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Test dvd

Coffret World Cinema Foundation

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 18 / 4 / 2012

Image

les révoltés d'alvarado

Le master restauré des Révoltés d'Alvarado est issu d'une copie d'un négatif 35 mm de la Filmoteca de la UNAM in Mexico. La copie d'origine était manifestement en très mauvais état. Néanmoins des griffures, points blancs et champignons ont été nettoyés afin de rendre cette copie agréable à l'oeil. Comme en témoigne nos captures, il reste cependant de nombreux défauts de ce type. La définition n'est pas très bonne, notamment dans les plans larges. On repère également quelques variations de luminosités [à 1’17’05 par exemple]. Par ailleurs, et c'est bien là le principal, on ne constate aucune erreur due au transfert vers le support numérique : les arrière-plans sont stables, le grain cinéma est bien présent (rendant ainsi hommage à la photographie de Paul Strand), les contrastes solides. Bref, la restauration du film a été faite dans le plus grand respect du matériau d'origine. On n'en attendait pas moins de Carlotta et de la World Cinema Foundation.

le voyage de la hyène

Cette édition du Voyage de la hyène est le fruit d'une restauration menée en mai 2008 par le laboratoire L’Imaggine Ritrovata de la Cinémathèque de Bologne. Le travail a été effectué après une numérisation en 2K des négatifs originaux image et son 35 mm. Le résultat est en tous points exceptionnel et l'on a le sentiment de découvrir un film tourné la veille, la copie ne présentant aucun défaut et les couleurs se révélant éclatantes. Le transfert numérique est également parfait, que ce soit en termes de définition ou de compression. Pour un film aussi rare, qui plus est issu d'une cinématographie particulièrement mal diffusée, cette édition est un véritable miracle.

Transes

Restauré en 2007 aux laboratoires L'Immagine Ritrovata de la Cinémathèque de Bologne à partir des négatifs originaux 16 mm prêtés par Izza Génini, Transes a bénéficié d'un travail haut de gamme. Les négatifs ont été traités d'un point de vue photochimique puis numérique puis ont été gonflés en 35 mm. Le résultat offre une copie avec un naturel très cinéma. Certes la définition est souvent faible, mais cela est dû au choix d'origine du 16 mm. Par ailleurs, la copie est propre, les couleurs sont douces, les contrastes bien présents. Le transfert numérique n'a généré aucun défaut de types mouvance ou artefact de compression. Globalement, cette restauration est donc une réussite car naturelle et fidèle au rendu 16 mm.

La Flûte de roseau

La Flûte de roseau a été restauré à partir de négatifs originaux et d'une copie fournie par Kazakhfilm Studios. Sous l'égide de la World Cinema Foundation, cette restauration a été effectuée par le laboratoire italien L'Immagine Ritrovata de la Cinémathèque de Bologne. Au vu du résultat, on peut affirmer que le travail accompli a été remarquable. D'emblée, le master affiche une très belle luminosité et des couleurs splendides. Celles-ci peuvent varier dans leur nature selon les choix du réalisateur et du chef opérateur, mais leur rendu reste superbe et même quelquefois resplendissant. La photographie particulière du film - lumière tamisée, sources lumineuses dans le cadre - en ressort magnifiée. Les contrastes sont très bien gérés, seuls les plans nocturnes peuvent présenter des noirs bouchés. La définition, de son côté, est excellente, les variations de piqué observables dans certaines scènes sont plutôt dues aux conditions de tournage ou à un choix de mise en scène. Enfin, la compression numérique ne présente aucun défaut majeur. Sur le plan de l'image, ce DVD est une excellente surprise.

Son

les révoltés d'alvarado

La bande-son est assez étriquée mais plutôt bien conservée pour un film âgé de près de 80 ans. On remarque quelques grésillements dans l'enregistrement de la musique mais ce sont des défauts d'origine. Le mono est suffisamment dynamique et les dialogues toujours clairs. Les sous-titres sont blancs et discrets, ils s'intègrent parfaitement à l'image et sont amovibles.

LE VOYAGE DE LA HYèNE

Une bande-son mono qui ne présente aucun défaut, la restauration se révélant là encore impeccable. En revanche, il faut noter que les dialogues sont par moment étouffés, mixés très bas par rapport aux ambiances ou à la musique, un défaut qui tient à la prise de son d'origine et qui ne peut être imputable au travail éditorial.

TRANSES

Le négatif son a été restauré en Dolby SR et en numérique. Le résultat est très satisfaisant avec une piste en version originale dynamique et claire. La musique et l'ambiance des concerts sont bien rendues, avec un spectre sonore large et une balance bien équilibrée. Les sous-titres sont amovibles.

