Ingmar Bergman (1918-2007)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Vic Vega
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Ingmar Bergman (1918-2007)

Messagepar Vic Vega » 27 mars 04, 11:45

EDIT DE LA MODERATION:

N'hésitez pas à consulter les différents topics consacrés aux films d'Ingmar Bergman

L'attente des femmes (1952)
La nuit des forains (1953)
Le septième sceau (1957)
Les fraises sauvages (1957)
Le visage (1958)
La source (1960)
A travers le miroir (1961)
Les communiants (1962)
Toutes ses femmes (1964)
Persona (1966) et également ici
L'heure du loup (1968) et également ici
La honte (1968)
Une passion (1969)
Cris et chuchotements (1972)
Scènes de la vie conjugale (1973)
Face à face (1976)
De la vie des marionnettes (1980)
Fanny et Alexandre (1982)
Saraband (2004)

Trilogie "films de chambre"

En fouillant dans le grenier de Bergman...
Décorticages intéressants sur les films de Bergman

l'autobiographie Lanterna magica

un topic consacré au décès de Bergman (juillet 2007)

Rétrospective Bergman à Lille (2004)

un topic dédié au directeur photo Sven Nykvist (1922-2006)










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Scènes de la vie conjugale: Le format sérié télévisée de la version du film dans laquelle je l'ai découvert occasionne quelques longueurs -que j'imagine élaguées de la version ciné que je verrai un de ces jours- mais a le mérite de donner une véritable ampleur romanesque à un récit intimiste et à un scénario brassant des thèmes comme l'ennui et la lassitude dans le couple, l'attachement malgré la séparation, la question du féminisme et de comment il affecte les rapports de force dans le couple, les différences générationnelles de conception du couple. Bergman sait saisir ces moments où l'on se dit ses quatre vérités dans le couple (à mes yeux de ce point de vue une influence sur certaines scènes d'EWS) mais les moments quotidiens apaisés contrebalancent leur noirceur. La mise en scène est assez contemplative mais ce coté-là est par moments cassé par de brusques coups de zooms ou des déplacements de caméra soudains qui dynamisent certaines scènes. Et elle vaut aussi par son usage du gros plan qui fait communier avec l'intimité des personnages. Pas mon Bergman favori (je préfère Persona, la Source, le Silence et Fanny et Alexandre) mais je le place dans le haut du panier. Et je suis très impatient de découvrir sa suite Sarabande tournée récemment pour la télévision. 9.25/10
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Vic Vega
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Messagepar Vic Vega » 24 déc. 04, 11:07

Monika: Une claque bergmanienne de plus. Pour la présence et la sensualité d'Harriett Andersson. Et pour le personnage de Monika, figure féminine très moderne par sa capacité à s'imposer face aux hommes, à prendre les devants dans le domaine amoureux comme personnel. Le film est d'ailleurs porté dans un premier temps par les désirs de changement de ce personnage. Sauf que Bergman ne romantise pas non plus aveuglément le désir d'évasion de ses personnages en révélant qu'ils sont aussi des adolescents cherchant à vivre en adultes sans pour autant être capables de pleinement s'assumer. Sans compter une mise en scène déjà très maîtrisée et donnant une impression d'évidence. Je comprends sans peine le vent de nouveauté et de fraicheur qu'a pu faire souffler un tel film en son temps et pourquoi sa découverte fut un tel choc pour un dénommé Godard. Je comprends aussi tout à fait qu'on puisse trouver qu'un tel film ait mal vieilli. Mais ce n'est pas le cas me concernant...
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Spongebob
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Messagepar Spongebob » 8 févr. 05, 11:58

Persona d'Ingmar Bergman (1966)
Mon premier Bergman et aussi mon premier film suédois.
Apparemment le réalisateur a été trés influencé par les avant-gades des années 20 notemment dans son introduction et dans sa conclusion. Des images se succédent sans réel sens apparent si ce n'est la fausse défaillance de la pellicule (trés déroutante je dois dire). Je n'ai aucunement cherché à comprendre à tout pris, je me suis plutôt laisser glisser dans la contemplation pure.
Entre l'introduction et la conclusion vient le développement : une jeune actrice talentueuse, certainement riche et célèbre tombe tout à coup dans le silence. Elle refuse tout simplement de parler. Pour la soigner on l'envoie en vacance sur une petite île accompagnée d'une infirmière. Celle-ci va désespérement essayer de nouer des liens avec sa patiente (lui racontant même une expérience sexuelle ayant eu lieu sur une plage).
Au delà de cette trame plutôt simple apparaît une véritable symphonie d'images. Bergman aime les visages de ses actrices (toutes les deux trés velles) et les filme donc trés souvent en gros plan.
La succession de ces plans fascinants associée à un scénario intriguant font de cette oeuvre une fabuleuse expérience.

