La traversée de Paris (Claude Autant-Lara - 1956)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Eusebio Cafarelli
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La traversée de Paris (Claude Autant-Lara - 1956)

Messagepar Eusebio Cafarelli » 9 août 04, 16:13

Par anticipation, une question qui me turlupine depuis longtemps : y a-t-il eu ajout d'une fin optimiste, parce que (à vérifier ce soir) j'ai nettement l'impression qu'il y a une fin très noire (et excellente), puis un écran noir et une fin optimiste pas logique (étant donné ce qu'on entend à la fin du passage précédent, mais je n'en dis pas plus, voir ce soir) ?
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Messagepar Roy Neary » 9 août 04, 16:24

Non non, il n'y a pas eu d'ajout. C'était bien la fin d'origine.

SPOILER : la rupture paraît en effet sèche. Les deux personnages se recroisent bien après la fin de la guerre. Mais cette rencontre se fait sans aucune émotion ni effets dramatiques, car ils sont revenus à leur état d'hommes ordinaires. Ce que j'ai compris de la fin, c'est que 1) la guerre fait faire des choses extraordinaires à des gens ordinaires, 2) une fois la guerre finie, il n'est pas nécessaire de faire revivre les souvenirs pénibles (ce qui se passe donc juste avant l'épilogue) et chacun des deux hommes n'a pas besoin d'apprendre par des mots ce que son vis-à-vis a enduré. Il le sait bien.
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Messagepar Commissaire Juve » 9 août 04, 16:30

Ce qu'il faut savoir, surtout, c'est que la nouvelle de Marcel Aymé se finit très très mal... donc pas d'optimisme du tout pour le coup ! :wink:

Dans la nouvelle : Martin (Bourvil) tue carrément Grandgil (Gabin).
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Messagepar Eusebio Cafarelli » 9 août 04, 17:50

SPOILER

Dans ce que j'appelle la 1e fin, Bourvil et Gabin, prisonniers, doivent finalement partir comme otages. Ils montent dans le camion, Gabin est libéré parce que peintre connu, pas Bourvil. Le camion part, Bourvil appelle Gabin, puis on entend le bruit d'une mitrailleuse, de mémoire. Écran noir puis fin optimiste sur un quai de gare. D'où ma question : ajout d'une autre fin avant la sortie du film ou non ? Ou clin d'oeil d'Autant-Lara, qui aurait filmé d'abord ce qui se passait réellement, puis ce qu'attendait le public (les producteurs ?) à l'époque ?
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Messagepar Commissaire Juve » 9 août 04, 18:50

Moi, je reviens au texte original : le changement de fin est bien plus radical !

De toute façon, après l'avoir revu tout à l'heure : y a pas de bruit de mitrailleuse ! :wink:
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Messagepar Jeremy Fox » 10 août 04, 07:42

La traversée de Paris

Pas envie de m'étaler mais encore un très grand film de Autant Lara qui ne perd aucune de ses qualités malgré les innombrables visions. Aurenche et Bost nous ont écrit d'inoubliables dialogues. De nombreuses scènes d'anthologie dont celle des 'Salauds de pauvres !'

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Messagepar Jeremy Fox » 10 août 04, 07:56

Eusebio Cafarelli a écrit :SPOILER

Dans ce que j'appelle la 1e fin, Bourvil et Gabin, prisonniers, doivent finalement partir comme otages. Ils montent dans le camion, Gabin est libéré parce que peintre connu, pas Bourvil. Le camion part, Bourvil appelle Gabin, puis on entend le bruit d'une mitrailleuse, de mémoire. Écran noir puis fin optimiste sur un quai de gare. D'où ma question : ajout d'une autre fin avant la sortie du film ou non ? Ou clin d'oeil d'Autant-Lara, qui aurait filmé d'abord ce qui se passait réellement, puis ce qu'attendait le public (les producteurs ?) à l'époque ?


SPOILER

Pas de bruit de mitrailleuse, les prisonniers ont juste été emmené pour le STO. Je comprend le film comme Roy Neary

edit : oops, je n'avais pas vu le message du commissaire

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Messagepar Colqhoun » 10 août 04, 10:04

La traversée de Paris - Claude Autant-Lara
Je l'ai découvert hier soir pour la première fois. Très jolie surprise. 2 acteurs en pleine forme pour une histoire drôle mais tendue. J'ai un peu trouvé que la fin (je sais on en parle à côté) tombait à plat après le départ de Bourvil dans le camion. Ce n'est pas grave, ça reste très sympa.

Et sinon, j'ai revu (mais pas en entier) le bon, la brute et le truand et c'est toujours autant génial. Les personnages passent d'une situation à l'autre avec toujours beaucoup d'humour. Et comme l'a dit Memento plus haut, le final est un véritable condensé Leonien. Une apothéose magistrale complétée par la musique du grande Morricone. Quand je le revois, je suis toujours déçu de la décision de Clint Eastwood de ne pas être apparu, ainsi que Van Cleef et Wallach, dans l'introduction de Il était une fois dans l'ouest.
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Messagepar Eusebio Cafarelli » 10 août 04, 13:18

Jeremy Fox a écrit :
Eusebio Cafarelli a écrit :SPOILER

Dans ce que j'appelle la 1e fin, Bourvil et Gabin, prisonniers, doivent finalement partir comme otages. Ils montent dans le camion, Gabin est libéré parce que peintre connu, pas Bourvil. Le camion part, Bourvil appelle Gabin, puis on entend le bruit d'une mitrailleuse, de mémoire. Écran noir puis fin optimiste sur un quai de gare. D'où ma question : ajout d'une autre fin avant la sortie du film ou non ? Ou clin d'oeil d'Autant-Lara, qui aurait filmé d'abord ce qui se passait réellement, puis ce qu'attendait le public (les producteurs ?) à l'époque ?


SPOILER

Pas de bruit de mitrailleuse, les prisonniers ont juste été emmené pour le STO. Je comprend le film comme Roy Neary

edit : oops, je n'avais pas vu le message du commissaire


Mon Dieu, j'entends des voix !

Eusebio, touché par la grâce :lol:
Faut que je revois la fin
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Messagepar Tuck pendleton » 10 août 04, 13:30

Eusebio Cafarelli a écrit :

Mon Dieu, j'entends des voix !


le bruit du moteur de la camoniette peut prêter à confusion :idea:

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Messagepar Ouf Je Respire » 10 août 04, 13:54

A la fin, soudain, un ours l'encule! :idea:
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Messagepar Eusebio Cafarelli » 10 août 04, 14:31

J'entends des voix, mais je n'ai pas encore de visions :lol:
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La traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956)

Messagepar Alligator » 2 janv. 07, 16:09

La traversée de Paris - Claude Autant-Lara, 1956 - 9,5/10

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J'adule ce film.
Pas loin du chef d'oeuvre car je ne vois pas grande scorie : un scénar de pure beauté, des dialogues d'orfèvre avec quelques répliques devenues légendaires ("salops de pauvres" ou "Janvier! 45 rue de Polivot!"), des acteurs éblouissants, des personnages attendrissants, une photo magnifique (attention interdiction de voir la version colorisée!).

A la limite, si je cherche la petite bête, je reste un peu perplexe sur la fin,

Spoiler: open/close
celle qui s'achève sur la plaque d'immatriculation du camion, avec les bruits de bottes lugubres, se suffisait amplement à elle même.
Je ne comprends pas le happy-end. J'ai du mal à imaginer Autant-Lara transiger sur la beauté de la fin dramatique. Pourquoi n'a-t-il pas pu finir son film sur une tragédie. C'était pourtant là le rebondissement édifiant : tout le long du film, les héros nagent certes en eaux troubles, celle de Paris occupée, Paris de nuit, pleine de périls à tous les coins de rue, mais la relation qui se noue entre Gabin et Bourvil n'est pas sans légereté, le film s'aère ici et là par quelques scènes de comédie, finalement, le silence de la rue ne présage que du bon, il enveloppe les deux comédiens d'un rideau de théâtre, peut-être pas d'une comédie de boulevard, mais une pièce au ton tour à tour léger, incisif ou émouvant, mais les personnages baignent dans une atmosphère de gaieté et d'insouciance paradoxales... jusqu'à ce que la réalité rattrape les pérégrins dans leur voyage quasiment d'agréement. La soldatesque comme la guerre violent et cassent la bonhommie de cette amitié étrange autant que inattendue. L'horreur fait table rase de cette légèreté.
Et le film nous rejoue un ultime rebondissement avec la découverte du personnage de Bourvil après guerre, vivant. Sans raison valable. Niant doublement l'effet dramatique précédent : d'abord le convoi n'était pas si funeste qu'il en avait l'air, et d'autre part le porteur ne se souvient même plus de Grangil, alors qu'il est censé être revenu de l'enfer cotoyé avec lui. Des liens avaient semblé se tisser entre eux. Des liens resserrés par la tragédie. Que nenni!
C'est décidément une fin que je ne comprends pas.

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Re: La traversée de Paris

Messagepar Eusebio Cafarelli » 2 janv. 07, 17:22

Alligator a écrit :La traversée de Paris - Claude Autant-Lara, 1956 - 9,5/10

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J'adule ce film.
Pas loin du chef d'oeuvre car je ne vois pas grande scorie : un scénar de pure beauté, des dialogues d'orfèvre avec quelques répliques devenues légendaires ("salops de pauvres" ou "Janvier! 45 rue de Polivot!"), des acteurs éblouissants, des personnages attendrissants, une photo magnifique (attention interdiction de voir la version colorisée!).

A la limite, si je cherche la petite bête, je reste un peu perplexe sur la fin,

[spoiler]celle qui s'achève sur la plaque d'immatriculation du camion, avec les bruits de bottes lugubres, se suffisait amplement à elle même.
Je ne comprends pas le happy-end. J'ai du mal à imaginer Autant-Lara transiger sur la beauté de la fin dramatique. Pourquoi n'a-t-il pas pu finir son film sur une tragédie. C'était pourtant là le rebondissement édifiant : tout le long du film, les héros nagent certes en eaux troubles, celle de Paris occupée, Paris de nuit, pleine de périls à tous les coins de rue, mais la relation qui se noue entre Gabin et Bourvil n'est pas sans légereté, le film s'aère ici et là par quelques scènes de comédie, finalement, le silence de la rue ne présage que du bon, il enveloppe les deux comédiens d'un rideau de théâtre, peut-être pas d'une comédie de boulevard, mais une pièce au ton tour à tour léger, incisif ou émouvant, mais les personnages baignent dans une atmosphère de gaieté et d'insouciance paradoxales... jusqu'à ce que la réalité rattrape les pérégrins dans leur voyage quasiment d'agréement. La soldatesque comme la guerre violent et cassent la bonhommie de cette amitié étrange autant que inattendue. L'horreur fait table rase de cette légèreté.
Et le film nous rejoue un ultime rebondissement avec la découverte du personnage de Bourvil après guerre, vivant. Sans raison valable. Niant doublement l'effet dramatique précédent : d'abord le convoi n'était pas si funeste qu'il en avait l'air, et d'autre part le porteur ne se souvient même plus de Grangil, alors qu'il est censé être revenu de l'enfer cotoyé avec lui. Des liens avaient semblé se tisser entre eux. Des liens resserrés par la tragédie. Que nenni!
C'est décidément une fin que je ne comprends pas.[/spoiler]


Pareil sur le film. Je me suis toujours demandé si
[spoiler]il n'avait pas été obligé de tourner une seconde fin. La première est parfaite et logique. La seconde c'est un happy end décalé par rapport au film, avec quand même une touche de noirceur : pas de rapprochement des classes et des hommes malgré les épreuves.[/spoiler]
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Messagepar Commissaire Juve » 2 janv. 07, 19:16

Faut savoir que dans le texte original de Marcel Aymé...

Spoiler: open/close
Le personnage de Bourvil tue le personnage de Gabin dans l'atelier. Un coup de couteau au cours d'une violente dispute...


alors... :mrgreen:
Dernière édition par Commissaire Juve le 1 déc. 10, 01:08, édité 1 fois.
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