LA flûte de roseau

La bande-son de La Flûte de roseau est quasi cristalline, ce qui témoigne d'un excellent nettoyage. Bien sûr, le mono 1.0 a ses limites et on aurait souhaité un élargissement sonore pour profiter encore plus du voyage poétique que propose ce film. Quoi qu'il en soit, la piste sonore bénéficie d'un équilibre satisfaisant entre les voix, les ambiances et la musique. On relève parfois une dynamique un peu irrégulière, mais le résultat reste bien appréciable dans l'ensemble.

Suppléments

les révoltés d'alvarado

Paul Strand et les révoltés d’Alvarado (19’06)
Dans ce documentaire, James Krippner (Professeur d'histoire au Haverford College en Pennsylvanie) revient sur la genèse du film, ses principaux protagonistes et sur la carrière de Paul Strand. Illustré de quelques rares photographies de plateau et de séquences de Redes, cette introduction est plutôt bien menée et constamment intéressante.

La Restauration (02'00)
Un split-screen permet de comparer les images du film avant et après restauration. On regrette l'absence de commentaires mais le constat est évident : le film était dans un état déplorable et il a été sauvé grâce à la World Cinema Foundation.

le voyage de la hyène

Eclipse lumineuse (25'00)
Mati Diop, nièce de Djibril Diop Mambety, interroge son père Wasis Diop. Proche collaborateur du cinéaste, celui-ci revient sur les méthodes de travail de son frère et sur ce film en particulier. Wasis Diop explique ainsi que Djibril Diop s'éloignait énormément du scénario, pourtant très écrit, très précis. Il se laissait guidait par le feeling, faisant énormément reposer le film sur le montage. Il explique qu'avec ce film son frère faisait face à ses propres démons, le film devenant pour lui une forme de thérapie. L'agitation du film, sa violence, les rituels de mise à mort du zébu... il replace ces images dans un mouvement d'introspection de la part du cinéaste, qui à travers le parcours de Mory parle de son rapport à l'Afrique.

La Restauration (02'20)
On peut découvrir sur un écran découpé des images avant et après restauration. Rien de tel pour se rendre compte du fantastique travail effectué par la Cinémathèque de Bologne sur ce film.

Transes

Transes c'est toute une histoire (21'00)
Ce documentaire retrace l'histoire du film, de sa genèse au triomphe du Festival de Marrakech (en présence de Martin Scorsese). Les intervenant (Omar Sayed, Izza Génini, Ahmed El Maanouni) témoignent de leur travail tandis que des images d'archives (photos, concerts, cérémonies) viennent illustrer leurs propos. A l'instar des autres documentaires de ce coffret, ces témoignages sont instructifs et complètent idéalement le film.

La Restauration (4'00)
Comme sur les autres disques, un split-screen permet de juger du travail de restauration. Les mouvances de la copie d'origine et ses couleurs ternes ont disparu pour redonner naissance au film.

La Flûte de roseau

La force de la poésie (28 min 31)
Ce document consiste en une interview du réalisateur Ermek Shinarbaev réalisée par les équipes de Carlotta et Allerton Films. Cet entretien est le bienvenu pour les cinéphiles qui n'avaient jamais entendu parler de ce cinéaste et de son œuvre. A vrai dire, on est content d'apprendre qu'il existe une activité cinématographique kazakhe compte tenu de la situation générale de ce pays. Le cinéaste commence par présenter son parcours dans le contexte si particulier de l'avant et de l'après Perestroïka, depuis ses études jusqu'à ses premiers films, et donne surtout quelques clés pour comprendre où il a voulu en venir, avec son scénariste-écrivain Anatoli Kim, en réalisant cet énigmatique Flûte de roseau. De l'antagonisme poésie/pouvoir jusqu'à la liberté de l'artiste et au bouddhisme, quelques thèmes sont égrenés par Shinarbaev sans trop s'appesantir pour ne pas nuire au mystère du film. Enfin, cette interview a surtout le mérite de révéler l'existence de la diaspora coréenne au Kazakhstan, issue des déportations opérées dès 1940 par Staline à partir de la Russie extrême-orientale. On relèvera également une savoureuse anecdote sur la sélection rocambolesque du film pour le Festival de Cannes 1989.

La Restauration (2 min 14)
Sans surprise, ce petit module propose d'admirer le travail plutôt impressionnant effectué par le laboratoire L'Immagine Ritrovata. Un extrait de la séquence du train sert à la démonstration : l'image est découpée en deux avec un curseur mobile séparant le plan usé et abîmé du plan restauré. Le constat est spectaculaire !

Livret "Au 4 coins du monde"

Un livret de 32 pages accompagne le coffret. On y trouve une introduction de Martin Scorsese, des analyses des quatre films par Kent Jones (Directeur de la World Cinema Foundation) et une page sur la restauration. Ce livret est soigné et illustré de belles photographies. Il ponctue parfaitement le remarquable travail éditorial de ce coffret.

En savoir plus

Par François-Olivier Lefèvre (Les Révoltés d'Alvarado et Transes), Olivier Bitoun (Le Voyage de la hyène) et Ronny Chester (La Flûte de roseau) - le 3 mai 2012

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