10/10



Tourments (Hets) d'Alf Sjöberg, Suède, 1944

Ecrit et co-réalisé par Ingmar Bergman, ce premier film tiré d'un scénario du maître met en scène Widgren, un jeune homme en dernière année de lycée, faisant face à "Caligula", un proffesseur de latin tyrannique. Ces deux personnages vont passer d'un confllit qu'on pourrait qualifier de professionnel (enseignant/élève) à un conflit bien plus personnel ayant pour enjeu principal une femme.
Ce drame psychologique trés bien mené nous plonge dans le système éducatif archaïque suèdois alors basé sur la peur de la punition. Les élèves sont sans arrêt sous pression voir terrorisés par des professeurs sadiques. Dans ce cas précis il s'agit d'un professeur de latin complètement névrosé ("J'ai été malade", ne cesse-t-il de répéter) qui prend un malin plaisir à tyranniser ses élèves en leur posant des colles tous les lundi matin ("il fiche en l'air tous nos dimanche").
J'ai particulièrement été marqué par cet aspect de l'éducation bien trop souvent occulté qu'est la peur des élèves envers leur proffesseur. J'ai moi-même été "traumatisé" par certains d'entre eux voulant m'inculquer ce qui me semblait alors être des inepties à coup de marteau ou de brimades. Je n'ai bien heureusement jamais fait de latin.
A la peur de l'enseignant s'ajoute la peur de l'avenir, de l'échec et du rejet. Les élèves que l'on suit ici sont soumis à un stress permanent qu'ils vivent tous comme étant un enfer et qu'ils sont plus qu'impatients de quitter ("Vivement que l'on sorte de cet enfer"). On peut vraiment voir ce film comme un grand doigt accusateur de Bergman sur l'éducation de l'époque mettant à mal la santé physique et mentale des étudiants, jugement prononcé dans le film par un proffesseur plus humain que les autres et même par un médecin (modèle d'objectivité).
Au niveau de la réalisation on reconnaît immédiatement les influences expressionnistes dans le traîtement de la lumière (nombreuses ombres portées), des cadrages (souvent penchés) et des décors (immense école, sombres ruelles) lui donnant un aspect esthétique des plus réussis.

Pour ne rien gacher l'image du DVD est excellente.

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daniel gregg
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Messagepar daniel gregg » 8 févr. 05, 15:53

Spongebob a écrit :Image

Tourments (Hets) d'Alf Sjöberg, Suède, 1944

Ecrit et co-réalisé par Ingmar Bergman, ce premier film tiré d'un scénario du maître met en scène Widgren, un jeune homme en dernière année de lycée, faisant face à "Caligula", un proffesseur de latin tyrannique. Ces deux personnages vont passer d'un confllit qu'on pourrait qualifier de professionnel (enseignant/élève) à un conflit bien plus personnel ayant pour enjeu principal une femme.
Ce drame psychologique trés bien mené nous plonge dans le système éducatif archaïque suèdois alors basé sur la peur de la punition. Les élèves sont sans arrêt sous pression voir terrorisés par des professeurs sadiques. Dans ce cas précis il s'agit d'un professeur de latin complètement névrosé ("J'ai été malade", ne cesse-t-il de répéter) qui prend un malin plaisir à tyranniser ses élèves en leur posant des colles tous les lundi matin ("il fiche en l'air tous nos dimanche").
J'ai particulièrement été marqué par cet aspect de l'éducation bien trop souvent occulté qu'est la peur des élèves envers leur proffesseur. J'ai moi-même été "traumatisé" par certains d'entre eux voulant m'inculquer ce qui me semblait alors être des inepties à coup de marteau ou de brimades. Je n'ai bien heureusement jamais fait de latin.
A la peur de l'enseignant s'ajoute la peur de l'avenir, de l'échec et du rejet. Les élèves que l'on suit ici sont soumis à un stress permanent qu'ils vivent tous comme étant un enfer et qu'ils sont plus qu'impatients de quitter ("Vivement que l'on sorte de cet enfer"). On peut vraiment voir ce film comme un grand doigt accusateur de Bergman sur l'éducation de l'époque mettant à mal la santé physique et mentale des étudiants, jugement prononcé dans le film par un proffesseur plus humain que les autres et même par un médecin (modèle d'objectivité).
Au niveau de la réalisation on reconnaît immédiatement les influences expressionnistes dans le traîtement de la lumière (nombreuses ombres portées), des cadrages (souvent penchés) et des décors (immense école, sombres ruelles) lui donnant un aspect esthétique des plus réussis.

Pour ne rien gacher l'image du DVD est excellente.



Il s'agit des éditions dvd par 2 ?

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Spongebob
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Messagepar Spongebob » 8 févr. 05, 20:31

daniel gregg a écrit :Il s'agit des éditions dvd par 2 ?

Oui tout à fait. La jaquette ne correspond pas :wink: .

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Messagepar Johnny Doe » 16 mai 05, 18:35

Sonate d'automne

Etrange sensation. Je reconnais que le film passe à une vitesse folle alors que je me suis ennuyé lors de certaines séquences et pourtant il m'a ému aux larmes à de nombreuses reprises. En tout cas, malgré une ou deux scènes qui m'ont bizzarement ennuyé, c'est très beau. Les 2 actrices principales sont juste incroyable du début à la fin et la mise en scène de Bergman m'a impressionné, notamment ces plans fixes de souvenirs racontés, avec leur composition picturale qui font immédiatement pensé à des tableaux. Ces longues scènes de discussions, de rancoeurs, de haine et d'amour, cette immense tristesse et cette fin sublime. Ca m'emmerde vraiment d'avoir trouvé le temps long à certains moment !
- Errm. Do you want to put another meeting in?
- Any point?
- May as well. Errm. And then when nothing comes in, just phone you up and cancel it.

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Messagepar AlexRow » 31 août 05, 23:05

L'Oeuf du serpent (Ingmar Bergman, 1977). Bergman met en scène un film "rétrospectivement visionnaire" sur la société allemande de l'entre-deux guerres comme matrice du nazisme. C'est noir, désespéré, mais d'une puissance époustouflante. David Carradine est impeccable dans son rôle de témoin désemparé, assailli par le désespoir et la folie de son temps. La reconstitution est bluffante de crédibilité et appuie cette incroyable sensation de densité qui m'a étreint tout au long du film.
Le DVD abîme malheureusement beaucoup la très belle photographie en bouchant systématiquement les scènes sombres. Aucun bonus, comme ça les choses sont claires.

9/10 :P
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" (Albert Camus)

Mes visionnages

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Messagepar Robert McCall » 2 nov. 05, 10:23

Jeux d'été - Bergman

Une ballerine un peu aigrie se souvient de son premier amour d'été. La première chose qui frappe, c'est la fluidité du film, passant allégrement du film de danse au souvenir rafraîchissant et estival. Humour, sensualité et plomb existentiel se succèdent facilement dans une seule séquence. Bergman empile très bien des tas de trucs et enfile des plans d'anthologie : le visage de l'héroïne découpé en deux par le cadre, le jeu de miroirs dans sa loge, le flirt filmé près des visages et des corps à la bonne distance (tout ce qu'il faut de sensuel), une séquence d'animation et un certain plan sur deux paires de pieds. Il est mort le soleil, sans doute, mais noirceur et lumière entremêlées ici fascinent. Du bel ouvrage. :!:

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MJ
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Messagepar MJ » 27 nov. 05, 20:21

L'Oeuf du Serpent d'Ingmar Bergman
Pendant une heure et demie on assisste à un film gentillet et honnête à défaut d'être vraiment inspiré que sauvent quand même une intérprétation très juste du couple David Carradine/Liev Ullman ainsi qu'une analyse fine et intéressante de la future Allemagne nazie. Puis là... l'explosion! Trente minutes de cinéma dans sa forme la plus pure et la plus noble, trente minutes de folie, de violence morale, physique, psychologique hyper-crûe. Un véritable morceau d'anthologie sur la folie humaine, la perte de repères et la bête tapie en chacun de nous. Un très bel éclaircissement sur l'histoire et si tout le film avait été de ce niveau, j'en aurais largement fait une pièce maîtresse de l'histoire du cinéma.
Dommage qu'il ait fait un bide, l'association Bergam/Dino di Laurentiis fonctionnant au demeurant à merveille.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum

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Ingmar Bergman

Messagepar MJ » 15 déc. 05, 10:55

A part Saraband -chef-d'oeuvre- et L'Oeuf du Serpent -presque chef-d'oeuvre-. Je n'ai rien vu de lui.
Lâchez vos koms!
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum

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Messagepar Alex Blackwell » 15 déc. 05, 10:57

Je trouve que la Source est son plus beau film
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Night of the hunter forever


Caramba, encore raté.

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Messagepar kayman » 15 déc. 05, 11:03

Mes préférés, pas les plus faciles pour la tete, ca claque plutot sévèrement la tronche :

Cris et chuchotements
Sonate d'Automne
Les Fraises Sauvages
L'Attente des Femmes
Le Septième Sceau
Persona
Le Silence
La Source
Une Passion
L'Heure du Loup (pour toi qui apprécie Lynch il me semble, immanquable)

Tout ca est à pleurer.
Seul contre tous.
top hebdo lastfm
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Messagepar Cathwoman » 15 déc. 05, 11:04

Cris et Chuchotements :?
Persona :)
Fanny et Alexandre :D :D :D (Cf http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?t=15112&start=0)

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Gounou
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Messagepar Gounou » 15 déc. 05, 11:07

Vu que trois, mais trois très grosses claques pour moi:

- Le Septième Sceau
- Scènes de la Vie Conjugale
- Saraband
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cinephage
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Messagepar cinephage » 15 déc. 05, 11:38

Persona est vraiment un film qu'on peut revoir de très nombreuses fois tant il est ouvert à diverses interprétations. Un film qui me travaille beaucoup, en tout cas.

Le septième sceau est une véritable merveille, qui ouvre des abimes de reflexion métaphysique, tout en préservant une forme ludique et agréable.

Enfin, je garde une place à part à Monika, film sur lequel il a beaucoup été dit et écrit, mais qui est en réalité un film fort simple sur une jeune fille "moderne" (on dirait aujourd'hui qui sait ce qu'elle veut).
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos