Max Ophuls (1902-1957)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bogart
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar bogart » 11 avr. 10, 19:45

angel with dirty face a écrit :Je ne suis un spécialiste de l'image, mais pour un film de 1949, j'ai trouvé la copie très propre et le son impeccable.




Merci ! :wink:
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Roy Neary
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Roy Neary » 12 avr. 10, 14:28

Aujourd'hui, pour coller à l'actualité, DVDClassik met justement en ligne sa chronique des Désemparés du grand Max Ophuls.
Pour en parler, George Kaplan a mis la main à la pâte et donne son avis sur cette édition qui s'avère indispensable. :D

:arrow: The Reckless Moment
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angel with dirty face
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar angel with dirty face » 13 avr. 10, 09:30

Caught (1949)

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Après la très belle découverte de The Reckless Moment (1949), une envie m'est venue de revoir Caught (1949). Deux principales raisons ont motivé cette seconde vision : La première est que les deux films se suivent dans la filmographie de Max Ophüls (ou Max Opuls selon le générique...) et la seconde est qu'il s'agit de l'autre collaboration entre le réalisateur et James Mason, toujours aussi remarquable. Si le scénario ne tient pas ses promesses et que la fin est complètement bâclée, Caught est cependant très loin d'être un mauvais film parce qu'il est sauvé par une réalisation somptueuse (je sens que ça va se transformer en cycle Ophüls), des dialogues réussis, et des acteurs surprenants. Outre James Mason, Barbara Bel Geddes, célèbre pour son rôle de la mamie Ewing dans le feuilleton Dallas, et Robert Ryan donnent chacun leur meilleur jeu. D'autres personnages sont là pour donner une touche d'humour à ce drame, ils sont interprétés par Curt Bois et Frank Ferguson (celui que je préfère personnellement) : Tandis que le premier, payé pour faire le sale boulot, reste imperturbable au piano et annonce les mauvaises nouvelles à Leonora Eames (Barbara Bel Geddes) en lui apportant le breakfast au lit; le second, confident malgré lui, cire ses pompes, mâchouille un chewing-gum, et se rase en écoutant les divers secrets... Joseph L. Mankiewicz considérait qu'il avait signé en 1954 « une version amère de Cendrillon » en racontant la vie d'une certaine Maria Vargas, dans un genre différent, Max Ophüls en avait réalisé une autre toute aussi noire avec Caught quelques années avant The Barefoot Contessa ... A voir absolument!

angel with dirty face
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar angel with dirty face » 13 avr. 10, 19:52

Letter From An Unknown Woman (1948)

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Revu aujourd'hui et j'aime toujours autant ce film. Je n'ai malheureusement pas lu le bouquin de Stefan Zweig, mais je trouve ce film magnifique. C'est un véritable moment de plaisir visuel et la musique composée par Daniele Amfitheatrof est somptueuse. Je comprends que Letter From An Unknown Woman soit une des œuvres cinématographiques préférées de Martin Scorsese, on sent l'influence d'un tel film sur ce dernier quand il réalise The Age Of Innocence (1993). Bref, un chef-d'œuvre!

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Ann Harding
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Ann Harding » 21 avr. 10, 10:49

The Exile (L'exilé, 1947) avec Douglas Fairbanks Jr, Maria Montez et Henry Daniell

Charles Stuart (D. Fairbanks Jr) vit en exil en Hollande où il est recherché par les partisants de Cromwell. Il devient fermier avec la belle Katie (Paule Crozet) afin de dissimuler son identité...

Grâce à Cathy, j'ai enfin pu voir ce film d'Ophüls qui piquait ma curiosité. Douglas Fairbanks Jr a écrit le scénario et a permis à Ophüls, lui-même en exil à Hollywood, de réaliser enfin un film après plusieurs années sans travail. Le personnage de Charles II Stuart (le fils de Charles 1er qui fut décapité) est passionnant, bien plus que ne le laisse supposer Forever Amber où George Sanders semble n'être qu'un hédoniste épris de femmes et de ses petits chiens. En effet, Charles II est le premier monarque anglais qui dut composer avec un parlement qui avait le pouvoir. Il a fait aussi en sorte que la guerre sanglante entre catholiques et protestants cesse. Quant il mourrut sans héritier direct, son frère James II monta sur le trône et réussit à détruire le fragile équilibre qu'avait maintenu son frère. Il devra abdiquer et il sera remplacer par William III d'Orange. Si je vous mentionne ce roi, c'est qu'il est aussi important dans un certain nombre de films comme Captain Blood qui se déroule durant le règne de James II. Le personnage que s'est composé Douglas Fairbanks Jr est à la fois espiègle, agile et conscient de ses responsabilités. Une des scènes qui m'a le plus intéressé est celle où il affronte verbalement l'envoyé des 'Round Heads', le colonel Ingram (superbement interprété par un Henry Daniell plein de morgue). Ophüls utilise toujours la caméra avec sa virtuosité habituelle. Il faut voir comment il suit l'envoyé d'Angleterre qui apporte un message au roi le long d'un escalier ! Le film a certainement été réalisé avec un petit budget et cela se ressent dans des décors qui manquent singulièrement de profondeur: on a l'impression qu'un petit bout de Hollande a été recréé dans un coin de studio. Et ce manque de profondeur malheureusement confine à la claustrophobie, pour moi. Les duels sont bien menés. Mais, j'ai été quand même un peu déçu par ce film de cape et d'épée qui aurait pu devenir une vraie réflexion sur le pouvoir avec un scénario plus aiguisé.

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Nestor Almendros
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Nestor Almendros » 25 avr. 10, 18:09

Je sors des DESEMPARES et je suis resté un peu sur ma faim. J'aime beaucoup l'amorce de l'histoire façon film noir mais j'accroche sensiblement moins aux développements mélodramatiques avec James Mason. Si l'acteur apporte suffisamment d'empathie à un personnage dont on ne sait finalement que très peu de choses, j'ai été un peu gêné par l'aspect "cousu de fil blanc" de cette relation un peu opportuniste (le gentil malfrat). La Chronique Classik apporte une point de vue nuancé et pertinent (sur la vie familiale américaine et la condition de la femme au foyer, notamment) mais, sur le moment, j'ai manqué d'implication et de confiance dans cette histoire.
La mise en scène d'Ophuls est toujours aussi énergique. Dans ce film, spécialement, elle épouse assez bien le rythme presque effréné du personnage principal (Joan Bennett) telle un fauve en pleine course pour la survie de sa progéniture: les plans-séquence d'Ophuls accentuent les déplacements quasi-permanent du personnage dans les décors (souvent suivi en plans serrés).

A revoir, donc... :(

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Ann Harding
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Ann Harding » 25 avr. 10, 19:38

The Reckless Moment n'est pas un 'vrai' film noir. Il devient rapidement un mélodrame dans un milieu similaire à celui de Sirk. C'est d'ailleurs ce qui le rend passionnant à mon avis. Mais, j'ai toujours aimé le mélange des genres. :)

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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar joe-ernst » 26 avr. 10, 09:22

Ann Harding a écrit :The Reckless Moment n'est pas un 'vrai' film noir. Il devient rapidement un mélodrame dans un milieu similaire à celui de Sirk. C'est d'ailleurs ce qui le rend passionnant à mon avis. Mais, j'ai toujours aimé le mélange des genres. :)


Je préfère quant à moi l'appellation mélodrame noir pour ce type de films, dans lesquels je range également Mildred Pierce et Humoresque par exemple. Pour en revenir au film d'Ophuls et à la critique de Nestor, ce qui m'a le plus dérangé est la manière très abrupte d'amener la relation entre Bennett et Mason. La sympathie du petit maître chanteur envers cette mère de famille s'établit trop rapidement pour être crédible. C'est à mon avis la grosse faiblesse de ce film qui m'a d'ailleurs beaucoup plu sinon.
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Nestor Almendros
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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Nestor Almendros » 26 avr. 10, 09:25

joe-ernst a écrit :Pour en revenir au film d'Ophuls et à la critique de Nestor, ce qui m'a le plus dérangé est la manière très abrupte d'amener la relation entre Bennett et Mason. La sympathie du petit maître chanteur envers cette mère de famille s'établit trop rapidement pour être crédible. C'est à mon avis la grosse faiblesse de ce film qui m'a d'ailleurs beaucoup plu sinon.

J'ai moi aussi perçu une gêne de ce genre avec la fille de Bennett qui, dans le hangar à bateaux, se braque instantanément contre celui qu'elle aimait encore quelques minutes plus tôt. Non que le revirement ne soit pas crédible, il est juste (à mes yeux) trop rapide. Cela fait partie des détails qui m'ont plutôt dérangés dans le film...

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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Grimmy » 28 avr. 10, 08:29

Je viens de voir "les désemparés". Si je comprends les critiques émises par Nestor, je ne les partage pas. J'ai tout aimé dans ce film. J'ai même carrément adoré. Un superbe chef d'oeuvre !! Merci Max (et merci Carlota) !!

