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Test blu-ray

Missouri Breaks

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 23 / 5 / 2019

Image

Missouri Breaks n'a jamais été tellement bien traité en vidéo et cette édition ne changera pas encore la donne. Rimini ne peut faire de miracle face au matériel fourni par MGM : un vieux master à l'aspect hd assez décevant. Les limites techniques sont évidentes, surtout du côté de la précision de l'image, jamais impressionnante, même si quelques gros plans tirent difficilement leur épingle du jeu. Le rendu apparaît bien doux, pas seulement à cause des choix du directeur de la photographie : le trait manque de netteté, le niveau de détail est faible, le grain est très épais. Petite compensation : la copie est propre et les images sont globalement stables. L'étalonnage, même si l'ensemble apparaît équilibré et souvent naturel, manque sans doute de saturation à certains moments, et plus certainement de nuances avec sa colorimétrie marquée par une légère dérive magenta. Les contrastes restent honnêtement calibrés malgré des noirs régulièrement éclaircis. Il s'agit de la dernière restauration en date, nous devons faire avec encore quelques temps, même s'il y a du mieux par rapport au DVD sorti en 2004 (réédité en 2006). Les différences d'étalonnage et surtout de cadrage sont flagrantes, on aurait aimé que ce soit aussi évident côté précision...

comparatif DVD MGM (2004) vs. Blu-ray Rimini (2019)1 2 3 4 5 6 7 8

Son

La version originale est de très bonne facture, un mono plutôt détaillé, totalement nettoyé, avec des voix cristallines et des dialogues très clairs. Pas de souffle, pas de sifflantes, pas de saturation, mais peut-être (parfois) l'impression d'une musique un peu sur-modulée par rapport aux dialogues. Et encore... La version française est, elle, d'une facture beaucoup moins convaincante : plus étriquée, moins précise, avec un mixage réduit au simple minimum, sans réelles basses fréquences, et surtout avec des voix un peu caverneuses, soumises à un écho étrange... 

Suppléments

Entretien avec Frédéric Mercier (34 min - 1080i)
Le critique du magazine Transfuge et du Cercle, sur Canal+, analyse longuement Missouri Breaks, un film "faussement simple" dans lequel Arthur Penn s'approprie les grands thèmes de l'ouest, mélange les genres et les démystifie parfois par la comédie, ou développant souvent une certaine mélancolie. Il joue sur une tension permanente entre idées et improvisations, dissociation des images et des sons, personnages qui jouent des rôles. Malgré une cheminement réflexif un peu en zig-zag, propre aux évolutions de la conversation, Frédéric Mercier pose des questions pertinentes sur ce que Penn montre des différents aspects de la civilisation, notamment avec sa "barbarie élaborée" qui tranche avec la sérénité et le tact du personnage de Jack Nicholson. Il évoque aussi celui de Marlon Brando, "monstre" imprévisible qui incarne l'Histoire en marche et "prend presque en charge la réalisation du film".


Brando, acteur hors norme (28 min - 1080i) - EXCLUSIVITE BLU-RAY
En moins d'une demi-heure, Hélène Valmary, maître de conférence à l'université de Caen, dresse un portrait passionnant d'"un des plus grands acteurs du cinéma hollywoodien". Elle résume d'abord son début de carrière, où l'on apprend notamment l'importance de l'actrice Stella Adler dans sa formation théâtrale. Puis c'est une passionnante analyse de son jeu, de ce style qui a bouleversé la manière de jouer, bousculé les conventions, avec cette recherche de liberté, de naturel et de vérité. Un jeu avec lequel il "brouille toutes les frontières", à la fois viril, animal, enfantin et très féminin, et où il "mêle les contraires" avec des personnages aussi menaçant qu'apaisant. Hélène Valmary revient enfin sur la relation entre Brando et le réalisateur Arthur Penn, débutée avec La poursuite impitoyable et poursuivie, dix ans plus tard, Missouri Breaks. Elle raconte le tournage sans script terminé, les improvisations de l'acteur, sa "création complètement extravagante", typique de son univers, pour un personnage qu'il ne comprenait pas. Un excellent supplément qui aide à mieux décrypter l'un des grands mythes du cinéma. 


Interview audio d'Arthur Penn (56 min)
Rimini propose un document rare déniché par Jérôme Wybon : une masterclass enregistrée à Londres en 1981, peu de temps avant la sortie de Georgia. Une très belle occasion d'explorer la personnalité du réalisateur Arthur Penn à travers des anecdotes et des réflexions sur son travail. Il évoque son rapport avec le théâtre, à l'époque du lycée puis avec l'armée, raconte comment ses années de télévision l'ont préparé à passer au cinéma, sans qu'il anticipe suffisamment les méthodes des studios et d'Hollywood. Il revient sur son "overdose de fascination" pour le cinéma européen qui influencera ses films, l'expérience de La poursuite impitoyable ("un cauchemar"), ou sa façon d'aborder les genres en rébellion de l'establishment : sa vision décalée du détective privé de La fugue ou ses westerns à contre-courant du modèle établi. Il est longuement questionné sur Missouri Breaks, "un projet difficile" qui l'a contraint à modifier sa façon de travailler en développant en urgence un script "assez rudimentaire", bien aidé par ses acteurs dont un Marlon Brando génial improvisateur. 

Bande-annonce (1 min 47 s - VO non sous-titrée - 1080p)

En savoir plus

Taille du Disque : 45 061 820 259 bytes
Taille du Film : 28 354 547 712 bytes
Durée : 2:06:23.075
Total Bitrate: 29,91 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 23,98 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 23987 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2010 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2085 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,055 kbps
Subtitle: French / 27,350 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 29 juin 2019

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