinté, épuisé de Le Poison. Je suis sorti conquis par l'efficacité de Preminger.


C'est vraiment étonnant ; je pense quasiment exactement l'inverse (même sur le travail sur la photo par exemple). Mais merci en tout cas de ta réponse :)

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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Watkinssien » 25 juin 15, 09:11

Alors, cela peut venir du fait d'avoir tel film en premier, non ?
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Jihl » 25 juin 15, 17:56

C'est un critère effectivement qui je trouve joue souvent beaucoup dans les tops autour d'un cinéaste (en gros on a tendance à mettre en tête du top le premier film qui nous touche dans la filmo d'un cinéaste), mais là contrairement à toi je n'aime pas un des deux films. Je suis assez crevé en ce moment, c'est peut être aussi ça. J’essaierai de lui redonner une chance un peu plus tard. :wink:

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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Truffaut Chocolat » 26 juin 15, 00:52


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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Geoffrey Carter » 26 juin 15, 10:49

Le Poison n'a, selon moi, pas grand chose à envier à L'Homme au bras d'or (que je trouve moins audacieux par rapport à sa date de sortie). Comme Assurance sur la mort, Le Poison est le récit sordide d'une confession, une descente aux enfers, filmée de manière réaliste, où Wilder brouille les cartes afin d'éviter le pathos et la démonstration clinique de la dépendance. Ainsi la première hallucination du narrateur se signale t-elle comme une image subjective. A l'opéra, le chœur chante le « Libiamo » de La Traviata et le personnage de Ray Milland lui superpose son imperméable laissé au vestiaire et dans lequel il a dissimulé une bouteille d'alcool. Wilder situe l'image mentale sur une scène de théâtre, ce qui, joint à la profession du narrateur, écrivain donc imaginatif, détourne le principe d'hallucination de sa réalité médicale. Une distance sournoise nous détache alors du personnage. Plus tard, Wilder montre un autre ivrogne en proie au delirium tremens. La scène se situe dans un hôpital et l'homme hurle et se débat contre des animaux que nous ne voyons pas. A l'opposé, il filmera le narrateur presque charmé de voir apparaître une chauve-souris et un rat au moment de sa première crise. C'est le spectacle de leur mutuelle destruction soudaine qui le fera crier, et non la peur d'être agressé par eux. Il y a dans ces scènes une inversion par rapport à l'illustration médicale du delirium tremens. Car le narrateur voit son hallucination « en spectacle », comme l'écran nous la montre. C'est la crise du malade assailli d'animaux invisibles qui fait peur et non pas celle de l'écrivain qui semble « se donner » à l'hallucination avec plaisir. Ce qu'on voit est toujours moins inquiétant que ce qu'on voit pas. L'hallucination sanglante regardée par le narrateur est moins angoissante que la reconstruction réaliste de ce qui concerne le quartier des alcooliques de l'hôpital. Cette séquence oppressante, comme celle du prêteur sur gages ou du barman, nous désigne l'alcoolisme comme un mal social. C'est un moyen d'aliénation par le manque ou l'excès, une dépendance que l'État contrôle et dont il s'enrichit depuis la fin de la Prohibition. Le Poison ne montre que l'alcoolisme crée une couverture nocive avec la réalité. Il indique plutôt que celui qui boit est en phase avec une réalité bien plus terrible, celle de sa propre lâcheté. Car la mise en scène ne cesse de juger le personnage sur sa veulerie plus que sur son vice.

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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Kevin95 » 26 juil. 16, 12:40

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KISS ME, STUPID - Billy Wilder (1964) découverte

Pour Wilder, Kiss Me, Stupid est surtout l'occasion de rentrer dans le lard du code Hays et plus généralement de la bonne conscience américano-républicaine puisque le film raconte un ménage à quatre qui ne dit pas son nom et sans qu'on s'en émeuve plus que ça. L'intrigue repose donc sur un carré de personnages, tous de milieux différents, qui suite à une panne de voiture vont se retrouver dans un lit qui n'est pas le leur. Jeu de séduction, de pression et de quiproquos, comme si Baby Doll avait été réécrit par un auteur de boulevard un peu vachard. Un cynisme, à la fois force indéniable atout du film et en même temps sa limite. On ne peut qu'applaudir les audaces, la crudité de certaines situations (aux limites du trivial), rire devant une palanquée de situations et admirer le tranchant de la mise en scène. Kiss Me, Stupid est une réussite d'accord, mais la violence du portrait et la volonté de ne jamais s'adonner au sentimentalisme joue aussi contre le réalisateur. La mélancolie de The Appartement est bien loin, puisque ici, personne (ou presque) n'est à sauver. Le personnage de Novak mise à part, tout ce beau monde a les dents qui raient le parquet et se bercent d'illusions au point où il est compliqué pour le spectateur de s'attacher à l'un d'eux. Le mari est un obsessionnel bon à enfermer, Dino est un playboy absolument dégueulasse et sexuellement malade, la femme apparait comme un modèle de vertu avant de retourner sa veste à quelques minutes de la fin tout en calmant sa mauvaise conscience par une hypocrisie démente tandis que le bon copain n'est qu'un artiste frustré qui ne rêve que de gagner de l'oseille (voir de s'accoquiner avec la jeune génération féminine comme le suggère son dernier plan). Wilder a la main lourde sur ses personnages mais baisse la garde le temps d'un travelling, recadrant Kim Novak émue devant une chanson au piano et révélant une humanité en berne jusqu'ici. C'est le coup classique de la pute au grand cœur (remember Irma la Douce), mais le personnage fait du bien dans un environnement peu aimable. D'un coté, Kiss Me, Stupid est l'un des films les plus cinglants de son auteur (donc un des plus jouissif) mais aussi un des moins émouvant, un des plus méchant. Vif, excellent mais agressif, Wilder en tira les leçons avec le sous-estimé mais touchant The Fortune Cookie.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar AtCloseRange » 26 juil. 16, 12:50

Pour moi, le seul défaut du film, c'est Walston (ça aurait dû être Lemmon) mais ça reste un des sommets Wilderien.
Je le préfère très largement à ce Fortune Cookie que je n'ai jamais eu le courage de revoir.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Kevin95 » 26 juil. 16, 12:59

J'étais sur que la dernière remarque allait passer difficilement vu le peu d’enthousiasme pour The Fortune Cookie. Pas revu depuis un bail, mais le souvenir d'une merveille de drôlerie et d'une scène finale dans un stade, qui me me toucha profondément.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar AtCloseRange » 26 juil. 16, 13:06

Kevin95 a écrit :J'étais sur que la dernière remarque allait passer difficilement vu le peu d’enthousiasme pour The Fortune Cookie. Pas revu depuis un bail, mais le souvenir d'une merveille de drôlerie et d'une scène finale dans un stade, qui me me toucha profondément.

ce qui est bizarre, c'est que ce dont je me rappelle de celui-ci, c'est justement ce que tu reproches à Kiss Me Stupid. Un film amer remplis de personnages insauvables. Un film aigri mais bon, le souvenir est vieux d'au moins 25 ans.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Messagepar Kevin95 » 26 juil. 16, 13:19

Oui pour la première partie de The Fortune Cookie, des empaffés pour la plupart qui ne pensent qu'au pognon. Seulement, sans spoiler, un des personnage va faire le chemin inverse pour finalement sympathiser avec la victime. Dans Kiss Me, Novak reste seule, mélancolique et sans le sou. C'est audacieux mais aussi très cruel.
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