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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Cathy » 30 avr. 10, 09:48

Les désemparés, The reckless Moment (1949)

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Max Ophuls réalise la même année que Caught, ce film noir. Si le début est indubitablement un film noir, avec cette mère, l'amant de sa fille, et la mort de celui-ci, il bascule dans un autre registre quand on fait la rencontre avec Donnelly, mauvais garçon, qui veut la faire chanter. Et sans doute c'est là qu'on voit qu'Ophuls est plus à l'aise dans cette histoire de sentiments entre cette mère et cet homme qui veut changer de vie. La première partie est un peu poussive et pas très intéressante, surtout que cette mère n'est guère sympathique, alors que dès qu'il y a cette relation entre ces deux êtres que tout oppose, le film s'envole. On retrouve naturellement le génie d'Ophuls avec ces manières de filmer, plans profonds, utilisation des miroirs ou des escaliers si importante dans ses films. Joan Bennett est excellente en mère de famille, mais suscite finalement assez peu d'empathie contrairement à James Mason, particulièrement attachant dans son rôle de Bad boy au grand coeur. A noter quand même la résonance parfois actuelle de certaines anecdotes, la fille mineure qui a une relation (est-elle physique ou pas) avec un adulte ou encore cette campagne "anti-tabac". Si ce film est un bon film, ce n'est aucunement un chef d'oeuvre.

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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Grimmy » 30 avr. 10, 13:47

Perso, j'ai été fasciné par le personnage joué par Joan Bennett. Effectivement, elle n'est pas sympathique. C'est juste une femme, habituée à vivre seule (son mari fut absent 3 ans pendant la guerre et depuis la victoire il est sans cesse en déplacement), sans autre autorité pour elever sa famille que la sienne. Son beau père est âgé et son fils est encore jeune pour l'aider à sortir de cet imbroglio. Elle est une lionne qui défend ses petits. Elle n'est pas là pour rigoler, il faut agir vite, bien, sans se faire remarquer tout en continuant à gerer la vie de famille. Chaque moment jouant avec les codes du film noir et sans cesse detourné par l'irruption du quotidien. Téléphoner aux ravisseur, oui, mais il faut de la monnaie. Car il faut aller en ville parce qu'à la maison il y a du monde. Trouver de l 'argent pour une rançon, oui, mais non en fait parce qu'à la banque il faut le consentement de de l'époux pour retirer. James Mason aura tout le mal du monde à expliquer son chantage, étant sans cesse interrompue par l'arrivée impromptue du fils ou du beau père qui veut l'inviter à diner ! Allez d'un point A à un point B en voiture oui, mais pas longtemps parce que le gosse en a besoin pour aller je ne sais où. etc etc..
Alors, certes on est dans le film noir mais le point de vue est franchement original. J'ai franchement adoré. L'interprétation et la mise en scène est parfaite. Pour moi, c'est un chef d'oeuvre, na ! :wink:

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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Cathy » 30 avr. 10, 14:00

J'ai toujours un problème quand je n'ai pas d'empathie avec les personnages. Et je dois avouer que je ne suis pas fan de Joan Bennett. Alors Joan Bennett jouant une femme peu sympathique cela fait forcément un trop qui fait que j'ai eu un peu de mal avec le début du film, et je n'ai véritablement apprécié qu'à partir du moment où James Mason se transforme. Je trouve personnellement que Les désemparés est un film noir dans la tradition de certains films noirs comme l'a dit Joe-Ernst à la Mildred Pierce, et j'aime ce style ! Je le préfère aux films noirs de flics et de gangsters !

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Re: Max Ophuls (1902-1957)

Messagepar Grimmy » 30 avr. 10, 14:52

Pas fan de Joan Bennett non plus, tiens. Mais comme elle a une tête qui ne me revient pas, en femme lionne elle fait parfaitement l'affaire !

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cinephage
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Re: Notez les films naphtas - Mai 2010

Messagepar cinephage » 21 mai 10, 12:07

Lola Montes, de Max Ophuls (1955)
Ophuls révèle ici toute son inspiration baroque, son gout pour les Monsieur Loyal et le cirque, le foisonnement visuel et les femmes fatales... Lola Montes est un film fourre-tout, absolument superbe visuellement, parfois très inspiré, parfois moins, mais qui m'apparait comme beaucoup moins structuré que les autres films d'Ophuls que j'ai eu l'occasion de voir, et que j'aurais tendance à préférer.
Restent quelques plans extraordinaires, des images somptueuses, une Martine Carol incroyablement belle et sensuelle, et une séquence finale qui m'a fortement ému. Mais je pense comprendre pourquoi le film fut si mal-aimé, et j'aurais tendance à en déduire qu'Ophuls déployait mieux son talent lorsqu'il était encadré par un récit mieux tenu.
8/10
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos